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30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 16:08

Lorsque j’ai quitté Paris, en milieu de semaine dernière, pour aller passer quelques jours à Bordeaux, les radios d’information continue commençaient à se lasser de l’affaire de Rugy - certes pas le membre le plus sympathique du gouvernement, la façon plus que cavalière dont il a limogé sa directrice de cabinet suffirait à ôter toute envie de le soutenir - dont il apparaissait qu’il avait manifestement été le « bouc émissaire «  de Merdapart qui a tenté de faire oublier que ses enquêtes, dans les affaires Tapie et Libyennes, venaient d’être discréditées. Aurons nous encore longtemps à supporter le rictus tueur que Notre Saint-Just à moustache, justement épinglé en son temps, quand il dirigeait le Monde, par le journaliste Pierre Péan (qui vient de décéder), ne cesse d’arborer?

 

Comme la nature a horreur du vide, la canicule est tombée à pic pour le combler (pendant quelques jours, avant que ces mêmes chaines de radio ne s’emparent sans doute, en boucle, de l’affaire « Steve » dont on vient de retrouver le corps). Il est vrai que la chaleur qui envahissait les rues de Bordeaux en cette fin juillet n’était pas sans rappeler celle de l’année 2003 qui avait quelque peu soulagé les comptes de nos caisses de retraite ( une canicule tous les 16 ans ne suffira cependant pas à régler le problème…).

 

Le temps de poser nos valises à la descente du TGV, et de récupérer une voiture de location en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire avec l’application « Virtuo », nous étions en route pour la plage gay du Porge dont j’ai commencé à arpenter les dunes l’été 79 et où j’allais rencontrer Bernard, le garçon qui allait me donner le courage de déserter le domicile familial. Un petit pincement au coeur donc chaque fois que je les traverse pour rejoindre  ou quitter la plage. Mais est ce du au souvenir d’un de mes premiers amours, dont j’ai perdu la trace, ou plutôt à la constatation que ce vaste théâtre d’opération sexuelles n’est plus que l’ombre de ce qu’il fût? En effet si cette destination est toujours prisée des gays bordelais, le week-end , les dites dunes sont en partie désertées , si ce n’est des cacochymes. On pourrait certes incriminer Grindr, ou une lassitude de ma part quant à ce type de drague, rendant mon regard moins objectif, mais les remaniements environnementaux, dus aux tempêtes, feux de forêt et surtout « désherbage » par la municipalité des lieux les plus propices aux ébats sexuels, les rendant difficilement dissimulables,  me semblent en être les raisons principales. La mairie, jamais à court d’idée, vient peut être de porter le coup de grâce. Comme on le sait, les plages gays « naturistes » se méritent, nécessitant le plus souvent plusieurs minutes de marche pour les atteindre. Celle du Porge n’y fait pas exception, puisqu’il fallait compter jusqu’ici environ 15 mn de « randonnée » avant de rejoindre le lieu des érections depuis l‘extrême limite du parking. Il se trouve que depuis le mois de juin, la municipalité (dont le maire serait communiste) a décidé d’interdire l’accès au parking terminal (suppression de plusieurs centaines de places) rallongeant ainsi le parcours pédestre d’au moins 10 minutes et cela à condition de trouver une place proche de la zone interdite ce qui deviendra problématique les jours d’affluence…Homophobie du maire? Même pas sûr puisqu’il avait pris une décision similaire l’année précédente pour l’extrémité du parking situé dans la direction opposée, interdisant ainsi l’accès facile à la plage « échangiste ». Tout ceci soi disant pour « protéger la nature »….Il existe certes d’autres plages gay dans les environs, mais d’après ce que j’ai entendu dire (je n’y suis plus allé depuis des années) celle de la Lagune du côté de la dune du Pilat n’est plus fréquentée et celle des « casernes » dans les landes est beaucoup trop loin de Bordeaux.

 

Ceci ne nous a pas empêché de bronzer nu tranquillement sur la plage, par une température bien plus supportable qu’à Bordeaux, 7 à 8 degrés de moins…

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commentaires

D
C'est toute la sociabilisation des gays dans ce genre lieu qui a été tuée. Les dunes, les pins et l'accès au parking, certes, mais aussi l'orée des bois, les coins reculés dans les parcs publics ou encore les toilettes publiques ou celles des gares. Une aseptisation des lieux gay qui n'est que dans la continuité d'une aseptisation générale.