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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 11:19

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Nous avons quitté Saint Cirq Lapopie sous l’orage pour nous diriger vers l’hostellerie des 7 Molles situé dans un hameau perdu en moyenne montagne, à la limite de la Haute Garonne et des Hautes Pyrénées, à quelques kilomètres de Saint Bertrand de Comminges. Nous découvrîmes, accompagnés par la maitresse de ces lieux qui avait quelque chose d’ Alice Sapritch, un hôtel totalement kitch, mais un kitch manifestement voulu au point que nous ne pouvions douter qu’une « tante » - le fils, le frère, le mari? ( nous repartirons sans le savoir) - avait sûrement pensé tout cela. Une fois installés nous partîmes visiter Saint Bertrand de Comminges, dont je vous épargnerai la description, ce blog n’ayant pas pour vocation de devenir un guide touristique, tout au plus mentionner mon émerveillement devant le buffet d’orgue de la cathédrale Sainte Marie et ma surprise de constater à nouveau la faible fréquentation du lieu.  L’isolement de l’hôtel (les réseaux de téléphonie mobile n’étaient même pas accessibles) ne nous laissa guère d’autres solutions que d’y diner, bien nous en a pris car nous y fîmes le meilleur repas depuis notre départ. Inutile de dire que la lecture constitue le principal loisir nocturne dans ces lieux (à Saint Cirq nous n’avions même pas la télévision…), ce qui me permit de terminer le meilleur « polar » que j’ai lu depuis plusieurs mois, un thriller très noir dans un contexte historique, « La tristesse du Samouraï », histoire d’un drame familial sur trois générations, de la fin de la guerre d’Espagne au putsch manqué de février 81.

Une très belle route passant par Foix dont nous pûmes au loin apercevoir le château, nous conduisit le lendemain à notre étape suivante , Villefranche - de -Conflent, dans les Pyrénées-Orientales. Nous avions choisi cette destination à la suite d’un numéro de l’émission « Des racines et des ailes » consacré à cette ancienne forteresse. Une relative déception, un petit peu plus de monde cependant, vite éclipsée par la visite de la splendide abbaye romane de Saint-Michel-de-Cuxa où nous eûmes la chance d’assister à une répétition d’une transposition pour orchestre de chambre d’une symphonie de Mahler, et par le cadre de notre hôtel à la décoration surprenante, quasi baroque dans sa partie principale, un château du 19è , et évoquant des maison troglodytes dans les bâtiments annexes où nous logions.

Nous n’étions plus qu’à 250 kilomètres de Sitges que nous atteignîmes le mercredi 8 en début d’après midi sous un chaud soleil pour un séjour d’une semaine. Si la culture religieuse n’intéresse plus grand monde, il n’en est pas de même pour le « culte des corps » : nous y avons retrouvé la grande affluence. Peu de changements par rapport à l’année dernière, tout au plus la poursuite de l’extension du domaine de Jabba le Hut (voir le billet du mois d’août de l’année dernière), le propriétaire du bar gay le Parrott, au point que le déclin des lieux « historiques » que sont le « Candil » et le « Mediterraneo » semble maintenant définitif. Si un changement notable tout de même : la folie « Grindr » qui commence à produire des effets pervers..A la terrasse des cafés, dans les restaurants, à la salle de sport, même dans les bars, dans les backrooms (!) ou dans les boîtes, on ne compte plus ceux qui consultent leur smartphone au point de ne même plus se parler ou se regarder! A se demander si cette quête frénétique sur l’écran de son téléphone d’un visage ou d’un regard qu’il aurait suffi de lever les yeux pour découvrir à quelques pas de soi, ne conduit pas à tant de frustration qu’elle entraine et explique ce retour, bien sympathique, d’une ruée massive la nuit vers la drague et le sexe sur la plage du centre ville….

Nous avons quitté Sitgès le 16 pour remonter sur Paris après une nouvelle étape à Uzès.

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 22:03

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Depuis plusieurs années, Bertrand et moi, avons l' habitude de faire plusieurs étapes, à l'aller ou au retour (voire les deux), dans quelques uns des plus beaux villages ou sites de France  sur le chemin de Sitges, étapes qui jouent, en quelque sorte, le rôle de "chambre de décontamination" avant que nous n'atteignions notre "Compostelle " gay. Cette année, Saint Cirq La Popie, petit village du Lot, désigné comme « plus beau village de France » lors d’une récente émission de France Télévision, à peine quelques jours après que j’eusse fait ma réservation, est notre première halte sur la route de notre « Compostelle » gay. J’avais découvert ce joli site il y a 14 ans, avec mon précédent ami qui m‘avait quitté un an plus tôt - pour la nième fois il tentait, par un improbable retour, de savoir de quel manque il souffrirait le moins, du mien ou de celui pour lequel il était parti -  revenant d’un séjour dans l’hôtel restaurant de Michel Bras à Laguiole,souvenir plutôt douloureux.

Nous ne nous attendions pas à trouver si peu de monde en plein mois d’août dans la vallée du Lot-Celé et de pouvoir visiter presque seuls ces petites merveilles que constituent les vestiges de l’ancienne abbaye de Marcilhac-sur-Célé ou du prieuré d’Espagnac -Sainte-Eulalie, prieuré que nous fit ouvrir et visiter, en dehors des rares heures prévues à cet effet, une ahurissante vieille dame, gardienne des lieux, dont l’humour le disputa à l’érudition, sur la sollicitation insistante d’un jeune touriste accompagné de son épouse et de sa mère(« je suis élève de l’école du Louvres ») , qui se vit répondre : « si j’accepte de vous faire cette visite jeune homme, qui je vous en avertis durera au moins trois quart d’heures et vous coutera deux euros par personne, ce n’est pas en votre qualité d’élève de cette école, je n’en ai rien à faire, mais parce que, avec ces deux messieurs, vous êtes cinq ». A notre interrogation sur la faible fréquentation de ce lieu elle s'exclama : "Qui s'intéresse encore à culture, qui plus est à la culture religieuse!". Durant la visite, nous rappelant pourquoi les « gisants » étaient toujours représentés jeunes, à l’âge de la mort du Christ, elle se retourna vers moi : « Ca doit vous réjouir, Monsieur, d’apprendre que vous n’aurez que 33 ans lors de votre résurrection… ». 

