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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 14:52

Cblogueurs-bd-nus-2.jpgela fait environ 30 ans que je fréquente les lieux de drague et que je tiens une sorte de répertoire des nouvelles rencontres que j’ai faîtes. Ce répertoire est assez sommaire, puisque n’y est consigné que le mois et le lieu de la rencontre, le prénom et l’âge quand je les ai eus ou tout autre signe distinctif qui pourrait me permettre de me souvenir de la personne rencontrée. Une histoire, en quelque sorte, des errances de mon désir. Un rapport sexuel consommé, aussi bref soit il, suffit pour qu'il y en ait une trace dans ce répertoire. Le seul critère qualitatif est l’attribution de 0 à 3 "x" en fonction de l’importance « affective » qu’a eu cette rencontre ( de 3"x" pour ceux qui sont devenus des amants réguliers, ceux qui ont partagé ma vie sont hors catégorie, 2 "x" pour ceux qui n'ont été que des amants éphémères, à 1x pour ceux dont j'aurais aimé qu'ils soient plus que de simples tricks et 0X pour l’immense majorité de ceux qui n’ont été qu’un « one shot » d’un soir ou de quelques minutes).
Cette liste, dont le nombre global pourrait en effrayer certains, d’autant plus que 27 de ces 30 ans ont été passé en « couple », permet bien des classements. Nombre de rencontres par an et son évolution au fil des années (en dent de scie avec un pic à 225 l’année qui a suivi le départ de Bernard, un de mes ex avec qui j'ai vécu 15 ans), évolution de la moyenne d’âge (de 20 -22 ans il y a 30 ans à 35 environ aujourd’hui), fréquence des prénoms (Pascal, Stéphane, Eric, Philippe et Thierry en tête), fréquence des rencontres « affectives » (2 ou 3 "x"), en nette diminution avec le temps ( ce point mériterait à lui seul un développement, le sujet d'un autre billet peut être). Mais ce qui est peut être le plus frappant en revenant sur ces 30 ans c’est l’évolution même des « lieux de drague » que j’ai fréquentés, car elle reflète peut être encore plus une évolution globale que mon propre parcours.
Avant mon arrivée à Paris, dans ma vie Bordelaise, de la fin des années 70 à celle des années 80, la quasi totalité de mes rencontres se concentraient en 4 lieux : les pissotières que l'on désignait par le beau nom de "tasses",  les boîtes et la plage. Les « tasses » aujourd’hui disparues et qui étaient le "totem" autour duquel s’organisaient de véritables lieux de drague, à pied ou en voiture, pour une consommation sur place ou à distance, lieux mythiques, où se brassaient toutes les classes sociales, non sans risque d’un fréquent contrôle de police( ce qui m’était indifférent), voire d’une attaque homophobe. Ce sont les lieux de la période « répressive » qui ont progressivement disparu avec l’arrivée de F. Mitterrand au pouvoir, la libération « homosexuelle » ouvrant d’autres perspectives. Les "parcs et bois", certains mythiques comme celui qui entoure le phare de Biarritz ou le parc Jourdan à Aix en Provence, mais aussi le Parc Beaumont à Pau, la place Renaudel ou le lac à Bordeaux, le jardin de Notre Dame à Paris, etc...Nombre de ses endroits sont maintenant fermés la nuit.  Les boîtes ensuite, certes parce que j’étais plus jeune, mais aussi parce que dans cette période de l’avant ou du début des années Sida, les boîtes étaient le plus souvent exclusivement « homo » , de vrais lieux de rencontre (le Vert galant, le Differend et le Smart à Bordeaux, le Colony, le Sept, le Bronx, Haute Tension, le BH, la Luna et le Broad à Paris, sans parler du Palace). Leur ouverture progressive aux « gay friendly » a plus ou moins tué la drague ( il y a bien sur encore des exceptions, surtout en province). Enfin la plage, les célèbres Dunes du Porge (ou de la plage des casernes dans les landes) dont je connais chaque grain de sable et que je fréquente toujours même si leur fréquentation s’est bien réduite. Je n’ai qu’effleuré le minitel, n’arrivant pas à me résoudre à prendre le risque d’être obligé de dire « non » à quelqu’un que je n’avais jamais vu .
Mon arrivée à Paris a vu s’ouvrir pour moi la période « sauna », notamment avec l'inoubliable « Continental », près de l’Opéra, que j’avais connu depuis Bordeaux, véritable temple de la baise avec ses innombrables cabines, salles noires, sa piscine, son restaurant, ses masseurs, sa salle de sport. On faisait souvent la queue le dimanche sur le trottoir pour pouvoir entrer…Puis l'IDM, le K-West, le Mandala et ensuite Univers Gym et maintenant Sun City. J’ai de longues années fréquenté préférentiellement ces lieux, jusqu’à l’addiction, réussissant tout de même à ne pas m’abonner. J’allais moins souvent dans les bar « sexe » comme le QG, le Trap, les Docks, le Keller et d’autres que j’oublie.
Puis, à la fin des années 90, lancées par le « clan nature » sont apparues, dans ces même bar sexe, les soirées (ou après-midi) naturistes, au QG, au Transfert, aux Docks (devenu le Bunker), au London, au Mec Zone, au Glove, au Gobelet d'argent, au Next maintenant, etc, jusqu’à culminer avec un bar exclusivement naturiste, l’Impact. La tenue et ce type de lieu, suffisamment éclairés pour qu’on ne puisse plus parler de « black(back) rooms » ont fait de ces endroits ceux où le sexe est le plus facile, le plus libéré. Leur succès n’a cessé de s’amplifier et je les fréquente presque exclusivement, avec de rares visites dans les saunas. Je ne vais plus en boîte que dans les lieux de vacances (Sitgès par exemple), et dans les bars « sexe » en province (le Tracks à Bordeaux par exemple).
L’irruption d’Internet et des sites de rencontres comme Citegay, Gayromeo, Gayrrier, Keumdial, Xtremboy  ou d’autres, est entrain de modifier la topographie des rencontres d'une manière qu'il est encore difficile de cerner car l’intrication du virtuel et du réel, l’interférence éventuelle de la Webcam (un sujet à développer !), en font pour moi un instrument de drague plus complexe, qui n’a pas « l’immédiateté » et la transparence du lieu "physique". Cette évolution n’est pas terminé, de la même façon que l'informatique n’a pas tué l’écrit, Internet ne fera pas disparaître les lieux de drague.

