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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 23:01

proust-didier-sandre-242140-jpg_133719.jpgun-pays-a-l-aube.jpg

 

Un évènement comparable à celui de la chute du mur de Berlin! Barak Obama et Jacques Attali, ce dernier parlant de chute du mur de la "méditerranée", ont peut être des dons de voyance, mais cette comparaison ne me semble pas tout à fait pertinente. Le jour de la chute du mur de Berlin, le soulagement était mondial  ou presque, il ne faisait pas de doute que c'est un monde qui s'écroulait, celui de la guerre froide et on parla même de "fin de l'histoire". Il ne faisait pas de doute non plus que le monde de l'est, de culture chrétienne, allait adopter nos valeurs et la démocratie. Une partie de l'orient est en train de s'ébranler et de se libérer de ses tyrans mais y voir une marche vers la démocratie et les valeurs de l'occident pourrait se révéler une chimère. L'avenir est indécidable. Ces tyrans laïques nous les avons pourtant soutenus et aidés à se maintenir, car comme nous ne concevions pas ces peuples autrement qu'opprimés et esclaves, nous les préférions à des tyrannies religieuses qui auraient menacé gravement  nos intérêts économiques. Erreur tragique qu'ils n'oublieront pas. Pour deviner quel est le prochain domino qui va tomber il ne sera peut être pas suffisant d'explorer les voyages récents en "dictature" de nos ministres, il parait qu'Hortofeux est allé au Maroc, mais on serait sans doute soulagé si la contagion atteignait l'Iran ou la Libye. Espoir et angoisse, cette dernière on peut la supposer très présente en terre d'Israël.

Des "pays à l'aube", pour reprendre le titre du dernier roman de Dennis Lehane qui trainait depuis des mois sur les rayons de ma bibliothèque, traduisant une certaine réticence à entreprendre la lecture d'un pavé de plus de 700 pages dont je subodorais que l'appellation "thriller" était contrefaite. J'avais tort, on ne les lâche pas ces pages qui content l'entrée de l'Amérique dans le 20è siècle, au sortir de la première guerre mondiale, une Amérique endettée, à l'économie chancelante qui fait face à une immigration massive, au retour de ses soldats qui expulsent les noirs des emplois qu'ils occupaient en leur absence, où la pauvreté s'étend propice à la pénétration des idées subversives venues d'Europe, une Amérique de la violence enfin, celles des grèves durement réprimées et des persécutions contre les noirs. Une Amérique où on n'imaginerait jamais qu'un de ces noirs puisse devenir un jour président des Etats Unis. L'action se déroule à Boston, ville de l'auteur au centre de bien de ses romans, où vont se rencontre les 3 héros, Luther le jeune ouvrier noir, Danny, le flic chargé d'infiltrer les milieux anarchistes et communistes et qui, en révolte contre sa famille, va se trouver à la tête du mouvement de grève de la police qui va révolutionner la ville, et Babe, le champion de base-ball. Une fresque historique monumentale dont on peut regretter qu'elle ait été publiée dans la collection "Rivages/Thriller", avec le double risque de décevoir les lecteurs habituels de cette collection, et de l'auteur, et surtout de ne pas toucher son public comme elle aurait pu le faire si le roman était paru dans une collection de littérature générale. Quant à Dennis Lehane on ne peut qu'être admiratif devant la diversité de son talent, capable d'écrire des romans policiers à héros récurrents, comme la série des détectives Kenzie-Gennaro qui n'est pas sans rappeler celle de Philippe Kerr, l'homophobie en moins, un pur roman "noir" comme Mystic River ou un thriller psychologique à la limite du fantastique comme "Shutter Island".

Clean Eastwood avait adapté avec brio Mystic River. J'ai été nettement moins séduit par "Au delà". Il est vrai que le sujet ne me passionnait guère, je suis plus obsédé par le problème de "l'avant", celui des origines, que par celui de "l'après", il se pourrait d'ailleurs qu'il s'agisse du même...Il y a certes de grands moments de cinéma ici où là, mais les parties du récit mettent du temps à s'articuler et celle qui se déroule en France sonne faux. Très ému par contre à la projection du "Discours d'un Roi", mais cela tient surtout à l'incroyable performance des acteurs, avec une mention particulière pour le rôle de l'orthophoniste. Quant à "Tron", dont le premier opus m'avait séduit, ennui mortel. Mon coup de cœur ira cependant à un  téléfilm, l'incroyable adaptation d' "A la recherche du temps perdu" qu'a réussie Nina Companez, en seulement 4 heures de projection, avec un narrateur que je n'aurais certes pas imaginé sous les traits de ce jeune homme efféminé et un peu niais mais qui finit par emporter la conviction et un Monsieur de Charlus d'anthologie.

 

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Published by limbo - dans culture
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Céledgé 14/02/2011 22:32



J'ai moi-même bien aimé cette adaptation de la "Recherche" malgré quelques défaillances stylistiques (les personnages d'Albertine ou de la Duchesse de Guermantes ne sont pas rendus par le jeu des
actrices). En revanche décor, costumes, très réussis !



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