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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 20:24
Les joies de la semaine sainte en Andalousie

Si je n’avais eu la sagesse de lire les informations du guide du routard concernant l’arrivée sur Grenade en voiture, j’aurais sans doute dû faire face à une véritable galère. En effet une grande partie du centre de la ville n’est accessible qu’à des véhicules autorisés, ce qui nécessite pour rejoindre son hôtel de prévenir de son arrivée et de donner son numéro d’immatriculation qui sera automatiquement repéré par les caméras de surveillance. Mon hôtel, consulté par mail, m’indiqua un moyen plus simple en m’adressant l’itinéraire très précis permettant de l’atteindre sans passer sous une de ces caméras, ce qui implique bien sûr de leur confier la voiture une fois arrivé afin qu’elle soit amenée dans un parking lourdement tarifié…Contrepartie positive, il était situé à 100 mètres de la cathédrale et autorisait même à entreprendre à pied, en une vingtaine de minutes, les 800 mètres de dénivelé qui mènent à l’Alhambra pour l’entrée de laquelle j’avais pris la précaution de réserver et d’imprimer mon billet à l’avance évitant ainsi l’interminable queue aux caisses…Avant d’entreprendre l’après-midi, une autre ascension, celle du quartier le plus pittoresque de la ville - il a gardé son authenticité mauresque - l’Albaicin, qui est à Grenade un peu ce que celui de l’Alfama est à Lisbonne.

Grenade ne manque pas de bars gays, mais en Espagne plus qu’ailleurs , ils ne commencent à s’animer que fort tard. Bien qu’ils soient tous plus ou moins regroupés dans le même quartier, à distance de marche de notre hôtel, nos balades intensives ne nous avaient pas laissé assez d’énergie pour les explorer.

Le dimanche des Rameaux nous atteignîmes Ronda, petite ville perchée sur une falaise et coupée en deux par un vertigineux ravin dans lequel furent précipités, par les troupes républicaines au début de la guerre civile, depuis le pont qui le surplombe, des centaines de prêtres et de bourgeois de la cité. La célébrité de Ronda, ne doit rien à ce tragique épisode (que le guide du routard passe totalement sous silence), mais, au-delà de la beauté du site, repose sur son statut de berceau de la tauromachie. En visitant ses superbes arènes, les portraits omni présents d’Antonio Ordonez, enfant du pays, ont fait resurgir les souvenirs de mon enfance où mon grand-père m’amenait le voir toréer dans celles de Bayonne, lui ou ces autres « divas » que furent Louis Miguel Dominguin et le Cordobès. Je ne saurais dire pourquoi j’ai délaissé ce genre de spectacles, me contentant de temps à autre des retransmissions télévisées de canal plus qui les a depuis abandonnées, probablement par crainte des violentes campagnes menées contre ce type de divertissement.

Alors que nous somnolions, moment de récupération à l’hôtel, jetant un œil distrait à une retransmission télévisée d’une procession de la semaine sainte, une clameur qui montait de la rue nous a fait prendre conscience que ce défilé se déroulait à deux pas de nous! Le dimanche des Rameaux marque en effet le coup d’envoi de ces innombrables parades, au rituel immuable, où chaque « fraternité » quitte son église pour rejoindre la cathédrale, un char, porté à dos d’homme, représentant une des scènes de la passion en tête du cortège, suivi de centaines de «pénitents» encagoulés, puis d’un char de la vierge. Ces processions, dont a souvent du mal à percevoir la ferveur religieuse et qui semblent plus tenir d’un carnaval funeste, n’allaient plus cessé d’accompagner notre voyage pour culminer à Séville.

Après une étape fort agréable dans la très charmante citée médiévale de Carmona, aux portes de Séville, nous avons rejoint cette dernière, ultime destination de notre séjour Andalou. Je n’allais pas tardé à réaliser qu’arriver à Séville en voiture en pleine semaine sainte était fort imprudent. Le centre-ville se révélait inaccessible et les forces de police intraitables, ne permettant en aucune façon d’atteindre l’hôtel par voie motorisée. Il ne restait plus qu’à abandonner la voiture dans un parking pas trop éloigné et de faire le reste du chemin, bagages compris, à pied…Cette ville était la seule de notre périple que je ne découvrais pas car elle est souvent le siège de congrès ou autres manifestations professionnelles. Mon premier séjour remontait à plus de trente ans, quand jeune praticien hospitalier j’avais été invité à un congrès par le laboratoires Servier, depuis tristement célèbre, dans un des prestigieux hôtels de la ville (en ces temps-là l’absence totale de réglementation de ce type de manifestations permettait tous les excès). J’ai découvert une Séville beaucoup plus vivante - la semaine sainte où toute la population semble descendre dans la rue y était sans doute pour beaucoup - que le souvenir que j’en gardais, avec même un véritable quartier gay aux multiples bars aux abords de la place Alameda de Hércules. Cependant la barcelonais récemment installé à Séville que nous avons rencontré ( merci Grindr…) a confirmé mon impression antérieure d’une ville assez fermée, très catholique où l’on ne s’éclatait pas comme en catalogne. Inutile de préciser que les processions étaient incessantes, avec un point culminant le jeudi saint, sans que cela ne nous empêcha comme nous l’avons craint un moment de visiter la monumentale cathédrale dont le gigantesque retable, en réfection, n’était malheureusement pas visible.

Avant de remonter sur Paris, ce qui n’était pas possible en une journée, nous avons fait une halte à Sitgès, pour un soir seulement, car la température, plutôt fraiche n’incitait pas à y rester. La ville était cependant très animée en cette veille de week-end pascal, beaucoup de barcelonais sans doute, mais bien des bars gays n’étaient pas encore ouverts et la clientèle d’avril qui fréquentait ceux qui l’étaient nous a semblé très « bears ».

Le retour sur Paris se fit d’une seule traite, 9 heures de route…

Les joies de la semaine sainte en Andalousie
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commentaires

M
On était en même temps à Séville. :)