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commentaires

T
Impressionnant palmarès ! LOL Et bonne revue ! Cette évolution me laisse malgré tout un gout très amer ... Car le retour à une certaine morale puritaine et le poids croissant de l'hypocrisie qui l'accompagne toujours ne sont pas étrangers à cette évolution. La disparition des "tasses", c'est à dire des édicules publics utilisés à de fins de drague (homo)sexuelle est bien le fait d'une volonté des édiles locaux qui, sous couvert de prétextes de vétusté les ont purement et simplement détruites alors que l'on aurait pu les remettre en état au nom du service qu'une municipalité doit rendre à ses administrés en terme de satisfaction de besoins naturels pressants ( et le sexe n'en fait-il d'ailleurs pas partie ?). !idem pour la fermeture nocturne des parcs et l'arrachage des bosquets, là où des rondes de police auraient pu être mises en place pour décourager les agressions homophobes. On a préféré aussi ne pas abréger l'article sur les ébats à caractère sexuel dans les lieux publics, continuant de qualifier de public un jardin déserté la nuit par ses usagers lambda... Mais aucun élu n'a jamais osé publiquement justifier ses choix en affirmant qu'il luttait par ces mesures contre la drague homosexuelle : depuis Miterrand cela paraîtrait trop rétrograde ! Alors on a justifié par des prétextes fallacieux des principes "moraux" mettant notamment en avant la protection de l'enfance toujours présumée si innocente ... Lorsque l'on sait que bon nombre de ces conseillers municipaux qui ont validé ces mesures fréquentaient ces endroits, on voit bien que la tartufferie est de retour. Rencontrez-vous par le biais d'internet (Big Brother) ou en boîte fermée ou en privé. Après cela la République se plaindra d'avoir perdu de ce lien social qui fait son <br /> socle ! Qu'on se rassure, le pendule revient toujours à son point de départ; il suffit d'attendre ...
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