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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 21:34

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Une polémique quant à la possible fermeture de certains services hospitaliers à l’activité limitée a remis l’accent sur le problème du coût de la santé. J’aborde rarement le problème de la santé, notamment celui du médicament, dans ce blog, car travaillant pour l’industrie pharmaceutique, je ne manquerai pas d’être accusé de partialité. Lorsque l’heure de la retraite viendra (à 65 ans, peu concerné donc par la réforme des retraites, si je ne suis pas victime (ou l’heureux bénéficiaire ?) avant d’un « plan social »), et si je tiens encore ce blog ou un autre…c’est un sujet que j’aborderai volontiers de front, d’autant plus que je me sentirai plus lié par un quelconque « devoir de réserve ». Quoiqu’il en soit, depuis plus de 20 ans que j’exerce dans l’industrie, je ne me souviens pas d’avoir été une seule fois confronté à une situation où j’aurais été conduit à malmener le serment passé il y a une trentaine d’années.
Les sujets qui ont enflammé l’opinion et la presse ces dernières années sont légions? Déremboursement de certains médicaments, hausse importante de certains médicaments non remboursés, franchises médicales, fermeture et restructuration d’hôpitaux. En arrière plan de l’annonce de ces mesures, le déficit de la sécurité sociale. Il n’y a, à ma connaissance, que 4 façons de réduire ce déficit : augmenter les impôts, diminuer les dépenses, restructurer l’hôpital et diminuer les arrêts maladie de complaisance. Jusqu’à maintenant les derniers gouvernements ont choisi avant tout de diminuer les dépenses (il est parfois amusant de constater que ceux qui protestent le plus contre cette approche, sont les mêmes qui se plaignent le plus des impôts…). C’est ça le populisme, il se mord souvent la queue. Le « dé remboursement » de certains médicaments et l’instauration des franchises médicales visent à cette diminution des dépenses. Le « dé remboursement » entraînant une diminution de la prescription, certains laboratoires ont décidé d’en augmenter les prix pour compenser la perte de prescription. Ceci peut sembler regrettable mais il faut d’abord bien comprendre ce qui a justifié cette éviction du remboursement. Il faut pour cela connaître le mécanisme qui conduit au remboursement en France. Le parcours est le suivant : il faut d’abord que le médicament obtienne son A.M.M (autorisation de mise sur le marché), ce qui se fait maintenant au niveau européen, après que le dit médicament a démontré dans des études cliniques souvent longues et coûteuses qu’il était efficace ( en comparaison à un placebo) et d’un niveau de tolérance suffisant compte tenu de son efficacité (on accepte d’autant plus des effets indésirables parfois graves que l’efficacité est majeure alors qu’un médicament d’efficacité marginale n’aura son autorisation que s’il est parfaitement toléré et sans risque). L’essentiel de mon travail consiste à mette au point et à conduire de telles études. Mais une fois que le médicament a eu son AMM, il doit passer en « Commission de transparence » qui va lui attribuer 2 notes en fonction de son « utilité médicale » en comparaison de ce qui existe déjà (cela s’appelle « service médical rendu » et « amélioration du service médical rendu »). Cette note va déterminer le remboursement ou non (si le service médical rendu est jugé nul ou insuffisant le médicament ne sera pas remboursé) et aussi, s’il est remboursé, son prix qui sera déterminé par le « Comité économique du médicament ». Mais il se trouve que cette longue procédure n’a pas toujours existé et que dans le passé certains vieux médicaments ont eu leur AMM sans répondre aux conditions aujourd’hui nécessaires. Ils ont donc été « réévalués » par la Commission de Transparence qui leur a donné la note la plus faible « efficacité insuffisante ou jamais démontrée. Ils ont donc été retirés du remboursement, ce qui peut aisément se comprendre. Il devrait en être de même pour les médicaments homéopathiques qui n’ont jamais prouvé la moindre efficacité. Certains de ces médicaments, même s’ils n’ont jamais montré leur efficacité (parfois tout simplement parce que les études n’ont pas été faites !), n’en ont pas moins une action. Ainsi, par exemple, il n’est pas contestable que l’ « humex », qui est utilisé dans ce que les concierges appellent « rhume de cerveau », diminue les sécrétions nasales et donc apporte un certain confort, sans agir le moins du monde sur le mal lui-même. La sécurité sociale considère qu’elle n’a pas à rembourser de tels médicaments. Quant à la soudaine augmentation de prix de certains d’entre eux, elle pourrait être limitée si des dispositions (dont certaines sont conseillées par le rapport Attali) étaient adoptées : liberté d’installation des pharmaciens, vente libre des médicaments sans ordonnance, etc…).
J’étais plus réservé sur les franchises médicales. Pas sur le principe, responsabiliser le malade (et le médecin !) et ne pas recourir systématiquement au médecin ou au médicament (il faudrait ici faire référence à Ivan Illich et son œuvre, mais ce serait trop long) pour des maladies qui guérissent toutes seules (80% d’entre elles…), mais sur leur application systématique. Il ne me parait pas en effet acceptable d’appliquer ces franchises aux maladies graves ou chroniques.
Les hôpitaux enfin. Ils constituent une des causes majeures du déficit. La réforme de leur gestion est nécessaire et la fermeture de certains services hospitaliers inévitable et dans ce cas, pas seulement pour la question du coût du maintien de structures non rentables, mais aussi parce que les services de chirurgie qui n’opèrent pas suffisamment ont un risque de décès ou de complications bien plus élevé....

