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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 08:22

Toutes les destinations de notre périple d’été n’étaient pas déterminées cette année, en raison de l’incertitude quant à l’évolution de la pandémie en Catalogne, la durée de notre séjour à Sitges en dépendrait.

 

Sur la route de notre première destination, un premier août, nous fîmes une étape gastronomique dans le restaurant étoilé de Saint-Bonnet-le-Froid, en Auvergne, 35 ans après l’avoir découvert alors qu’il n’était qu’un bistrot de village, petite folie bien méritée après 8 mois de privations, par une température en rapport avec le nom de l’endroit, ce qui ne nous a pas permis pas de profiter de la piscine naturelle de l’hôtel. Sans doute étions nous en manque du port du masque en extérieur pour aller le retrouver à Saint-Tropez, imposé par la préfecture quelques jours avant, mais dont nous avons eu l’heureuse surprise de constater que cette directive, excessive,  n’était pas suivie. Il y a bien longtemps que ce village n’est plus une destination gay, phénomène sans doute accentué cette année par la désertion des « people » à l’annonce de la fermeture de plusieurs lieux nocturnes due à la découverte de cas de covid parmi le personnel. Trois jours cependant bien agréables dans une ambiance moins surpeuplée mais sans contacts « grindr » concrétisés….

 

Changement de décor à Roussillon, une des plus beaux villages du Lubéron et de France, même si la fréquentation de l’hôtel, bien que confortable avec une belle piscine, n’était pas loin de rappeler celle d’une EHPAD! Le sentier des Ocres, Saint Saturnin les Apts, Oppede, la synagogue de Cavaillon , entre autres, suffirent à occuper trois nouvelles journées et à nous fatiguer suffisamment pour ne pas nous faire regretter l’absence de distractions nocturnes, le seul contact Grindr notable étant celui d’un ancien « trick » parisien, dont je n’avais aucun souvenir, en vacances dans le région, mais qui n’était pas du goût de mon conjoint…

 

Rupture brutale d’ambiance en arrivant, dernière étape avant l’Espagne, dans une maison d’hôtes gay, à Grau d’Agde, composée de cinq bungalow abritant chacun des couples de tout âge  autour d’une piscine où le naturisme était autorisé, mais  sans avoir constaté la moindre tendance à l’échangisme, même si un ami de nos charmants hôtes, venu profiter du lieu, nous a paru s’approcher intimement dans le jacuzzi d’un joli garçon dont le compagnon s’était absenté….L’endroit était si agréable que nous ne l’avons point quitté, négligeant même une visite du village naturiste, si ce n’est pour les diners au restaurant au moment du premier jour de mise en oeuvre du passe sanitaire, non demandé…

 

Il était temps, intégralement bronzés, de rejoindre Sitges par le col du Perthus (sans aucun contrôle…), impatients de découvrir dans quel état nous allions la retrouver après 2 années de restrictions sanitaires. A notre arrivée par beau temps, moins chaud qu’à l’habitude, un simple coup d’oeil nous a permis de constater, avec satisfaction, que le port du masque obligatoire en extérieur était loin d’être respecté. Un rapide tour de la ville nous a rassuré quant à la survie, jusque là, de la plupart des commerces et restaurants. Pas de drones non plus pour surveiller la distanciation physique sur la plage gay, comme annoncé dans certains médias, plage certes sans la foule habituelle de la semaine du 15 aout mais loin d’être désertée. Nos inquiétudes quant à la vie nocturne se sont malheureusement trouvées confirmées, avec un couvre feu à 1H matin, certes peu rigoureux, mais entrainant la fermeture des restaurants un peu après minuit et celle complète des bars de nuit « festifs », ne permettant plus qu’une consommation en extérieur, tout le monde se retrouvant, serré comme dans le métro aux heures de pointe, un verre à la main, dans la rue de la Bonne Aventure, principale concentration des lieux gays, situation qui aurait pu être évitée par la mise en place d'une passe sanitaire, décision difficilement applicable dans un pays régionalisé. Tandis qu’à Paris des hordes de paranoïaques, de complotistes, d’antisémites et surtout d’imbéciles, harangués par des politiciens sans foi ni loi, défilaient tous les samedis contre les décisions courageuses du président, ce serveur de restaurant, que nous connaissons depuis des années, nous faisait part de la période difficile qu’il venait de vivre, obligé à plus de 50 ans de demander l’aide de ses parents, les indemnités accordées par l’état espagnol étant dérisoires (pas de chomage partiel ici). 

 

Abrégeant notre séjour comme prévu au bout de 4 jours, nous fîmes une étape à Saragosse, le temps de visiter ses deux splendides cathédrales, par plus de 40 degrés, puis à Saint-Jean de Luz, après avoir à nouveau traversé la frontière sans aucun contrôle,  pour succomber une nouvelle fois aux chiperons à l’encre de chez Pablo, avant de rejoindre pour quelques jours  notre pied à terre bordelais, de profiter quand le temps l’a permis de la plage gay du Porge et de constater que la mise en place du passe sanitaire dans les restaurants et les bars ne posait aucun problème.

