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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 07:07

backroom.jpgJe vais vous proposer un rapide "état des lieux" des endroits les plus chauds du sexe gay parisien. Il y a certes des guides pour cela, mais il m’a toujours semblé qu’ils ne permettaient pas de faire un choix éclairé (si j’ose dire...), peut être parce qu’ils ne sont pas indépendants financièrement des établissements qu’ils recensent.
Je ne parlerai ici que des bars sexe, identifiés dans les dits guide comme "avec back rooms » (le terme de « black rooms » ne convenant plus à plusieurs d’entre eux), laissant de côté les saunas car je n’en connais plus que quelques uns (l’inoubliable et regretté « Continental », « Univers Gym » qui a brûlé, « l’IDM » où l’AMG (association des médecins gays) a longtemps assuré une permanence, le « K-West », et plus récemment le « Sun City ») et je les fréquente de moins en moins, peut être parce que leur rapport efficacité/coût m’est apparu progressivement moins favorable que celui des bars.

Ceux-ci ont leurs ancêtres, aujourd’hui disparus, plutôt des bars/boites, petit clin d’œil nostalgique au BH (créé par le CUARH, comité d’urgence anti répression homosexuelle, dans les années 80, rue du Roule ; la back room était une black room), Haute tension, la boite de David Girard décédé du Sida, ou le Trap, rue Jacob, celle du célèbre appartement d’Alain Juppé).
Les bars donc, ce qui appelle un choix taxonomique : localisation géographique, taille, intensité lumineuse, type de clientèle, prix, soirées à thèmes, sélection à l’entrée, dress code, intensité de fréquentation, accessoires disponibles (gants à fist, glory hole, gel, saupalin, slings, masque, douche, appareil à lavement, lit, etc.), possibilité de s’isoler (cabines), accessibilité des toilettes (pour satisfaire un besoin naturel), consommation incluse ou non (alcoolisée ou pas), buffet, propreté, accueil, j’en oublie sûrement….Le nombre de combinaisons est tel, qu’un classement pragmatique me paraît plus utile, tout en précisant qu’il n’est pas exhaustif et bien sûr subjectif.
Quelques points communs tout d’abord : dans la presque totalité des cas il faut sonner avant d’entrer (une caméra extérieure permettant au portier de s’assurer de la « sécurité » (à l’exception du Dépôt et peut être du One Way) ; l’entrée donne en général sur le bar, le théâtre des opérations se situant en sous sol, dites opérations qui peuvent toutefois s’initier ou se terminer au bar (au "Transfert", à "l'entre deux eaux" et au "Keller" cependant tout est sur le même niveau) ; les très jeunes, 18-22 ans, sont très minoritaires, ce n’est pas le terrain de chasse privilégié des éphébophiles (mieux vaut les saunas ou internet pour eux) ; ils sont rarement au cœur du Marais (à part le QG et le Full Métal) ; gel, capote, et essuie tout sont en général à volonté ; la tendance générale est à l’éclairage, tamisé certes, mais les endroits dans l’obscurité totale se réduisent de plus en plus (ils restent utiles pour amorcer la « pompe » chez les timides où encore pour ceux qui fantasment à l’idée de se faire terrasser par un monstre et demeurent un refuge pour ceux dont la date limite de consommation est dépassée ou qui n’ont jamais eu le label).

Je distinguerai d’abord les bars « Hard » ou « SM » : Transfert (1è), Keller (11è), Glove (3è), Full Metal (4è), Mec Zone (9è). Les soirées à thème sont dominantes : « cuir », « uro », « fist », fessée, etc. Ici l’accessoire prime sur le regard. Ce sont des endroits très glauques à déconseiller aux romantiques, où le sexe s’autonomise de la personne. Ces thèmes, à l’exception des soirées privées sur invitation, ne sont en fait surtout que des « produits d’appel » et le « dress code » n’est le plus souvent suivi que par une minorité. L’affluence n’est pas garantie (attention aux soirs de semaine…), la place limitée ( le Full Métal et le Glove sont assez grands cependant), la propreté à oublier et les odeurs vous tiennent souvent compagnie ( ah ces accidents de fist….). Si vous rêvez de caresses ou de petits baisers dans le cou, choisissez une soirée « maso ».

A l’autre extrême on trouve les bars « grand surface » : le Dépôt (3è). Beaucoup de monde (je suppose que c’est toujours le cas car cela fait près de 7 ou 8 ans que je m’y suis pas exhibé), une fréquentation plus jeune que ceux sus cités, pas mal de touristes (ils tournent, matent, papotent, mais ne font rien, la promenade du we), beaucoup d’espace, de nombreuses cabines pour s’isoler, des shows au niveau bar (gogo boys). Un « gay tea dance » le dimanche après midi (rien à voir cependant avec ceux du Palace !). Une back room bien noire cependant où ceux qui commenceraient à crier famine, après avoir arpenté en vain les longs couloirs, peuvent trouver à se nourrir….

