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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 22:39

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Comme ils étaient pathétiques, cheminant côte à côte vers la tombe de celui dont ils se réclament seulement l'espace d'une élection. Qu'ils se réjouissent, pour les 20 ans de sa mort il y aura encore une élection, ils pourront franchir un nouveau cran sur l'échelle du ridicule. Ils n'étaient certes pas tous là, ni Fabius qui une autre fois avait poussé l'indécence jusqu'à s'habiller comme lui, ni Jospin qui a depuis longtemps pris ses distances, ni Walls victime d'une sortie de route dans la course aux primaires sur la question des 35 heures, ni Hollande surtout, le plus digne. Est ce là, sur sa tombe, qu'ils ont scellé leur accord, appelé à tort coup de Jarnac par la presse, car le dit coup contrairement à son acception populaire n'était pas un coup bas, pour concocter un calendrier électoral des primaires défavorable à deux des absents, DSK (qui ne pouvait de toute façon être là) et Hollande?

Chevènement n'était pas là lui non plus mais il n'est plus socialiste, même s'il garde un profond attachement affectif pour Mitterrand. Hier soir, sur la plateau de l'émission de Ruquier, il est revenu sur l'une des divergences majeures qui l'en ont éloigné : l'Europe. Selon lui Mitterrand a fait la pari de l'Europe, un pari qu'il assimile au pari de Pascal. En quelque sorte "si l'Europe n'est pas possible, elle est perdue et pourrait retomber dans ses déchirements de la première partie du 20è siècle, alors faisons le pari qu'elle est possible". J'ai rarement été d'accord avec Chevènement mais j'ai toujours gardé une certaine sympathie pour celui qui permit à François Mitterrand de s'emparer du parti socialiste à Epinay. Son courageux soutien à Eric Zemour n'a fait que renforcer cette sympathie. Cette judiciarisation de tout propos qui décrirait une réalité qui ne rentre pas dans le schéma idéologique droit-de-l'hommiste conduit à une "big-brotherisation" de notre société. Ne vient on pas de dénoncer les propos, qualifiés d'homophobe", de Robert Menard, ancien secrétaire de Médecins sans Frontières, qui a simplement dit "qu'il avait envie que ses enfants aient une sexualité hétérosexuelle". Il me semble que c'est son droit le plus absolu de se souhaiter cela sans être pour autant homophobe...

La joie des tunisiens de Paris faisait plaisir à voir samedi après midi alors qu'ils défilaient rue de Rivoli. On ne sait jamais de quel côté penchera une révolution, eut elle un nom de fleur. Souhaitons que la révolution de Jasmin ait un destin aussi heureux que celle des œillets qui m'enflamma en 1974. L'issue de cette dernière, après une première phase où, comme en Tunisie, le pouvoir fût d'abord confié à une personnalité compromise avec l'ancien régime, le général Spinola, fût longtemps incertaine, sa composante "social-démocrate", menée par le major Melo Antunes, ne l'emporta contre la faction communiste menée par le général Gonçalvès que grâce au brusque revirement du fougueux major gauchiste, Othello de Carvalho. En Tunisie, l'absence de menace islamiste, qui rend difficilement compréhensible le soutien de la France à l'ancien régime, est un facteur d'optimisme. Peut être est ce cette menace dans les autres pays du Maghreb, en cas d'effet domino, qui est une source d'inquiétude pour la France à un moment où cette dernière est la cible privilégiée d'Al-Qaïda dans le Maghreb islamique. A ce propos c'est avec une certaine tristesse que j'ai lu et entendu les positions de certains hommes politiques qui se sont élevés contre la décision de Sarkozy d'intervenir lors de la dernière prise d'otages. Comment peuvent ils se permettre d'affirmer de façon si péremptoire qu'il ne fallait pas intervenir, sinon pour de sinistres motivations de nature électorale, ou comme j'ai pu le constater sur un autre blog par une haine antisarkoziste qui finit par tout obscurcir? François Hollande, là encore , a été digne.

Cette révolution tunisienne vient comme en écho au très beau film, "Même la pluie", que j'ai vu le week-end dernier. Ce film, d'une grande virtuosité scénaristique et de mise en scène, réussit le tour de force d'être à la fois le récit du tournage d'un épisode effroyable de la conquête de l' Amérique par Christophe Colomb au moment où des prêtres s'élèvent contre le massacre et l'asservissement des peuplades autochtones , le récit de cette épisode même et enfin celui d'une révolte populaire dans le pays du tournage, révolte contre la privatisation de la distribution de l'eau (d'où le titre du film) qui va entraver sa réalisation. Ces évènements vont bouleverser l'existence du producteur et du réalisateur, magnifiquement interprétés, dont l'évolution psychologique va se faire dans des directions opposées et inattendues.

J'allais oublier, ce soir sur Arte, un magnifique film sur ceux qui se retrouvent "seuls de leur condition" parmi les autres, "Loin du paradis".


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