 

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25 juillet 2021 7 25 /07 /juillet /2021 21:08

 

 

Vous en souvient il? Nous étions au lendemain de l’annonce par Emmanuel Macron du plan de déconfinement. Gilbert Deray, un néphrologue de la Salpetrière dont je me suis toujours demandé quelle expertise (même si j’approuve pleinement son récent éditorial dans l’Express en faveur de la vaccination et du passe sanitaire) motivait son exposition sur tous les plateaux de télévision, dénonçait, dans la matinale de LCI, ce plan qu’il qualifiait de décision « politique » ( heureusement!), ignorant les recommandations sanitaires et les modélisations alarmantes de l’Institut Pasteur et prédisait qu’on était pas près de cesser de voir « un Airbus par jour s’écraser » ( les 300 morts quotidiens de fin avril). Il n’était certes pas le seul de nos  "enfermeurs" à demander la pérennisation des mesures de confinement jusqu’à l’obtention de l’immunité collective (inatteignable dans le pays des gilets jaunes!). Ils se sont faits certes plus discrets lorsque l’évolution de l’épidémie, ce printemps, a ridiculisé leur expertise. Ils n’espéraient pas rebondir si vite grâce au variant delta qui leur faire dire que les « rassureurs » ayant dansé tout le printemps, se sont trouvés fort dépourvus quand l’été indien» fut venu…Les hospitalisations ne sont certes pas au rendez-vous, mais leurs modèles mathématiques leur fait garder espoir de pouvoir reprendre cet automne leurs incantations pour un nouvel enfermement et leur show sur les plateaux des chaines d’information continue, à moins que la stratégie courageuse d’Emmanuel Macron avec l’instauration du passe sanitaire et sa formidable incitation à la vaccination ne vienne bousculer, on l’espère, leur sombre prévision.

 

Certes d’autres, comme l’épidémiologiste Martin Blachier ( même s’il a souvent  changé d’avis), ont été plus heureux dans leur évaluation de la situation printanière, ce qui justifie sans doute qu’il ait maintenant «l’oreille» du président de la République, mais son obstination à affirmer que la chute brutale de la pression hospitalière en mai-juin n’était pas due à la vaccination mais aux effets des restrictions et surtout de l’augmentation des températures, laisse perplexe. En effet, je n’ai pas besoin de faire appel à mes lointains souvenirs de Math Sup, pour faire un calcul arithmétique élémentaire : si une dose de vaccin diminue de 50% le risque d’ hospitalisation, deux doses de 90% et si on ajoute qu’environ 20% de la population a déjà eu l’infection, on peut en déduire qu’au moins 50% de la population française se trouvait en juin à l’abri d’une forme grave, ce qui ne pouvait pas ne pas se traduire dans les chiffres…Quant à l’ hypothèse de l’influence bénéfique des températures, elle semble caduque avec l’arrivée de la « 4è vague » en Europe en plein été et la diminution des contaminations en Amérique du Sud, en plein hiver…

 

En attendant nous saurons dans  les mois qui viennent qui est le meilleur prévisionniste : le premier ministre anglais, qui lève toutes les restrictions en pariant sur l’acquisition naturelle de l’immunité collective avec la poursuite des contaminations, sous protection des vaccins pour contenir les formes graves, ou notre président du Conseil Scientifique qui nous promet le port éternel du masque avec au mieux un nouveau variant cet hiver et au pire l’arrivée d’un variant résistant qui nécessiterait de repartir à zéro…. Sans parler de l’attitude systématiquement anxiogène des médias qui n’ont toujours pas constaté que chaque week-end les hospitalisations diminuaient moins ou augmentaient légèrement, sans qu’il s’agisse d’une aggravation mais d’une simple gestion « administrative » des entrées-sorties (non sans arrière pensée « économique ») et qui ce soir, par exemple, soulignent l’augmentation des contaminations alors qu’elle est en baisse…

 

Quoiqu’il en soit merci donc Monsieur le président de n’avoir pas suivi les avis des cassandres et de nous avoir permis de retrouver progressivement une vie presque normale. J’en ai profité dès le mercredi 19 mai avec une trilogie cinéma-bar-restaurant en terrasse en dépit du temps plutôt frais, avec depuis une exploitation maximale de nos plaisirs du monde d’avant.  Quel bonheur de retrouver les salles de cinéma et leur public. Pour respecter le thème de ce blog, en dehors de mon coup de coeur pour l’opéra-rock de Léos Carax, « Annette », je ne mentionnerai que « Garçon chiffon » de Nicolas Maury, un peu surjoué dans sa première partie mais qui finit par émouvoir par sa mélancolie et sa poésie, « Falling » de Viggo Mortensen qui est moins un film sur le coming-out, que sur la fracture entre l’Amérique de Trump et celle de Biden, et bien sûr Titane, véritable choc visuel et sonore que l’on peut apprécier sans partager les positions transhumanistes de la réalisatrice, en oubliant Benedetta que je rangerai dans la catégorie du comique gore ( les apparitions du Christ sont hilarantes). Le moyen de se désintoxiquer un peu des séries, dont je n’ai cependant pas totalement abandonnées pour ne citer que celles qui font place à un personnage gay (Ragnarok (+, Netflix), Blackspace (++, Netflix), Qui a tué Sarah (-, Netflix), White Lotus Hotel (+++, OCS)) ou font même de l’homosexualité leur thème central, comme I love Victor (Disney) ou Young Royals, sorte de The Crown Gay (Netflix).

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 17:36

Les regards croisés, si divergents, sur la question gay, de Dominique Fernandez et d’Arthur Dreyfus dans leur « Correspondance indiscrète » ont fait l’objet d’un ancien billet de ce blog (https://limbo.over-blog.org/2016/07/gays-d-hier-et-d-aujourd-hui.html) et j’avais dit combien, en dépit d’une proximité générationnelle avec le premier, je me sentais nettement plus proche du second.

 

La publication simultanée du dernier roman de l’académicien, « L’Homme de trop », et du « Journal sexuel d’un jeune homme d’aujourd’hui » d’Arthur Dreyfus, illustre de façon presque caricaturale le gouffre qui sépare leur vécu de l’homosexualité. Difficile de porter un jugement définitif sur ces deux oeuvres, puisque seul le premier tome du roman est paru, quant au journal qui comporte plus de 2000 pages, sorte de bible du sexe écrite sur papier approprié, je suis loin d’en avoir terminé la lecture.

