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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 13:05
Sacré mariage gay...

Bien que convaincu qu’il ne serait pas raisonnable de ne pas me marier, seul moyen pour que Bertrand, nettement plus jeune que moi - donc susceptible de me survivre – et de revenus fort modestes, puisse un jour jouir de la pension de réversion, je ne voyais aucune nécessité de précipiter la mise en œuvre de cette procédure d’un autre âge et d’une autre culture, du moins tant qu’un changement de majorité politique n’était pas imminent. C’était sans compter l’effet «mimétique » qu’a produit sur Bertrand le mariage de deux de nos couples d’amis ces derniers mois et, de façon plus inattendue, l’impatience de ses parents, sa mère surtout, qui ne s’était sans doute jamais imaginé qu’elle puisse un jour marier son fils, au point de nous faire cadeau de alliances de son propre mariage….

Je me suis donc résolu à entreprendre les démarches administratives nécessaires, dont je pressentais qu’elles allaient me «gonfler». Par chance la mairie du 12è, restée socialiste et qui devait donc être dans de bonnes dispositions, n’est qu’à quelques mètres de chez moi, situation qui allait se révéler une aubaine. Je m’y suis rendu une première fois pour retirer le « dossier » de mariage après avoir dû sagement patienter une trentaine de minutes. Il ne me paraissait pas saugrenu de demander à cette occasion quelles dates pouvaient être envisagées pour la célébration, mais il me fut répondu : « seulement lorsque votre dossier sera complet monsieur». Les éléments à fournir me paraissant possibles à rassembler en quelques jours - nous étions fin mars – nous pouvions envisager une date pour le mois de juin et même peut-être, joli clin d’œil, le samedi de la Gay Pride. Le choix du témoin était assez facile pour Bertrand - sa meilleure amie parisienne - un peu plus délicat pour moi, qui n’est pas d’amie, et dont tous ceux qui me sont très proches furent des amants, ce qui l’agaçait quelque peu ….Je prendrai donc celui qui le fût de façon très éphémère, l’espace d’un week-end, il y a si longtemps….

En quelques jours à une exception toutefois : la demande de fournir un certificat du notaire si un contrat de mariage était envisagé. Un tel contrat n’est certes pas indispensable – vous tombez alors sous le régime légal de la « communauté réduite aux acquêts » - mais n’ayant jamais été d’un optimisme béat quant à la pérennité d’une relation de couple, il me paraissait pertinent d’en faire établir un. Je m’enquerais donc auprès de mon ex qui venait de se marier (un 14 février ! à singer des coutumes hétérosexuelles il ne faut pas s’étonner de tomber dans la niaiserie « fleur bleue »…) du nom de son notaire car je n’en avais point. Il m’apprit que sa marie ( dans le 14è) n’exigeait absolument pas un tel certificat au moment du dépôt du dossier et qu’il avait pu obtenir une date presque d’emblée…Il me fit alors cette réflexion : « J’étais comme toi quelque peu réticent quant à cette revendication » - on ne partage pas 15 ans la vie de quelqu’un sans avoir des affinités autres qu’affectives – « mais tu verras, cela change le regard des autres sur toi ». Je n’allais pas tarder à le constater lorsque la gardienne de mon immeuble, d’origine maghrébine, ayant entendu dire que nous allions nous marier , m’a dit, timidement : « Est-ce que je peux vous demander quelque chose ? Accepteriez-vous me donner la date de votre mariage, j’aimerais pouvoir assister à la cérémonie à la mairie ?»…

Je pris rendez-vous avec le notaire, tout aussi surpris de la demande d’un certificat par la mairie du 12è, qui, une fois le contrat signé, me dit : « Vous êtes pacsé, pourquoi tenez-vous à vous marier, nombre de couples hétérosexuels en restent au Pacs actuellement ? »….

Il ne me restait plus qu’à aller déposer le dossier enfin complet à la dite mairie pour m’entendre dire qu’il fallait prendre rendez-vous et que je vienne avec… « ma compagne». Sourire quelque peu embarrassé lors de mon démenti…Je pris rendez-vous pour la semaine suivante, proposant 16h30 puisque le service fermait à 17h. On me fit comprendre que c’était trop tard et que 16h était la dernière limite ( alors qu’il ne faut qu’une quinzaine de minutes pour effectuer la démarche…. ).

Nous voilà de retour, ce mercredi, à 16h, pressentant que nous n’étions peut être pas au bout de nos peines, notamment en ce qui concerne les justificatifs de domicile. Il n’en était demandé qu’un mais j’en avais amené deux, avis d’imposition et factures de téléphone. Sage précaution car cette mairie n’accepte les avis d’imposition pour les deux que s’il ne s’agit pas d’un avis « commun » …Or étant pacsés nous n’en avons qu’un . Je sortis, sourire triomphant, nos factures de téléphone pour m’entendre dire qu’elles n’étaient pas acceptées comme justificatifs. Je protestais car cela n’avait posé aucun problème lors de l’établissement de mon renouvellement de carte d’identité et qui plus est ce type de justificatif avait été rajouté à la main par leur service sur la liste pré-imprimée du formulaire de dépôt ! J’avais également en réserve (on n’est jamais trop prudent) une facture d’électricité annuelle datant d’octobre 2013, car étant mensualisé je ne pouvais en avoir de plus récente…J’essuyais un de ces refus catégoriques qui vous pourrait vous faire éructer, si vous ne vous maitrisiez, l’espace d’un instant, une violente diatribe verbale populiste….

Je retournais, en courant pour me calmer, chercher chez moi une taxe foncière…J’avais proposé que Bertrand puisse mettre à profit les quelques minutes nécessaires, pour envisager avec la toutefois souriante employée de mairie qui nous recevait et qui prenait un air attristé à chacun de ses refus, les dates possibles pour la célébration : « Non seulement quand le dossier sera complet »…

Il le fut à mon retour, non sans avoir dû répondre avant à une dernière question qui a réussi à me dérider : « Envisagez-vous un mariage religieux ? ». « Vous allez plus vite que la musique lui répondis-je, mais qui sait ce que l’avenir nous réserve…. ». Nous apprîmes enfin que le cahier de réservation, si nous voulions un samedi, était complet jusqu’à fin août…Fin Août donc… Et paradoxalement le premier de ce qui me reste de famille puisqu'un de mes neveux vient de m'annoncer que sa compagne attendait un enfant sans qu'ils envisagent de se marier, le Pacs leur paraissant suffisant...

Je lisais ces jours ci que les manifestations d’homophobie étaient en forte augmentation depuis l’adoption de la loi, ce qui est en effet probable, même si la prise en compte des injures sur internet est discutable. Elles sont d’ailleurs difficilement chiffrables…Je viens d’en faire l’expérience à propos d’un billet datant de 3 ans sur les drogues récréatives et qui n’avait pas grand-chose à voir avec ma sexualité : « sale pédé de merde, retourne sucer Jean cocteau , et fait :O avec des enfants petits pédérasta de mes deux couilles. Petit garage à bite, sale suce teub! tu ne mérite de virvre qu'avec les créatures de ton type sale rhomosexual de merde va sucer la bite de kebab et de léopold dandé »

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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 11:13
L'homosexualité irréductible à la norme

Bien que politiquement très éloigné de la pensée du philosophe communiste Alain Badiou, j’ai trouvé son interview sur LCI le week-end dernier, à l’occasion de la sortie de son dernier livre, particulièrement pertinente quant à la rhétorique du « vieux monde » qui reste le fondement du discours de la gauche du parti socialiste ou du front de gauche, vu comme une nostalgie touchante d’un époque révolue, car le monde utopique ainsi fantasmé ne pourrait advenir que dans une rupture radicale avec l’économie de marché, rupture dont ils ne se réclament pourtant pas, position schizophrénique qui finit par amener Melenchon à tenir le même discours économique que Marine Le Pen…

Une gauche devenue « réaliste, Manuel Valls donc, c’est semble-t-il le cauchemar de ces pathétiques députés socialistes ou de la majorité présidentielle qui se sont abstenus sans se rendre compte qu’ils la vouent ainsi à rester éternellement un locataire éphémère du pouvoir, le temps de quelques réformes sociétales. Cauchemar au point de perdre toute retenue, de l’insulte, une seconde nature chez Melenchon, à la stupidité quand un Daniel SCHNEIDERMANN compare Valls au héros de la série TV « House of cards » ( pour les non-initiés, Kevin Spacey, qui incarne un politicien cynique prêt à tout pour arriver à ses fins, tue de ses propres mains deux des protagonistes qui auraient pu l’arrêter dans sa course vers le pouvoir).