 

 Je ne suis pas sûr que la jeunesse soit une condition suffisante (ni nécessaire) pour trouver dans cette région une âme gay disponible à une distance raisonnable, une des rares détectable par « Grindr » ne se trouvant qu’à plus de quinze kilomètres! Nous atteindrons Sitgès mercredi, après deux nouvelles étapes à Saint Bertrand de Comminges puis à Villefranche-de-Conflent, pour en repartir le 16. Nous avions envisagé de rompre avec nos habitudes aoutiennes et d’accompagner , pour découvrir enfin Mykonos qui constitue encore une lacune dans ma culture gay, un couple de nos amis habitué de cette destination nettement plus onéreuse, mais ceux-ci ayant du renoncé à de nouvelles dépenses à la suite de l’achat de leur appartement, il nous a semblé financièrement plus judicieux d’attendre que la Grèce ne sorte de l’euro ….

Saint-Cirq n’était pas tout à fait notre première étape puisque nous avons passé quarante huit heures à Bordeaux, le temps d’aller esquisser notre bronzage sur la plage gay du Porge, elle aussi bien peu fréquentée en ce vendredi pourtant très ensoleillé. Le soir, le « Gowest » se trouvant fermé pour congés annuels, nous sommes allé boire un dernier verre au « Trouduc », dont le nom même témoigne , au même titre que l’ambiance musicale qui y règne et le look de sa clientèle, de la momification dans les années 70 d’une certaine homosexualité provinciale

(La photo d'illustration de ce billet est celle du prieuré d'Espagnac

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 22:45

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A l’approche des vacances, ce sera pour moi à la fin de la semaine, ce blog s’est mis quelque peu en sommeil. Pourtant les sujets ne manquent pas, ne serait ce que cette polémique à la suite des propos de François II pour la commémoration de la rafle du Vel d’hiv. On lui reproche (certains lui reprochent…), presque avec la même véhémence, exactement le contraire de ce qui avait suscité l’indignation à propos des ambiguïtés de son illustre prédécesseur François I. Celui-ci avait exclu la responsabilité de la République considérant, comme De Gaulle, que la seule France légitime était la France « libre », celui-là, amplifiant les déclarations de Jacques Chirac, affirme au contraire la pleine responsabilité de l’Etat Français. Je puis concevoir que l’on tienne ces deux discours, qu’il soit plus aisé de tenir, question de génération, celui de la « responsabilité » pour ceux qui n’ont pas vécu cette période que pour leurs prédécesseurs, qui en furent les acteurs, et pour qui le « devoir de réconciliation » primait sur le « devoir de mémoire », mais il me semble tout de même que la France « légitime » en 1942, constitutionnellement et bénéficiant du soutien de l’immense majorité de la population, c’était bien celle de Pétain….

Le temps me parait cependant plus propice aux propos plus futiles…Il est ainsi il est plutôt habituel de se plaindre des hotlines des opérateurs de télécommunication. Je dois être une exception car je n’ai à ce jour jamais eu à le faire, notamment lors de ma dernière mésaventure avec mon Ipad. Celui-ci m’a soudain indiqué qu’il ne trouvait plus de carte SIM (alors que le wifi continuait à fonctionner). La hotline orange m’a invité, dans un premier temps, à me rendre dans une boutique du même nom pour un changement de carte SIM ce qui s’est avéré sans effet, puis m’a mis en relation avec la hotline d’Apple, il ne pouvait plus s’agir que d’un problème sur l’Ipad lui-même…dont la garantie venait d’expirer huit jours plus tôt! Le technicien Apple, après deux tentatives infructueuses, quant à la reconnaissance de la carte SIM, de « restauration intégrale» de l’Ipad , m’a spontanément proposé de me mettre en rapport avec son supérieur qui m’a accordé une « extension » de garantie, fait venir un coursier chez moi dès le lendemain pour envoi de l’Ipad pour « réparation » et livraison trois jours après d’un nouvel Ipad…Chapeau, non ?

Etre privé de son joujou préféré, ne serait ce que trois jours vous libère un peu de temps mis à profit pour combler un retard en films et romans… « Kill list » fait partie de ces films pour lesquels il ne vous viendrait pas à l’idée de vous déplacer si certains critiques plutôt élogieuses ne vous avaient intrigué. Film terrifiant, aux scènes parfois insoutenables, qui débute de façon un peu ennuyeuse sur le mode du drame social façon Ken Loach, avant de basculer, lorsque le héros se révèle être un tueur à gages, dans un univers cauchemardesque mêlant le gothique, l’horreur, le fantastique et le réel, balançant entre ceux de "Rosemary baby" et de " Shining". Le final, surprenant, dérangeant, à la limite du grotesque, semblerait donner libre cours à toutes les interprétations - y compris celle qu’il n’y en ait pas, ce qui est dans les intentions avouées du réalisateur- si les indices semés par ce dernier, notamment cette scène où le personnage principal se bat en duel avec sa femme et son fils , comme une répétition de la scène finale, avec des jouets d’enfant, et surtout celle où le médecin qu’il consulte pour une blessure infectée de la main se révèle être… un psychiatre, ne venaient fortement suggérer le délire schizophrène du héros.
Terrifiant également le premier roman de Robert Pori, « l’invisible » où, dans une atmosphère de fin du monde, un ouragan qui s’annonce, un agent du FBI mène l’enquête à la recherche d’un tueur en série. Servi par une écriture au scalpel, ce thriller dont le rythme s’accélère au fur et à mesure de l’approche de l’ouragan dévastateur jusqu’au final époustouflant par son renversement de perspective, est impressionnant, même si on peut regretter que les indices laissés par l’auteur, qu’une lecture attentive ne saurait laisser échapper, ne laisse deviner, bien avant qu’il ne se produise, le coup de théâtre final.