 

Eternel minoritaire , hier dans une France où l’homosexualité se vivait cachée et souvent honteuse, aujourd’hui dans celle du conformisme où les gays se sont « hétérosexualisés » dans leur conquête du « droit à l’indifférence », « L’Homme de trop », Lucas, soixantenaire, porte parole de l’auteur, raconte son vécu, nostalgique, du passage du monde pré-gay à celui post-gay qui a commencé avec l’adoption du Pacs (terme du premier tome) et qui culminera avec le mariage pour tous dans le deuxième tome à paraitre. Le vécu refoulé et honteux de sa jeunesse nous vaut des pages interminables, érudites jusqu’à l’ennui, établissant un parallèle entre homophobie et la porcophobie, une chronique tout aussi documentée de l’homophobie des années pré-gay, la narration de ses rencontres amoureuses, douloureuses, avec de jeunes gens abimés par la vie, handicapés sociaux pour lesquels son attachement, indissociable de son sentiment de culpabilité, traduirait le « rachat d’une faute ». Même si son affirmation de l’homosexualité comme différence, comme une autre façon d’être au monde, son rejet de la psychanalyse et de ses élucubrations sur la question gay, font écho à plusieurs billets de ce blog, sa vision biaisée par son histoire personnelle et son côtoiement  d’homosexuels « marginaux » l’amène a proférer des absurdités sur le vécu gay : où est-il allé chercher que les bars homosexuels n’étaient plus fréquentés que par des seniors nostalgiques, des jeunes timides ou des provinciaux ou que les lieux de sexe ne concernaient plus que les anciennes générations victimes du refoulement! Son rejet du communautarisme gay a du le tenir éloigné du Marais depuis longtemps… Plutôt une déception donc , loin de l’émotion que j’avais éprouvé à la lecture de « l’Etoile Rose » du temps de ma libération sexuelle (https://limbo.over-blog.org/article-litterature-et-homosexualite-61056855.html).

 

Longtemps je vais me coucher avec le journal sexuel d’Arthur Dreyfus, livre de chevet pour quelques pages chaque soir, comme ce fut le cas lorsque j’entrepris, jeune adulte, la lecture de La Recherche. Ses « Tricks » sont bien différents de ceux du livre culte de Renaud Camus qui fantasmait sur les « moustachus, poilus » de 25-40 ans, bien loin de mes gouts à cette époque, alors qu’Arthur, rare point commun avec Dominique Fernandez, chasse l’éphèbe, orientation qui était aussi celle de mon désir lorsque j’avais son âge.

 

Quelle motivation peut conduire à une telle monumentale publication dont on peut se demander si elle n’a pas la dimension d’une confession? L’ampleur de son addiction au sexe, tellement supérieure à la mienne qui n’est pourtant pas banale, le nombre vertigineux de ses rencontres bien au delà de ce que j’ai connu dans ma période la plus florissante, en un temps il est vrai dépourvu d’applications de rencontre, sa fréquente recherche de rapports de brutale soumission ou humiliation, sa phobie paradoxale de la contamination - avec un rapport étrange au risque de la fellation qu’il ne craint qu’active, ce qui nous vaut son affirmation répétitive et fatigante  de l’usage de la capote, qui n’a aucun rationnel épidémiologique, jusqu’à la Prep vienne enfin l’en dispenser - semblent traduire un certain mal être, impression confortée par son besoin de justification au moyen d’interprétations psychanalytiques douteuses, jusqu’au cliché lors de l’assimilation de l’attrait de certains jeunes pour les « matures » à un désir du père, rappelant ces absurdes « merci j’ai déjà un père » si fréquentes sur Grindr.

 

Il est possible que mon jugement évolue au fil des pages, dont je viens à peine de dépasser la cinq centième, mais je ne serais pas surpris que cette oeuvre, comme ce fut le cas pour Renaud Camus, Guillaume Dustan ou Hervé Guibert, même si elle est diversement reçue - on peut concevoir que l’hétérosexuel moyen, fut-il critique, jette l’éponge en cours de route - marque durablement la littérature gay contemporaine. En dépit de la gêne éprouvée lors de certains passages, qu’il s’agisse de son « expérience » de la prostitution ( dont je crains qu’elle n'annonce celle de la drogue) avec des descriptions peu amènes de ses « clients », du regard  qu’il porte sur les gays âgés dont il regrette qu’ils exposent leur corps « délabré » dans les saunas ou de détails scatologiques répétitifs quant à la propreté de son cul, je ne peux nier, qu’au delà de la narration de ses ébats sexuels, les réminiscences de mon propre vécu, la caractère parfois jubilatoire des  descriptions « intellectuelles » de ses rencontres (et de ce qu‘en révèle la décoration de leur intérieur…) et le florilège des citations grindr, me procurent un constant plaisir de lecture qui devrait m’amener jusqu’au terme de ce journal.

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 17:18

Mon absence de ce blog depuis des semaines est sans doute moins le symptôme  de la lassitude d’un confinement sans fin que le témoin d’un monde où il ne se passe plus rien, si ce n’est l’infini répétition du Même mis en scène par les chaines d’information continue. Autant me dispenser de participer à cette uniformisation du réel en réitérant mon effarement, maintes fois  exprimé ici,  devant la soumission des autorités de tant de pays aux injections sanitaires des « experts », tout en reconnaissant avoir quelque peu sous-estimé la pérennité de l’épidémie en qualifiant certains d’entre eux de Cassandre. Je ne doutais pas qu’Emmanuel Macron soit très réticent à étendre les restrictions actuelles, il vient de le prouver, mais je ne vois pas comment il pourra résister longtemps à la pression inouïe des ayatollahs sanitaires qui occupent en permanence les médias, si la situation ne s’améliore pas rapidement. On sacrifie une génération, des professions entières et des milliers d’emploi, pour prolonger de quelques semaines, ou tout au plus quelques petites années, la vie des plus âgés d’entre nous…

 

