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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 14:43
Sitges, une fois encore

J’ai délaissé ce blog pendant quelques semaines, le temps de digérer cette étonnante campagne présidentielle qui m’a amené à voter à 8 reprises pour un résultat final au-delà de mes espérances, le temps aussi de prendre un peu de recul pour observer les premiers pas de la République en Marche, premiers pas qui ne pouvaient qu’être un peu laborieux comme pour tout nouveau-né. Il n’en fallait pas plus pour que la presse s’empresse de brûler (jusqu’à l’obsession en ce qui concerne Marianne…) ce qu’elle avait adoré en glosant à l’infini sur la chute, étonnamment qualifiée de «spectaculaire», de la popularité d’Emmanuel Macron qui n’a fait que commencer à appliquer son programme, ou essayant d’abattre par tous les moyens la ministre du travail qui pourrait réussir à faire passer sa réforme la plus courageuse. Comment ne pas sourire devant l’empressement de Mélenchon à soutenir le chef d’état-major des armées ou à s’en prendre à la position du chef de l’état quant à la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d’Hiv (position qui était pourtant la sienne pendant la campagne…).

Il était temps pour moi de partir en vacances, avec comme destination principale, comme chaque année, Sitges, une des capitales du soleil et du sexe gay. Long périple en voiture qui ne peut se concevoir sans quelques étapes, plus « culturelles », à l’aller comme au retour. Nous quittâmes Paris fin juillet sous une pluie battante, pour atteindre le Périgord sous le soleil et un hôtel charmant à la croisée des chemins menant à Sarlat et à trois des plus beaux villages de France, La Roque-Gageac, Beynac et Domme d’où nous avons pu, dînant sur une terrasse des remparts, assister à un superbe envol de montgolfières. Puis ce fut Bordeaux, ma ville natale, pour fêter la naissance de Victoria, la fille de ma nièce, sans oublier de faire un tour à la belle plage du Porge dont les dunes ont vu se réaliser mes premiers ébats sexuels en pleine nature il y a presque 40 ans…Avant d’atteindre Sitges nous fîmes une courte halte à Saint-Jean-de-Luz, ville où j’ai passé toutes mes vacances d’enfance et d’adolescence, une nouvelle occasion d’y déguster les excellents chipirons à l’encre de chez « Pablo », sans toutefois avoir le temps de faire un saut à la plage gay des 100 marches à Bidart. Du pays basque il suffisait de rejoindre notre destination par le nord de l’Espagne, autoroute bien plus tranquille, et sans risque de perdre des points de permis, que celle qui mène au Perthus.

Sitges donc, comme presque chaque année depuis les années 90, où l’on est assuré de faire le plein de soleil et de sexe. Les beaux, et les moins beaux, garçons y sont toujours aussi nombreux, même si c’est année nous avons eu l’impression, tout au moins en début de mois d’août, que l’affluence était un peu en recul. Les changements de ces dernières années, dont j’ai part dans des billets précédents, semblent s’être stabilisés, avec la quasi disparition des discothèques (il ne reste plus que l’Organic). Sitges n’est pas le paradis des clubbers, mais celui des bars - ceux qui s’ouvrent sur la rue «Joan Tarrida» où la foule gay se presse, ceux où l’on assiste à des spectacles de travestis, ceux où l’on danse et bien sûr ceux où l’on baise dans la pénombre - et des plages «gay», celle en plein centre-ville, textile, où l’on se montre d’autant plus qu’on a un corps sculpté, celle des Balmins après l’église, où l’on peut se dénuder, et pour les courageux la plage naturiste de la Muerte, accessible après de longues minutes de marche, qui vous offre, une fois la voie ferrée prudemment franchie, une arrière forêt propice à satisfaire vos désirs si vous êtes irrésistiblement nostalgiques de cette façon ancestrale de draguer, que la plage centrale vous autorise aussi tard dans la nuit. Mais marcher longuement ou « écumer » des bars à une heure avancée ne sont cependant plus que des options, Grindr et ses avatars ayant profondément modifié l’«écologie» du sexe gay, un simple chat et il vous suffit, à tout moment, de parcourir quelques mètres pour aller retrouver votre interlocuteur dans l’hôtel voisin, voire à un autre étage du votre ou dans un appartement de la ville, économisant temps, sommeil, argent et éventuellement explications animées avec votre « mari » jaloux….

Après un séjour de 9 jours, durée qui avec le temps a fini par me paraitre idéale pour faire raisonnablement le plein annuel des plaisirs qu’offre cette ville, un retour en voiture direct sur Paris étant une expérience passée que je ne souhaitais pas renouvelée ( Bertrand n’a toujours pas passé son permis..), nous avons fait un petit détour par le Lubéron avec une étape de deux jours dans le charmant village de Lourmarin, nous permettant aussi de découvrir celui non moins charmant de Saignon sur les hauteurs d’Apt et de retrouver pour un diner des amis de Bertrand dont Facebook nous avait appris la présence dans la région.

Le lendemain de notre retour à Paris, peu avant le carnage de Barcelone, nous avons vu l’excellent, mais fort noir, thriller espagnol « Que Dios nos perdone ». Ce n’est pas ce que l’on souhaite aux auteurs de cet attentat islamiste.

Sitges, une fois encore
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commentaires

H
Très bel article
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H
Très bel article
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L
Journal gay pour nous.
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