 

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 22:31

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La presse s’est faîte l’écho de l’utilisation très répandue d’une nouvelle drogue que l’on pourrait se procurer sur internet, « la méphédrone », drogue euphorisante qui simule les effets de l’ecstasy. Les Autorités de Santé viennent de lancer une alerte en raison de plusieurs cas de décès. L’utilisation de  telles drogues récréatives répond aux effets de mode. Il y a deux ou trois ans, lors d’un épisode tragique survenu au cours d’une soirée gay « people », il a été dit qu’une des drogues consommées avait été « la drogue du violeur », le GHB. Je n’avais pas immédiatement identifié de laquelle il s’agissait, il y a tellement de « drogues du violeur », et ce d’autant plus qu’il n’y avait pas eu viol (mais le terme est sans doute plus vendeur que celui de « drogue récréative »).
Renseignements pris, il s’agissait d’un dérivé du GABA (une des molécules, appelées neuromédiateurs, qui transmettent l’information entre neurones dans le cerveau). Ce neuromédiateur intervient dans les situations d’alarme, de peur, d’anxiété et d’éveil. Il a été découvert par Henri Laborit au début des années 60, un neurochirurgien militaire qui s’était déjà illustré en découvrant, 10 ans plus tôt, les propriété antipsychotiques de la chlorpromazine, ce qui allait révolutionner le traitement de la schizophrénie et contribuer à la sortie de l’asile de nombreux malades. Le GABA est utilisé en médecine comme anesthésique en raison de ses propriétés hypnotiques et relaxantes, son utilisation ayant été détournée du fait de cette action relaxante, avec diminution de l’anxiété, euphorie, état proche du rêve et de l’ivresse. Il est également utilisé par les bodybuilders pour d’autres raisons. Il n’est pas normalement pas possible de s’en procurer mais certains semblent y parvenir sur internet. Alors pourquoi « drogue du violeur », tout simplement parce que ses propriétés hypnotiques, si on l’introduit subrepticement dans une boisson, peut permettre de prendre en partie le contrôle d’une personne. Mais ceci est le cas de biens des tranquillisants, surtout ceux qui agissent sur le GABA, notamment le Rohypnol, ce qui a conduit à ne plus en commercialiser que la posologie la plus faible et en modifier la composition afin qu’il colore les boissons ou l’Halcion, qui a été retiré du marché. Ce détournement de médicaments à des fins « récréatives » ou criminelles, ne date pas d’aujourd’hui. Je me souviens qu’un de mes premiers amants avait voulu me faire croire qu’il était dépressif, pour que je lui prescrive du Survector, un antidépresseur utilisé alors surtout chez la personne âgée, mais dont j’ai appris qu’il l’utilisait à des doses dix fois supérieures en discothèque, comme stimulant. En fait ce produit à forts doses a des propriétés amphétaminiques (comme l’extasie) et a du être, lui aussi, retiré de la vente. Un autre médicament de ce type, utilisé en médecine vétérinaire surtout, la kétamine, dangereux hallucinogène, est également très recherché dans certaines soirées.
Il va sans dire, qu’outre les risques d’addiction, ses drogues peuvent être mortelles, notamment si elles sont associées ou prises avec de l’alcool qui les potentialise, ou si la personne a le moindre problème cardiaque (souvent méconnu…).
Certaines drogues, apparemment plus anodines, comme les « Poppers », qui sont aussi dérivés d’un médicament utilisé dans des tests cardiologiques (le nitrite d’amyle), peuvent provoquer de sérieux problèmes cardiaques (et ils sont d’ailleurs contre indiqués avec les stimulants de l’érection comme le viagra). On peut comprendre que leur interdiction à la vente en France en 2008 ait perturbé la communauté gay. Ils sont depuis peu à nouveau autorisés, le Conseil d’Etat ayant cassé l’arrêté d’interdiction, le jugeant proportionné par rapport au risque.