« Amazing Spider-man » était sans doute le film idéal pour se remettre de ces émotions. Difficile de ne pas tomber sous le charme d'Andrew Garfield (dont la photo illustre ce billet), déjà remarqué dans « Social Network», et son humour décalé, , dans ce film qui même drame intimiste (la partie la plus réussie) et scènes d’action habituelles en 3D. Avant d’aller voir le dernier « Batman » qui vient de réveiller la folie meurtrière d’un schizophrène…

 

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 08:50

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Si l’on fait abstraction de ce temps automnal que nous subissons depuis près de 4 mois, et de la gigantesque panne d’Orange dont je ne peut encore évaluer (en vue d’une indemnisation!) de combien de contacts « Grindr » elle m’a privé, les nouvelles sont plutôt stimulantes ces derniers jours et auraient pu faire l’objet de plusieurs billets : la France emprunte à taux négatif, comme l’Allemagne (alors qu’on nous prédisait une attaque des marchés financiers contre la France dès l’élection de François II) ; les islamistes n’auraient pas remporté les élections en Libye (BHL serait-il un sorcier ?) ; contrairement aux idées reçues l’intégration progresse dans notre pays ( Mohamed Merah a un joli accent toulousain) ; Dieu (on se sait encore lequel…) a laissé sa trace dans un accélérateur de particules (le fameux boson de Higgs -j’en ai souvent parlé, celui par qui le monde que nous percevons fût- aurait enfin été découvert - http://limbo.over-blog.org/article-traces-de-dieu-pres-de-geneve-80277349.html) ; le nouveau Pape vient d’autoriser le mariage des prêtres homosexuels (du moins dans le monde postislamique du roman de science-fiction que je suis en train de lire, « La forteresse »)…

Ce dernier roman, ainsi que le dernier billet de Tho sur un autre blog, m’ont évoqué un autre sujet possible : maintenant que le mariage homosexuel et l’adoption sont acquis, ou presque (lors de la dernière gaypride, lorsqu’elle est passée sous les « fenêtres » de Saint Nicolas de Chardonnay, quelques dizaines d’intégristes hurlaient, protégés par les grilles de l’église et un cordon de CRS, des slogans hostiles) , on compatit d’avance à l’angoisse de la LGBT, organisatrice de la marche, devant la nécessité de trouver de nouvelles revendications. On n’ose espérer que l’on en revienne aux fondamentaux, la dénonciation de l’homophobie, la lutte contre le Sida, les difficultés psychologiques des jeunes gays victimes de l’exclusion familiale, etc, et que l’on redonne aussi à la marche, et son nom et son caractère festif. Il est cependant plus probable qu’elle maintienne son côté syndical et dans ce cas on peut suggérer quelques revendications indispensables pour s’approcher un peu plus du droit à « l’indifférence » : la parité homo/hétéro en politique (soyons conciliant en comptant les « bi » parmi les homos) et le mariage à l’Eglise (restons politiquement correct en différant cette revendication pour les mosquées…).

Plus sérieusement, ce qui a avant tout marqué ma semaine (le boson de Higgs, tout de même…), c’est d’avoir assisté à la projection d’un film dont ne comprend pas comment il a pu être ignoré du palmarès du festival de Cannes, le dernier Léo Carax, « Holy motors ». Il est difficile de rendre compte de ce film tant il est déroutant, tant il nécessiterait pour être pleinement apprécié une culture cinématographique que je n’ai pas. Ceux des précédents films du réalisateur que j’avais vus, « Boys meet girl », « les amants du Pont-Neuf » et surtout « Mauvais sang », m’avaient enthousiasmé, celui-ci va au-delà. Formidable hymne d’amour au cinéma et à son histoire, ses propres films et ceux des grand du cinéma, critique de son évolution actuelle qui lui fait perdre sa magie (le virtuel, la disparition des caméras : « les hommes n’aiment plus les machines matérielles »)). Comme dans le film de Cronenberg (« Cosmopolis » qu’avec le temps, le recul, je jugerais plus favorablement que dans un billet précédent), une limousine blanche sillonne la ville. A chacune de ses étapes, onze je crois, le passager va se métamorphoser en un autre personnage pour jouer une histoire différente, une palette du génie de l’auteur. Deux grands moments d’émotion : l’hallucinante séquence en forme de comédie musicale dans les locaux abandonnés de la Samaritaine, hommage à Jean Seberg; les dernières scènes sur la très belle chanson « Revivre » de Gérard Manset.

 

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 23:12

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En conclusion d’un ancien billet, datant de début 2010 (http://limbo.over-blog.org/article-des-pissotieres-a-internet-un-itineraire-gay-43107661.html), j’écrivais ceci :
« L’irruption d’Internet et des sites de rencontres comme Citegay, Gayromeo, Gayrrier, Keumdial, Xtremboy ou d’autres, est entrain de modifier la topographie des rencontres d'une manière qu'il est encore difficile de cerner car l’intrication du virtuel et du réel, l’interférence éventuelle de la Webcam (un sujet à développer!), en font pour moi un instrument de drague plus complexe, qui n’a pas « l’immédiateté » et la transparence du lieu "physique". Cette évolution n’est pas terminée, de la même façon que l'informatique n’a pas tué l’écrit, Internet ne fera pas disparaître les lieux de drague. »

Je ne réalisais pas encore à quel point l’utilisation croissante des réseaux sociaux sur internet allait non seulement modifier la « topographie », mais aussi la « sociologie » des rencontres gays. Certes j’avais très vite constaté le désir soudain et massif de nombre de jeunes « béninois » et autres natifs d’Afrique noire pour les amours masculins en terre prospère, au seul prix, l’on suppose, de l’envoi d’un billet d’avion sans retour (lorsque le mariage gay aura été voté on pourra même les régulariser!), ou la métamorphose subite des « tapins », autrefois territorialement localisés à certains rues ou parcs de grandes villes, en « escorts » qui viennent spontanément vous proposer leur service sur la base aléatoire d’un moteur de recherche filtrant sur l’âge (et dont certains ont si peu l’âge et le physique du « job » qu’on serait presque tenté de leur proposer d’inverser les rôles…).

Ces deux catégories, qui auront au moins eu le mérite de m’apprendre à me servir de la fonction « bloquer » sur les sites de rencontre, s’inscrivent dans le cadre d’une logique de « marché », de « profit », indépendante de toute interrogation quant à la nature, quelle qu’elle soit, de l’orientation sexuelle de leurs acteurs. Il n’en est pas de même en ce qui concerne l’apparition, surprenante, de nouveaux protagonistes que je n’avais pas jusque là eu l’occasion de rencontrer.

