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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 20:42

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J’écris ce billet de Sitgès qui s’est imposé, pour moi depuis bientôt 20 ans, comme une destination incontournable de nos vacances d’été. Nous l’avons atteint après une étape bordelaise de mise en condition qui nous a permis de passer quelques heures à la plage gay du Porge, un plaisir qui se mérite car il a fallu pour cela franchir les dunes, 20 minutes de marche, sous un soleil de plomb..

J’ai décrit dans de précédents billets l’évolution de la « territorialisation » gay de cette ville, autrefois organisée autour de la rue de la Bonne Aventure, et qui depuis quelques années se concentre sur trois rues adjacentes à la terrasse gay la plus courue de la ville, « Le Parrots », point de départ de l’empire commercial qu’a peu à peu bâti « Jabba le Hut » ( http://limbo.over-blog.org/article-jaba-the-hut-a-sitges-81498001.html ). L’autre soir, le voyant discuter vivement à une table voisine de « L’angle d’Adriana », un des restaurants de son empire, avec deux individus dont l’anglais m’a semblé empreint d’un fort accent russe, le mot « mafia » m’ a traversé l’esprit. Il semble avoir parachevé son œuvre, probablement aidé par la crise, en terrassant la concurrence, avec la disparition des « monuments historiques» de la scène gay locale, en déclin progressif depuis 3 ans : l’immense bar/boite, le « Mediterraneo » a fermé et est à vendre; le bar le « Candil », où j’ai tant de souvenirs, est devenu un « bordel »; la longtemps unique discothèque de la ville, dont je fus il y a une quinzaine d’années l’amant éphémère du DJ, Juan José, a changé de nom et n’est plus gay que pour les « foam party »…

On a bien l’impression que c’est une page de l’histoire du Sitgès gay qui s’est tournée. Alors que la vie nocturne, dès la sortie des restaurants, s’organisait en un « circuit » très rythmé, aux couleurs arc en ciel, à travers la ville, du Candil vers minuit pour finir, parfois, sur la plage à l‘aube pour ceux qui n‘avaient toujours pas trouvé le garçon de leur rêve, en passant par le Mediterraneo vers 2 heures et le Trailer vers 4, chaque établissement phare ayant son heure d’affluence, on constate depuis 2 ou 3 ans ec une tendance paradoxale, en ces temps de mariage où un Pape laisse échapper un « Qui suis-je pour juger », à une certaine « re-ghetoisation » : regroupement des lieux, multiplication des bars à consommation sexuelle immédiate, shows de travestis et de hot (très hot…) strippers quasi inévitables…

Si l’on ajoute à tous ces changements spectaculaires, le rétrécissement marqué de la plage gay du centre ville, la mer gagnant de plus en plus de terrain sur le sable (la municipalité aurait elle renoncé à amener les tonnes de sable nécessaires à sa sauvegarde? Ou tout simplement, conséquence de la crise qui frappe le pays, n’en a-t-elle plus les moyens?) ; l’affluence semble t’il un peu moindre - mais il est vrai que nous sommes venu quelques jours plus tôt que d’habitude cette année pour éviter pour éviter la semaine du 15 août et l’arrivée massive du « milieu » parisien ; les restaurants qui peinent à se remplir, enfin et surtout la nouvelle du décès de Pépé, vieux vendeur ambulant de rafraichissements sur la plage (ses « aqua, cervesa, coca-cola » vous résonnaient encore dans l’oreille longtemps après avoir quitté Sitgès), le sentiment fugace et nostalgique de fin d’une époque pourrait vous effleurer. Vous effleurer seulement car, même si nous envisageons , pour l’année prochaine, de faire un « break » et de découvrir enfin Mykonos, nous venons de passer une semaine fort agréable, d’autant plus que ce message d’un jeune homme de Dubaï reçu sur l’application « Growl » , « Wish I could be free as you are, openly gay », ne vous incite pas à faire la fine bouche!


 

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