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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 21:07

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Libération, comme plusieurs autres journaux, a consacré récemment, à l'occasion de la journée mondiale contre l'homophobie un dossier à celle qui s'exprime au sein même de la famille, prolongeant ainsi le livre de Jean Marie Perrier, "Casse toi" dont le sous titre, "Crève mon fils, je ne veux pas de pédé dans ma vie" met le projecteur sur ces jeunes gays chassés par leur famille et qui se retrouvent à la rue. On oublie souvent que l’homophobie est le pire des racismes car il peut naître au sein de sa propre famille, ne permettant aucun refuge identitaire. Même en dehors de ces situations extrêmes, moins rares que l'on ne le l'imagine, la révélation de son homosexualité à sa famille n'est pas facile à gérer. J'ai été confronté à cette question à la fin des années 80. Je n’ai certes pas été chassé de chez moi, mes parents m'aimaient trop pour rendre plausible une telle éventualité, quand j’ai répondu «si» à la question qui m’était posée - « tu n’es tout de même pas homosexuel ? »- mais les pressions sont devenus telles (têtes d’enterrement quand je ne rentrais pas dormir chez moi, menaces de ne plus payer mes études) que j’ai décidé d’aller vivre avec le garçon que je venais de rencontrer et qui était autonome. Bien sûr il y a plus de 30 ans mais il n’est pas sûr que la situation ait tant évolué que cela. Même quand tout semble bien se passer, les arrières pensées sont souvent là. Une anecdote récente qui concerne les parents de Bertrand avec lequel je vis depuis 10 ans en apporte la triste confirmation. Ils ont accueillis la «révélation», il y a quelques années, aussi bien qu’il pouvait l’espérer, ils me reçoivent de façon charmante, m'invitent lors de la soirée familiale de Noël, ils ont même tenu à être présent lors de notre Pacs. Sa sœur a présenté lorsqu’elle était plus jeune des troubles psychologiques dont l’hypothèse d’une origine médicamenteuse, un médicament pris pendant la grossesse, est évoquée par certaines associations qui ont entamé une procédure judiciaire. Celle ci devant aller subir certains tests à l’hôpital en rapport avec cette hypothèse, les parents de Bertrand ont également pris un rendez vous pour Bertrand ! Ils considèrent donc que l’homosexualité de leur fils est possiblement « une maladie ». Bien sûr Bertrand leur a demandé d’annuler, mais il n’a pas, ou du moins pas encore comme je le lui ai suggéré, abordé directement la question avec eux.

Que de chemin à parcourir encore.....



"CHANCE
L'homosexualité a été la grande chance morale de ma vie.
Bourgeois français, catholique d'origine, banalement constitué, jamais je n'aurais su, sans elle, ce que c'est que d'appartenir à une minorité frappée d'injustice, de faire l'objet d'un racisme, de courir en permanence le risque d'essuyer, de n'importe qui, le mépris, l'hostilité, la violence souvent.
Quand au parti que j'ai su tirer de cette chance-là, c'est évidemment, hélas, une autre histoire."
(Renaud Camus, Notes achriennes, 1982)

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commentaires

F
<br /> <br /> IMPOSSIBLE DE LIRE LA 2EME PARTIE DE CE POST.J'AI UN COpAIN A QUI SON PERE A DIT QU'IL" L'AIMAIT QUAND MEME"; FAUT FAIRE AVEC.J' ENTAME AVEC ENTHOUSIASME LE TOME 8 DU JOURNAL DE R CAMUS ET JE<br /> SUIS DE PLUS EN PLUS CURIEUX DE LIRE LA SUITE.JE REVISE QUAND MEME MON 1ER JUGEMENT QUI ETAIT SEVERE , EN PARTICULIER SUR SON RACISME . C'EST QUAND MEME UN CURIEUX PERSONNAGE : UN HOMME<br /> BLESSE ,A N'EN PAS DOUTER .<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
L
<br /> <br /> J'ai corrigé le problème de lecture!<br /> <br /> <br /> <br />