Je me serai dispensé de parler des écologistes si José Bové n’avait égayé ma semaine en mettant sur le même plan la PMA ( sur laquelle je dois avouer n’avoir pas vraiment d’opinion, je laisse la parole aux femmes sur ce sujet) et les OGM ( dont il me semble on devrait pouvoir discuter) en s’opposant à « toute manipulation sur le vivant»….Voilà au moins quelqu’un qui va au bout de sa logique…

En ce retour de vacances - j’avais un certain retard à rattraper - le cinéma m’a donné bien plus de satisfaction que le spectacle de notre classe politique. Le dernier Resnais et "Gerontophilia" ayant déjà disparus de l'affiche (ou n'étant plus projetés qu'à des horaires impossibles...), nous avons vus, le même après midi, deux films qui, à la suite de « L’inconnu du lac », constituent une façon nouvelle de filmer l’homosexualité, ancrée dans le réel quotidien, dans la « nature ».

« Eastern boys », du français Robin Campillo, nous conte la rencontre, sur la base d’un désir tarifé, entre un cadre quadragénaire et un jeune prostitué russe qui s’avèrera être membre d’un bande délinquants d’Europe de l’est. Le film se déroule en quatre tableaux : la drague, le piège, l’attachement affectif, le final en forme de thriller. Une fois entré dans le film – le début du premier tableau, de long plans sans parole sur le ballet des protagonistes gare du nord peut dérouter- difficile de ne pas se laisser emporter et émouvoir. Trois aspects méritent particulièrement l’attention : la rencontre improbable entre deux milieux que tout oppose, le « bourgeois » et la petite frappe de banlieue, immigrée de surcroit, même si l’homosexualité la rend « naturellement moins improbable ; le regard, loin de l’angélisme politiquement correct habituel, qui est porté sur une certaine immigration clandestine et les sans-papiers ; l’évolution des rapports, du désir à l’affection, entre la quadragénaire et le jeune prostitué. Cette évolution de la relation entre les deux protagonistes m’a particulièrement intéressé, car contrairement à ce qu’en a dit la critique, je ne crois pas qu’elle soit seulement due à la prise de conscience par Daniel des problèmes qu’affrontent le jeune Marek au sein de sa bande, mais surtout de la transformation qui se déroule en lui quant à la nature initialement sexuelle de sa relation. De façon inattendue, alors que Marek s'était installé dans une relation tarifiée régulière, Daniel, lui propose une l'hospitalité permanente ("c'est chez toi"), mais au prix de l’arrêt de tout rapport sexuel : son désir s'est transformé en affection « paternelle », refus de l’inceste. A faire méditer à ces nombreux « petits cons » qui dans leur profil, sur les sites de drague, prennent le soin de préciser pour éloigner les hommes « murs » : « au fait j’ai déjà un père»….

J’ai rendu compte de mon enthousiasme pour tous les films du Xavier Dolan, jeune prodige du cinéma canadien, depuis « J’ai tué ma mère », réalisé alors qu’il avait 18 ans. « Tom à la ferme ». filmé en quelques jours seulement, aux incertaines références hitchcockiennes (puisque l’auteur affirme n’avoir pas vu plusieurs des films que les critiques ont évoqués…), raconte la visite d’un jeune publiciste branché, à l’occasion de l’enterrement de son petit ami, dans la famille de ce dernier qui vit dans une ruralité très homophobe. Le frère, brute machiste vivant seul avec sa mère, voulant à tous prix qu'elle continue à ignorer la sexualité de son fils décédé, va tenter d’imposer au héros, incarné par l’auteur, le silence, au besoin par la terreur. Va alors s'instaurer huit clos sadomasochiste oppressant qui va opérer un basculement du thriller au film d'angoisse. L'ambigüité de leur relation - homosexualité refoulée du frère?- va culminer dans la magnifique scène du tango où la parole libérée du frère quant à ses rapports avec sa mère n'est pas sans renvoyer au premier film du réalisateur. Il est à noter que dans Eastern Boys aussi on assiste à une étonnante scène de danse de Daniel avec son "bourreau", le chef de la bande de malfrats, ce qui a fait évoquer dans les deux cas le syndrome de Stockholm.

Deux films, qui avec Gerontophilia sans doute, viennent nous rappeler que l'homosexualité est irréductible à la "norme".

Quelques mots enfin du film d’une représentante du cinéma indépendant américain, Kelly Reichardt, « Night Moves », qui conte la dérive meurtrière de Josh, interprété de façon magistrale par Jesse Eisenberg, membre d’un trio d’écologistes radicaux qui sombrent dans le terrorisme. Au-delà de la beauté du décor, la nature sauvage, et de la magie de la mise en scène, c’est le regard, sans parti pris, porté sur le cheminement tragique de cet « ange révolutionnaire», personnage introverti et mal dans sa peau, que semble être Josh, qui fascine. Ce film très noir, qui suggère l’inéluctabilité du mal, semble conclure à l’impossibilité de changer le monde et les rapports humains.

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 21:24
Les joies de la semaine sainte en Andalousie

Si je n’avais eu la sagesse de lire les informations du guide du routard concernant l’arrivée sur Grenade en voiture, j’aurais sans doute dû faire face à une véritable galère. En effet une grande partie du centre de la ville n’est accessible qu’à des véhicules autorisés, ce qui nécessite pour rejoindre son hôtel de prévenir de son arrivée et de donner son numéro d’immatriculation qui sera automatiquement repéré par les caméras de surveillance. Mon hôtel, consulté par mail, m’indiqua un moyen plus simple en m’adressant l’itinéraire très précis permettant de l’atteindre sans passer sous une de ces caméras, ce qui implique bien sûr de leur confier la voiture une fois arrivé afin qu’elle soit amenée dans un parking lourdement tarifié…Contrepartie positive, il était situé à 100 mètres de la cathédrale et autorisait même à entreprendre à pied, en une vingtaine de minutes, les 800 mètres de dénivelé qui mènent à l’Alhambra pour l’entrée de laquelle j’avais pris la précaution de réserver et d’imprimer mon billet à l’avance évitant ainsi l’interminable queue aux caisses…Avant d’entreprendre l’après-midi, une autre ascension, celle du quartier le plus pittoresque de la ville - il a gardé son authenticité mauresque - l’Albaicin, qui est à Grenade un peu ce que celui de l’Alfama est à Lisbonne.

Grenade ne manque pas de bars gays, mais en Espagne plus qu’ailleurs , ils ne commencent à s’animer que fort tard. Bien qu’ils soient tous plus ou moins regroupés dans le même quartier, à distance de marche de notre hôtel, nos balades intensives ne nous avaient pas laissé assez d’énergie pour les explorer.

Le dimanche des Rameaux nous atteignîmes Ronda, petite ville perchée sur une falaise et coupée en deux par un vertigineux ravin dans lequel furent précipités, par les troupes républicaines au début de la guerre civile, depuis le pont qui le surplombe, des centaines de prêtres et de bourgeois de la cité. La célébrité de Ronda, ne doit rien à ce tragique épisode (que le guide du routard passe totalement sous silence), mais, au-delà de la beauté du site, repose sur son statut de berceau de la tauromachie. En visitant ses superbes arènes, les portraits omni présents d’Antonio Ordonez, enfant du pays, ont fait resurgir les souvenirs de mon enfance où mon grand-père m’amenait le voir toréer dans celles de Bayonne, lui ou ces autres « divas » que furent Louis Miguel Dominguin et le Cordobès. Je ne saurais dire pourquoi j’ai délaissé ce genre de spectacles, me contentant de temps à autre des retransmissions télévisées de canal plus qui les a depuis abandonnées, probablement par crainte des violentes campagnes menées contre ce type de divertissement.

