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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 22:15

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Presque 10 ans que je n’avais revu Lisbonne. Cette ville ne se donne pas immédiatement, elle vous pénètre peu à peu pour ne plus vous lâcher. Je suis tombé sous son charme lors de mes premières vacances au Portugal en 1994 avec l’ami qui partageait alors ma vie. Nous avions abordé le pays par le nord, après une étape à Saint Jacques de Compostelle, le bout du monde, deux jours de voiture depuis Bordeaux, alors que nous avions prévu de l’atteindre en un seul, ce qui nous permis de découvrir la cathédrale et la basilique de Léon où nous dûmes passer la nuit. De Saint Jacques, délaissant Porto, nous fîmes étape à Braga, la Baroque, le temps de visiter ses multiples édifices religieux et de monter le long escalier de l’église du « Bon jésus de la montagne », puis dans la ville médiévale et universitaire de Coimbra, une merveille que nous avons eue du mal à quitter pour découvrir, avant d’arriver à Lisbonne deux des monastères les plus impressionnants qu’il m’ait été donné de voir, celui cistercien d’Albobaça et celui, fascinant, de Bothala avec sa splendide voute gothique et ses chapelles inachevées.

Nous arrivâmes à Lisbonne, sous un soleil écrasant, en direction du quartier de la Baixa où était situé notre hôtel. Ce cœur de la ville à vocation commerciale, totalement reconstruit après le tremblement de terre, totalement déserté un dimanche d’Aout en fin d’après midi, nous sidéra quelque peu. Nous ne savions pas encore que nous n’étions qu’à quelques minutes de marche de l’Alfama, l’âme de cette ville avec ses ruelles étroites qu’on ne se lasse pas d’arpenter, et des quartiers animés du Chiado et surtout du Barrio Alto où toute la jeunesse se retrouve à la nuit tombante. Nous n’avions prévu que d’y rester quelques jours, à peine le temps, une véritable expédition en ferry puis en bus, de découvrir l’immense plage dont les dunes sont parcourues par un petit train qui vous dépose, aux stations 17 et 18, à la plage naturiste gay, avant de repartir vers la France après une étape à la ville « musée » d’Evora et une visite au château des templiers de Tomar et son inoubliable « Couvent du Christ ».

Nous ne pouvions pas ne pas y revenir, dès l’année suivante, en traversant l’Espagne d’est en ouest cette fois ci, depuis Sitgès, puis quelques années plus tard, avec Bertrand cette fois et quatre de nos amis, sans compter deux ou trois voyages professionnels comme l’actuel. C’est lors de notre deuxième séjour que nous avons pu mieux connaitre la vie nocturne très « gay friendly » du Barrio Alto qui s’organisait alors autour du bar « Portas Lagas », ouvert sur la rue. Une clientèle jeune et cosmopolite s’y retrouvait, souvent à la sortie du restaurant Bota Alta de l’autre côté de la rue Atalaia, ce qui fût l’occasion pour nous d’engager la conversation avec quatre jeunes français que nous avions repérés à une table proche de la nôtre. L’un d’eux, amant éphémère, l’espace d’un ou deux week-ends, quelques années plus tard, dans l’intervalle entre le départ de Bernard et ma rencontre avec Bertrand, devait devenir et rester un de mes meilleurs amis.

J’ai pu constater, ce dernier week-end, que la rue Atalaia était toujours aussi animée et que le « Portas Lagas » était toujours fidèle au poste mais avait donné naissance à de nombreux petits frères. Je ne sais, l’âge et l’internet « facile » aidant je n’ai plus la motivation suffisante pour passer la nuit à chasser le garçon, si les lieux plus spécifiquement gays que j’ai connus, les bars « 106 » et « Bric à brac », où les discothèques comme le « Fragyl » et surtout le « Trump » sont toujours aussi courus ou si d’autres les ont remplacés, notamment sur les « Docks » où s’est maintenant déplacée une partie de la vie nocturne branchée...

Flânant dans les rues de la ville, ce dernier dimanche après midi, je prenais conscience que je n’avais jamais eu d’ « amant » dans cette ville, tout au plus de très rares rapports « hygiéniques » dont je n’ai plus aucun souvenir, dans une dune, une backroom ou un sauna. Mon seul amant portugais je l’ai rencontré à Sitgès...
Comme si cette ville, écho à un précédent billet, vous aider à choisir la grâce plutôt que la nature. Le hasard veut que je découvre sur Arte à mon retour les 6 épisodes des « Mystères de Lisbonne » de Raoul Ruiz, unanimement célébré comme un chef d’œuvre. Une occasion de rappeler aussi le très beau roamn de Pascal Mercier « Train de nuit pour Lisbonne » (http://limbo.over-blog.org/article-train-de-nuit-pour-lisbonne-45196271.html)

 

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Published by limbo - dans Gay
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