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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 22:12

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En conclusion d’un ancien billet, datant de début 2010 (http://limbo.over-blog.org/article-des-pissotieres-a-internet-un-itineraire-gay-43107661.html), j’écrivais ceci :
« L’irruption d’Internet et des sites de rencontres comme Citegay, Gayromeo, Gayrrier, Keumdial, Xtremboy ou d’autres, est entrain de modifier la topographie des rencontres d'une manière qu'il est encore difficile de cerner car l’intrication du virtuel et du réel, l’interférence éventuelle de la Webcam (un sujet à développer!), en font pour moi un instrument de drague plus complexe, qui n’a pas « l’immédiateté » et la transparence du lieu "physique". Cette évolution n’est pas terminée, de la même façon que l'informatique n’a pas tué l’écrit, Internet ne fera pas disparaître les lieux de drague. »

Je ne réalisais pas encore à quel point l’utilisation croissante des réseaux sociaux sur internet allait non seulement modifier la « topographie », mais aussi la « sociologie » des rencontres gays. Certes j’avais très vite constaté le désir soudain et massif de nombre de jeunes « béninois » et autres natifs d’Afrique noire pour les amours masculins en terre prospère, au seul prix, l’on suppose, de l’envoi d’un billet d’avion sans retour (lorsque le mariage gay aura été voté on pourra même les régulariser!), ou la métamorphose subite des « tapins », autrefois territorialement localisés à certains rues ou parcs de grandes villes, en « escorts » qui viennent spontanément vous proposer leur service sur la base aléatoire d’un moteur de recherche filtrant sur l’âge (et dont certains ont si peu l’âge et le physique du « job » qu’on serait presque tenté de leur proposer d’inverser les rôles…).

Ces deux catégories, qui auront au moins eu le mérite de m’apprendre à me servir de la fonction « bloquer » sur les sites de rencontre, s’inscrivent dans le cadre d’une logique de « marché », de « profit », indépendante de toute interrogation quant à la nature, quelle qu’elle soit, de l’orientation sexuelle de leurs acteurs. Il n’en est pas de même en ce qui concerne l’apparition, surprenante, de nouveaux protagonistes que je n’avais pas jusque là eu l’occasion de rencontrer.

En effet, jusqu’à ces dernières années je n’avais connu que des garçons qui se définissaient, du moins si on le leur demandait, comme homosexuels (qu'ils aient eu des relations féminines ou non, , voire fussent ils mariés) ou bisexuels. Dans cette deuxième catégorie, on discernait assez facilement ceux, assez rares, qui l’étaient vraiment, c'est-à-dire dont on ne pouvait affirmer une orientation sexuelle préférentielle, de ceux qui masquaient sous ce vocable une homosexualité non pleinement assumée. Les sites de rencontre gay sur internet, notamment ceux cités dans le billet précédent, n’avaient modifié en rien cette perception. Mais ont fait maintenant leur apparition ce que l'on appelle les « réseaux sociaux » qui ont proliféré d’abord sur l’iphone et maintenant sur l’ensemble des Smartphones. Ces sites (Grindr le plus célèbre, Bender, Manhunt, Aka-aki, nopic-nodial, blender, gayvox, etc…) offrent de nouvelles possibilités, la localisation GPS (idéale pour « outer » vos collègues de bureau !), mais aussi, du moins pour certains, une inscription non limitée à la population gay et lesbienne (avec le choix gay, bi ou hétéro, voire trans), et parfois (c’est le cas de « Grindr»), pour ceux qui n’existent qu’en version « mobile », une inscription liée à « l’ID » du smartphone et non à un pseudo (ce qui renforce les possibilités d’anonymat, tel ce jeune homme qui créait son profil Grindr à chacun de ses passages à Paris et l’effaçait de son Smartphone à son retour en province chez sa petite amie). Sur ces nouveaux sites, en dehors d’une augmentation notable de la proportion de « bisexuels » qui s’affirment tels, on a la surprise de voir apparaître des…hétérosexuels. Ils ne font pas qu’apparaître, ils vous proposent même des rencontres (je connaissais chez certains de mes amis le fantasme de se faire un « hétéro », mais pas celui inverse !). On pourrait bien sûr penser qu’il ne s’agit que d’une version aggravée des dits « bisexuels » mais ceux-ci ne m’avaient pas habitué à des « dialogues» du style de ceux dont vous trouverez ci-dessous un florilège : « J’aimerais te mater en train de te branler », « une photo, tu n’y penses pas, je suis marié ! », « très envie d’un plan "cho", mais te préviens je n’embrasse que ma meuf » ou, variante, « je peux passer depuis mon boulot à l’heure du repas mais je te préviens, je ne jouis pas, je réserve mon sperme à ma meuf ce soir », « ça te dit si je te suce, j’aimerais essayer, mais je fais que ça , pour l’instant.. ». Ces drôles de drilles, très souvent jeunes, généralement passifs, se montrent le plus souvent plutôt expérimentés.. .

Ce dimanche j'ai participé à ce qui a du être ma 20ème gaypride, un certain ennui, trop d'hinarces peut-être....



"Je ne tiens pas absolument à provoquer une deuxième "affaire Camus", ou troisième, je ne sais plus, mais les collaborateurs homosexuels de...., sur France Musique (à midi) exagèrent un peu, tout de même : non seulement ils mais en plus ils. L'un d'entre eux est allé jusqu'à dire, hier, à propos d'un danseur et d'une danseuse du Bolchoï qui ont quitté Moscou pour Saint-Pétersbourg et le mariage :
"voilà ce qui arrive quand on engage des danseurs hétérosexuels- quelle idée, aussi!"
Mais ce sont en permanence des gloussements de volière exotique et autres adjectifs à petit doigt levé. Le subliiime est la monnaie d'échange, qui sert à troquer de l 'Ambroise Thomas contre du postillon de Longjumeau ("Qu'il était beau, qu'il était beau, le postillon de Longjumeau!"). Homosexuel n'est d'ailleurs pas le mot qui convient, mais je suis bien décidé à rester dans le politiquement correct et à ne pas franchir la ligne jaune, comme aimait dire feu le commissaire Plenel."
(Renaud Camus- Septembre absolu, journal 2012- Fayard 2012)

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