Alors que nous somnolions, moment de récupération à l’hôtel, jetant un œil distrait à une retransmission télévisée d’une procession de la semaine sainte, une clameur qui montait de la rue nous a fait prendre conscience que ce défilé se déroulait à deux pas de nous! Le dimanche des Rameaux marque en effet le coup d’envoi de ces innombrables parades, au rituel immuable, où chaque « fraternité » quitte son église pour rejoindre la cathédrale, un char, porté à dos d’homme, représentant une des scènes de la passion en tête du cortège, suivi de centaines de «pénitents» encagoulés, puis d’un char de la vierge. Ces processions, dont a souvent du mal à percevoir la ferveur religieuse et qui semblent plus tenir d’un carnaval funeste, n’allaient plus cessé d’accompagner notre voyage pour culminer à Séville.

Après une étape fort agréable dans la très charmante citée médiévale de Carmona, aux portes de Séville, nous avons rejoint cette dernière, ultime destination de notre séjour Andalou. Je n’allais pas tardé à réaliser qu’arriver à Séville en voiture en pleine semaine sainte était fort imprudent. Le centre-ville se révélait inaccessible et les forces de police intraitables, ne permettant en aucune façon d’atteindre l’hôtel par voie motorisée. Il ne restait plus qu’à abandonner la voiture dans un parking pas trop éloigné et de faire le reste du chemin, bagages compris, à pied…Cette ville était la seule de notre périple que je ne découvrais pas car elle est souvent le siège de congrès ou autres manifestations professionnelles. Mon premier séjour remontait à plus de trente ans, quand jeune praticien hospitalier j’avais été invité à un congrès par le laboratoires Servier, depuis tristement célèbre, dans un des prestigieux hôtels de la ville (en ces temps-là l’absence totale de réglementation de ce type de manifestations permettait tous les excès). J’ai découvert une Séville beaucoup plus vivante - la semaine sainte où toute la population semble descendre dans la rue y était sans doute pour beaucoup - que le souvenir que j’en gardais, avec même un véritable quartier gay aux multiples bars aux abords de la place Alameda de Hércules. Cependant la barcelonais récemment installé à Séville que nous avons rencontré ( merci Grindr…) a confirmé mon impression antérieure d’une ville assez fermée, très catholique où l’on ne s’éclatait pas comme en catalogne. Inutile de préciser que les processions étaient incessantes, avec un point culminant le jeudi saint, sans que cela ne nous empêcha comme nous l’avons craint un moment de visiter la monumentale cathédrale dont le gigantesque retable, en réfection, n’était malheureusement pas visible.

Avant de remonter sur Paris, ce qui n’était pas possible en une journée, nous avons fait une halte à Sitgès, pour un soir seulement, car la température, plutôt fraiche n’incitait pas à y rester. La ville était cependant très animée en cette veille de week-end pascal, beaucoup de barcelonais sans doute, mais bien des bars gays n’étaient pas encore ouverts et la clientèle d’avril qui fréquentait ceux qui l’étaient nous a semblé très « bears ».

Le retour sur Paris se fit d’une seule traite, 9 heures de route…

Les joies de la semaine sainte en Andalousie
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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 10:14

Après un brève étape à Bordeaux nous avons pu atteindre Salamanque dimanche en huit, sous le soleil et une température très printanière. Cette ville ne m’était pas inconnue, je l’avais visitée deux fois déjà avec mon ancien ami, lors d’un périple en Castille et au retour d’un voyage au Portugal. J’en gardais un souvenir fasciné, mais près de 25 ans après, seules la Plaza Mayor, la façade de l’université et ses deux impressionnantes cathédrales avaient laissé une trace encore très présente, même si j’avais oublié la place qu’y tenaient les styles baroques et plateresques. Par contre la superbe église de San Esteban, son couvent , l’Université pontificale et son église clériciale furent une totale redécouverte mais peut-être le les avais-je pas visité par manque de temps. Pour la visite guidée obligatoire de l'université pontificale, prévue uniquement en espagnol, nous eûmes la chance d'être les seuls touristes avec deux belges ce qui nous valut le privilège d' en bénéficier en français avec cette précision sur le rude climat de Salamanque : " neuf mois d'hiver et trois mois d'enfer".

Ce dont je me souvenais parfaitement, c’est de la médiocrité des repas que nous y avions pris lors de mon premier séjour, comme en Castille en général…Cette fois-ci, peut-être l’oubli du guide du routard de cette région fut-il une chance, nous avons pu trouver sur le site internet du « Michelin», un restaurant remarquable ( certes sur une place peu accueillante et isolée), «L’el Alquimista», à des prix incroyables (imaginez une bouteille de Rioja à 11 euros !).

De Salamanque nous sommes reparti vers la destination de nos vacances, l’Andalousie, en commençant par Cordoue, non sans galérer quelque peu pour atteindre notre hôtel, obligé de me livrer à un véritable jeu de pistes pour contourner les rues interdites à la circulation…Véritable coup de cœur pour cette cité visitée par une température de 31 degrés, plutôt inhabituelle pour la saison puisque la climatisation de l’hôtel n’était pas encore passée sur le mode « été » et ne fonctionnait que sur celui de «chauffage» ! Le wi-fi n’était pas très performant non plus, ce qui commençait à faire beaucoup pour un hôtel de cette catégorie, la direction en a convenu et m’a offert les deux jours d’un parking hors de prix mais incontournable dans cette ville.

L’inoubliable ici c’est bien sûr la mosquée, malheureusement en partie défigurée par l’édification en son centre d’une sorte de tarte au citron meringuée, la cathédrale chrétienne…Ses bâtisseurs, sans doute pris de remords, ont cependant su préserver l’essentiel de ce chef-d’œuvre de l’art musulman. Nous rapporterons un autre souvenir de Cordoue, celui d’un jeune et charmant andalou, qui nous avait contacté sur Grindr lors d’un des rares moments de fonctionnement de la Wi-Fi et cueilli à la sortie de ses cours universitaires.

L’occasion de dire que les applications de rencontre sont très fréquentées, et les contacts s’’annonceraient plus que faciles s’ils n’étaient bridés par la barrière de la langue, les andalous semblant encore plus fâchés avec l’anglais que les catalans (pourtant Gibraltar n’est pas loin…). Surpris tout de même par leur nombre notablement supérieur à celui que l’on peut avoir en France, l’attrait sans doute de la chair fraîche de passage ( même si ce qualificatif n’est pas des plus pertinents pour quelqu’un de mon âge…).

Avant d’atteindre Grenade, nous avions prévu une étape à Ubeda au patrimoine culturel si riche, dont l’incroyable Sacra Capilla del Salvador. Lors de ma visite de Tolède, avec Bernard mon précédent ami, nous nous étions contenté d’aller boire un verre au « Parador » qui dominait la ville, nous disant qu’un jour nous aurions peut-être les moyens de séjourner dans un tel hôtel. Les « Paradores » sont loin d’être les hôtels les plus chers (si l’on excepte celui de Grenade situé dans l’Alhambra) mais ils sont presque constamment localisés dans édifices historico-artistiques exceptionnels. Celui d’Ubeda, dont il constitue un des monuments, m’a permis de réaliser ce rêve d’il y a 25 ans (même s’il y a 25 ans j’aurais été bien plus transporté qu’aujourd’hui….).

Ubeda est un village - la saison touristique commence à peine- où nous étions presque seuls d’autant plus que la vieille ville historique est désertée par sa jeunesse pour la ville moderne. Il en était de même de Grindr et autres, les plus proches profils se situant à des dizaines de kilomètres ( à l’exception notable de « Bender », allez savoir pourquoi, où je fus assailli de contacts d’allure très « rurale », alors que Bertrand ne recevait aucune demande…).