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 23:46

 

 

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L'extrait qui suit du livre de Jacques Fortin, "l'homosexualité est elle solublke dans le conformisme", rappellera aux habitués de ce blog bien des propos qui y ont été tenus :

"Nous sommes-nous battus pour ça ?
Pétition pour le « mariage gay » à l'heure où le mariage hétéro implose, sans s'interroger outre mesure sur le contenu possessif, oppressif du mariage. Homoparentalité à deux papas deux mamans qui revendique d'instrumentaliser les corps en mère porteuse ou donneur anonyme. Retour en force de la « romance amoureuse » et du duo/duel de la conjugalité à la mode hétérosexuelle. Changement d'état civil (bien hétéronormé ?) pour les transexuel/les...
Tout cela sent la reddition à l'ordre sexiste. On n'est plus dans la mise en procès de l'hétérosexisme machiste, mais plutôt dans le syndicalisme exigeant sa part à lui du « grain à moudre ».
En même temps que, orchestrateur sournois de nos imaginaires, s'est épanoui un espace commercial qui dicte les modes, les comportements, les goûts, l'égotisme sexuel et la futilité consommatrice.
Est-ce bien de cet utilitarisme, de ces normes et de ces « valeurs » dont les « hors-le-genre » avaient besoin ? Cela correspond-il à nos vies réelles ?
.......
L'abrogation de vieilles lois indignes était nécessaire ici et reste urgente ailleurs ; l'égalité de droits va de soi, elle est demandée maintenant... mais de quels droits qui ne soient pas piégeurs ? de quelle égalité qui ne soit pas un miroir aux alouettes ?"

Jacques Fortin, militant LGBT, est un des fondateurs de la revue "Masques", assez élitiste, qui à la fin des années 70 et au début des années 80 était dédiée aux expressions culturelles des homosexualités. Jacques Fortin est aujourd'hui militant du parti du facteur, bien loin donc de ma sensibilité politique actuelle... Serais je toujours marqué par mon passé gauchiste? Mais Edmond White, dans sa chronique biographique des années 70 à New York récemment parue, "City Boy", dit à peu près la même chose. Opinion d'une génération?

Il me semble pourtant qu'il y a d'autres urgences aujourd'hui que celle du mariage et de l'adoption, l'homophobie qui est loin de régresser, le suicide des jeunes gays, etc... Ce qui m'étonne le plus c'est cette attachement au mot "mariage". Il me semble pourtant que l'important c'est l'égalité des droits, et que le mot "mariage" a une connotation culturelle si hétérosexuelle qu'elle a tendance à me paraître ridicule quant il s'agit de deux hommes (ou deux femmes). Une "union civile" ou autre, avec les mêmes droits me conviendrait tout à fait. Mais sans doute nos nouveaux conformistes sont ils "nominalistes" et de la même façon qu'ils font débuter l'histoire de l'homosexualité à l'invention du mot (certains se rappelleront les échanges plutôt vifs que m'avaient valu mes positions "essentialistes" quant à l'homosexualité dans la Grèce antique), ils ont besoin du mot "mariage" pour se sentir "normaux". Et puis c'est vrai, le mariage appelle des enfants (restons conformiste), d'où la nécessité d'obtenir aussi l'adoption...le mot "mariage" serait le sésame au droit à l'indifférence...Les "folles", nos ancêtres", étaient souvent inséparables de leur "petit chien", nos nouveaux homos auront leur enfant...


" Il était cinq heures du matin. Je suis entré dans le square qui forme la pointe de l'île Saint-Louis et d'où l'on peut, en enjambant d'autres barrières, accéder à des quais, en contrebas, un cap, d'autres taillis. Quatre ou cinq dragueurs croisaient en ces parages, un assez beau garçon était agenouillé devant un autre, qui s'arc-boutait contre un arbre. Je venais de me répandre moi-même, dans les profondeurs de la rue des Anglais, avec un musculeux étranger. J'étais donc sans désir immédiat, libre, détaché, absent en quelque sorte à ces ombres, ces quêtes, ces rares accordailles entre deux eaux. Et pourtant je sentais une fois de plus, de toutes mes forces, que là était bien mon univers, que ces marcheurs obstinés étaient mes frères, que j'étais pour toujours de leur côté de la barrière, contre les dormeurs, les vertueux et les indifférents ; que ce jardin c'était mon camp, ce fleuve mon ami, cette beauté mon sommeil, et cette veille ma joie. "
(Renaud Camus, Aguêts, journal 1988, 1998)

