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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 23:24
http://www.tetu.com/files/inline_images/Homos-et-alors.jpg


Un article du Monde de hier après midi rapportait les travail de chercheurs de l’Université de Genève qui viennent de publier un livre sur le caractère inné ou acquis de l’homosexualité. Leur conclusion est sans appel, elle est le résultat d’une interaction entre le génétique et le biologique. On ne devient pas homosexuel, on l’est de naissance. Selon ces chercheurs ces travaux vont mettre l’Eglise en porte à faux car elle proclamerait, se fondant sur une approche analytique, que l’homosexualité est acquise. Il me semble que ces chercheurs sont bien optimistes l’Eglise a toujours su, parfois après une période de « résistance », intégrer les connaissance scientifiques sans toucher au dogme.
http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2010/02/04/l-homosexualite-est-genetique-selon-un-chercheur_1301366_3244.html#ens_id=1286181

Quoiqu’il en soit, ceux qui ont pu lire l’article datant de 4 ans de mon ancien blog, ci-dessous reproduit, consacré à la question de l’origine de l’orientation du désir, pourront constater qu’il cela ne fait que confirmer ce que je disais :



« Je reviens donc sur cet épineux problème de l’origine innée ou acquise de l'homosexualité. On peut d’abord se demander pourquoi ce sujet soulève tant de passions, notamment chez les gays, l’adhésion à l’une ou à l’autre thèse relevant plus du domaine de la croyance, en fonction de ses préjugés et angoisses, de sa façon même de vivre son homosexualité, que d’une approche rationnelle.
Les uns se satisfont mieux d’une genèse « psychologique » de l’orientation sexuelle (qu’il s’agisse de la version Freudienne qui en fait une anomalie de la maturation sexuelle, ou de la version Girardienne plus positive qui en fait une des figures possibles du désir mimétique), car elle laisse, leur semblent t’ils, la porte ouverte à une possible évolution de cette orientation, voire à une possibilité de choix ( n’entend on pas dire, ici où là, que l’homosexualité est un choix ?!), à la possible « culpabilisation » du milieu environnant (la famille en général), alors qu’ils ne voient dans la thèse innée qu’un fatalité oppressante. Les autres voient au contraire dans l’origine innée, génétique, de l’homosexualité, l’ancrage dans la « nature » de leur orientation sexuelle, aussi normale, fondamentale et immuable que la couleur des yeux. C’est une autre version du débat entre Nature et Culture, entre Rousseau et Voltaire. Certains vont même pour justifier leur opinion jusqu’à mettre en avant les dangers de la thèse contraire, comme si le degré de dangerosité d’une théorie suffisait à la rendre fausse ! En effet on connaît les dangers potentiels de chaque approche : la théorie analytique a justifié et justifie encore bien des attitudes répressives (C’est contre les psychanalystes que l’homosexualité a fini par être exclue de la classification des maladies mentales, de nombreux psychanalystes ont soutenu l’opposition aux revendications du mariage gay et de l’adoption ; le Vatican s’appuie sur la psychanalyse pour interdire la prêtrise aux homosexuels ) ; d’un autre côté, la découverte éventuelle du « gène » de l’homosexualité pourrait
faire craindre un futur sinistre ( comme dans le film Bienvenu à Gataca) qui verrait l’émergence d’une société de la sélection par les gènes.
Existe t’il des arguments plus rationnels ? Il faut d’abord définir de quoi l’on parle. Je n’envisagerai ici que l’homosexualité définie comme orientation exclusive du désir sexuel vers la même sexe ( évacuant le problème de la bisexualité, autre avatar Freudien, qui mériterait un traitement à part) et qui plus est masculine ( il se pourrait que l’homosexualité féminine soit plus complexe, plus hétérogène car le mouvement d émancipation de la femme a pu faire naître, à côté d’une homosexualité « biologique » de même type que la masculine, une homosexualité « sociale » basée sur la haine ou le refus de l'homme dans le sillage du MLF). Il faut enfin distinguer « désir sexuel » et « pratique sexuelle »,c’est à dire orientation de ce désir vers le même sexe d’une part et réalisation de ce désir d’autre part. C'est sur l'orientation du désir vers le même sexe que porte la controverse sur l’origine innée ou acquise de l'homosexualité?
