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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 22:51


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Certains de mes précédents billets, comme ce fût le cas sur un autre blog, méritent précision. Je ne m'oppose pas au droit à l'indifférence, c'est une belle Utopie (même si ce n'est pas la mienne). Je n'y crois pas une seconde, du moins pas dans un avenir prévisible. On peut certes imaginer des sociétés futures où les progrès scientifiques auraient définitivement dissocié le sexe de la procréation et où la famille ne serait plus structurante...Je crois qu'un livre de SF de Laurent Dispot, un des fondateurs du FHAR, si je ne me trompe, avait imaginé une telle société.
Je connais beaucoup d'hétérosexuels (dans mon travail) si "tolérants" qu'on pourrait se croire en pays d'indifférence, mais je ne croirais vraiment à cela que le jour où aucun où je n'aurai plus à répondre à la question, fût elle posée ne serait ce que du bout des lèvres par la personne la plus tolérante qui soit, ou dans un regard : "Tu n'as vraiment jamais essayé avec une femme", et que la réponse "Et toi avec un homme" ne le (la) gênera plus.
Mais si un tel monde existait, je ne sais pas si je n'éprouverais pas un sentiment de frustration...

Je ne peux m'empêcher de penser que les tenants du droit à l'indifférence n'ont pas totalement fait leur "coming-out", ils ont encore un problème avec le regard de l'hétérosexuel, ils ont besoin de la "normalité".
Je préfère le droit à la différence, parce que cela a toujours été mon combat, et pas seulement sur le plan de l'homosexualité. Le droit de penser, d'être et de se comporter autrement (dans la limite bien sûr du droit des autres) que la norme, ou la pensée dominante, etc ...

Il ne s'agit pas là de subversion, si culturellement chrétien peut être, que je n'ai pas tellement envie de connaitre un monde d'où la cellule familiale aurait disparue, quelle que soit ma "distance" personnelle vis à vis de cette institution. Je pourrais ajouter que je comprends très bien la "douleur" d'une mère qui réalise qu'elle n'aura pas de petits enfants (la douleur personnelle mais pas l'attitude de rejet, la culpabilité ou le malaise) et je ne saurais lui en vouloir. De façon un peu schématique disons que le combat pour le droit à la "différence" serait un peu celui qui vise à faire disparaitre rejet, culpabilité et malaise, tandis que celui pour l'indifférence voudrait aller jusqu'à faire disparaître cette douleur là. Mais j'irai plus loin, et là bien sûr il ne s'agit que d'un "ressenti" personnel, pas un combat, je préfère la tolérance à l'indifférence car selon les mots de la citation qui est en exergue du livre  "Folles de France" (Repenser l'homosexualité masculine. Jean-Yves LE TALEC) :
"Le bonheur de n'être jamais vraiment à sa place,
le petit détail qui fait que l'on n'est jamais aussi conforme que le voudraient les normes" (Hervé Brizon, La vie rêvée de Sainte Tapiole)


Que l'investissement du mariage et de l'adoption soient potentiellement subversifs, j'en conviens, mais je ne suis pas subversif. Et si cela a fait hurler certains nostalgiques du FHAR, c'est qu'ils y ont vue une victoire "culturelle" de la société hétéro, alors qu'en fait c'est peut être le moyen de dynamiter la société en faisant disparaître de fait la notion de famille. En ce sens oui, l'homosexualité est par essence subversive.


Pour clore ce sujet sur le droit à la différence cette esquisse d'évolution historique du concept de folle dans le livre dont j'ai parlé "Folles de France" :
- la folle libre de Hocquenghem : métaphore de la liberté et d'une libération des contraintes/modèles
- la folle, caricature transitoire, de Michael Pollak : dans la lignée d'un billet précédent, "nous sommes tous des folles", Pollak considère la folle comme forme de concession à la répression, qui va s'effacer au fur et à mesure que la répression diminue
- enfin plus récemment, la folle-phenix de Patrick Cardon, sorte de retour à la 1é définition "je doute que la folle soit un homosexuel. Elle est de plus en plus une manière de penser, ce qui est aussi une manière de vivre", "Disons que le gai, s' est plus triste, c'est qu'il est rigidifié par sa volonté d'intégration, d'institutionnalisation, les gais n'ont aucune notion de l'histoire hors l'imitation de l'histoire officielle; les gais ont une histoire, mais elle est due en grande partie aux folles"; Représentatif du mouvement "Queer" ou "Camp"
Je ne saurai trop recommandé, à ceux qui ne l'ont vu, le plus grand film, à mes yeux, sur l'homosexualité : "Torch Song Trilogy" 

 

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Published by limbo - dans Gay
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commentaires

cardon 01/03/2010 12:17


Ah Merci de me citer de cette façon, justement je présente mon premier livre Le Grand Ecart ou Tous les garçons s'appellent Ali (Orizons 2008) au Centre LGBT de la rue Beaubourg le samedi 13 mars
2010 à 16 h! A bientôt !


limbo 01/03/2010 14:34


C'est noté!


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