 

 

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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 23:03

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Notre première participation à la Gaypride en tant qu’association a quelque peu manqué de professionnalisme. Nous avions certes de beaux T-shirts bleus aux couleurs de l’AMG, mais pas de banderole, ce qui s’avéra être une erreur car les 8 ou 9 adhérents ayant tenu leur engagement (nous aurions du être au moins 13) ont eu beaucoup de mal à rester ensemble sur un même niveau sans nous faire disperser par la masse des participants. Nous avons pu tout de même distribués les milliers de « cartes de visite » de l’association et nouer de nombreux contacts, nous aventurant même en fin d’après midi à prolonger cette distribution en faisant un tour des bars du marais….Nous ferons mieux l’année prochaine…Une frustration cependant, l’absence de vision d’ensemble de la marche et de son affluence puisque nous n’en avons vu que ce qui était devant et derrière nous. Il m’a semblé que l’ambiance était plus à la fête qu’à le revendication et qu’il y avait un monde fou, ce qui rend sidérant de mauvaise foi les chiffres de participation de la préfecture de police. Le soir, comme à l’habitude le Marais était en ébullition. Nous avons clôturé tout cela avec Bertrand le lendemain en allant participer « chaudement » à la fin d’après midi « sexe » organisée rue quimcampoix sur inscription…

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 22:35

 

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Il se confirme que l'épidémie de SIDA pourrait être éradiquée si on s'en donnait les moyens. Le traitement systématique de toutes personnes infectées apparait selon un modèle mathématique comme le meilleur moyen de prévention : "le dépistage volontaire universel du VIH chez l'ensemble des adultes (en moyenne une fois par an), suivi immédiatement d'un traitement antirétroviral en cas d'infection, permettrait de réduire de 95 % l'incidence annuelle de l'infection par le VIH en dix ans. " annonçait l'OMS sur le site du Lancet en 2008. Elle s'apprête à recommander le traitement antiviral comme arme anti transmission. Deux écueils majeurs cependant à la mise en œuvre efficace de ce programme : la  possibilité de réalisation d'un dépistage systématique et le coût...

Un moyen de réduire le coût serait sans doute de mieux connaître les groupes à risque et ainsi de mieux cibler le dépistage. On n'aurait pas imaginé que les seniors qui ont tant de mal à garder un emploi dont on va pourtant reculer l'âge limite se voient offrir une compensation par une prolongation de leur vie sexuelle!
Les plus de 50 ans seraient de plus en plus nombreux à être contaminés par le VIH... Des mauvaises langues, se référant à un de mes billets précédents, pourraient penser que les troubles de l'érection qui deviennent fréquents après cette étage chez ceux d'entre eux, nombreux, qui souffrent d'affections métaboliques (diabète) et cardiovasculaires, amènent nombre de séniors à se contenter de la sodomie passive qui est la pratique la plus risquée, mais vous n'y êtes pas du tout!  Une des raisons invoquées (outre le fait que l’augmentation de l’espérance de vie des personnes contaminées grâce aux traitements augmente automatiquement ceux qui atteignent l’âge de 50 ans !) est la prise de viagra qui permettrait de poursuivre plus longtemps des activités sexuelles ! Lorsque la très sérieuse OMS a rapporté ce fait il y a déjà un certain temps, un internaute, sur un autre blog, qui avait l'habitude, tel Mr Jourdain, de tenir des propos homophobes sans le savoir, avança que la principale raison devait être en fait la fréquentation régulière des salles de sport qui nous rendrait, nous les seniors, plus "virils" et donc ("dixit") plus attirants (les tantes, les folles tordues sauf les "bodybuildés", les queers, les bears, les crevettes, les bcbg avec leur vide poche en bandoulière, et toutes les autres seraient donc à l’abri...) !!

Quant on sait que  les adeptes des plans à 3 (ou plus) pour lesquels le SNEG lance une campagne de prévention (http://www.histoiresdemecs.org/ ) constituent aussi un groupe à risque, je peux considérer que j'ai "la totale" ou presque : pratique intensive du sport, plus de 50 ans, plan à plusieurs  fréquents, seul le viagra manque pour l’instant à l’appel (en fait j'ai bien fait un essai il y a une dizaine d'années pour tester si l'on pouvait diminuer la longueur de la période réfractaire entre deux coups...pas concluant!)


