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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 22:53

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L’année qui s’annonce ne sera certes pas celle de la fin du monde, ni sans doute aussi dramatique que le tableau que nous en a dressé Nicolaparte en nous dévoilant sa stratégie de la dernière chance pour les élections présidentielles, mais certainement celle de tous les dangers, politique avec des élections clés dans plusieurs grands pays, géopolitique avec les révolutions arabes en cours et à venir et l’isolement grandissant d’Israël, économique avec les crises de la dette et la menace d’éclatement de la zone euro, voire climatique…Notre avenir est marqué par l’incertitude et le monde de demain sera à n’en pas douter fort différent de celui que nous avons connu.

Le dernier film, passionnant, de David Cronenberg, « A dangerous method », nous montre lui aussi les prémices de la fin d’un monde, celui qui vit naître la révolution psychanalytique à l’ombre de la montée du nazisme. Le film va bien au-delà de la relation amicale puis conflictuelle qui allait se jouer entre Freud et son disciple Carl Jung à propos d’une patiente hystérique. Le regard que pose le réalisateur sur Freud est certes moins violent et de mauvaise foi que celui de Michel Onfray, mais il montre bien comment il a enfermé sa doctrine dans un dogme qui allait contraindre les corps en s’opposant systématiquement à toute autre interprétation des névroses que la sienne. La psychanalyse aurait pu avoir un autre développement, non normatif, si Freud n’avait tout fait pour disqualifier toute tentative de remise en question de ses interprétations, notamment celle d’un des autres grands noms de la psychanalyse, le Dr Otto Gross, théoricien de la « libération sexuelle » et du « jouir sans entraves ». Remarquablement interprété par Vincent Cassel dans la savoureuse mais trop rapide conversation qu’il a avec Jung , l’éclairant sur les problèmes de Freud avec la sexualité ( « il ne baise pas »), Otto Gross, comme Jung qu’il a influencé, ne reconnaissait pas le rôle central que donnait Freud à la sexualité dans la genèse des névroses et ne méconnaissait pas leur dimension somatique, c’est-à-dire organique. Jung est devenu doublement insupportable à Freud, il était riche, par sa femme, et il avait une vie sexuelle bien plus active que la sienne, illustration parfaite de la conclusion de mon avant dernier billet (« addictions sexuelles?»). Une bien dangereuse méthode, en effet, tant pour ceux qui l’exercent, c’est sans doute la signification première du titre du film, Jung tombant amoureux de sa patiente, mais encore plus pour ceux qui la subissent….

Un autre film, une comédie burlesque, dont la mention aurait pu trouver sa place dans mon précédent billet, a enchanté ma semaine de vacances. « Let my people go », dont le personnage principal, cumulant toutes les « tares » - juif, homo et folle -, interprété de façon irrésistible par Nicolas Maury, fait voler en éclats tous les codes de la famille et de la religion.

Bonne année à tous les lecteurs de ce blog.

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Published by limbo - dans Gay
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