Sur la route de Grenade, notre prochaine étape, avant Séville, nous avons pu faire une halte de quelques heures à la sœur jumelle d’Ubeda, Baeza.

De Salamanque à Grenade
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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 23:14

Je me disais, dans mon dernier billet, impatient de connaître l’issue des élections municipales. Eh bien maintenant je sais…J’avais un moment caressé l’espoir que l’irruption médiatique autour des « affaires » du sarkoland atténue quelque peu la sanction qui s’annonçait, comme à chaque municipale, pour le pouvoir en place.

Que nenni, ce fût une débâcle. L’électeur de droite est un pragmatique -son intérêt avant tout- qui si il n’est pas satisfait de ses élus se garde bien de faciliter, notamment en s’abstenant, la prise du pouvoir par le camp d’en face. Il a pu ainsi parfois voter Front national quand sa victoire était possible mais est gentiment rentré au bercail UMP quand elle ne l’était pas. L’électeur de gauche, lui, est un idéaliste, quand il n’est pas satisfait il punit sans se soucier une seconde des conséquences : le retour au pouvoir de ceux qui vont appliquer, au moins sur le plan sociétal, un politique encore plus éloignée de ses « idéaux ». Idéalisme d’autant plus inconséquent que s’il était assumé avec détermination, il devrait au moins s’exprimer dans un vote radicalement de gauche et non dans l’abstention. Pourtant le Front de gauche, hors PC, a fait un score dérisoire. L’électeur de droite lui n’a pas peur de l’aventure.

On ne s’étonnera donc pas que le droite soit bien plus souvent au pouvoir que la gauche ce qui finit par lui faire croire qu’elle seule en a la légitimité et que le peuple français est majoritairement de droite….

Maigre consolation de voir Paris résister, sans doute sauvé par ses « bobos » qui bouffent « bio » et ont voté écolo. Etrange de voir cette maxime répétée sur toutes les ondes : « Paris n’est pas la France»…La prise de la Bastille, la Commune, etc…ce n’était donc pas « la France » ?

L’ampleur de la défaite aura au moins permis à François Hollande de mettre en conformité ses actes avec la teneur de sa conférence de presse de janvier en choisissant Manuel Valls. Je dois avouer que je ne pensais pas qu’il oserait aller si loin dans la rupture avec les archaïsmes idéologiques qui depuis 1981 ont systématiquement conduit la gauche dans le mur et rendre irréversible la rupture avec l’aile radicale du parti socialiste et les verts. Bon vent Cecile Duflot…. Enfin, mais sans doute trop tard, car on ne voit pas très bien sur quelle majorité le nouveau premier ministre va pouvoir s’appuyer pour mener sa politique. Si ceci avait été fait dès le début du quinquennat, c’était jouable, au prix certes d’un reniement, peu acceptable moralement, du discours de la campagne présidentielle. L’aile gauche du PS et les verts auraient plié et à défaut nombre de centristes -c’est ce qu’espérait le béarnais- auraient été prêts à une alliance. Mais maintenant ce dernier lorgne du côté de Juppé, le nouveau « recours ».

Tout va se jouer dans les semaines qui viennent car il ne sera fait aucun cadeau au nouveau premier ministre, notamment par nos deux héritiers de la "Terreur", ce cher Jean Luc - notre Hébert des temps modernes - , qui a, fort du score insignifiant de son Front aux municipales, déjà programmé une manifestation ou le nouveau Robespierre, Edwy Plenel, qui n'a sûrement pas attendu pour lancer ses sbires faire les poubelles à la recherche de la moindre information qui pourrait abimer son image. Je crains qu’il ne faille se résigner d’ici quelques mois à une dissolution, une nouvelle cohabitation, l’arrivée de Copé ( quel cauchemar…) à Matignon, peut-être d’ailleurs le meilleur espoir pour François Hollande de remporter la prochaine élection…machiavélisme ?

A la fin de la semaine je m’éloignerai un peu de la fureur médiatique, en route pour 15 jours de vacances vers le pays des racines - l’Espagne - des deux rayons de soleil de cette triste élection. En route en effet puisque c’est en voiture que nous partirons, Bertrand et moi, vers Cordoue et les villes d’Andalousie, via deux étapes, Bordeaux , puis Salamanque.

A signaler, illustration de ce billet, la parution d’ «Un goût exquis, essai de pédesthétique », ( d'Antoine Pickels (éd. Cercle d'art, 2006) ) prolongé par une spectacle chorégraphique de Fabrice Ramalingom à la « ménagerie de verre » à Paris. Les quelques lignes qui suivent, tirées du Monde d’ hier et qui rapportent les propos de l’auteur rappelleront sans doute à certains lecteurs de ce blog bien des réflexions qui y ont été faites: « La visibilité a entraîné une perte de la subversion pédé, de plus en plus diluée et lissée, dans un modèle toujours aussi blanc, économiquement à son aise, politiquement conservateur et sexuellement… hétérosexuel. Cela ne me semble pas compatible avec l'héritage historique de la résistance et de la clandestinité pédé. » Et de citer « les dix-sept siècles de bûcher, deux de répression policière, un de médicalisation… » « Ce point de vue prend aujourd'hui une acuité particulière dans le contexte politique français. Le mariage pour tous, les contre-manifestations violentes qu'il a engendrées et le retour de l'homophobie cernent d'un trait urgent et offensif le propos d'Antoine Pickels, de Fabrice Ramalingom et de ses interprètes. » (Le Monde du 31/03/2014)

Enfin! Trop tard?
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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 09:38
Des cordes pour nous pendre

«En suivant ce portrait glaçant d'une …cynique, corrompue, tenaillée par la cupidité, le mensonge, les addictions au sexe ou à la cocaïne, je me ressouvenais de cette fameuse phrase prêtée à Lénine et prononcée, dit-on, en 1921 : "Le capitalisme est tellement cupide qu'il nous vendra la corde pour le pendre."»

Vous pourriez, à la lecture de cette phrase extraite d’un billet de la chronique Tv de Jean Claude Guillebaud dans le Nouvel Observateur dont j’ai omis le nom du pays auquel elle fait référence, penser qu’il s’agit de la France. En fait c’est de l’Amérique dont il est question dans une remarquable série télévisée sur «Canal» où tous les personnages ou presque, du monde politique aux journalistes, nous montrent le côté le plus noir de la nature humaine. L’auteur de l’article semble s’étonner qu’une telle charge, qui va même au-delà de l’antiaméricanisme primaire, soit le fait de scénaristes américains : «C'est bien une Amérique défaite, à un stade quasi terminal du naufrage démocratique, qui est ici campée. ……avec la série "House of Cards", on n'est plus dans l'audace critique mais dans le dégoût de soi-même».

Je ne sais si cette série est symptomatique de l’état de la démocratie américaine, mais si naufrage démocratique il y a, la France, à n’en pas douter, au vue des évènements actuels, relève de ce diagnostic. Ce que nous venons de vivre depuis plusieurs semaines vous laisse pantois et sans voix pour opposer la moindre argumentation aux hordes populistes et/ou réactionnaires. Seul rayon de soleil après cette succession de tempêtes, l’éloignement de la perspective sinistre d’un retour de Nicolaparte. Mais sait-on jamais ? Qui sait comment va réagir ce «peuple hypostasié», qu’Eric Zemmour considère comme méprisé par Canal +, et auquel on attribue une «Volonté» ? Un sondage récent ne vient-il pas de désigner DSK comme l’homme politique le plus apte à faire mieux que François Hollande… Le peuple correspond rarement à celui « fantasmé » par l’idéologie progressiste (d’où la violence des réactions d’une certaine gauche au livre d’Edouard Louis « En finir avec Eddy Bellegueule »). Je dois avouer attendre avec impatience, et inquiétude, le résultat des élections municipales…Pour ma part, j’avais envisagé, il y a quelques mois, de ne pas apporter ma voix à Anne Hidalgo qui n’avait pas le courage d’assumer et de soutenir son gouvernement, mais les alternatives qui me sont proposées vont me contraindre de rentrer au bercail…