Ce n’est pas la propagation constante, inexorable elle, car sans espoir de rémission, contrairement à celle du virus, de la chape de plomb que les réseaux sociaux font peser sur la liberté de pensée, s’étendant maintenant à l’ordre moral avec l’affaire Olivier Duhamel, entrainant les lâches décisions de LCI et du Monde concernant Alain Finkielkraut et Xavier Gorce, qui pouvaient contribuer à me remonter le moral. J’aurai au moins appris que le terme « inceste » pouvait s’appliquer à une relation de parenté par « alliance », puisque la victime n’avait aucun lien de sang avec son « beau père »…

 

De cet univers presque (n’exagérons pas tout de même …) Orwellien, ont toutefois émergé deux nouvelles qui m’ont un peu réconforté, l’absence de « No deal » sur le Brexit et surtout l’éviction du psychopathe qui était à la tête des Etats Unis. Et puis, privilège des professionnels de santé de plus de 50 ans,  mon conjoint (je suis d’une génération gay qui ne se sent pas à l’aise avec le mot « mari » ) et moi, maintenant vaccinés, pourront, peut-être, profiter plus pleinement d’un retour progressif à la normale car je ne doute pas, au moins pour voyager, que le passeport vaccinal s’imposera.

 

Les distractions étant devenues rares, le « temps de cerveau disponible » pour la lecture et le visionnage des séries s’est considérablement accru. Le livre de Jean Pierre Luminet, « l’Ecume de l’espace temps », qui tente de nous éclairer sur les interactions entre l’espace, le temps et la matière et les origines de l’univers, offre un panorama complet, bien que parfois difficile à suivre des théories qui s’affrontent. Celle des Univers Multiples inspire manifestement les scénaristes puisqu’elle est au coeur (L’homme du Haut château, DEVS, OA, Dark, Stranger Things) ou en arrière plan (Lovecraft Country) de maintes séries fantastiques ou de Science-Fiction. Le passage d'un univers du multivers  à l'autre n'étant possible que dans l'imagination des auteurs de S-F, aucun espoir de rejoindre un des mondes sans COVID... Par contre, l’auteur du dernier prix Goncourt, l’Anomalie, fait référence à une théorie plus originale, moins connue, qui fait de notre univers, un monde virtuel, une « simulation » informatique d’intelligences supérieures. Puisse ces « intelligences » avoir la bonne idée de programmer la disparition de notre virus quotidien…

 

( A signaler que la série actuellement en cours sur Canal, Your Honor, avec le héros de Breaking Bad, se déroule au temps du Covid)

 

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 08:37

Dans un billet maintenant fort ancien (http://limbo.over-blog.org/article-adapte-toi-a-notre-homophobie-ou-de-l-heterosexualisation-de-l-homosexualite-109687347.html), j'avais rapporté la segmentation en 3 périodes de l'histoire politique de l'homosexualité proposée par des sociologues espagnols : la période pré gay (qui se termine en France avec l'élection de François Mitterand), la période gay qui court jusqu'à l'adoption du PACS, et la période actuelle, post gay, dont le mariage gay et la prochaine adoption de la PMA sont les marqueurs. 

Deux films, malheureusement peu accessibles au plus grand nombre, car l'un n'est disponible que sur Netflix et l'autre n'a bénéficié que d'une sortie confidentielle dans quelques salles, en sont une illustration parfaite. Le premier, "The boys in the band", est un remake de celui de William Friedkin, mythique de la filmologie gay, reprise d'une pièce de théâtre jouée pour la première fois à NewYork en 1968, et sorti en France sous le titre "Les garçons de la bande". Les personnages du film réunis pour fêter un anniversaire, dont l'action se situent 1968, un peu avant les émeutes de Stonewall et le début de la période "gay" , celle de la libération et du coming-out, reproduisent tous les stéréotypes homosexuels de la période pré-gay, la folle, le tapin, l'intellectuel désabusé et cynique, le dragueur, le mélange des classes sociales. Les reproches, rancoeurs et vacheries que les protagonistes se jettent à la figure sous l'emprise de l'alcool témoignent de leur homophobie inconsciente, de leur "haine de soi" si répandues à l'époque : "Montrez moi un homosexuel heureux, je vous montrerai un cadavre". Ce remake qui apparait bien anachronique à notre époque, n'en est pas moins un divertissement presque nostalgique.

Fin de siècle, bien plus ambitieux, conte, de nos jours à Barcelone,  la rencontre sans lendemain de deux garçons, Ocho et Javi, qui loin de l'homophobie intériorisée des protagonistes du film précédent, assument pleinement une homosexualité libérée de toute culpabilité, couple libre, homoparentalité, rapport moderne au couple...Dans un basculement inattendu, et troublant ( car interprété par les mêmes acteurs), de la construction du film, ils découvrent s'être déjà rencontrés, 20 ans plus tôt, à la veille du basculement de siècle, de façon tout aussi éphémère, non comme aujourd'hui en raison du choix de Javi de ne vivre que des relations d'un soir pour respecter les règles de sa vie de couple, mais parce qu'à cette époque aucun des deux n'étaient arrivés au bout du chemin conduisant à l'acceptation de la nature de leur orientation sexuelle. Dans une émouvante dernière partie Javi, regardant par sa fenêtre Javi repartir vers son couple, fantasme la vie qui aurait pu être la leur, ensemble, dans un des univers multiples où, 20 ans plus tôt, il aurait cessé de se mentir...

