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19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 11:01

Lorsque j’ai rédigé mon dernier billet, je n’avais pas encore lu l’excellent roman de Patrice Jean, « l’homme surnuméraire », passé pratiquement inaperçu dans la rentrée littéraire, sans doute trop politiquement incorrect pour intéresser les jurys des prix, découvert un peu par hasard à l’écoute d’une chronique littéraire sur Europe n°1. Cette histoire, presque Houlbecquienne, de deux hommes, l’un subissant la domination féminine, l’autre le pédantisme de milieux universitaires que fréquente sa femme, pousse jusqu’au bout la logique de cette société du contrôle dont je parlais précédemment, décrivant uns société où l’on irait même jusqu’à republier les classiques de la littérature en les expurgeant de tous les « interdits de dire » de la bien-pensance. Science-fiction ? Surement pas, ne vient-on pas de voir « Carmen » récrite pour complaire au féminisme, ou Gallimard mis au pilori pour son projet de publication des pamphlets antisémites de Celine et ceux qui tentent de dire « ça suffit » comme Catherine Deneuve se font lyncher….

 

Quittant ce monde où l’homme est « de trop », j’ai récemment vu deux films montrant l’éveil à l’homosexualité, celui d’un jeune prolétaire dans « Marvin ou la belle éducation » et celui d’un campagnard dans « Seule la terre ». Anne Fontaine a entrepris une très libre adaptation du livre d’Edouard Louis (http://limbo.over-blog.org/2014/02/histoires-de-nos-sexualit%C3%A9s.html), au point que ce dernier demande de retirer son nom du générique. Elle en donne une version façon « Billy Elliot », ne gardant en fait du roman que l’enfance prolétarienne, partie qui souffre d’un traitement quelque peu caricatural du milieu familial, avant de donner une vision à la limite du cliché des milieux gays parisiens, notamment la rencontre de Marvin avec le pygmalion quinquagénaire friqué incarné par Charles Berling qui sonne faux, avec un abord de l’homophobie un peu trop didactique (qu’elle soit un racisme qui se prolonge au sein même de la famille a été exposé avec plus de talent dans « ses chroniques achriennes » par Renaud Camus, en un temps où l’homosexualité l’occupait bien plus que sa paranoïa du « grand remplacement ». Les deux interprètes de Marvin, Jules Porier et Finnegan Oldfield n’en sont pas moins remarquables.

 

Le film de Francis Lee, « Seule la terre », m’a bien plus ému. Cette chronique paysanne, filmée dans des paysages magnifiques, conte l’histoire de Johny, jeune agriculteur portant sur ses épaules la responsabilité du fonctionnement de l’exploitation de son père, âgé et infirme, et qui noie sa solitude dans des virées nocturnes fortement alcoolisés où il satisfait ses pulsions homosexuelles non assumées en sodomisant des jeunes gens, à la va vite et sans la moindre tendresse, dans les toilettes des bars. Le recrutement par son père d’un travail saisonnier roumain, lui faisant découvrir l’amour, va transformer le regard que cet être sauvage et replié sur lui-même portait sur son entourage jusqu’à en adoucir ses traits et admettre sa sexualité. Ce film est remarquable par sa capacité à éviter tous les clichés sur l’homosexualité notamment dans la magnifique et surprenante réaction des parents. L’occasion de signaler une autre histoire d’amitié, hétérosexuelle celle-ci, entre deux jeunes montagnards, avec l’excellent prix Medicis étranger, « Les huit montagnes ».

 

 

Je ne résiste pas, en conclusion de ce billet, à faire part du petit pincement de cœur que j’ai eu en retrouvant, certes bien vieilli, le personnage de Luke Skywalker. Il y a plus de 40 ans je revoyais 11 fois en quelques semaines le premier opus de la série (devenu le n°4 de la saga), en partie parce que le jeune homme que j’étais alors, encore puceau, était tombé sous le charme de Mark Hamill, l’acteur qui tenait le rôle.

 

Mes meilleurs vœux aux lecteurs de ce blog.

 

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