Ente les deux les bars cul « standard » : Next (1è), Deep (4è), Banque Club (8è), Bunker (11è) le we, QG (4è). Les soirées à thème, voir à thème « hard » peuvent exister certains jours mais ce n’est pas systématique, et quand c’est le cas, encore plus que dans les bars spécialisés, ce n’est qu’un « bandeau publicitaire ». La clientèle y est plutôt « mélangée », plus jeune sans doute pour les 2 premiers cités, cour des miracles parfois pour les autres, mais pas toujours. Ce type de bars me semble en perte de vitesse avec une fréquentation ( à l’exception du Bunker) qui laisse à désirer certains jours (le mot n’est peut être pas approprié…), mais je resterai prudent car je ne les connais pas tous bien: je ne suis pas allé au Deep depuis des années, et une fois ou deux seulement au Next (en dehors des après midi du Clan Nature) et nous n’étions que quelques uns dans cet endroit plutôt bien fait, situé dans les locaux de l’ancien « Haute Tension » et spacieux (mais c’est un handicap quand il n’y a personne!). Le Banque Club est plus excentré et semble avoir souffert de la mort récente de son influent propriétaire puisque son deuxième sous-sol a été fermé pour « non-conformité ». Un plus, on peut se doucher. Le QG a eu son heure de gloire pendant les années Sida, et j’y ai fait bien des rencontres qui ont laissé des traces (je veux dire dans mon coeur, sur le sol cela va de soi) car contrairement à un cliché fort répandu, si le « one shot » (où à la mitrailleuse pour les plus sportifs…) est certes habituel dans ce type d’endroits, cela peut parfois se terminer dans un lit, et l’on peut même y rencontrer l’homme, ou un des hommes, de sa vie (j’ai rencontré Bertrand dans un bar de ce type). Le QG n’est plus à la mode, mais il est bien placé et reste le moins cher de Paris (à peine plus de 5 euros avec une conso). Contrairement à l’impression
de certains, lorsque les yeux se sont habitués à la pénombre, il n’y a pas d’endroit où l’on ne distingue nettement les traits des participants. Quant au bunker je ne sais plus ce qui s’y passe le we (je n’y vais plus qu’en semaine), mais il n’y a pas de raison que cela ait changé puisque la soirée « rouge et noir », un samedi par mois, au thème théoriquement plus hard, continue. L’endroit est grand, avec de nombreuses cabines pour s’isoler, une back room dont le fond est dans l’obscurité totale, des casiers fermant à clé pour prévoir tous les équipements possibles(!), mais pas d’essuie-tout, et un des moins chers (8,5 euros sans la conso, pas d’alcool).

Enfin les bars « nature », regroupant ceux où la nudité intégrale est requise et ceux où le port du slip est admis, où conseillé. Ils se sont multipliés, succès oblige, qu’il s’agisse de bars intégralement nature, 7 jours sur 7 ( L’impact (2è) et L’entre deux Eaux (11è)) , ou certains jours seulement ( nature intégral samedi et dimanche après midi au QG, le lundi soir au Full Metal, le samedi am au Transfert, les lundi, mardi, mercredi et jeudi soir au Bunker, le samedi am au Mec Zone, le vendredi soir et le dimanche am au Next (à vérifier…) et au Banque Club ; slip le dimanche am au Mec zone, et je ne sais plus quel jour au Next). Une précision, lorsque les bars « hard » ont une soirée nature ils perdent leur caractère hard le temps de la soirée (pour simplifier, car ils ont leurs fidèles…). Pour les béotiens, une fois entré, on laisse tous ses habits dans un sac poubelle que l’on porte au vestiaire (sauf au Bunker tant qu’il reste des casiers) . Pas les chaussures cependant (on n’est pas au sauna !), d’où ce petit conseil : ne venez pas en mocassin du dimanche, l’éclairage est suffisant pour que vous ayez l’air d’un con, et prévoyez des chaussettes appropriées, notamment pour dissimuler son ticket de vestiaire et son billet de consommation. Ne gardez pas non plus sur vous un simple tee-shirt (quand c’est autorisé, comme au bunker, c’est bof à mort ; je n’ai jamais compris s’il s’agissait de frileux, mauvais calcul car on transpire vite dans ce genre d’endroit, ou de pudiques que la nudité totale effraie). Ne venez pas non plus habillé pour affronter le blizzard, ça ne rentrera pas dans le sac poubelle ! Quand le slip est conseillé, blanc plutôt, si possible Calvin Klein ou 2 Ist (sexy en un mot), propre bien sûr (du moins au début des opérations), et surtout pas de caleçon (même remarque que pour les mocassins). On reconnaît vite les petits nouveaux, en érection dès le déshabillage. Pas de besoin de vous faire un dessin pour voir les avantages de la formule : pas de tromperie sur la marchandise (comme je l’ai dit ces endroits sont plutôt assez bien éclairés), fringues protégées des (d)éjections diverses, abord plutôt direct et facile. Des inconvénients cependant, l’entre jambe prime souvent sur le sourire irrésistible (à n’en pas douter les porteurs de cure dents partent avec un handicap certain), les retard à l’allumage sont sévèrement sanctionnés (si vous avez besoin de préliminaires, allez vous chauffer dans un coin avant…), les voyeurs plus ou moins interventionnistes sont légion, les lopes hyper passives qui vous prennent pour un gode ne sont pas rares (au moins les cure dents ont la paix), etc.
L’Impact est sans doute le bar le plus fréquenté actuellement, bien qu’il ne fût pas le premier (au début c’était un bar sexe standard dont le maître des lieux, qui officiait autrefois au Continental, m’avait dit « hors de question que j’organise des soirées « nature » !) mais aussi le plus cher ( approchant les tarifs des saunas, 12 à 14 euros selon les jours), assez bien placé dans le quartier Montorgueil, à distance de marche du Marais. Le lieu est agréable, notamment le bar, éclairé et même très éclairé en certains endroits, mais relativement exigu, la clientèle mélangée mais variable selon les jours (25-40 ans en majorité) mais pas de possibilité de s’isoler. Il y fait souvent trop chaud. Un matelas géant en pleine lumière en sous sol, bien occupé en général (rarement par les top modèles !), attraction garantie…Un buffet le dimanche en fin d’après midi (après le tea dance au Dépôt ?), et des soirées spéciales de temps en temps (avec parfois dans ce cas sélection à l’entrée). J’ai beaucoup fréquenté ce lieu au début, mais j’y vais de moins en moins, trop de monde parfois, trop cher, pas de cabine fermée. Je préfère maintenant les soirées Bunker, surtout celle du mardi, à la fois pour la géographie du lieu, les horaires (ça commence à 20h alors qu’à l’impact il faut attendre 23h), la clientèle aussi, moins jeune qu’à l’Impact en moyenne (pas toujours) mais, me semble t’il, plus sexe. Quant à l’Entre deux Eaux, c’est très exigu, tout se passant devant le bar, des habitués surtout me semble t’il, très peu de monde la seule fois où j’y suis allé. Pas beaucoup de monde non plus le lundi soir au Full Metal, mais une clientèle très « motivée », plutôt bien foutue et assez jeune, un espace suffisant où l’on peut circuler et s’isoler si nécessaire, j’aime bien ce lieu (Bertrand est moins fan). Pas grand-chose à ajouter sur les soirées ou après midi

