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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 21:56

 

 

 

les-amours-imaginaires-dolan.jpgSamedi après midi, au même moment où certains d'entre nous défilaient contre la retraite à 62 ans (comme pour la gaypride, les chiffres de la police et des organisateurs divergent), nous sommes allés au cinéma. J'avais fait état, dans un blog antérieur, de mon coup de cœur pour le premier film d'un jeune canadien de 18 ans, surdoué, Xavier Dolan. Après "J'ai tué ma mère" son nouveau film, "Les amours imaginaires", ne déçoit pas , loin de là. La mise en scène en est pour temps beaucoup plus audacieuse et esthétisante, ce qui a pu en agacer certains, mais une grande sensualité en émane. La déconstruction du triangle amoureux (un jeune homme au visage d'ange va être l'objet du désir d'un fille à pédé et de son petit copain interprété par le réalisateur dont on a peine à imaginer qu'il le soit ) n'apporte rien sur le fond à ce que l'on sait déjà - René Girard- mais elle est illustrée de façon magistrale, en s'aidant de ralentis à la "In the mood for love" et d'une bande son étonnante mêlant Bach et Dalida. Xavier Dolan rafraichit avec irrévérence tout ce que la grande littérature nous a déjà appris du caractère "imaginaire", accidentel, éphémère de "l'état amoureux".
Le hasard a voulu que nous voyions dans la foulée, un jour plus tard un film magnifique du metteur en scène italien Luca Guadagnino, "Amore", histoire d'un amour fou, à la réalisation aux accents parfois viscontiens, et qui là encore s'accompagne d'une superbe bande son. Somptueux et bouleversant.
J'ai eu le loisir pendant une semaine professionnelle assez chargée qui m'a mené de Genève à Nice (où nous avons pu diner sur la plage, derniers moments d'un été dont j'ai de plus en plus de mal à le voir s'en aller) en passant par un séminaire à Neuilly où j'ai pu constater que la vie "communautaire" , ce n'était pas seulement à "Barbes", d'avancer dans la lecture du dernier Houellebecq - "La carte et le territoire"- qui pour une fois rencontre (il y a cependant des bastions de "résistance") l'unanimité de la critique. On se demande pourquoi car ce roman me semble totalement cohérent avec son 'œuvre antérieure, autoportrait de l'auteur, situé dans un monde parallèle (constance d'un référence à certains codes de la science-fiction) qui se veut une "représentation du réel" qui le dévoile, monde où Jean Pierre Pernaud aurait fait son "coming-out" en plein journal télévisé, vison toujours aussi cynique, ironique (c'est souvent très drôle) et pessimiste. L'écriture de ce grand roman est toujours aussi belle.
Le succès de ce roman, en tête des ventes, au même moment où "Des Dieux et des hommes", une vraie surprise, est en tête des entrées cinématographiques depuis 3 semaines, souligne la complexité de notre humanité.
Je suis loin de me sentir en phase avec tout ce que dit Philippe Sollers, qui fût une des têtes pensantes de la cabale contre Renaud Camus lors de "l'affaire", mais cet extrait de la chronique dans le JDD, je n'ai rien à en retirer :
"La religion rend souvent fou, c’est une vieille histoire. La palme d’or de l’illumination revient quand même, ces tempsci, au pasteur protestant menaçant de brûler en public quelques centaines de corans. Obama le supplie de n’en rien faire, l’armée américaine aussi. Il est têtu, il insiste, il a pris goût à sa dimension soudaine de star. Les Américains éclairés (ça existe) soutiennent, par ailleurs, le projet de mosquée près de Ground Zero. En effet, si toutes les religions se valent, pourquoi l’islam n’aurait-il pas droit de cité sur des ruines provoquées par des fanatiques? L’islam modéré est en marche (voyez la Turquie, il n’y a pas que l’Iran) et au nom de quel Dieu faudraitil freiner ses progrès? La mauvaise religion perverse, vous le savez bien, est la catholique et ses légions de prêtres pédophiles encore sur le terrain. Le pape n’en fait pas assez dans le repentir, et l’Angleterre vient de le lui rappeler avec fermeté. Le Vatican, un Etat? Vous rigolez, un repaire de fantasmes. Le mariage des prêtres résoudrait-il le problème? On le dit, mais rien n’est moins sûr. L’indignation gay est compréhensible: Benoît XVI ferait mieux de démissionner."

 

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