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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 18:38

La fin du confinement a permis le retour d’une certaine vie culturelle, certes encore bien limitée, avec la réouverture des salles de cinéma, malheureusement peu fréquentées étant donné la psychose virale ambiante entretenue par les médias, et quelques sorties littéraires. Le hasard est sans doute le seul responsable si les oeuvres qui m’ont le plus touchées, tournent autour des années 80, point culminant  de la libération gay, dont la mienne, mais aussi début des années de cendre. Le film d’Ozon, Eté 85, m’a bouleversé, le souvenir de ces années où je vivais pleinement une homosexualité assumée avec frénésie, leur musique toujours aussi présente, mais avant tout parce que cette dramatique histoire d’amour entre deux adolescents ne pouvait manquer d’évoquer la mémoire d’Hervé et la passion dont il avait été l’objet et à laquelle j’ai consacré plusieurs des premiers billets de ce blog. Certes David, le héros du film, diffère en bien des points d’Hervé, dont la fin tragique n’est survenue que des années après notre rupture, si ce n’est cette impossibilité de supporter que l’autre avoue son amour, aveu alors considéré comme un enfermement déclenchant un processus inexorablement destructeur. En dépit du destin funeste de David, l’image que donne le film de l’homosexualité est bien celle de la libération des corps , du jouir sans entrave et dans l’acceptation de soi,  avant que tant des acteurs de ces années libératoires ne tombent comme des mouches.

 

Le « cancer gay », comme on le dénommait au début de la décennie 80, n’avait sans doute pas encore atteint le Treport où se situe l’action du film. Il est au centre du très beau roman de Rebecca Makkai, « Les Optimistes », qui se déroule à Chicago, en cette même année 85, puis 30 ans plus tard à Paris, au sein d’un groupe d’amis, artistes ou journalistes pour la plupart, dont la vie va se trouver fracassée par l’épidémie du sida, dont l’histoire est ainsi retracée, depuis son émergence en 1981, la découverte du virus en 1983, les premiers tests de dépistage en 85, le premier traitement, si peu efficace, l’AZT, en 87 et enfin l’arrivée salvatrice des trithérapies en 96. Comment ne pas me remémorer ces années tragiques, dont je ne sais comment, multipliant pourtant les contacts sexuels, j’ai pu échapper à une contamination, et ces amis disparus, Claude, Cristian, Jacques et tant d’autres sans doute, amants d’une nuit, dont j’ai perdu la trace. Une question, si présente à l’époque, lancinante, émerge à travers le personnage d’Asher, celle de la pertinence de faire le test de dépistage qui venait d’être mis au point : « Ecoute, on est tous condamnés à mort…on ne sait pas quant ce sera. Un jour, cinquante ans? Tu veux réduire la perspective? Tu veux te donner des sueurs froides? ». J’ai fait partie de ceux qui comme Asher, ont refusé de faire le test tant qu’un traitement efficace ne serait pas disponible. Une positivité aurait été  non seulement un possible arrêt de mort, mais aussi, bien souvent, une exclusion de la vie sociale à la fois due au regard des autres et aux conséquences administratives ( perte d’emploi, impossibilité de s ‘assurer, d’obtenir un crédit). Un de mes amants d’alors, qui manifestement repoussait sans cesse tout nouveau rapport sexuel avec moi, finit par me dire, abattu: « Je suis positif. Tu avais raison, Jean-Jacques, je n’aurais pas du faire le test ». Je ne sais quel fût son destin.

 

Ayant également pour cadre, comme dans le film d’Ozon, une plage au bord de l’océan, celle du Vieux Boucau dans les landes, pas très loin de la célèbre plage de drague gay dite « des casernes » où il m’est arrivé de m’envoyer en l’air, il y a bien longtemps, un autre film, un de ceux qui vous hante longtemps après les avoir vus,  a marqué cette rentrée cinématographique, « Madre », de l’espagnol Rodrigo Sorogoyen, histoire d’amour pseudoincestueuse, qui ne franchit cependant jamais les limites, entre un mère qui pleure son fils disparu et un adolescent dans les traits duquel elle le revoit. Comment ne pas être séduit par le personnage pasolinoviscontien interprété par  Jules Poirier, déjà vu dans le rôle de Marvin jeune dans « Marvin ou la belle éducation »  et par le personnage de Maria, la mère, brillamment porté par Marta Nieto?

 

Il serait dommage de ne pas signaler un autre film, « Le colocataire », certes plus mineur, mais qui traite avec intelligence de la difficulté des amours homosexuelles dans la société argentine, qui plus est en milieu ouvrier. L’histoire d’amour impossible entre les 2 héros, dont les corps nus sont très sensuellement filmés par Marco Berger, a le mérite de ne pas sombrer dans les clichés habituels avec le refus du colocataire, Gabriel, de se soumettre aux concessions exigées par son amant qui refuse de vivre leur liaison en pleine lumière.

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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 11:12

La veille de l’annonce du confinement je me trouvais à Bordeaux dans ma résidence secondaire, précipitant mon retour vers Paris. J’étais loin de me douter que mon diner, le vendredi précédent, au « Bistrot du sommelier », allait être mon dernier repas au restaurant pour plus de 2 mois. Le rire « philosophique » dont témoignait mon tweet sur les effets collatéraux potentiellement bénéfiques de la pandémie (« frein au réchauffement climatique et délai inattendu pour l’objectif d’atteinte de l’équilibre financier des régimes de retraite…pas idiot de suspendre la réforme »), masquait mal mon désarroi devant les conséquences potentielles du confinement, personnelles certes quant à mes loisirs - pratique du sport, cinémas, butinage sexuel -, mais surtout économiques qui vont être terrifiantes.

 

Sur le plan personnel, étonnamment, si l’impossibilité ou la difficulté des rencontres sexuelles s’est révélé tout à fait supportable - même si j’ai quelque inquiétude quant à la possibilité d’ouverture prochaine des lieux gays - c’est la fermeture des salles de sport qui a mis mon moral en berne, craignant les conséquences sur mon corps vieillissant de l’arrêt de la musculation pendant plus de 3 mois…Il s’en est même fallu de peu qu’on nous interdise de pratiquer le jogging, nécessitant alors d’adjoindre un régime à notre « assignation à résidence » pour éviter une prise de poids inéluctable. J’ai été sidéré de l’hostilité suscitée, avec des appels répétés à son interdiction, y compris de la part de soignants, alors que le risque de sa pratique individuelle était négligeable, bien inférieur à celui de faire ses courses en supermarché. Faudrait il y voir l’expression d’un jalousie de tous ceux qui n’ont jamais trouvé la motivation nécessaire pour faire du sport?

