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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 20:24

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J’aurais presque fini par m’inquiéter et c’est en m’attendant à une nouvelle pas particulièrement réjouissante que j’ai cliqué sur le lien du site des impôts qui allait me faire découvrir le montant de mon imposition. Difficile de ne pas l’être, inquiet, après avoir entendu les cris d’orfraie de certains de mes collègues, qui en étaient restés, eux, au formulaire papier et avaient reçu leur avis il y a déjà quelque temps, et à lire les innombrables articles consacrés au matraquage fiscal à l’écho amplifié par des déclarations de membres de la majorité actuelle, y compris le ministre des finances…

J’ai constaté, avec soulagement, une imposition certes plus élevée que l’année précédente, mais somme toute modérée et parfaitement prévisible, autant due à une augmentation modeste de mes revenus qu’à la désindexation. Même si depuis que je suis pacsé le système des « parts », qui m’a fait rétrograder d’une tranche - mon partenaire ayant des revenus bien plus modestes que les miens - atténue significativement pour moi la progressivité de l’impôt, je me suis demandé si cette « campagne » sur un soi-disant « ras le bol » des contribuables des classes dites « moyennes », n’était pas plutôt savamment orchestré par ce que François Mitterrand appelait « les puissances de l’argent». Ces classes « moyennes», cela dépend il est vrai en partie de la façon dont on les définit (où finit la pauvreté et où commence la richesse ?), me semblent beaucoup plus attachées à un maintien des acquis sociaux dont elles sont les principales bénéficiaires, et donc hostiles à une réduction des dépenses publiques, qu’à une diminution de la pression fiscale. François Hollande, tenu par ses promesses mais surtout encore prisonnier du carcan idéologique que son aile crypto-écolo-marxiste l’empêche de suffisamment desserrer, pouvait-il faire autre chose qu’augmenter les impôts pour faire face à la crise de la dette et rester dans la zone euro ? Il est vrai que ce gouvernement a un sérieux problème de communication et se révèle incapable d'expliquer sa politique.
Les puissances de l’argent au contraire, au lieu de s’inquiéter d’une amputation de leur revenu sans aucune conséquence sur leur train de vie, devraient se réjouir de voir se réaliser ce qu’elles demandent depuis des années, une augmentation de nombre de nos concitoyens, du fait de la désindexation, soumis à l’impôt sur le revenu dont elles nous vantent, par la voie de ses journalistes économiques attitrés et médiatisés, le caractère « pédagogique ». Ces mêmes puissances font semblant d’oublier que leurs « pertes fiscales» sont plus que compensées par leur gains en bourse (http://www.margincall.fr/2012/03/les-marches-sont-ils-de-droite-ou-de-gauche.html), comme à chaque fois que la gauche prend le pouvoir ( Le CAC 40 a flambé sous Jospin , et il est à nouveau au plus haut depuis septembre 2008, alors qu’il n’a cessé de s’écrouler sous Nicolas Sarkozy). Si la bourse est un indicateur avancé de l’économie, donc de la croissance, on aura du mal à nous faire croire que la pression fiscale est incompatible avec cette dernière….

Cette campagne sur le matraquage fiscal s’accompagne, avec la complicité bienveillante des médias qui ne sont pas, comme on voudrait nous le faire croire si à gauche que cela, du moins en ce qui concerne ses éditorialistes, de l’exploitation effrénée de faits divers sur le thème de l’insécurité. Si nous étions en campagne présidentielle, on comprendrait aisément la stratégie de la droite parlementaire, stratégie qui s’est révélée payante en 2002 en amenant Le Pen au second tour, mais qui pourrait s’avérait suicidaire pour elle dans le cadre d’une élection municipale où la multiplication des triangulaires ne peut que faire le jeu des socialistes…à moins que. A moins que certaines formes d’alliance ponctuelles ne soient passées avec les troupes de Marine… C’est sans doute les conclusions auxquelles sont parvenus certains leaders de l’UMP que l’on croyait pourtant peu suspects de sympathie pour le Front….La stratégie du Sauve-qui-Peut.

Je ne voudrais pas laisser croire, ce billet faisant suite à d’autres, que je suis un supporter inconditionnel de l’équipe au pouvoir. Loin de là, j’avais espéré, incorrigible utopiste, que le « tournant social-démocrate », soit enfin assumé et que les amarres avec l’extrême gauche (voire les écolos) soit larguées. Le béarnais lui aussi s’est lassé et s’en est allé rejoindre le marais du centre-droit….L’avenir « politique » de ce pays me semble assez sombre.

J’espère que cet avenir ne sera pas aussi sombre que le tableau qui nous est donné de la France dans le passionnant roman de Philip Kerr, « Vert de gris », dernier opus de ceux qui font suite à la « Trilogie berlinoise ». Il s’agit moins cette fois d’une intrigue policière sur fond historique que d’un document romancé sur l’action des services secrets américains, français et russes pendant et après la dernière guerre et la naissance de la Stasi. Une grande partie de l’action est située en France pendant l’occupation et la vision que le héros, le détective Bernie Gunther, a des français de l’époque est sans indulgence. La description des camps de concentration français du Vernet et de Gurs à l'été 1940 est terrifiante, camps crées avant la guerre par Daladier pour regrouper les réfugiés politiques espagnols…..Pas de trace dans ce roman de passages révélateurs d'une tendre homophobie, assez habituels chez l'auteur.

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Published by limbo - dans politique
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