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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 16:11
Une seule issue : le mariage...

Depuis ces nuits mémorables de mai 68 que je passais l’oreille collée à mon poste de radio, avant d’en écouter, le lendemain, le compte rendu par ces grandes voix que furent Jacques Paoli et André Arnaud, je suis resté fidèle, en matière d’information radiophonique, à Europe n°1, même si les impératifs de « l’audimat », ont conduit cette station, ces dernières années, à des dérives alarmantes en en confiant l’animation, non plus à des journalistes talentueux mais à des « animateurs » de talk-show télévisés. Il semble cependant qu’on assiste depuis la rentrée de septembre à une tentative louable de correction.
Au contraire, l’évolution de la politique éditoriale des chaines télévisées d’information continue, LCI, I-Télé et BFM radio (la pire des trois sans doute), est en passe de me détourner durablement de leur écoute. On assiste, sidéré, à la création de « bulles » d’information, hyper-médiatisées par la technique du direct permanent et répétées en boucles jusqu’à saturation, pour des évènements qui pour nombre d’entre eux ne devraient pas quitter la dimension du fait divers ou du moins leur place secondaire et qui au contraire remplissent tout l’espace au point d’écraser tout autre information. On avait ainsi pu constater, il y a quelques mois, la place qui avait été donné à l’arrivée du « Vent des globes » par BFM radio au détriment de la manifestation du « mariage pour tous »…En cette nouvelle année nous avons eu un festival de ces bulles artificielles, se succédant à quelques jours d’intervalle, l’une chassant l’autre : l’hématome extradural de Schumacher, les quenelles de Dieudonné, l’escapade casquée de notre président.

L’affaire Dieudonné a donné lieu à une scandaleuse couverture du Nouvel Observateur, autre média pour lequel je pourrai remettre en cause ma « fidélité ». Dans l’article auquel cette couverture renvoie, sont mis sur le même plan, Dieudonné et Soral, jusque-là pas de problème, mais aussi Eric Zemmour et Alain Finkielkraut. Passe encore que Renaud Camus soit élevé au titre de « penseur de l’extrême droite », ses prises de position en faveur de Marine Le Pen sont venues à bout des meilleures volontés (le texte d’un journaliste du Point en a dressé, me semble-t-il un portrait plutôt équilibré et assez juste, même si son titre, qui a déclenché les foudres de ses adorateurs, est stupide : http://www.lepoint.fr/politique/ce-camus-qui-n-aime-pas-l-etranger-14-10-2013-1743776_20.php), mais mettre dans le même sac que des ordures qui propagent un discours antisémite nauséabond et criminel, tous ceux qui ne tiennent pas sur l’immigration , la place de l’islam en France et le discours « antiraciste », un langage - que l’on peut certes ne pas partager - non conforme à l’idéologie dominante, relève d’un confusionnisme malhonnête digne des idéologies totalitaires. Ne faut-il pas voir d’ailleurs dans les menaces qui pèsent sur l’émission de Frederic Taddei une pression de cette idéologie pour faire taire un espace de liberté où les voix les plus diverses sont conviées ? Il est d’ailleurs exemplaire de constater que Zemmour et Finkielkraut ont des points de vue différents sur l’affaire Dieudonné : le premier rend responsable Manuel Valls de l’ampleur prise par l’affaire, en quelque sorte de l’avoir créée, alors que le second soutient la position du ministre….

Venons-en au sexe, qui occupe tant d’espace sur ce blog, mais au sexe de nos gouvernants cette fois. Dans le monde de l’entreprise comme dans celui du politique, la corrélation étroite entre appétence sexuelle et appétence du pouvoir n’est plus à démontrer. Une scène du dernier film de Scorsese, où Leonardo Di Caprio (dont l’interprétation restera à n’en pas douter dans les annales), apprenti trader, se voit demander par son mentor « combien de fois il se masturbe par jour », le nombre « d’éjaculations » apparaissant comme un vecteur de la «réussite», l'illustre dans un numéro d'acteur irrésistible. Tous nos présidents de la République depuis VGE s’acharnent à nous le prouver et l’on pourrait même se demander si une libido insuffisamment exacerbée n’est pas en partie responsable de l’échec de certains dans l’accession à cette fonction, de Michel Rocard à Raymond barre, en passant par Lionel Jospin, le processus électoral se révélant un processus de séduction (du peuple) dont l’évolution du discours ressemble fort à celui du discours amoureux : il change une fois le but atteint et n’est pas fidèle à ses promesses…

Notre président actuel s’est pourtant, plus que ses prédécesseurs mis dans une situation délicate, tant il heurtait déjà une partie des français sur le plan des « bonnes mœurs » : non seulement il n’est pas marié, mais il a légalisé le mariage des « invertis »…Et voilà que maintenant on érige la « fidélité » comme composante de «l’exemplarité» du comportement exigé de nos dirigeants…ah l’inconscient chrétien de notre doxa républicaine…On ne lui est même pas gré de son attitude chevaleresque («un adolescent attardé » aurait commenté son ministre préféré), une escapade en moto, au lieu, comme ses prédécesseurs, d’avoir mobilisé les moyens de l’état…Je ne vois pour lui qu’une seule issue, capable de tirer une larme à notre bon peuple : se séparer au plus vite de la twitteuse la plus célèbre de France et nous offrir une beau mariage présidentiel.

Il est pourtant fort dommage que ce fait divers, on en revient à la première partie de ce billet, ait failli masquer un tournant majeur de l’idéologie du parti socialiste français, bien plus que celui de 1983 avec François Mitterrand, qui vient d’effectuer sa révolution copernicienne, près de 60 ans après son homologue allemand. Avec son pacte de compétitivité, enfin basé sur une politique de l’offre, François Hollande vient de traduire dans les « mots » son appartenance à la social-démocratie, dont je ne doutais pas et rendre la rupture avec Melenchon and co irréductible. J'avais pressenti que quelque chose se tramait lorsque, à la fin de l’année dernière, j’ai entendu Jacques Attali déclarer que des décisions importantes devaient être prises avant le 15 janvier, avant la préparation du prochain plan budgétaire, sinon il serait définitivement trop tard pour échapper au déclin…Cette conférence de presse mémorable, en dépit du climat détestable dans lequel elle se déroulait, lui aura en outre permis de mettre le « bordel » dans les rangs de l’UMP et de contraindre l’aile gauche de son parti à taire son opposition à quelques semaines des municipales…chapeau l’artiste…Un seul regret, que cela survienne si tard, trop tard peut être, maintenant que le béarnais a rejoint l’autre rive, car il n’est pas sûr qu’il ait la majorité de son choix courageux.

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