 

Le plus inquiétant dans la période sans précédent que nous venons de vivre fût, face à un politique un temp tétanisé,  la prise du pouvoir de décision par les institutions médicales, incarnées notamment par le Conseil Scientifique. Quel triste spectacle s’est déroulé sous nos yeux sur les chaines d’info où défilaient des soi-disant « experts » dont les affirmations initiales se sont presque toutes révélées fausses qu’il s’agisse de la qualification de « grippette », de l’inutilité du port du masque (ce qui au moins a soulagé l’exécutif puisque nous n’en avions pas), de la certitude d’une 2è vague qu’on attend toujours, des modélisations sur la durée du confinement (jusqu’à la fin de l’été selon certaines) ou du nombre astronomique de morts auquel il fallait s’attendre. Il serait cruel de personnaliser ces informations en citant les noms de ces experts, si ce n’est peut-être en faisant du consultant médical de TF1, le Dr Kierzek, urgentiste (et  syndicaliste…) le symbole de ce naufrage, sans qu’il esquisse jamais une « contrition », contrairement à son collègue de France 2 (le Drmes). Certains cependant, par leur modération, leur expertise réelle des épidémies et leur recul, comme le Pr Bricaire ont un peu sauver l’honneur de la profession.

 

Je n’omets pas la controverse sur l’utilisation de la chloroquine, qui ne pouvait pas me laisser indifférent en tant que médecin de recherche clinique particulièrement impliqué dans la méthodologie des études cliniques. Certes aucune étude n’a démontré son efficacité, mais devant les indices fournies par des essais à la méthodologie déficiente, dont celles du gourou marseillais, il me paraissait plutôt raisonnable, dans l’urgence, d’utiliser sa prescription sous surveillance étroite dans l’attente de résultats plus définitifs. Les rivalités médicales ont tellement pourri la situation, comme en témoigne la publication du Lancet, que nous n’aurons sans doute jamais la réponse puisqu’il n’y a presque plus de malades, du moins en Europe. On peut, à la rigueur, excuser le manque de culture de nombre d’experts et cliniciens français, quant à la méthodologie des études cliniques, mais pas de la part démembres de l’HAS et de l’Agence du Médicament, même si on a déjà pu le constater, malheureusement, en d’autres circonstances. Comment ne pas s’interroger sur leur décision précipitée, il est vrai sur l’injonction d’un ministre stressé, de tout arrêter avec ce médicament, sur les résultats d’une étude notoirement insuffisante, voire douteuse, comme on a fini par s’en apercevoir….

 

L’avenir nous dira peut-être s’il était bien raisonnable, étant donné la courbe épidémique peu différente entre les pays qui ont confiné durement et ceux qui sont restés plus pragmatiques, de mettre à terre l’économie avec des conséquences qui se révèleront dramatiques pour beaucoup, pour épargner la vie de quelques milliers « d’obèses et de  vieux » de plus….

 

Je ne m’étendrai pas sur l’utilisation méprisable de l’épidémie par certains hommes politiques dont Jean-Luc « Hébert » ou terrifiante par des intellectuels ( Emmanuel Todd suggérant presque de rétablir la peine de mort pour nous dirigeants…).

Pour terminer sur une note positive, ce confinement excessif m’aura au moins permis de découvrir des séries de haut niveau, comme Ozark, Bloodline ou l’extraordinaire Breaking Bad sur Netflix, ZéroZéro sur Canal, sans oublier les nouvelles saisons dees incontournables Westworld sur OCS ou Le Bureau des légendes sur Canal.

 

 

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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 14:57

Bien des sujets auraient pu être abordés dans ce blog depuis mon dernier billet. La schizophrénie de la gauche quant aux adolescentes de 16 ans, Mila au bûcher mais Greta béatifiée; le dernier roman d’Echenoz, un exercice stylistique et parodique qui se lit avec ravissement, mais qu’en restera t’il, si ce n’est le souvenir d’un bon moment; le retour de Cruella, alias Ségolène, bonne nouvelle pour les pôles, moins pour la gauche;  les réseaux sociaux, avatar digital de la guillotine; 1917, le dernier film de Sam Mendes et sa vision hallucinante d’une campagne de France d’où Dieu s’est retiré ; Gabriel Matzneff, dont on fait semblant de découvrir les inclinaisons pédophiles (mot qui, faut il le rappeler, désigne l’amour des impubères et non des adolescents), à propos d’une affaire qui n’a rien à voir avec cette pathologie; la chasse à l’homme des militantes féministes qui n’en épargnent que deux catégories, les homosexuels (bénéfice secondaire inattendu) et les islamistes auprès desquels elles défilent…

 

J’aurais également pu consacrer un billet au roman de Kevin Lambert, « Querelle », non seulement parce qu’il montre la sexualité gay dans toute sa crudité et pour reprendre les mots de l’auteur, la puissance des existences minoritaires à questionner le majoritaire, son potentiel de révolte que tend à lui faire perdre la « normalisation » actuelle, mais aussi par la parallèle qu’il fait entre la violence du désir sexuel et celle des luttes sociales, dont il montre en décrivant une révolte ouvrière dans une scierie canadienne, les équivoques, les aspects obscurs et délétères, qui font écho aux violences des mouvements sociaux actuels : « les grands discours de bien commun et de justice sociale, c’est juste des histoires qu’on se raconte pour se convaincre qu’on est des saints de gâcher la vie de gars honnêtes qui travaillent en forêt, de faire perdre la production à toute une usine, de monopoliser l’attention de la région au complet pour nos propres petits interêts médiocres ». Matière à réflexion pour Emmanuel Todd et Michel Onfray que  les gilets jaunes mettent en érection.