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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 22:15

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Il y a quelques temps déjà, Roselyne Bachelot s’était attiré la foudre de plusieurs associations gays à la suite de son maintien de l’exclusion  homosexuels pour les dons de sang. Sur le fond je peux comprendre à la fois l'indignation de certains et la décision de la ministre, cela en tant que médecin dont une grande partie du travail quotidien est celui de la recherche clinique, de l’épidémiologie et des plans de gestion des risques. On ne peut soupçonner Roseline Bachelot d’homophobie, elle avait d’ailleurs, avant d’être ministre de la santé, milité pour la fin de l’interdiction du don de sang pour les homosexuels. Mais aujourd’hui sa position lui fait nécessité d’écouter l’avis des spécialistes. Quel conseil aurais je donné si j’avais été un de ses experts? Il ne s’agit pas ici, contrairement à ce que certains pensent du principe de «précaution» qui a été mis en oeuvre par la même ministre pour la grippe H1N1, principe dont j’ai déjà dit toute la réserve qu’il m’inspire. Le principe de précaution amène à partir d’un risque « hypothétique », non connu, comme celui par exemple des OGM, à prendre des mesures préventives. Dans le cas qui nous occupe, le risque n’est pas hypothétique, il est bien réel, et peut être chiffré, tant de % de contaminés chez les homosexuels. La directive européenne demande d’éliminer du don de sang les populations à risque, laissant à chaque pays le soin d’appliquer cette directive en fonction de ses données épidémiologiques. La position d’Act up, une fois de plus, a été démagogique. Act up, en fait, demande d’exclure ceux qui avouent des « pratiques à risque », quelle que soit leur orientation sexuelle. Position « angélique » qui revient à faire « confiance » à celui qui répond à un questionnaire. Quel politique responsable pourrait s’en tenir à la « confiance », sans parler, depuis l’affaire du sang contaminé, du risque juridique ? Il faut donc bien en revenir au risque «épidémiologique», et ce risque là, en ce qui concerne le VIH, en France, concerne significativement plus l’homosexuel que l’hétérosexuel. Bien sûr il existe un dépistage sérologique des donneurs, hépatites, etc, y compris le VIH, mais pour ce dernier il y a une «fenêtre» incompressible avec les techniques actuelles, de quelques jours avant que le test ne devienne positif.

Donc, si j’avais été « conseiller » de la ministre, j’aurais, sans doute, été de ceux qui auraient recommandé la décision qui a été prise. Il n’est pas honnête de considérer cette décision comme homophobe, d’autant plus que les lesbiennes ne sont pas concernées !

Et en même temps je comprends l’indignation, elle est nécessaire, pour que les dits «experts» remettent sans arrêt en cause leur décision, sans s’endormir sur ce qui pourrait devenir alors un «principe de précaution», en fonction de l’évolution des données épidémiologiques.

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 22:55

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Pourtant ce sera ma première gaypride en tant qu' "acteur" du défilé. La nouvelle direction de l'Association des Médecins Gays a décidé de rompre avec la position de l'ancienne et nous défilerons donc, en 22è position, juste derrière le bus d'info service. Nous n'aurons ni de char, ni même de bus, n'étant pas assez nombreux à avoir accepté de défiler (même chez certains militants la visibilité fait problème) mais un T-shirt aux couleurs de l'association que je suis allé chercher ce soir dans un café du 3è où nous avions une réunion préparatoire.

Que de  chemin parcouru. Lorsque je suis arrivé à Paris, il y a 20 ans, la "Gay Pride" partait de République, passait à Bastille, puis suivait la rue de Rivoli jusqu'à Beaubourg. Quelques milliers de courageux seulement y participaient. Je dois avouer que le militant gay bordelais "libéré" que je croyais être a suivi sa 1ère marche parisienne...sur le trottoir. Petit à petit nous fûmes plus nombreux, la rue de Rivoli "s'est émue" (quelques incidents avec les forces de l'ordre devant l'Hôtel de Ville au début des années 90) et le parcours s'en est trouvé modifié. En 94 ou 95, de Montparnasse à la Bastille près de 80.000 personnes ont participé, jusqu'à atteindre 300.000 pour l'Europride en 97. Cette marche était alors festive, tous les bars et boites parisiennes y participaient, ainsi que le mouvement associatif autour du SIDA (Act-up était très présent avec une sono d'enfer). Mais peu à peu le milieu associatif "politisé" noyauté par le centre gay et lesbien a pris le pouvoir. Cette "fête" qui a culminé avec près de 800.000 personnes au début de ce siècle, est essentiellement devenue un mouvement revendicatif et syndical très corporatiste qui s'est traduit par l'exclusion, ou du moins le rejet en fin de cortège du "milieu" (bars, boites, etc). Son nom même a changé (Marche des fiertés, hétéro, lesbienne, gay, bi, trans)! Tout cela est bien moins festif que par le passé, le côté "Carnaval Gay" marginalisé.