Je ne sais où tout cela va nous mener, au-delà du regain de popularité de dinosaures de la politique comme Laurent Fabius ou cet autre « batard de Bordeaux » , Alain Juppé. La France est en mauvais état, sur le plan politique certes, mais bien au-delà, et c’est une autre lueur d’espoir que de voir, comme le montre Laurent Joffrin dans son dernier éditorial du Nouvel Observateur ( pour une fois que je me sens en phase avec lui il est amené à quitter la direction de ce journal…), des sociaux-démocrates comme Hubert Vedrine ou Pascal Lamy reconnaitre qu’elle est effectivement un nation en «déclin» , faire un sort à l’illusion progressiste et donner en quelque sorte un socle théorique à la «révolution» politique et économique qu’a esquissée François Hollande dans sa dernière conférence de presse. Faudrait-il encore qu’il ait le loisir de la mettre en œuvre, et je fais moins allusion ici à son éventuelle (probable?) absence de majorité pour la soutenir , qu’à la montée des tensions internationales. Crise économique et climatique, montée des extrêmes, des nationalismes, des populismes, affairisme, naufrage démocratique, pessimisme, font évoquer à certains le climat des années 30. Jacques Attali préfère se référer à 1914 : «Nietzsche avait raison à la fin du XIXe siècle lorsqu’il disait que la modernité conduisait à la catastrophe et qu’elle était morte. Il y a eu 1914 et les 75 ans de barbarie qui ont suivi. Nous nous trouvons aujourd’hui à une étape semblable.». La guerre n’est plus improbable….

C’est le versant obscur de la nature humaine, le mal, qui me semble nous tendre « une corde pour nous prendre » et non le capitalisme qui ne fait que le « contenir » (dans les deux sens du terme). Il est d’autres caractéristiques de l’esprit humain bien plus exaltantes et qui lui font honneur comme cette mise en évidence des vibrations provenant de l’origine des temps (les ondes gravitionnelles) qui, si elle est confirmée, valide un prédiction de la théorie de la Relativité générale quant à l’existence d’une « inflation de l’univers » faisant suite au Big-bang. Après la découverte récente du boson de Higgs qui était une confirmation d’une prédiction de l’autre grande théorie de la physique moderne, la mécanique quantique, c’est une formidable victoire de l’esprit humain.

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 12:49
Histoires de Dandy : résistant, réactionnaire, guerrier, politique

Quel spectacle réjouissant, drôle, élégant, intelligent que ce « Grand Budapest hôtel », fable humaniste de dimension burlesque qui nous conte la fin d’un monde, celui de la clientèle d’un Grand Hôtel d’un pays imaginaire de l’Europe de l’est. Nostalgie de ce paradis perdu qu’était l’Europe d’hier (référence explicite au « monde d’hier » de Stephen Zweig) submergée, dans les années 30, par la montée du nazisme et du communisme, nostalgie aussi d’un certain cinéma, tout cela vu à travers l’histoire d’un dandy, Gustave, concierge de l’hôtel. Le dandysme comme forme ultime de résistance à l’écroulement d’un monde ?

C’est semble-t-il la posture qu’a choisie Renaud Camus, qui a transformé l’audience où il comparaissait pour incitation à la haine raciale en tribune, en faisant le procès de l’avocat de l’accusation devant un tribunal médusé (http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/renaud-camus-poursuivi-pour-incitation-a-la-haine-raciale_1494216.html).

Cette nostalgie du monde d’hier c’est également ce qu’ont semblé nous jouer les médias en ce lundi, tant on aurait pu croire à la lecture de la presse ou l’écoute des chaines d’info continue, que nous étions revenu aux pires heures de la guerre froide. Peut-être cette nostalgie est elle aussi celle de nos dirigeants occidentaux qui semblent prendre un malin plaisir à provoquer le Bonaparte slave, qui certes n’éveille pas la sympathie, sur de biens mauvaises causes : la Syrie d’abord en soutenant une rébellion dont l’inclinaison semble plus terroriste que démocratique ; puis maintenant une révolution ukrainienne de composition pour le moins ambiguë tout en sachant que la Russie ne peut se permettre de perdre la Crimée, et que l’exemple de ce que nous avons fait du Kosovo pourrait lui servir de « jurisprudence»!

L’économiste Charles Gave, l’autre matin sur BFM business, était fort convaincant, en montrant comment Poutine était en train de « fédérer » derrière lui le monde Chiite, ce qui pourrait s’avérer stratégique sur le plan pétrolier - le problème Ukrainien comme pure diversion, -alors que nous soutenons les sunnites et qu'un autre Dandy, guerrier celui-là, BHL, est devenu le nouveau « maitre à penser » des médias et de ceux qui nous gouvernent…

La fureur médiatique ne s’est emparé de l’Ukraine que l’espace d’un lundi, hier elle ne bruissait plus que du nom de Buisson. Jouer le rôle de Raspoutine n’est pas sans danger, il aurait mieux fait de rester journaliste politique sur LCI où il excellait…L’ histoire retiendra peut être que l’UMP a fait l’impossible pour tenter de sauver le soldat Hollande d’un désastre aux municipales et qui sait, lui permettre de garder Ayrault, et ne pas appeler, ce qui constituerait un étonnant remake du tournant économique du premier septennat de Mitterrand, Laurent Fabius, ce « dandy cérébral » ( selon une expression de Raphaëlle Bacqué).

C’est en sortant de la projection du film de Wes Anderson que j’ai appris la mort d’Alain Resnais. Adolescent j’étais passé à côté d’«Hiroshima mon amour» et je m’étais ennuyé à « l’Année dernière à Marienbad ». C’est avec «Providence» que j’avais découvert cet immense réalisateur dont je n’ai plus manqué aucun film, intérêt renforcé par le fruit de sa rencontre avec le biologiste et philosophe Henri Laborit, «Mon Oncle d’Amérique», qui illustre les théories de ce dernier sur le comportement humain, ou par son illustration des univers multiples de la mécanique quantique avec «Smoking, no smoking».

Le hasard a voulu que sa mort survienne au lendemain d’une cérémonie des Césars dont il avait, en son temps, trusté presque toutes les récompenses avec Providence. Le palmarès de cet année n’est certes pas choquant mais «les garçons et Guillaume à table», est-il vraiment, aussi charmant soit-il, le meilleur film de l’année ? J’aurais plutôt penché pour «L’inconnu du lac», mais je conçois qu’on puisse contester mon objectivité...Quant à «La vie d’Adèle», je peux difficilement en juger, ne l’ayant pas vu, sans autre excuse, alors que j’avais fort apprécié le précédent film du réalisateur « la graine et le mulet », que la crainte de subir pendant trois heures une histoire de lesbiennes…mais je tente de soigner ma misogynie et je me suis promis de le voir lors de son passage à la télévision….Je n’ai pas vu non plus le vainqueur des Oscars, mais là aussi la crainte, à la vue de la bande annonce, d’une indigestion après trois films, excellents, sur l’esclavage noir aux Etats Unis (le Tarantino, le Spielberg, puis le Lee Daniels). Hollywood semble ne pas aimer DiCaprio, pourtant époustouflant dans «Le loup de Wall Street»….

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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 16:04
Histoires de nos sexualités

De retour d’Orly, il y a quelques semaines, à la recherche d’une place dans le Marais, j’eus l’oreille attirée par la voix assez grave d’un homme plutôt jeune sur Europe 1, un témoignage passionnant sur sa jeunesse difficile dans un milieu pauvre d’une banlieue du Nord de la France, il était question d’homophobie, de Bourdieu, le nom de Didier Eribon m’est venu à l’esprit, mais ça ne collait pas. Je n‘avais malheureusement attrapé que la fin de l’interview, le temps toutefois de noter qu’il était question d’un roman à paraitre dans les jours suivants, mais dont le titre et nom de l’auteur m’avait échappés. Peu importait, il me suffirait de passer à la librairie « Les mots à la bouche » pour l’identifier…Je n’eus pas à me donner cette peine car quelques jours plus tard je tombais, dans le Nouvel Observateur, sur une chronique élogieuse de celui à qui le livre, « En finir avec Eddybellegeule », était dédié…Didier Eribon justement. Le livre étant introuvable à la Fnac au moment de sa parution, j’ai dû me rendre à la librairie sus-citée pour me le procurer.