 

Pourtant ce qui a semblé ne plus me quitter, ces dernières semaines, a trait à la religion et plus particulièrement à la religion chrétienne. Ce fut d’abord le film bouleversant de Terence Malik, présenté au dernier festival de Cannes, « ma » Palme d’or, chemin de croix jusqu’à la mort d’un jeune paysan autrichien refusant de prêter serment à Hitler au nom de sa foi chrétienne. Mise scène époustouflante, où chaque plan, véritable tableau, est un hymne à la nature.

 

Puis il y eut cet étonnant dialogue, deux visions de l’église, entre le futur Pape François et Benoit XVI, peu avant sa démission, dans le film « Deux Papes » mis en ligne sur la plateforme Netflix, comme prémonitoire de sa prolongation virant à l’affrontement, réel cette fois, à propos de la question du mariage des prêtres.

Etrange coïncidence, c’est encore d’un duel feutré entre deux Papes qui est au centre de la mini-série qui vient de se terminer sur Canal, « the New Pope », mis en scène de façon magistrale par Paolo Sorrentino ( suite de « The Young Pope »), complètement iconoclaste, techno-baroque, mais  bien plus fidèle au christianisme que blasphématoire,  où chaque plan, là encore, est un tableau somptueux avec un  hommage final au Shining de Kubrik. Le doute qui s’installe quant à la possibilité que le « Young Pope » soit une réincarnation du Christ a prolongé l’émotion éprouvée avec une autre série récente, sur Netlix, « Messiah », dont j’ai dévoré les 10 épisodes en moins de 2 jours, thriller spirituel, dont le héros iranien à la beauté fascinante se déclare fis de Dieu, sans se réclamer d’aucune religion mais dont les références chrétiennes sont omniprésentes..

De façon plus anecdotique, je pourrais aussi citer cette émouvante scène de la série « The Crown », entre la princesse Alice, et son fils le Duc d’Edenbourg à pros de la foi, que ce dernier pense avoir perdue lorsqu’elle lui doit sa survie…

 

Point d’orgue de cette séquence « christique », la lecture du dernier livre, posthume, de Michel Serres, « Relire le relié », qui est présenté comme l’oeuvre de toute sa vie. Que Michel Serres fût chrétien, ce ne pouvait être une surprise puisque je le savais fervent admirateur de René Girard.

A partir des deux origines du mot religion, relire et relier, cette relecture des textes sacrés, notamment les Evangiles montre comment la religion, contrairement à l’histoire épisodique, celle des empires, royaumes et systèmes politiques mais à l’instar des mathématiques, de l’argent et de  l’alphabet est un des 4 invariants qui fondent notre culture mais qui à leur axe horizontal qui relie les hommes entre eux, ajoute un axe vertical qui unit le ciel à la terre. Impossible de rendre compte de la richesse de ce livre, je n’en retiendrai ici que ce que l’auteur rappelle à propos de la « sainte Famille », où Jesus n’est pas le fils, où Joseph n’est pas le père, puisque , fils de l‘homme, il est né du Saint Esprit et d’une mère vierge. Il s’agit donc bien d’un enfant sans mère : « l’expression la sainte Famille » signifie donc qu’elle défait les liens charnels, biologiques, sociaux, naturels, ou, comme on a dit structuraux: chacun à sa manière, le père n’est pas le père, ni le fils vraiment le fils, ni la mère absolument la mère; amoindrissement et suppression des liens du sang ». Ce devrait être un sujet de méditation pour la « Manif pour tous »…

 

Je ne sais s’il y a un Dieu, je reste agnostique, mais s’il devait y en avoir un, je préférerais que ce soit celui des chrétiens…

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3 décembre 2019 2 03 /12 /décembre /2019 11:24

Quelques anciens élèves du collège où je fis toutes mes études, Sainte Marie Grand Lebrun à Bordeaux, eurent l’excellente idée d’essayer de réunir la promotion de fin d étude, du moins ceux dont on pouvait retrouver les adresses et qui étaient encore de ce monde…Une énième grève SNCF ayant entrainé l’annulation de mon train, j’ai du, ne pouvant me résoudre à manquer cette réunion, prendre un avion au dernier moment et donc en assumer le surcout. Quelle émotion de revoir, plus de 40 ans après, nombre de ceux qui partageaient les bancs de ma terminale C, et dont un, sans qu’il s’en doute, avait suscité en moi un trouble dont il me faudra encore quelques années pour lui reconnaitre pleinement son origine sexuelle…Dans l’euphorie de la soirée j’en fis l’aveu à ce père de 3 enfants qui ne s’en offusqua pas. Plus tristement j’appris le décès de Michel,  qui, un des étés suivant cette année de terminale, avait furtivement posé la main sur mon sexe à la suite d’une séance de « strip poker », déclenchant une éjaculation immédiate dans un torrent émotionnel. Paralysé par cette première expérience, j’avais refusé les propositions qu’il me fit par la suite, perdant tout contact avec lui et retardant ainsi de plusieurs années mon « coming-out » sexuel…Il est mort seul. Eussè-je été moins inhibé,  Michel aurait pu devenir mon premier amant, avant que je ne les collectionne, un peu comme l’héroïne de « Chambre 212 », le film de Christophe Honoré, à laquelle j’aurais tendance à m’identifier.

 

Le contexte sociétal actuel rend  sans doute plus facile pour un jeune de 18 ans de reconnaitre et d’accepter l’orientation homosexuelle de son désir. Mais pas pour tous. Le dernier film de Xavier Dolan, « Matthias et Maxime » d’un abord un peu difficile du fait du parler populaire en canadien français des personnages, en dépit du sous titrage, montre qu’il peut n’en être rien, même à un âge plus avancé. Beau et puissant film où l’on retrouve les obsessions du réalisateur, notamment son rapport à la mère. Contexte sociétal des pays occidentaux, car en Europe de l’Est, le film bouleversant de Levan Afin, « Et puis nous danserons », nous montre que les amours homosexuels doivent encore se vivre dans la clandestinité et la peur. Non seulement l’orientation homosexuelle n’est pas un choix, contrairement à l’affirmation inepte d’Eric Zemmour, mais des interdits culturels ou sociétaux ne laissent  même pas à certains le « choix » de la vivre.