Pourtant les réticences de certains gays persistent. Ainsi le trésorier de notre association qui a pourtant participé activement à l'organisation de notre participation ne sera pas présent. il n'est pas à l'aise avec l'image que cette manifestation donne de nous à travers sa médiatisation Je ne lui ai pas caché mon agacement et mon incompréhension. Je peux certes comprendre qu'on ne souhaite pas participer à cette manifestation, mais moins qu'on la dénigre parce "qu'elle ne donnerait pas une bonne image de nous". Cette "opinion" sur la GayPride était déjà celle de Frédéric Martel dans son livre "Le Rose et le Noir", histoire de l'homosexualité des années 70 à 90, qui accusait celle-ci d'être le témoin du repli identitaire, communautariste, des homosexuels. Didier Eribon avait alors vertement apostrophé l'auteur dans le Nouvel Observateur, montrant comment il cédait au discours hétérosexuel et sciait la branche sur laquelle nous étions assis. Car dans ce "donner une bonne image de nous", il y a un double déni : d'abord le déni de la "folle" (l'image le plus souvent reprise dans les médias, du moins au début, dans les reportages sur la gaypride), et donc le déni, reproduisant les comportements d'exclusion et rejet de l'autre, de tout un pan de la culture homosexuelle, mais surtout déni de tout ce qui a constitué le mouvement homosexuel de libération, qui pourrait être résumé par cette expression de Didier Eribon à propos de Genêt "La volonté de gêner". Nous ne nous sommes pas battu pour "donner une bonne image de nous" mais pour "être nous". Certains ne semblent pas voir que derrière la GayPride, il y a tout ce qui fait que la condition d'homosexuel a radicalement changé depuis quelques années. Sans les "GayPride" dont les émeutes de "Stonewall" et les manifestations organisées par Harvey Milk sont les ancêtres,  et ceux qui ont permis qu'elle passe en France de 1000 participants en 1990 à 800.000 aujourd'hui, nous n'aurions pas parcouru un tel chemin.

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 20:41

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Selon des chercheurs néerlandais qui ont réalisé une étude dite « scientifique » sur 42 hommes et femmes, les homosexuels ont la faculté de reconnaître d'autres personnes gaies plus rapidement que les hétéros, et ce « gayradar »  serait du au fait qu'ils sont beaucoup plus analytiques que les hétérosexuels, portent une plus grande attention aux détails et notamment aux petits indices sur l'orientation sexuelle d'autrui. Passons sur le fait que si cette enquête dont j’ai trouvé les résultats dans le magazine gay « e-illico » avait été réalisée sur d’autres communautés que celle homosexuelle, elle aurait sans doute soulevé l’indignation, pour nous intéresser à sa méthodologie quant à la constitution de l’échantillon « homosexuel ». Il est très peu probable qu’il ait été réalisé de façon parfaitement aléatoire  (car nombre d’homosexuels dissimulant leur homosexualité ne sont pas accessibles à l’échantillonnage) mais plus probablement dans les milieux gays, biais considérable puisque les gays du « milieu » répondent à différents « clonages » plus facilement repérables par leurs congénères que par les hétéros….Il me semble, en tous cas selon mon expérience, qu’en dehors de la minorité d’entre nous qui correspondent naturellement ou par provocation aux stéréotypes homosexuels de l’inconscient collectif (en d’autres termes qui portent les stigmates de la « folle »), notre façon de nous habiller, de façonner notre physique et surtout de croiser le regard de l’autre sont les clés de notre reconnaissance mutuelle, beaucoup plus qu’une quelconque capacité « d’analyse ».
On pourrait s’amuser de la même façon à étudier la possibilité de discrimination du caractère  « actif » ou « passif » de la pratique sexuelle chez les gays. C’est une question qui brûlait les lèvres de ma mère lorsque je lui ai jeté à la figure l’aveu de mon homosexualité. Pour les vétérans comme moi qui ont connu les heures de gloire de l’accession des gays à la visibilité, cette identification n’allait pas de soi puisqu’ à la fin des années 70, lorsque j’ai commencé à fréquenter les lieux de notre enfermement, on m’expliqua que la position du trousseaux de clé que l’on voyait à la ceinture de tant d’entre nous, à droite ou à gauche, indiquait dans quel sens nous fonctionnions. Le système pouvait même se sophistiquer pour préciser les pratiques par la couleur du mouchoir qui dépassait de la poche arrière de notre jean. Je dois avouer avoir oublier ces codes qui étaient tout de même bien plus sympathiques que les critères de la médecine légale au 19è siècle qui affublait les homosexuels de stigmates physiques, anus d’aspect féminin pour les passifs, forme particulière du pénis pour les actifs (« Les anormaux, cours au Collège de France », Michel Foucault).Cette signalétique semblait toutefois superflu pour ceux chez qui tout dans l’attitude évoquait pour nous la béance anale. Je n’allais pas tarder d’apprendre à mes dépends, qu’à l’apparence il ne fallait point se fier lorsque, en cette fin des années 70, Eric qui était mon amant et qui « prêtait » volontiers ses conquêtes à ses deux meilleurs copains avec lesquels il habitait le même grand studio, me mis dans les bras de Michel, très joli garçon qui se plaisait à se conformer aux stéréotypes de la « folle ». Michel avait la réputation d’être « très bien monté » mais je n’avais pas imaginé que ce fût à ce point là lorsque dans l’obscurité de la pièce où nous allions dormir tous trois, ma main découvrit son l’ampleur de son sexe lorsqu’il se glissa dans ma couche. Ayant encore une expérience très limitée de la sodomie, je bénis le ciel qu’il fût « folle ». A tort, il était actif, très actif même, j’ai mis quelques jours à m’en remettre…Je n’ai pas cherché à renouveler l’expérience.