En effet, jusqu’à ces dernières années je n’avais connu que des garçons qui se définissaient, du moins si on le leur demandait, comme homosexuels (qu'ils aient eu des relations féminines ou non, , voire fussent ils mariés) ou bisexuels. Dans cette deuxième catégorie, on discernait assez facilement ceux, assez rares, qui l’étaient vraiment, c'est-à-dire dont on ne pouvait affirmer une orientation sexuelle préférentielle, de ceux qui masquaient sous ce vocable une homosexualité non pleinement assumée. Les sites de rencontre gay sur internet, notamment ceux cités dans le billet précédent, n’avaient modifié en rien cette perception. Mais ont fait maintenant leur apparition ce que l'on appelle les « réseaux sociaux » qui ont proliféré d’abord sur l’iphone et maintenant sur l’ensemble des Smartphones. Ces sites (Grindr le plus célèbre, Bender, Manhunt, Aka-aki, nopic-nodial, blender, gayvox, etc…) offrent de nouvelles possibilités, la localisation GPS (idéale pour « outer » vos collègues de bureau !), mais aussi, du moins pour certains, une inscription non limitée à la population gay et lesbienne (avec le choix gay, bi ou hétéro, voire trans), et parfois (c’est le cas de « Grindr»), pour ceux qui n’existent qu’en version « mobile », une inscription liée à « l’ID » du smartphone et non à un pseudo (ce qui renforce les possibilités d’anonymat, tel ce jeune homme qui créait son profil Grindr à chacun de ses passages à Paris et l’effaçait de son Smartphone à son retour en province chez sa petite amie). Sur ces nouveaux sites, en dehors d’une augmentation notable de la proportion de « bisexuels » qui s’affirment tels, on a la surprise de voir apparaître des…hétérosexuels. Ils ne font pas qu’apparaître, ils vous proposent même des rencontres (je connaissais chez certains de mes amis le fantasme de se faire un « hétéro », mais pas celui inverse !). On pourrait bien sûr penser qu’il ne s’agit que d’une version aggravée des dits « bisexuels » mais ceux-ci ne m’avaient pas habitué à des « dialogues» du style de ceux dont vous trouverez ci-dessous un florilège : « J’aimerais te mater en train de te branler », « une photo, tu n’y penses pas, je suis marié ! », « très envie d’un plan "cho", mais te préviens je n’embrasse que ma meuf » ou, variante, « je peux passer depuis mon boulot à l’heure du repas mais je te préviens, je ne jouis pas, je réserve mon sperme à ma meuf ce soir », « ça te dit si je te suce, j’aimerais essayer, mais je fais que ça , pour l’instant.. ». Ces drôles de drilles, très souvent jeunes, généralement passifs, se montrent le plus souvent plutôt expérimentés.. .

Ce dimanche j'ai participé à ce qui a du être ma 20ème gaypride, un certain ennui, trop d'hinarces peut-être....



"Je ne tiens pas absolument à provoquer une deuxième "affaire Camus", ou troisième, je ne sais plus, mais les collaborateurs homosexuels de...., sur France Musique (à midi) exagèrent un peu, tout de même : non seulement ils mais en plus ils. L'un d'entre eux est allé jusqu'à dire, hier, à propos d'un danseur et d'une danseuse du Bolchoï qui ont quitté Moscou pour Saint-Pétersbourg et le mariage :
"voilà ce qui arrive quand on engage des danseurs hétérosexuels- quelle idée, aussi!"
Mais ce sont en permanence des gloussements de volière exotique et autres adjectifs à petit doigt levé. Le subliiime est la monnaie d'échange, qui sert à troquer de l 'Ambroise Thomas contre du postillon de Longjumeau ("Qu'il était beau, qu'il était beau, le postillon de Longjumeau!"). Homosexuel n'est d'ailleurs pas le mot qui convient, mais je suis bien décidé à rester dans le politiquement correct et à ne pas franchir la ligne jaune, comme aimait dire feu le commissaire Plenel."
(Renaud Camus- Septembre absolu, journal 2012- Fayard 2012)

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 10:20

 

 

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Le tweet de la prmière concubine de France n’aura donc pas eu l’effet électoral pervers, pourtant annoncé par des commentateurs de moins en moins avisés, qu’avait eu entre les deux tours de 2007 l’annonce d’une TVA sociale par notre impayable zozo centriste, Jean-Louis, qui profitant de la mauvaise chute du béarnais à la suite du coup que lui a porté Martine, vient de remonter sur scène pour un (ultime ?) tour de piste.

François II a donc parachevé sa victoire par un triomphe électoral législatif qui semble lui donner encore plus de latitude que le premier du nom pour appliquer sa politique, même le Sénat est entre les mains de ses amis. Semble car, une fois les mesures symboliques prises, il ne le pourra pas. Son prédécesseur socialiste fit pendant deux ans ce qu’il avait promis, avant d’avoir à choisir l’Europe et le tournant de la rigueur, François Hollande n’aura même  pas six mois. C’est parce que je le crois capable de réaliser aussi équitablement que possible  et faire admettre cette « nécessaire adaptation » que j’ai voté pour lui. S’il réussit, il peut être le premier des présidents de la Vé république élus dès leur première candidature à être réélu…sinon il est à craindre que nous nous retrouvions avec bien plus de deux ou trois députés FN dans la prochaine assemblée, pas seulement à cause de la proportionnelle...

La déroute d’un grand nombre d’élus de la « droite populaire », aussi réjouissante soit elle pour nous à travers la disparition de bien de ses «héros » de l’homophobie, ne doit pas faire illusion, les électeurs ont tout simplement préféré « l’original » à une mauvaise copie encore plus nauséabonde. La France de l’ouest est de plus en plus rose, l’air marin sans doute, mais l’est se fait plus noir à chaque élection. Les conseillers du président déchu ont fait la preuve de l’inefficacité d’une surenchère verbale et d’effets d’annonce qui, tout en stigmatisant certaines communautés, laissent la situation empirer et ne font qu’ « actualiser » le sentiment de perte d’identité culturelle d’une partie de la population. On peut rêver - le tandem Toubira/Walls permet tous les espoirs - qu’une action en profondeur, discrète, continue, préventive autant que répressive et réaliste (régularisant par exemple tous  les sans-papiers de longue date qui ont un travail) se mette enfin en place.