 

Par un étrange paradoxe, les bénéficiaires des actions de la génération 68, celle pour qui il était « interdit d’interdire» et à laquelle nous devons les acquis quant au droit des femmes et des homosexuels, n’ont de cesse, avec la complicité des réseaux sociaux, de censurer et de s’attaquer à la liberté de penser et de création. Une philosophe reconnue et un ancien président de la république sont empêchés de s’exprimer dans l’enceinte d’une université, Alain Finkielkraut se voit menacer d’interdiction d’antenne sur France Culture et un grand cinéaste de déprogrammation de son film. Les ayatollahs de l’écologie et de la cause animale tentent d’empêcher les agriculteurs de produire et les consommateurs de bénéficier des jours de « promotion », tandis que la gauche radicale pervertit l’antiracisme en manifestant aux côtés d’organisations salafistes. Ces radicalités tentent avec l’aide des réseaux sociaux d’interdire ou de disqualifier toute opinion contraire et s’efforcent de substituer le tribunal médiatique aux institutions judiciaires sapant les bases mêmes de notre démocratie.

 

Notre liberté est à nouveau menacée, il ne nous reste plus qu’à entrer en résistance. Je ne sais si Roman Polanski est coupable de ce dont on l’accuse mais on a le droit de s’interroger quant à une accusation qui survient 40 ans après les faits supposés juste au moment de la sortie de son film, alors qu’ils sont prescrits et qu’il sera impossible pour le réalisateur de se défendre. Je suis donc allé voir son film, excellent, applaudi à la fin de la projection…

 

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30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 16:08

Lorsque j’ai quitté Paris, en milieu de semaine dernière, pour aller passer quelques jours à Bordeaux, les radios d’information continue commençaient à se lasser de l’affaire de Rugy - certes pas le membre le plus sympathique du gouvernement, la façon plus que cavalière dont il a limogé sa directrice de cabinet suffirait à ôter toute envie de le soutenir - dont il apparaissait qu’il avait manifestement été le « bouc émissaire «  de Merdapart qui a tenté de faire oublier que ses enquêtes, dans les affaires Tapie et Libyennes, venaient d’être discréditées. Aurons nous encore longtemps à supporter le rictus tueur que Notre Saint-Just à moustache, justement épinglé en son temps, quand il dirigeait le Monde, par le journaliste Pierre Péan (qui vient de décéder), ne cesse d’arborer?

 

Comme la nature a horreur du vide, la canicule est tombée à pic pour le combler (pendant quelques jours, avant que ces mêmes chaines de radio ne s’emparent sans doute, en boucle, de l’affaire « Steve » dont on vient de retrouver le corps). Il est vrai que la chaleur qui envahissait les rues de Bordeaux en cette fin juillet n’était pas sans rappeler celle de l’année 2003 qui avait quelque peu soulagé les comptes de nos caisses de retraite ( une canicule tous les 16 ans ne suffira cependant pas à régler le problème…).

 

Le temps de poser nos valises à la descente du TGV, et de récupérer une voiture de location en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire avec l’application « Virtuo », nous étions en route pour la plage gay du Porge dont j’ai commencé à arpenter les dunes l’été 79 et où j’allais rencontrer Bernard, le garçon qui allait me donner le courage de déserter le domicile familial. Un petit pincement au coeur donc chaque fois que je les traverse pour rejoindre  ou quitter la plage. Mais est ce du au souvenir d’un de mes premiers amours, dont j’ai perdu la trace, ou plutôt à la constatation que ce vaste théâtre d’opération sexuelles n’est plus que l’ombre de ce qu’il fût? En effet si cette destination est toujours prisée des gays bordelais, le week-end , les dites dunes sont en partie désertées , si ce n’est des cacochymes. On pourrait certes incriminer Grindr, ou une lassitude de ma part quant à ce type de drague, rendant mon regard moins objectif, mais les remaniements environnementaux, dus aux tempêtes, feux de forêt et surtout « désherbage » par la municipalité des lieux les plus propices aux ébats sexuels, les rendant difficilement dissimulables,  me semblent en être les raisons principales. La mairie, jamais à court d’idée, vient peut être de porter le coup de grâce. Comme on le sait, les plages gays « naturistes » se méritent, nécessitant le plus souvent plusieurs minutes de marche pour les atteindre. Celle du Porge n’y fait pas exception, puisqu’il fallait compter jusqu’ici environ 15 mn de « randonnée » avant de rejoindre le lieu des érections depuis l‘extrême limite du parking. Il se trouve que depuis le mois de juin, la municipalité (dont le maire serait communiste) a décidé d’interdire l’accès au parking terminal (suppression de plusieurs centaines de places) rallongeant ainsi le parcours pédestre d’au moins 10 minutes et cela à condition de trouver une place proche de la zone interdite ce qui deviendra problématique les jours d’affluence…Homophobie du maire? Même pas sûr puisqu’il avait pris une décision similaire l’année précédente pour l’extrémité du parking situé dans la direction opposée, interdisant ainsi l’accès facile à la plage « échangiste ». Tout ceci soi disant pour « protéger la nature »….Il existe certes d’autres plages gay dans les environs, mais d’après ce que j’ai entendu dire (je n’y suis plus allé depuis des années) celle de la Lagune du côté de la dune du Pilat n’est plus fréquentée et celle des « casernes » dans les landes est beaucoup trop loin de Bordeaux.

 

Ceci ne nous a pas empêché de bronzer nu tranquillement sur la plage, par une température bien plus supportable qu’à Bordeaux, 7 à 8 degrés de moins…

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