Les folles n’étant  pas toutes « passives » (souvent tout de même!) et ceux qui font le plus « mec » loin d’être toujours actifs, on peut s’interroger sur la pertinence de la théorie psychosexuelle freudienne qui assimile la passivité à ce qui est féminin, castré et masochiste et l’actif à ce qui est masculin, phallique et sadique. Certes s’il peut y avoir superposition partielle de ces dichotomies, les pratiques homosexuelles ont aussi une indiscutable dimension historique, sociologique et culturelle. Mais surtout, toutes ces « théorisations » d’une pratique passent à côté de ce qui relève au moins autant du hasard que de la nécessité, l’expérience individuelle du plaisir et ses aléas. Si je m’en tiens à ma propre expérience, l’adoption lors de mes « premiers pas » d’une position préférentiellement passive dans mes rapports sexuels a plus tenu à mon manque de confiance en moi quant à mes performances sexuelles en tant qu’actif (on peut se demander si certains passifs exclusifs et insatiables chez lesquels on échoue à déclencher la moindre érection, n’ont pas compensé par une jouissance anale leur impossibilité d’une jouissance pénienne) qu’à une prédisposition  à cette position où à une recherche préférentielle du plaisir par cette voie (la sodomie, quelle que soit son sens, n’a d’ailleurs jamais constitué chez moi une condition pour que je considère un rapport comme satisfaisant). La passivité comme paresse….Et puis mes tous premiers amants étaient tous actifs, j’ai fait preuve d’une certaine capacité à l’adaptation…De plus toute tentative de théorisation « psychologique » de la sodomie a tendance à la « fixer » dans une des deux positions, ce que dément la possibilité de « réversibilité » d’un certain nombre d’entre nous ou même d’évolution temporelle ce dont je fais l’expérience depuis que je fréquente les bars sexe « naturistes » et que le poids du temps qui s’inscrit sur mon visage m’a amené à constater qu’un certain « argument» dont m’a généreusement doté la nature était devenu, notamment pour les passifs, un « attracteur » bien plus performant que mon « physique ». M’assumer en tant qu’actif a fait notablement remonter le « compteur » de mes rencontres…

Ne pas se fier au « gayradar »…


PS : Dans le livre qui tient lieu d’illustration, Léo Bersini  en vient – via Freud et Bataille, entre autres – à interroger la jouissance supposée dans l’acte sodomique : le rectum serait-il la tombe de ce phallus priapique que vénère le style macho ?