Récit autobiographique bouleversant d’une enfance marquée par la violence de son milieu social ouvrier, de son village, de son école, de sa famille, où racisme, homophobie, haine de tout ce qui est différent sont omniprésents. On a tant de mal à imaginer un milieu d’une si extrême pauvreté que la qualification de « roman » est presque rassurante. Une seule issue - fuir ce milieu- le bac, le théâtre, la littérature, la « culture» en un mot, en finir avec Eddy, devenir Louis. Aujourd’hui Edouard Louis, 21 ans, élève de Normale sup voit maintenant son roman en tête de toutes les ventes…..qui aurait pu l’imaginer ? Une bouffée d’air frais en ces temps inquiétants où notre « culture » justement ne semble plus réussir à remplir son rôle, celui de « contenir » la violence (dans les deux sens du terme), ses mécanismes de contention étant court-circuités par les réseaux sociaux qui laissent s’échapper toute la haine de l’autre, refoulée jusque-là.

Autre roman, paru presque simultanément, chronique lui aussi d’une enfance, mais beaucoup moins difficile celle-là, dans une famille aisée de la région lyonnaise, celui d’Arthur Dreyfus, « Histoire de ma sexualité ». Difficile d’imaginer basculement plus brutal dans un « autre monde » que celui du roman précédent. On passe de « fuir son milieu pour pouvoir être gay » à « s’acharner à être gay », ici et maintenant ( le titre du roman est bien sûr un clin d’œil au dernier livre de Michel Foucault). Ce livre mêle souvenirs sexuels accumulés dans l’enfance et l’adolescence, citations d’amis, amants ou connaissances (identifiés sous formes de pseudos : « travesti », « salopard », « persan », « matelot », jeune homme », etc), aphorismes (dont certains laissent perplexes par leur « facilité » ou ne sont pas exempts d’intellectualisme et de pédantisme), fantasmes, réflexions sur l’écriture et sur le roman en train de s’écrire, sans que le lien entre tout cela soit toujours évident si ce n’est ce que l’auteur décrit comme l’interchangeabilité du sexe et de l’écriture : « quand je ne sais plus écrire, la première nécessité revient au sexe, comme si l’un était l’inverse de l’autre ; comme si c’était la même chose ».

L’appellation roman, qui permet si nécessaire de se retrancher derrière le masque de la fiction, est contestable, il s’agit bien plus de chroniques, ou de « fragments » qui renvoient à celles ou ceux de Roland Barthes, de Renaud Camus ( que l’auteur a bien mal lu : « Cela ne me surprend pas du tout que le goût des très jeunes garçons puisse s’exprimer puisse s’exprimer chez des personnalités de droite conservatrice, ou d’extrême droite, comme Gabriel Matzneff, Renaud Camus ou Montherlant. C’est le mythe de la pureté, la peur du changement – le fantasme du retour aux origines »… Il suffit d’avoir lu « Tricks » pour s’apercevoir que Renaud Camus ne s’intéresse pas du tout aux jeunes garçons, mais aux jeunes hommes moustachus et poilus…), et peut être surtout de Tony Duvert ( on découvre d’ailleurs plusieurs réflexions pertinentes sur la pédophilie ou la « soi-disant » pédophilie). Quoiqu’il en soit ce livre, sans pudeur, parfois cynique mais non dénué de tendresse, procure un jubilatoire plaisir de lecture. La narration de son « coming-out » en milieu bourgeois m’ a rappelé tant de souvenirs….

Autant le livre d’Edouard Louis m’ a fait découvrir un univers impensable, autant celui d’Arthur Dreyfus m’a ramené à mon monde. Ce début d’année est riche en parutions concernant l’homosexualité que j’aimerais avoir le temps de lire : la réédition du « Monde au crépuscule » de Christopher Isherwood, le dernier roman (« On a sauvé le monde ») à connotation historique de Dominique Fernandez, « Tant que je serai en vie » d'Olivier Charneux sur les années Sida, « Espadons, mignons et autres monstres. Vocabulaire de l'homosexualité masculine sous l'Ancien Régime » de Jean-Luc Hennig, etc….

Deux extraits des deux livres cités : Récit de la mère d’Eddy : « je pensais que j’étais constipée, ça me faisait mal au ventre comme quand je suis constipée. J’ai couru dans les chiottes, et c’est là que j’ai entendu le bruit, le plouf. Quand j’ai regardé, j’ai vu le gosse, alors je savais pas quoi faire, j’ai eu peur, et comme une grosse conne, j’ai tiré la chasse d’eau, je ne savais pas quoi faire moi. Le gosse il voulait pas partir donc j’ai pris la brosse à chiotte pour le faire dégager en même temps que je tirais la chasse d’eau. ….. »

(« En finir avec Eddy Bellegeule », Edouard Louis, fayard 2014)

« Les cinq premières idées venant à l’esprit du père lambda apprenant l’homosexualité de son fils : • Mon fils se fait enculer • Mon fils suce des bites • Mon fils est-il celui qui se fait enculer ? • Mon fils suce-t-il beaucoup de bites ? • Qu’est-ce que j’ai fait ? Matelot réagit à la liste des cinq premières idées : « C’est plutôt la mère qui se demande Qu’est-ce que j’ai fait ? Le père, il se dit : « J’aurais dû le mettre au sport »

(« Histoire de ma sexualité », Arthur Dreyfus, Gallimard, 2014)

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 19:37
Le beurre et l'argent du beurre, variation sur le principe d'incertitude

Dans un billet récent ( "Stratégies du désir"), j'avais fait part du mail d'un lecteur de ce blog et des questions qu'il me posait. Voici ma réponse : « Une phrase de ton mail me semble être la question centrale: "peut-on avoir le beurre et l'argent du beurre"? Avant d'essayer d'y répondre, quelques commentaires.

Ton ami dit s'être arrêté de compter ses rencontres à 512. Pour ma part je n'ai jamais cessé...Je n'ai toutefois pas commencé immédiatement, car rapidement après avoir fait la première dans ce cinéma de la rue Vivienne à Paris, quand j'ai commencé à explorer les lieux de drague bordelais, ma mémoire "affectivo-sexuelle", très développée, suffisait amplement à faire la liste de ces rencontres qui m'étonnaient presque à chaque fois, le béotien en matière de drague que j'étais alors étant convaincu d'être déjà trop vieux pour avoir du succès... J'avais encore sur l'homosexualité une conception très "classique", celle de la littérature de la période « prégay », celle de la "Ville dont le prince est un enfant". Je n'aurais jamais imaginé avoir, trente ans plus tard, une sexualité bien plus "active" qu'elle ne le fût à ce moment-là...Le regard que je portais sur les plus de 50 ans (et même un peu moins...) qui fréquentaient les lieux de chasse n'était pas loin d'être désapprobateur.

La fréquence de mes « tricks » restait en effet raisonnable, freinée par ma timidité (je ne faisais jamais le premier pas et il m'arrivait de détourner les yeux devant un regard qui me séduisait), et par le fait qu'il n'était pas rare que je "tombe amoureux", état de conscience qui vous occupe trop et éteint tout autre désir que celui de l'être convoité ( j'ai beaucoup « trompé » les garçons que j'ai aimés, pas ceux dont j'ai été amoureux...). Ainsi, pendant mes 10 ans de vie sexuelle bordelaise avant mon départ pour Paris, je n’ai rencontré que 139 garçons… Une comptabilité bien plus proche de la tienne donc, que de celle de ton ami.

