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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 22:36

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Quand j’ai ouvert mon premier blog sur un site de rencontre aujourd’hui disparu, je le concevais comme le journal électronique de ma vie dans sa dimension homo-« sexuelle ». Concevant de tout dire ou presque, l’influence peut être de la lecture assidue du journal de Renaud Camus en un temps où il collectionnait les « tricks », je l’avais situé sur un site dont mes proches et notamment celui qui l’est le plus, Bertrand, ne soupçonnaient point l’adresse. Un journal qui tairait une composante essentielle de celui qui le tient, le fonctionnement de son désir, me semblait perdre une grande partie de son intérêt. Tout dire certes, mais à condition de préserver ceux qui vous sont chers. Des recherches « Google » sur les sujets les plus divers m’ayant montré qu’il était possible de "tomber" par hasard sur un de mes billets, je ne pouvais continuer à prendre le risque que ce hasard ait les yeux de Bertrand. Nous avons toujours su et accepté, tacitement, comme un non-dit, quelque fois dit lorsque nous nous sommes fait « piéger » par imprudence (... ces sites internet qui conservent l’historique de conversations qu’on a oublié d’effacer!), les infidélités occasionnelles de la chair, mais il ne pouvait être acceptable de les rendre publiques.

La "narration" des errances de mon désir a ainsi disparu du contenu de mes blogs successifs. Il est probable que cette quasi disparition de mes "aventures" n'ait nullement manqué aux lecteurs de mon précédent blog, certains sans doute trouvaient même cela indécent, notamment ceux qui ont un rapport à la fidélité qui n'est pas le mien, mais c'est oublier qu’on écrit d’abord pour soi.

Ce blog ne s’est cependant pas trouver amputé de toute dimension sexuelle puisque Bertrand et moi continuons à visiter régulièrement ensemble les haut lieux de la turpitude gay pour des tricks généralement individuels ou à rechercher sur internet des plans à plusieurs. En ce qui concerne les lieux gays nous nous limitions depuis longtemps aux bars « naturistes», « l’impact », « le bunker » ou le « Full metal », des valeurs sûres. Depuis peu nous avons tenté un retour vers les saunas, un sauna en fait, « l’IDM », qui organise maintenant également des journées « nature » (c’est à dire avec une serviette trop petite pour vous entourer la taille....). Au temps de mes heures de gloire, celles où je collectionnais une ou plusieurs centaines de tricks par an, ce sauna, qui abritait aussi une permanence hebdomadaire de l’association des Médecins Gays à laquelle je participais, était un de mes lieux de chasse favoris. C’est avec un certain plaisir que j’en ai arpenté à nouveau les longs couloirs, presque inchangés en dépit des rénovations subies. Il y aurait beaucoup à dire sur l’atmosphère spécifique à chaque lieu, sur son type de clientèle, de styles de rapports auquel vous pouvez vous attendre, du degré d’intimité que vous pouvez atteindre, au temps que vous y passez. Je ne sais pourquoi j’ai progressivement abandonné, il y a plus de quinze ans, la fréquentation des saunas après y être allé pendant des années, dès que j’ai eu découvert le mythique « Continental », 2 ou 3 fois par semaine (j’étais même abonné à « Univers Gym » avant qu’il ne brulât). Le coût peut être, et surtout le temps passé, des heures parfois, alors que les bars sexe dépourvus de douches et de cabines confortables amènent des rencontres plus expéditives, sans parler des possibilités sur internet. Ma récente visite à l’IDM fût doublement un retour vers le passé. Un jeune homme d’une quarantaine d’années qui était entré dans ma cabine me dit lorsque nous eûmes terminé notre affaire « tu ne me reconnais pas ? Tu es bien médecin, tu es venu chez moi quand j’habitais dans le 7è». Je ne l’avais pas reconnu, 20 ans plus tard, Edouard, rencontré au Club Med Gym Grenelle en 1991 alors que j’habitais encore Saint Germain en Laye...


Le sexe est il un enfer ? C’est semble t’il la morale de l’ennuyeux (je partage de plus en plus souvent l’avis des Inrocks, cela commence à m’inquiéter !) film de Steve Mc Queen, « Shame », film puritain, quoique voyeur, histoire d’une addiction sexuelle (telle que dans une scène hallucinante on voit le héros, éconduit d’une boîte hétérosexuelle, se précipitait dans les catacombes d’une sordide boîte gay pour une fellation « urgente ») sur lequel le réalisateur semble porter un regard clinique et réprobateur. Heureusement il ne nous cache rien du corps désirable de Michael Fassbender. Sa fascination pour les corps masculins était déjà perceptible dans son précédent film, « Hunger » qui m’avait bien plus séduit.

Les addictions sexuelles n’ont pas bonne presse en ce moment, il n’est qu’à voir la frénésie avec laquelle une certaine presse - l’Express se comportant comme un tabloïd, Albert Camus doit se retourner dans sa tombe - se complait dans les bas fonds de l’affaire DSK. Bien heureux les homos qui ont su organiser leurs lieux de débauche, ce qui leur évite « d’aller aux putes » quand ils ont un agenda chargé et que le temps dont il dispose leur est compté....La sexualité c’est comme l’argent, mieux vaut éviter de le faire savoir si vous en avez trop, sinon attention aux envieux, ils ne vous rateront pas...

 

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