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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 10:08

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Presque une semaine à Nice, pour le plus grand congrès annuel de la neurologie de langue française, après plus de six heures d’attente à Orly, lundi dernier, en raison de la grève des aiguilleurs du ciel. Il sera dit que je ne verrai jamais, ou presque, cette ville sous le soleil, mais j’y aurais au moins fait un excellent déjeuner au « Flaveur », à l’initiative d’un neurologue de la ville avec lequel je devais discuter de son intervention sur le traitement de la maladie d’Alzheimer lors d’une future manifestation.

Avant de partir j’avais eu le grand plaisir de voir un des plus beaux films qu’il m’ait été donné de voir sur l’amour homosexuel, « Week-end ». Ce film marque une rupture avec les conventions habituelles du film gay, où à connotation gay, qui a du mal à s’arracher, quelque soit le talent du réalisateur, aux catégories obligées de la mort, du mal être, de la solitude, de la transgression ou de la caricature. On pourrait en effet assez facilement, certes schématiquement, établir une typologie du film gay : ceux qui, dans la lignée de Genet, lient homosexualité et la mort (« l’homme blessé » de Chéreau, « Querelle » de Fassbinder), ceux qui, variante de la précédente catégorie, abordent la thématique du Sida (« Les nuits fauves », Philadelphia », « Jeanne et le garçon formidable »), ceux qui se placent sous l’angle du militantisme (« Harvey Milk » ), ceux qui renvoient, d’une façon ou d’une autre, à une interprétation freudienne ( Les films de Xavier Dolan dont le remarquable « J’ai tué ma mère », « Crazy » , « American beauty »), ceux d’inspiration Queer (« Prescillia», « I love Philippe Morris », certains films d’Almodovar), ceux qui se cantonnent aux paillettes et à la caricature (« Pédale douce »), et enfin ceux qui ne voient la passion homosexuelle que sous l’angle de la souffrance, du mal être, et de la solitude (« Maurice », « A single man », « Brokeback Mountain», etc.)

« Week-end » rompt avec tout cela en nous montrant la naissance d’une passion amoureuse à la suite d’une rencontre, un soir de week-end dans un bar gay, entre deux êtres que tout oppose, l’un, qui s’il assume intérieurement son homosexualité, a du mal avec le regard de l’autre, à la recherche du droit à « l’indifférence », l’autre faisant fi de toutes les conventions, vivant sans limite sa différence, à la limite de la provocation (il a choisi le jour de la fête des mères pour avouer son homosexualité à sa mère) mais dont le cynisme apparent avec lequel il aborde les relations amoureuses ne fait que dissimuler sa conviction qu’elles ne peuvent être qu’éphémères. Ce film qui décrit la relation amoureuse dans ce qu’elle a d’universel, mais aussi de singulier entre deux hommes, est si ancré dans la réalité que nous vivons que l’on peut s’identifier tour à tour à l’un ou l’autre des personnages ( bien des situations du film m’ont rappelé telle ou telle rencontre, comme celle avec ce jeune homme, rencontré aussi dans un bar, et qui à la fin d’un week-end, alors que nous étions allongés au soleil dans le bois de verrière, m’a dit « tu prends le risque d’aimer, moi pas »). La fin du film est magnifique, une des plus belles scènes d’amour que l’on puisse imaginer. Les deux acteurs (dont un seul est gay, on ne se pose pas longtemps la question de savoir lequel…) sont épatants. Courrez voir ce film si vous en avez la possibilité car il n’est programmé que dans deux salles à Paris, mais son succès relatif devrait le maintenir à l’affiche un certain temps (il semble même que sa sortie en province ait été décidée)

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Published by limbo - dans Gay
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