Je vais également devoir m’habituer à la probabilité de mon «mariage». La droite « populaire » ayant perdu de son pouvoir d’influence, il ne reste plus guère que l’Eglise catholique pour s’y opposer (l’on voit mal, dans l’ambiance actuelle les Imams se mêler de l’histoire…). Dans les années 80, je pestais contre « Ginette » ( http://limbo.over-blog.org/article-ginette-46573957.html), mon amant d’alors, qui me présentait à ses copains comme son « mari ». L’appellation me semble toujours aussi ridicule et caricaturale, mais je ne me sens pas le droit de priver Bertrand des avantages probables, étant donné nos 18 ans de différence d’âge,  que pourrait lui procurer cette « extension » de l’institution : l’héritage sans problème et la possible pension de réversion…Mais rassurez vous, il reste exclu que je le qualifie de mon « mari ».

L'appel de Renaud Camus en faveur de Marine Le Pen, s'il m'a attristé , ne m'a cependant pas détourné de la lecture de son journal dont je viens de terminer celui de 2011, "Septembre absolu"., peut-être le dernier puisque Fayard vient de rompre son contrat. Une grande partie narre ses voyages, notamment en Italie -il faudra que je me décide enfin à découvrir es Dolomites- afin de préparer l'écriture de volumes des "Demeures de l'esprit". Ses obsessions quant à la décrépitude du langage contemporain et au grand "remplacement" sont bien sûr omniprésentes en cette année électorale où il envisageait de se présenter - il n'a pas obtenu les signatures- au nom du Parti de L'in-nocence. Il relate la réponse -un refus- que lui fit l'écrivain Emmanuel Carrère (qui vient de publier "Limonov", célébré par la critique) à sa proposition d'écrire un texte pour la revue de ce parti. Me sentant en résonnance avec ce qu'il dit, je me permets d'en reproduire quelques extraits
"Je suis d'accord, à peu de chose près, avec tout ce que tu dis, pour la simple raison que c'est toi qui le dis, qui le déploies, le stratifies, le bathmologises, et que c'est la météorologie de ton esprit, pas un discours de vérité. Je ne suis d'accord avec rien de ce que dit ton parti, même et surtout quand cela recoupe mot pour mot ce que tu dis, toi. Même et surtout -encore plus surtout_ quand quelque chose en moi, quelque part, est d'accord.
"Par exemple  je crois avoir l'oreille presque aussi sensible que toi aux pauvretés et trivialités du langage contemporain......Mais quand des gens se rassemblent sous t houlette pour communier dans le dédain apitoyé pour ceux de leurs semblables qui disent "pas de souci", "c'est-vrai-que" ou "le Gersss", et pire encore, pour jouir à gros bouillon de se distinguer de cette plèbe, je trouve que ça ne va plus. Je trouve même - pardon-, je vais être pr^cheur- que s'affranchir de ce dédain et de cet orgueil de caste est un enjeu de progrès moral et spirituel, s'y complaire une erreur, celle dont l'évangile fait reproche aux pharisiens....
"Puisque j'y suis, je continue, et te dis ce que je pense d'un des thèmes les plus insistants de l'In-nocence, qui est le grand remplacement, la colonisation à l'envers, les étrangers qui devraient se conduire, chez nous, comme des invités bien élevés, aimant notre langue, pratiquant notre religion - ou la leur, mais avec discrétion, et en nous en étant reconnaissants de notre mansuétude. Sincèrement Renaud, je pense que tout cela n'a plus de sens, pour la simple raison que nous sommes plus de six milliards (ou sept?) sur terre, ce qui est évidemment beaucoup trop, ce qui ne va faire qu'empirer et rend, je suis mille fois d'accord avec toi, la vie nécessairement moins douce, les voisins plus nombreux, plus bruyants, plus nocifs, mais à part qu'espérer qu'un cataclysme décime les trois quarts de la planète (et de faire partie du quart qui reste), qu'y faire sinon se pousser pour faire de la place?"...
"C'est au fond cette conviction d'être dans son droit -de Français de souche, de gens qui savent parler, des gens qui savent- qui me heurte, non dans tes écrits où tu ne cesses de reuser et de saper ce que tu penses, mais dans ce que je peux lire du parti de l'In-nocence.....
( Lettre d'Emmanuel Carrère reproduite dans "Septembre absolu" de Renaud Camus, Journal de l'année 2011, Fayard2012)

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 21:44

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Prague devrait clore, jusqu’à la rentrée, la longue liste des destinations de congrès auxquels j’ai assisté depuis janvier. Contrairement à ce que je disais de Stockholm, jamais visitée en dépit de mes multiples courts séjours, j’avais pu découvrir les splendeurs architecturales de Prague il y a bientôt 20 ans, lors d’une semaine de vacances, peu de temps après la révolution de velours. Nous logions, Bernard avec qui je partageais alors ma vie, et moi, chez une amie d’une de nos connaissances de l’époque. L’ambiance qui régnait dans le pays nous avait surpris. Nous nous attendions à un accueil enthousiaste de tout ce qui venait de l’occident, et non à cette impression d’attente mêlée d’inquiétude, impression que nous avait confirmée notre hôte. Certes la fin de la chape de plomb communiste était célébrée, mais le mode de vie occidental et la société de consommation ne faisaient pas rêver. Ils se sont cependant imposés livrant la ville à des hordes de touristes qui, comme à Venise place Saint-Marc, amenés par bus entiers et ne disposant que de quelques heures, se concentrent tous sur les lieux les plus connus, Pont Charles, Cathédrale Saint Guy, cimetière juif, horloge astronomique et Château, n’imaginant même pas les merveilles qui se trouvent à quelques pas dans les rues de la vieille ville à l’atmosphère kafkaïenne ou dans des quartiers un peu plus excentrés à la découverte de la Prague flamboyante et baroque. La vie homosexuelle semble aussi très intense si on en croit la fréquentation des réseaux sociaux gays et notamment le site « gayromeo » qui semble le plus populaire ici (il existe aussi, dixit les autochtones des sites nationaux très actifs, du style «citegay » en France).