Avec le temps - une timidité moins paralysante, des états amoureux de plus en plus rares ( le dernier remonte à juillet 92…les «coup de foudre » laissent des traces indélébiles même si on continue à se demander comment on a pu se mettre dans un état pareil), un désir dont le champ s’élargissait avec l’âge (la monomanie du minet de moins de 25 ans m’a quitté) et surtout une arrivée sur Paris qui multipliait le champ des possibles – ma mémoire ne pouvant plus résister à l'augmentation vertigineuse de la fréquence des « contacts », j’ai commencé, rétrospectivement puis prospectivement, à faire la liste de tous mes « tricks », selon une classification mensuelle très élémentaire (lieu de la rencontre ou application internet l’ayant permise, âge et prénom chaque fois qu'il était possible de l'obtenir).

Le pourquoi d’une telle comptabilité est plus difficile à cerner. Sans doute faut-il en voir l’origine dans cette angoisse initiale d’être déjà trop vieux, un moyen de s’assurer de et de se rassurer sur la pérennité de sa capacité de séduction…A moins d’être une des futures victimes de la maladie qui est au centre de mes préoccupations professionnelles actuelles, il est probable que j’y mettrai fin lorsque ma mémoire sera à nouveau suffisante pour faire le compte de rencontres qui auront fini par devenir rares, voire exceptionnelles, à moins que je ne me résolve à la pratique du sexe tarifé…Peut-être cela a-t-il contribué à la disparition progressive de mon angoisse de vieillir ? J'y ai trouvé après coup bien d’autres avantages : album souvenir, photographie de l’évolution de son désir (moyenne d’âge, lieux privilégiés), influence des « crises» traversées sur la fréquence (pic à 226 l’année où mon précédent ami m’a quitté…), etc..

Venons-en aux questions que tu poses : "Comment peut-on fonctionner ainsi ?" écris-tu. Je ne crois pas qu’on puisse décrire un fonctionnement univoque en fonction des individus. Laissons de côté les comportements addictifs qui n’ont plus rien à voir avec la séduction mais avec un besoin irrépressible, tels ces garçons que l’on croise systématiquement au sauna quel que soit le jour où l’on y va (ils y sont donc tous les jours….) ou ceux qui invités à votre table passent la plus grande partie de leur soirée à consulter « Grindr ». Pour ma part il s’est agi d’un plaisir sans cesse renouvelé de la « chasse » (« attraper un regard »), de l’aptitude à séduire, joliment décrit par la métaphore de la « pêche à la ligne » dans le dernier film de Lars Von Trier. Séduction narcissique beaucoup plus que prédation. Je ne perçois absolument pas l'autre comme un défi, comme une proie...Plutôt que "je te veux" , je dirais "j'aimerais bien que tu veuilles de moi"....Ce désir de "plaire" se situait à deux niveaux : "physiquement" - être objet de désir pour l'autre- mais aussi, à un degré supérieur, "affectivo-intellectuellement" - je ne résistais pas toujours à la tentation gratifiante mais inconséquente (faire souffrir) de voir l'autre tomber amoureux...Aujourd’hui seul le premier degré, "physique", de la séduction me motive.

Notre puissance « attractive » n’étant pas indépendante de l’âge, du moins dans notre culture occidentale, il est certain que le temps perdu ne se rattrape jamais…Le premier jeune homme qui m’a fait connaître l’état amoureux (j’ai narré cet épisode dans deux billets « Hervé, l’ascension et la chute »), m’avait fasciné en m'avouant « baiser » 500 mecs par an. Effet secondaire particulièrement exaltant de cette stratégie, la possibilité de rencontres de personnalités attachantes très diverses, dans des milieux forts différents de celui dans lequel on a l’habitude d’évoluer et qui peuvent vous enrichir dans les domaines les plus variés (http://limbo.over-blog.org/article-la-culture-en-butinant-45991450.html). Si ce plaisir de séduction m’a longtemps semblé prendre le pas sur celui du « sexe » lui-même en tant qu’acte - savoir qu’on avait envie de moi pouvant «à la limite» me suffire - il n’en reste pas moins que la répétition vite monotone, voire ennuyeuse (en tous cas pour moi) d’un acte sexuel avec la même personne fut et reste une vive incitation à la multiplicité des partenaires…Après la métaphore de la pêche à la ligne, celle de la table : on a beau avoir ses plats préférés, en faire notre quotidien finirait pas émousser l’appétit et il serait dommage de se priver d’expériences culinaires (certes parfois désastreuses) et des cuisines du monde…de la présentation de l’assiette ( le plaisir des yeux) à sa dégustation.

Ta seconde interrogation - ta « rancune fascinée » du passé de ton ami - qui s’inscrit dans la problématique du désir mimétique girardien, elle m’est plus étrangère car je n’ai jamais ressenti cela. Elle m’est pourtant familière puisque mon ami actuel est lui aussi quelque peu agacé des petits saluts ou sourires que j’adresse lors de «rencontres fortuites » dans les rues du marais, qu’il exprime clairement comme une jalousie d’un plaisir pris sans lui…Etrange pour moi cependant car il me semble que si jalousie il devrait y avoir, c’est non celle d'un passé révolu et donc sans danger, mais au contraire d’un probable …futur ! (Ségolène Royal, je cite de mémoire, n’avait-elle pas dit ou écrit à propos du tweet de celle qui avait « pris sa place» dans le cœur de François Hollande : « plutôt que de s’intéresser à mois elle ferait mieux de s’inquiéter de qui sera la suivante… »). J’ai certes connu des garçons fort frivoles lorsqu’ils étaient célibataires et qui devenaient des amants d'une fidélité sans faille une fois en couple, mais ils ne sont pas légions et leur relation de couple était rarement très prolongée…On oublie en effet rarement la musique…Si la fréquence de mes rencontres, pour des raisons « logistiques» (la gestion du temps disponible..), a pu être plus marquée pendant les rares et relativement courtes périodes de célibat, elle n’en est pas moins restée soutenue (une centaine par an) tout au long de mes années de couple, soit 90% de ces trente dernières années.

Ce qui constitue un début de réponse à ta question principale : oui on peut envisager d’avoir "le beurre et l’argent du beurre", mais ceci n’est pas sans un double risque, se perdre soi-même dans une passion passagère et surtout perdre l’essentiel, celui que l’on aime…J’ai connu deux très longues expériences de couple, dont l’une se poursuit. La première, qui a duré 15 ans, se serait sans aucun doute interrompu brutalement si mon ami avait soupçonné l’intense vie parallèle que je menais alors, d’autant plus que mon désir de séduire et d’être séduit l’emportait alors largement sur celui de la satisfaction sexuelle, et que certains de mes « tricks » étaient devenus des amants éphémères (sans que l’idée de le quitter ne m’ait effleuré un seul instant). Il n’a appris mes frasques (par des amis bien intentionnés qui ne les avaient apparemment pas supportées …) qu’une fois qu’il m’eut quitté pour un autre garçon (les fidèles finissent souvent par s’en aller quand l’amour physique s’émousse…), mais je sais qu’il en est encore mortifié. Je vis, maintenant depuis plus de 15 ans, avec mon ami actuel une situation quelque peu différente car nous ne considérons ni l’un ni l’autre que sexe et amour soient totalement indissociables. Nous ne sommes toutefois pas en couple "libre", ou alors cette définition ne s'applique que dans des lieux géographiquement et temporellement circonscrits : quand nous allons ensemble à l'IDM, au bunker ou autres lieux sexe...Il ne saurait être question que nous ayons des "rencontres ponctuelles", en dehors de ces lieux, autorisées par l'autre (avec son accord tacite) et nous avons, comme toi et ton ami, des expériences à 3 (voire plus…), en quelque sorte une façon sécurisée d’avoir le beurre et l’argent du beurre. Nous ne sommes pas dupes de l’existence possible, en l’absence de l’autre, de rencontres occasionnelles, mais nous n’en parlons jamais. Si par inadvertance, imprudence informatique, hasard malheureux nous l’apprenons, l’atmosphère se tend quelque peu pendant quelques jours sans en faire un drame, mais nous savons tous deux que l’existence d’une « liaison » parallèle en serait un. Et ayant 18 ans de plus que lui je jouerai « plus gros ». Le couple «libre» n’est pas fait pour nous. Je ne le crois pas viable "dans le temps" (à moins de ne concevoir que le couple que comme simple une association de deux personnes qui ont envie de vivre ensemble du fait de leurs affinités...). Je l'ai tenté une fois avec mon premier partenaire de couple, il y a fort longtemps, et cela n'a duré que quelques mois. Si on s'autorise le couple libre, où tracer la limite? Il est à craindre qu’elle ne soit sans cesse "repoussée", au moins par l’un des deux...jusqu'à la rupture...Je ne crois pas qu’il soit possible d’aimer sans être capable de jalousie, aussi maitrisée soit elle.