 du Banque Club, QG et Mec Zone, si ce n’est que la fréquentation est très aléatoire, et la clientèle très, très mélangée. Une mention à part pour les après midi « nature » que le Clan nature, ouvre à ses non membres, le 1è dimanche de chaque mois, au Next : sans doute les plus beaux mecs, notamment si l’on aime les jeunes, pas forcément les plus « sexe », car il faut franchir une sélection sévère à l’entrée très dépendante de son exécuteur ( dissimulez bien votre ventre si vous en avez un, mais dans ce cas vous resterez de toute façon spectateur si vous parvenez à entrer, et si vous avez plus de 40 ans, arrivez sûr de vous, looké jeune, d’autant mieux foutu que vous accumulez les années et si possible accompagné d’un petit jeune, cela vous évitera d’entendre le « désolé c’est sur invitation… »).

Tout ceci n’est bien sûr pas exhaustif, il y a sûrement des lieux que je ne connais pas. Il faudrait d’ailleurs également citer les bars dont la back room n’est pas la finalité mais un « service » en plus, comme le One Way (3è) (qui fût cher à Renaud Camus) ou le Mic Mac (4è).


Enfin et surtout tout cela est très subjectif. A chacun son désir, personne n’est obligé de sonner à l’entrée d’un de ces bars

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commentaires

L
<br /> Bonjour,<br /> <br /> je suis tombé sur cet article - bien instructif- en faisant une recherche sur le "Transfert".<br /> J'ai 23 ans, noir (je le précise, car je pense qu'il s'agit malheureusement d'un élément pertinent dans la description) et n'ai pas énormément d'expérience sexuelle- mais suis motivé.<br /> <br /> je suis déjà allé au bunker, où la première fois fut conforme  à mes attentes ( pas de pénétration active ou passive, mais un moment sex très fort) et à l'Impact bar que je n'ai pas trouvé<br /> très grisant.<br /> <br /> Bien que débutant, je suis très attiré par des lieux assez hards, où on baiserait dans tous les coins, sans tabous.<br /> Bref, je voudrais savoir si en ce sens le transfert, vous semble être un bon lieu pour un profil comme le mien? S'agit-il d'un bar totalement sm, où simplement d'un bon lieu de baise? Les nouveaux<br /> venus sont-ils mal regardés? Y baise-t-on SSR?<br /> <br /> Autrement, vu votre connaissance de cette pettie galaxie de backrooms parisiennes, laquelle pourriez-vous conseiller à un débutant comme moi, en quête de sensations fortes mais pas tête brulée pour<br /> autant (i.e : pas de bareback)?<br /> <br /> MERCI!<br /> <br /> <br />
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