J’ai eu le plaisir d’avoir une discussion chaleureuse avec un des orateurs du congrès, Jean-Didier Vincent - célèbre neurobiologiste auteur de « Biologie des passions » et de « Casanova, la contagion du plaisir », habitué de l’émission de Frédéric Taddei sur FR3, et qui fût aussi, il y a si longtemps, un de mes maitres à la Faculté de Médecine de Bordeaux- à propos des bases biologiques du désir homosexuel, un sujet bien éloigné des thèmes de ce congrès….

Mon retour sur Paris dimanche après-midi, me permis d’aller déposer à temps un bulletin dans l’urne du 12ème arrondissement pour contribuer à renvoyer chez lui le troisième parachuté de la circonscription après Dominique Baudis et Arno Klarsfeld , Charles Beigbeder et avant d’assister à une soirée électorale qui annonçait un second tour plutôt réjouissant pour François II, avec un Jean Luc Mélenchon au destin comparable à la grenouille de la fable de la Fontaine, des verts bien délavés, et un Front National dont l’UMP ne peut plus se passer. Tout cela bien sûr jusqu’à ce que sa seconde compagne décide d’illustrer par l’exemple le livre de Jean-Didier Vincent dont l’image de couverture est en exergue de ce billet et d’apporter sa contribution, originale , à la cause féminine….

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 12:05

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L’autre lundi, sous une pluie battante je me suis rendu à la réunion annuelle de la section parisienne des anciens élèves de mon ancien collège bordelais, « Sainte Marie de grand Lebrun », dans lequel je fis mes études de la 8è (ça s’appelait comme ça à l’époque !) à la terminale C. Annuelle si l’on veut, car la dernière remontait à une dizaine d’années, son organisateur habituel et bénévole ayant été accaparé par ses activités professionnelles. Chaque fois que j’en ai eu la possibilité j’ai été fidèle à ce type de réunion, voire à la (courte) messe qui la précède (pas cette fois), gardant un souvenir ému des années passées dans ce collège et surtout de ses professeurs (à quelques exceptions près…) et même du terrible père Cazelles, directeur de l’école pendant plusieurs années, qui venait, tous les quinze jours, nous donner notre classement, fonction de nos résultats dans les différentes matières, verdict que j’attendais avec angoisse car si je n’étais pas dans les trois premiers je savais qu’il y aurait quelques sanctions parentales. Nous sommes sans doute deux ou trois cents anciens élèves sur Paris, mais peu, une trentaine les meilleures années, se déplacent, rarement ceux des dernières générations. Cette fois ci nous étions à peine treize, un seul ecclésiastique, le « Provincial» des Marianistes (chef national de l’ordre) entouré de douze anciens tel le Christ lors de la cène. A l’exception de l’organisateur, ma génération était la plus récente (!), avec, la probabilité était pourtant faible, un autre représentant de ma promotion, mieux de ma terminale, à la retraite depuis 10 ans (ancien élève de Centrale ayant fait sa carrière à Gaz de France – les avantages du public...!-) et dont j’allais apprendre au cours de la soirée qu’il avait voté Le Pen. La discussion s’est en effet engagée très vite dans le domaine politique –les élections si proches- . Un des convives, plus ou moins diplomate ou chargé de mission au Mexique, j’ai manqué le début de la conversation, affirmant de façon péremptoire « ce qui nous arrive est terrible, il n’a aucune expérience », il parlait de Hollande bien sûr, avant de s’en prendre à son prédécesseur, une présidence qualifiée de catastrophique, qui nous a «fâché » avec la terre entière avant d'ajouter : « Que vouliez vous que je fasse, j’ai voté blanc ». Tout cela commençait « fort » lorsqu’un autre ancien élève, fort avancé en âge, s’exclama « C’est tout de même impensable que quelqu’un qui refuse de se marier rende légal le mariage homosexuel ». Je me suis permis de l’interpeler : « je ne vois pas où est la contradiction». Il a sans doute pressenti un terrain mouvant car il a aussitôt changé de sujet de conversation,conversation que j'aurais pu relancée si mon goût de la provocation n'était sans doute quelque peu émoussé dans ce type d’assemblée : je me suis retenu de lui rappeler que parmi les anciens élèves célèbres de ce collège, il y avait un PDG de « Pink TV» (si l’on en croit Wikipedia !), et surtout François Mauriac…J’aurais pu aussi, lorsque chacun s’est présenté, égrenant son nombre de « petits enfants », ne pas me contenter de dire que je n’avais pas d’enfant, comme d’ailleurs mon collègue de promotion célibataire (peut être gay lui aussi même s’il vote FN), mais ajouter que j’étais pacsé. Heureusement j’ai eu la chance d’être assis à côté du « Provincial», dont la conversation était bien plus apaisante (j’ai toujours préféré les curés à leurs ouailles). Il n'y a plus aucun prêtre à Grand-Lebrun et même le directeur (une directrice en fait) est laïc...

Le hasard a voulu que je termine un « thriller » de Donato Carrisi (auteur d’un succès mondial « le chuchoteur»), « Le tribunal des âmes », en rentrant de ce diner. Un intrigue complexe, un peu trop parfois, qui met en scène un ordre fondé par le Vatican, « les pénitenciers», qui aurait établi à partir des témoignages recueillis en confession, des archives secrètes des crimes les plus horribles pour lesquels les simples prêtres ne pouvaient donner l’absolution sans une décision des autorités suprêmes à Rome, « le tribunal des âmes ». Après sa dissolution par le Vatican, en raison de ses dérives, cet ordre se serait érigé en société secrète poursuivant les criminels jusqu’à leur élimination. Une écriture fluide, des rebondissements multiples, des personnages assez « consistants», une fin qui surprend vraiment, permettent d’oublier que ce roman se veut sans doute aussi une réflexion sur le mal.