En d'autres termes, je ne crois pas qu'on puisse à 100% avoir le beurre et l'argent du beurre. Après les métaphores de la « pêche à la ligne » et de la gastronomie, celle du principe d’incertitude de la mécanique quantique : selon ce dernier on ne peut connaitre exactement à la fois la position et la vitesse d’une particule élémentaire, plus on connait l’une avec précision, plus l’autre nous échappe ; il en est de même du couple « libre », plus le versant « libre » prend de l’ampleur, moins il y a de couple et vice versa. Entre la privation d’une vie sexuelle plus libre que la mienne (un certain manque effectivement) et la perte de mon partenaire actuel, je sais que c'est cette dernière que je supporterais le moins. Quoiqu'il en soit toute expérience est individuelle et n'est pas transposable, surtout en matière de désir....

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 16:11
Une seule issue : le mariage...

Depuis ces nuits mémorables de mai 68 que je passais l’oreille collée à mon poste de radio, avant d’en écouter, le lendemain, le compte rendu par ces grandes voix que furent Jacques Paoli et André Arnaud, je suis resté fidèle, en matière d’information radiophonique, à Europe n°1, même si les impératifs de « l’audimat », ont conduit cette station, ces dernières années, à des dérives alarmantes en en confiant l’animation, non plus à des journalistes talentueux mais à des « animateurs » de talk-show télévisés. Il semble cependant qu’on assiste depuis la rentrée de septembre à une tentative louable de correction.
Au contraire, l’évolution de la politique éditoriale des chaines télévisées d’information continue, LCI, I-Télé et BFM radio (la pire des trois sans doute), est en passe de me détourner durablement de leur écoute. On assiste, sidéré, à la création de « bulles » d’information, hyper-médiatisées par la technique du direct permanent et répétées en boucles jusqu’à saturation, pour des évènements qui pour nombre d’entre eux ne devraient pas quitter la dimension du fait divers ou du moins leur place secondaire et qui au contraire remplissent tout l’espace au point d’écraser tout autre information. On avait ainsi pu constater, il y a quelques mois, la place qui avait été donné à l’arrivée du « Vent des globes » par BFM radio au détriment de la manifestation du « mariage pour tous »…En cette nouvelle année nous avons eu un festival de ces bulles artificielles, se succédant à quelques jours d’intervalle, l’une chassant l’autre : l’hématome extradural de Schumacher, les quenelles de Dieudonné, l’escapade casquée de notre président.

L’affaire Dieudonné a donné lieu à une scandaleuse couverture du Nouvel Observateur, autre média pour lequel je pourrai remettre en cause ma « fidélité ». Dans l’article auquel cette couverture renvoie, sont mis sur le même plan, Dieudonné et Soral, jusque-là pas de problème, mais aussi Eric Zemmour et Alain Finkielkraut. Passe encore que Renaud Camus soit élevé au titre de « penseur de l’extrême droite », ses prises de position en faveur de Marine Le Pen sont venues à bout des meilleures volontés (le texte d’un journaliste du Point en a dressé, me semble-t-il un portrait plutôt équilibré et assez juste, même si son titre, qui a déclenché les foudres de ses adorateurs, est stupide : http://www.lepoint.fr/politique/ce-camus-qui-n-aime-pas-l-etranger-14-10-2013-1743776_20.php), mais mettre dans le même sac que des ordures qui propagent un discours antisémite nauséabond et criminel, tous ceux qui ne tiennent pas sur l’immigration , la place de l’islam en France et le discours « antiraciste », un langage - que l’on peut certes ne pas partager - non conforme à l’idéologie dominante, relève d’un confusionnisme malhonnête digne des idéologies totalitaires. Ne faut-il pas voir d’ailleurs dans les menaces qui pèsent sur l’émission de Frederic Taddei une pression de cette idéologie pour faire taire un espace de liberté où les voix les plus diverses sont conviées ? Il est d’ailleurs exemplaire de constater que Zemmour et Finkielkraut ont des points de vue différents sur l’affaire Dieudonné : le premier rend responsable Manuel Valls de l’ampleur prise par l’affaire, en quelque sorte de l’avoir créée, alors que le second soutient la position du ministre….

Venons-en au sexe, qui occupe tant d’espace sur ce blog, mais au sexe de nos gouvernants cette fois. Dans le monde de l’entreprise comme dans celui du politique, la corrélation étroite entre appétence sexuelle et appétence du pouvoir n’est plus à démontrer. Une scène du dernier film de Scorsese, où Leonardo Di Caprio (dont l’interprétation restera à n’en pas douter dans les annales), apprenti trader, se voit demander par son mentor « combien de fois il se masturbe par jour », le nombre « d’éjaculations » apparaissant comme un vecteur de la «réussite», l'illustre dans un numéro d'acteur irrésistible. Tous nos présidents de la République depuis VGE s’acharnent à nous le prouver et l’on pourrait même se demander si une libido insuffisamment exacerbée n’est pas en partie responsable de l’échec de certains dans l’accession à cette fonction, de Michel Rocard à Raymond barre, en passant par Lionel Jospin, le processus électoral se révélant un processus de séduction (du peuple) dont l’évolution du discours ressemble fort à celui du discours amoureux : il change une fois le but atteint et n’est pas fidèle à ses promesses…

Notre président actuel s’est pourtant, plus que ses prédécesseurs mis dans une situation délicate, tant il heurtait déjà une partie des français sur le plan des « bonnes mœurs » : non seulement il n’est pas marié, mais il a légalisé le mariage des « invertis »…Et voilà que maintenant on érige la « fidélité » comme composante de «l’exemplarité» du comportement exigé de nos dirigeants…ah l’inconscient chrétien de notre doxa républicaine…On ne lui est même pas gré de son attitude chevaleresque («un adolescent attardé » aurait commenté son ministre préféré), une escapade en moto, au lieu, comme ses prédécesseurs, d’avoir mobilisé les moyens de l’état…Je ne vois pour lui qu’une seule issue, capable de tirer une larme à notre bon peuple : se séparer au plus vite de la twitteuse la plus célèbre de France et nous offrir une beau mariage présidentiel.

Il est pourtant fort dommage que ce fait divers, on en revient à la première partie de ce billet, ait failli masquer un tournant majeur de l’idéologie du parti socialiste français, bien plus que celui de 1983 avec François Mitterrand, qui vient d’effectuer sa révolution copernicienne, près de 60 ans après son homologue allemand. Avec son pacte de compétitivité, enfin basé sur une politique de l’offre, François Hollande vient de traduire dans les « mots » son appartenance à la social-démocratie, dont je ne doutais pas et rendre la rupture avec Melenchon and co irréductible. J'avais pressenti que quelque chose se tramait lorsque, à la fin de l’année dernière, j’ai entendu Jacques Attali déclarer que des décisions importantes devaient être prises avant le 15 janvier, avant la préparation du prochain plan budgétaire, sinon il serait définitivement trop tard pour échapper au déclin…Cette conférence de presse mémorable, en dépit du climat détestable dans lequel elle se déroulait, lui aura en outre permis de mettre le « bordel » dans les rangs de l’UMP et de contraindre l’aile gauche de son parti à taire son opposition à quelques semaines des municipales…chapeau l’artiste…Un seul regret, que cela survienne si tard, trop tard peut être, maintenant que le béarnais a rejoint l’autre rive, car il n’est pas sûr qu’il ait la majorité de son choix courageux.

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Published by limbo - dans politique
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