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Published by limbo - dans Gay
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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 23:43

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Je suis rentré de Buenos Aires pour trouver à Paris un temps assez semblable à celui que je venais de quitter, mas là bas c'était l'hiver...Ce sera sans doute ma dernière destination lointaine de l'année, j'ai en effet renoncer à me rendre à Honolulu en juillet pour le plus important des congrès sur la maladie d'Alzheimer, c'est vraiment un voyage trop long, plus de 20 heures, pour seulement 3 ou 4jours sur place (j'avais trouvé très pénible mon périple pour la même destination en 1993, à l'occasion de l'American Neurology, pendant la 2è guerre du golf, ce qui nous avait valu un accueil plutôt mitigé de la part des autochtones qui ne comprenaient pas la position de la France) et ce d'autant plus que je devrais très probablement m'y rendre à nouveau en avril 2011.

Durant mon vol de retour j'ai pu lire le court essai de Raphaëlle Bacqué, "Le dernier mort de Mitterrand". Ce mort c'est François de Grossouvre qui s'est suicidé à l'Elysée en avril 1994, dernier car il faisait suite aux morts tragiques de Patrice Pelat et de Pierre Berregovoy. Ce récit, bien écrit, se lit comme un roman, c'est l'histoire d'une passion amoureuse, celle qu'éprouvait François de Grossouvre pour François Mitterrand, dépourvue de tout désir physique bien sûr, mais avec tous les symptômes du délire amoureux et des dérives de la jalousie, jalousie féroce à l'encontre de quiconque pouvait lui faire de l'ombre auprès de Mitterrand, notamment Michel  Charasse  et Roland Dumas. Il nous est narré comment cet homme a été broyé par cette passion jusqu'à livrer à la presse et à quelques journalistes complaisants prêts à tout pour salir Mitterrand ( on n'est pas étonné de voir surgir le nom d'Edwin Plenel) des informations sur les affaires, dont le secret de la 2è famille de Mitterrand, qui ont assombri son second septennat. Suicide, le livre ne laisse aucun doute. Ce "roman" est aussi le récit des amours parallèles, passionnels aussi, qui rapprochaient encore les deux hommes, tous les deux avaient un amour clandestin.

Ce livre n'est pas un livre partisan, loin de là, mais donnant un éclairage nouveau sur certains épisodes qui ont constitué la "part d'ombre" de Mitterrand, il en  renforce l'image. On est notamment fasciné par l'aura qu'il avait sur tous ceux qui l'approchaient, comme cet interprète avouant au soir de sa retraite : "J'ai aimé passionnément cet homme..."

J'ai lu ce livre avec une certaine nostalgie d'une époque révolue, celle où la France avait un président....

 

"....Lui, en revanche, ne s'améliore pas : ces deux journées outre-Manche s'étaient bien passées, sa femme avait surmonté l'épreuve de cette première sortie officielle avec beaucoup de grâce et d'à propos, il a fallu qu'il aille tout gâcher en soulignant ce succès, en déclarant, lors d'un discours, que Carla avait fait honneur à la France, comme s'il s'agissait d'un enfant de cinq ans ou d'une pouliche qui aurait gagner le Grand Prix. Je suppose que cet homme est très intelligent, pour être arrivé là où il est en ayant triomphé de tant de redoutables rivaux. Mais en même temps, et de toute évidence, il est très bête. C'est lui l'enfant de cinq ans, qui parade de ses jolis jouets, vérifie qu'on les a bien remarqués et insiste pour qu'on reconnaisse que, décidément, ce sont les plus beaux. Et tous ces mamours étalés sont déplaisants au possible."

( Renaud Camus, Au nom de Vancouver, journal 2008, Fayard)

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 20:57

 

 

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Après avoir publié le billet précédent, je me suis souvenu de ces propos de Didier Eribon, qui l' auraient parfaitement illustré, dans son livre "Réflexions sur la question Gay : "Les vies gays sont des vies différées; elles ne commencent que lorsqu'un individu se réinvente lui même, en sortant de son silence, de sa clandestinité honteuse. Lorsqu'il choisit au lieu de subir et par exemple, lorsqu'il se compose une autre famille-constituée de ses amis, de ses amants, de ses anciens amants et des amis de ses anciens amants- et se reconstruit ainsi son identité après avoir quitté le champ clos et étouffant de sa famille d'origine et de ses injonctions tacites ou explicites à l'hétérosexualité. Une telle fuite ne signifie pas nécessairement, cela va de soi, la rupture totale avec sa famille, mais plutôt la nécessité de s'en tenir éloigné et de la tenir à distance. Avant cela, les vies gays ne sont que des vies vécues par procuration, des vies imaginées, ou des vies attendues, espérées autant que redoutées."

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