Que sait on? Il n’existe à ce jour aucune réponse définitive, irréfutable, mais seulement des hypothèses dont certaines sont bien plus crédibles que d’autres car bâties sur des faisceaux d’arguments. Si l’on appelle « acquis », tout ce qui est déterminé par ce qui advient après la naissance, alors il faut bien dire, qu’en dehors de « pures » théories spéculatives ( psychanalyse : voir ailleurs dans ce blog "En finir avec la psychanalyse"), il y a bien peu d’arguments en faveur de l’origine acquise de l’homosexualité. Il n’y a ainsi jamais eu d’études sérieuses sur la fréquence des « mères possessives » ou des » pères absents » chez les homosexuels, et même certaines tendraient à montrer que cette fréquence est la même chez l’hétérosexuel. La majorité des neurobiologistes défendent une origine biologique de l’homosexualité en se basant sur de nombreux arguments : l’existence d’une homosexualité animale, le côté universel, transculturel, du comportement homosexuel ( avec une fréquence qui semble assez semblable quelle que soit la culture), les études sur les jumeaux, les cas assez fréquents de fratries d'homosexuels, certaines études (certes controversées et parfois contradictoires) sur les différences au niveau des structures cérébrales impliquées dans le désir sexuel (hypothalamus), etc. Mais dire que l’homosexualité est probablement d’origine biologique, ne signifie pas qu’elle est héréditaire… En effet il semble peu probable qu’il existe un gène unique codant pour ce type de comportement, voire même plusieurs gènes. D’abord parce que la relation "un gène/un comportement", simpliste, n’a jamais pu être mise en évidence, ensuite parce que la sélection naturelle, étant donné la pression biologique en faveur de la reproduction, aurait eu tendance à éliminer ce type de gènes. Il est toutefois possible qu’il y ait des traits génétiques favorisants, mais qui demanderont la présence d'autres facteurs pour que le comportement soit présent ( on explique ainsi l'homosexualité souvent partagée par les jumeaux, mais cependant pas toujours : une origine purement génétique produirait une concordance des comportement dans 100% des cas). D’où l’hypothèse selon laquelle l’homosexualité serait de nature EPIGENETIQUE. Qu’entend on par là ? Pendant la phase embryonnaire et fœtale, les groupes de neurone qui vont migrer vers (et constituer) les régions cérébrales impliquées dans le désir sexuel ( en gros l’hypothalamus), le font sous contrôle du programme génétique, mais avec des variations statistiques qui conduisent dans un certain pourcentage de cas à une variation topographique ou fonctionnelle de ces structures qui aboutira à des comportements différents. Ces « variations » sont bien sûr influencées par des facteurs environnementaux internes (température, hormones etc..) mais aussi par toute perturbation externe qui peut avoir des conséquences biologiques internes ( y compris par exemple l’angoisse de la mère pendant la grossesse, son comportement alimentaire, etc…). Ainsi, l’orientation homosexuelle du désir serait la conséquence de variations dans la structure du cerveau, minoritaires en fréquence, variations qui sont la conséquence d’une interaction entre la programmation génétique, éventuellement favorisante, et les facteurs aléatoires qui modifient l’environnement interne et externe du fœtus. L'homosexualité serait donc innée, au sens de pré-natale, mais aussi acquise puisque fonction de variations aléatoires du milieu.
Il est bien entendu que ce mécanisme « épigénétique » est général ( encore appelé darwinisme neuronal par le prix Nobel de Médecine, George Edelman) et va bien au delà du seul comportement homosexuel. Selon cette hypothèse il n’y a aucun moyen de « prédire », in utero, un futur comportement homosexuel.
Mais dire que l’orientation sexuelle du désir est prédéterminée durant le développement in utero, ne signifie pas que la façon dont ce désir va se « réaliser » est également déterminée. La façon dont l’homosexualité va s’exprimer ( ou ne pas s’exprimer et être "refoulée") pourrait elle dépendre essentiellement de l’environnement post natal, de l’enfance et de la pression culturelle…
En d’autres termes, t’as pas choisi d’être homo mais la façon dont tu l’es, folle, hypermacho, honteuse, etc… dépend en partie au moins de toi !"

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Published by limbo - dans Gay
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Thierry 31/10/2010 11:03



Je pense que l'ouvrage auquel vous faites référence n'est pas de chercheurs de l'Université de Genève mais d'un chercheur de l'Université de Liège. Il s'agit de Jacques Balthazart.






limbo 01/11/2010 17:33



Merci de la rectification



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