Ridley Scott avait-il la même ambition, philosophique, lorsqu’il a réalisé « Prometheus » ? Sa conception de l’homme est bien peu darwinienne (voir le billet précédent), plutôt « créationniste» avec une héroïne qui ne sépare jamais de son crucifix. Si les références à 2001 sont omniprésentes - impulsion extra-terrestre à la création de l’homme, découverte de signaux laissés par cette civilisation, expédition organisée à leur recherche, robotique s'autonomisant , vieillard parcheminé sur son lit dans une chambre reconstitué dans un vaisseau spatial – la ressemblance s’arrête là, non seulement parce qu’ici l’homme ne se dirige pas vers une stade supérieur de son évolution, « l’enfant des étoiles », mais vers sa destruction, mais surtout parce que la comparaison serait cruelle pour le réalisateur.
Il reste un magnifique spectacle visuel qui se voit sans ennui, ce qui n’est pas le cas de « Cosmopolis » de Cronenberg,métaphore futuriste de la fin du capitalisme, projection hallucinée de l'aboutissement possible de la crise financière acuelle qui se termine sur un dialogue hallucinant entre un goldenboy et un laissé pour compte du système,brillant jusqu'à l'ennui.

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 22:41

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Qui se souvient encore du nom de Jean Baptiste Lamarck? Il fut le premier à proposer une théorie « transformiste » de l’évolution des espèces. Selon celle-ci, les espèces dérivent les unes des autres, les transformations se faisant sous la pression « intentionnelle » des évènements et du milieu. Il prônait donc l’hérédité des caractères acquis. Darwin allait opérer une révolution copernicienne en affirmant que cette évolution se faisait par « hasard », sous l’effet de la sélection naturelle. La longueur du cou de la girafe est l’exemple le plus simple pour différentier les deux théories : selon Lamarck les girafes ont commencé à vouloir manger des feuilles en hauteur ce qui a progressivement allongé leur coup, pour Darwin, à l’origine, il y avait des girafes avec des cous de toutes les longueurs, mais la sélection naturelle n’a gardé que les girafes à long cou, les plus « adaptées ».

Le Darwinisme a triomphé et Lamarck est tombé dans l’oubli ou presque. D’abord parce que sa thèse, malgré ses lacunes qui persistent, était bien plus « puissante » , moins « naïve » que celle de Lamarck, mais le discrédit de ce dernier tient aussi à l’idéologie. Le darwinisme permettait de faire l’économie de Dieu, ce qui fut illustré brillamment par Jacques Monod dans son célèbre essai « le hasard et la nécessité », alors que le lamarckisme, et la place qu’il laissait à « l’intentionnalité », était compatible avec le concept d’évolution créatrice (rien à voir cependant avec le créationnisme de certaines sectes américaines!). Tout n’est pas si simple cependant, les catholiques furent certes du côté de Lamarck, mais les protestants plutôt du côté de Darwin (il me semble que la notion de « prédestination » auraient pourtant du les pousser vers Lamarck…). Le darwinisme lui-même allait, avec le « darwinisme social » qui prônait la sélection compétitive comme moteur social, être l’objet d’une dérive idéologique droitière.

Certaines découvertes récentes viennent quelque peu réhabiliter Lamarck en montrant que certaines de ses intuitions étaient justes : l’environnement pourrait être responsable de variations dans l’expression des gènes (et non des gènes eux mêmes), dites variations « épigénétiques », pérennes au fil des générations. Cette hérédité « épigénétique » serait donc « acquise ».

Si ce retour en grâce de Lamarck a attiré mon attention, ce n’est pas en raison d’un intérêt marqué pour la théorie de l’évolution, mais parce que je fus dans ma jeunesse un ardent défenseur du courant de pensée qui se réclamait du Lamarckisme, entrainé certes par mon milieu familial d’extrême droite mais surtout par la lecture enthousiaste des livres du zoologiste et biologiste Pierre Paul Grassé (« Toi ce petit Dieu » ) et du prix Nobel de médecine Alexis Carrel dont l’essai « L’homme cet inconnu » , paru en 1935, a eu un retentissement considérable pendant des dizaines d’années. Il y défendait des thèses eugénistes arguant que les progrès de l’hygiène et de la médecine avaient détournés la sélection « naturelle » de son rôle(il empruntait aussi à Darwin), prônant ainsi l’élimination des humains indésirables, se basant sur le concept de dégénérescence, notamment l’euthanasie des criminels et des aliénés et la « restauration » de l’homme grâce aux avancées de la science et au conditionnement. Même si Carrel ne semble pas avoir été influencé par Nietzche, on ne pas ne pas évoquer le « surhomme ». Bruno Mégret en fit un de ses maitres à penser . Alexis Carrel ne peut cependant être assimilé à l’idéologie nazie qu’il critiqua : « …les juifs sont une bonne race: ils ont maintenu longtemps leur idéal et le christianisme vient d’eux….L’Allemagne ne renferme aucune race pure. ». S’il effaroucha les catholiques, il reçu un accueil favorable d’une certaine gauche et fut notamment encensé par « l’éducateur prolétarien ».

Le choc qu’ a provoqué en moi la lecture du livre de Jacques Monod précédemment cité, et la découverte de l’œuvre d’un autre biologiste Henri Laborit m’ont vite éloigné de ce marécage idéologique, mais en relisant ces lignes concernant l’homosexualité , « Les sexes doivent de nouveau être nettement définis. Il importe que chaque individu soit, sans équivoque, mâle ou femelle. Que son éducation lui interdise de manifester les tendances sexuelles, les caractères mentaux et les ambitions du sexe opposé. », je me demande comment l’adolescent que j’étais a pu ne pas être troublé et ne pas se rendre compte que c‘était de lui dont on parlait...Avec le recul, on pourrait tourner cela en dérision en qualifiant cette opinion de paradoxale pour un « transformiste »…

Le transformisme sexuel est le thème du nouveau film très attendu de Xavier Dolan avec Melvil Poupeau, prochainement présenté à Cannes, dans une section parallèle. En attendant sa sortie, j’ai vu le nouveau Jacques Audiard, « De rouille et de sang », l’histoire d’une dresseuse d’orques qui leur ayant accidentellement donné ses jambes va entreprendre le dressage d’un autre orque, humain celui-là, et lui donner son cœur. Un grand cinéaste à n’en pas douter et un acteur aussi époustouflant que dans Bullhead, mais je dois avouer n’avoir pas été vraiment séduit, comme tenu à distance de cette histoire.

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 16:17

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Je commence ce billet dans l'avion qui me ramène de Stockholm où se déroulait l'édition annuelle de la "Springfield", un des plus importants congrès sur la maladie d 'Alzheimer. C’est la 4ème ou 5ème fois que je reviens dans cette ville que je n'ai jamais eu le temps de visiter, celui cependant de constater qu'ici, contrairement à la Nouvelle Orléans, toutes les sites gays de rencontre étaient très actifs : l’Europe du Nord noierait-elle sa rigueur protestante, son orthodoxie financière et son ennui, dans l’alcool et le sexe ? Si, comme l’écrit Franz-Olivier Giesbert, « Le 6 mai 2012 fut la victoire de notre ascendant nordique, j’allais dire belge et pourrais ajouter scandinave, sur notre vieux fond latin», c’est un avenir plutôt austère qui s’annonce….

En feuilletant la presse quotidienne et les hebdomadaires, j'ai pu m'amuser à compter le nombre d' articles où l'on vous décrit maintenant, comme une évidence, le parcours d'un homme, François Hollande, destiné á être président, sans oublier les visionnaires qui se rappellent à notre bon souvenir, tel le même Franz-Olivier Giesbert, dans son dernier livre particulièrement jouissif, « Derniers carnets-scènes de la vie politique en 20012 », rapportant sa rencontre en 2004 avec le futur président : " Après le repas, en regardant Hollande s'éloigner sur le boulevard Saint-Germain pour rejoindre le siège de son parti, j'ai pensé que je venais probablement de déjeuner avec un futur président de la république . Je ne galèje pas....".

Dimanche dernier, fatigué d'entendre Coppé, ses sbires et ses rivaux, prendre les électeurs pour des attardés mentaux en nous répétant à l'infini, a propos des législatives, qu'il ne fallait pas donner au PS tous les pouvoirs, donc les lui faire perdre tous ou presque, et peut être nostalgique de n’avoir pas participé à la fête en 1981- j' habitais Bordeaux et surtout je vivais alors avec un militant RPR, j' ai déjà conté cet épisode- j'ai finalement entrainé Bertrand à la Bastille. Je n'avais pas imaginé qu'il puisse y avoir tant de monde, une foule très colorée, dans tous les sens du terme, et dont la joie faisait plaisir à voir, si dense qu'on pouvait craindre qu’au moindre incident sa mise en mouvement ne déclenche une panique catastrophique. Nous avons préféré nous en extraire avant l’arrivée du futur président et foncer fêter la victoire dans le marais tout proche.
Les rapprochements avec 1981 ont leur limite. Certes il s'agit à nouveau d’ un François (je constate avec dépit que la dénomination " François 2" connait un grand succès sans qu’il ne soit jamais mentionné que je suis le premier à l’avoir employé sur ce blog il y a de long mois!), certes ce dernier a emprunté nombre de formules de son prédécesseur et imité certaines de ses postures, poussant le mimétisme jusqu’à réaliser le même score, certes on peut faire des parallèles entre les présidences de Giscard et de Nicolas, mais en 1981 la victoire de François Mitterrand répondait a une espérance folle et résonna comme un tremblement de terre -la bourse s effondrait de 20% le lendemain de l élection-, alors que cette fois ci, la victoire était attendue -la bourse à gagné près de 2%.
Mon état d’esprit est également bien différent. En 1981 mes convictions étaient fortement ancrées à gauche et j’attendais Mitterrand comme le messie; en 2012, alors que je m’étais éloigné progressivement du parti socialiste depuis le retrait de Lionel Jospin de la vie politique, ce blog en témoigne, Nicolaparte a réussi le tour de force, en ressuscitant le clivage droite-gauche, de me ramener au bercail.

François Hollande n’est pas François Mitterrand, mais il en est le digne héritier (celui de Jacques Delors aussi), héritage que contrairement à Fabius («lui c’est lui, moi c’est moi ») ou à Jospin (le «devoir d’inventaire») il assume. Le choix de la grande bibliothèque était particulièrement judicieux pour lui rendre hommage le 10 mai, annonçant ainsi le retour de la « Culture » dans ses priorités (j’avais également apprécie l’hommage rendu à Pierre Bérégovoy, un de nos plus grands ministre des finances). Je suis de ceux qui pensent qu’il peut nous surprendre, qu’il peut être celui qui nous fera traverser au mieux la terrible période qui s’annonce. Il a eu la sagesse et la chance de s’être entouré d’hommes intègres et compétents, contrairement à Mitterrand qui par amitié aveugle a laissé s’installer une cour de personnalités sulfureuses. Mais pour cela il devra s’affranchir de son programme, il le sait. On ne lui pardonnera rien, déjà les poujadistes de tout bord poussent des cris de truie qu’on égorge à la moindre de ses dépenses…
Dans son entourage il y aura son ami Jean Pierre Jouillet, il lui en avait voulu d’avoir cédé quelque temps au charme sarkozien, mais il s’en était vite repenti. On sait ce qu’il en est des autres « transfuges », certains ont trahi à nouveau, en sens inverse (après tout, comme pour l’infidélité, c’est souvent le premier pas qui est le plus difficile à franchir…), d’autres, plus décents, ont assumé jusqu’au bout, tel Eric Besson qui a annoncé qu’il allait rejoindre le privé, mais où est donc passé Bernard Kouchner! Peut être la prophétie de François Mitterrand, révélée par FOG dans son livre, s’est elle réalisée : «Un GO égaré en politique. Vous verrez, il finira là où il a sa vrai place : au Club Méditerranée». (Je ne résiste pas au plaisir de livrer celle sur DSK : « Un jouisseur sans destin. Je le verrais plutôt à la tête du patronat qu’à la tête du PS. Mais il est si ficelle qu’il pourrait diriger les deux en même temps.»)


« François Hollande a emporté la primaire socialiste. Vu d’ici, il est notre futur président le plus vraisemblable. Je n’ai rien contre lui personnellement, je le trouve même plutôt sympathique : ce ferait une fameuse différence avec Nicolas Sarkozy. Et comme il est assez probable que leurs lignes politiques respectives seraient à peu près les mêmes….De toute façon, quand nous en serons là, si nous en sommes là, je ne m’occuperai plus de politique. Il y seulement que voir l’un me sera beaucoup moins désagréable que voir l’autre. C’est physique, comme il ne faut pas dire. »
(Renaud Camus – Septembre absolu, journal 2011, Fayard 2012)

Le 6 mai, après avoir fait le choix de Marine le Pen au premier tour, Renaud Camus a appelé à voter pour Nicolas Sarkozy….

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