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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 21:06
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Enfant et adolescent, j'étais bien sûr heureux de partir en vacances, mais assez rapidement avec une vive accélération à l'approche du 15 août (il est vrai qu' en ces temps là elles s'étendaient de Juillet à fin septembre), je commençais à m'ennuyer, à ne plus penser qu'aux nouveaux livres de classe, à mes nouveaux professeurs, etc. Cela exaspérait  mon frère et mes parents.

J'ai peu changé. Je ne vois pas d'un mauvais oeil la perspective de 2 ou 3 semaines de vacances, besoin de dormir plus, de combler mon retard de lecture, de soleil, et le plaisir de retrouver début août Sitgès, sa plage, ses bars, ses restaurants, sa phone gay, ses nuits qui se terminent au petit matin, les amis que l'on retrouve, les étapes touristiques à l'aller ou au retour. Tout cela se mêlera à mon impatience que "la vie reprenne", que cesse ce désert culturel des  mois d'été, assez spécifique à la France : aucune sortie littéraire avant la fin août, une production cinématographique globalement affligeante (ils appellent ça "la fête du cinéma!), une télévision où les rares émissions dignes d'intérêt disparaissent, une actualité au ralentie (il est vrai que cet été nous sommes plutôt gâtés avec la crise des dettes souveraines, le feuilleton DSK, les vacances de Mr Hulot et les déclarations de sa rivale, la passionaria viking, qui veut déplacer le défilé militaire le 11 novembre ou le 8 mai, une façon sans doute de célébrer la division de l'europe...).

Combler mon retard de lecture, l' été n'y suffira pas, seule la retraite en viendra peut être un jour à bout. Ces dernières semaines, au gré de mes déplacements, j'ai limité mes efforts à la lecture de quelques thrillers, notamment celui de Shane Stevens, "Au delà du mal", qui avait remporté un franc succès public et critique il y a près de deux ans, qualifié de "polar exceptionnel". C'est ce que l'on espère en abordant ce pavé de 900 pages, mais on est vite déçu par la simplicité de l'intrigue policière proprement dite, le seul suspense étant son dénouement, la façon dont le psychopathe, "tueur en série", connu dès les premières pages, va se faire prendre et par l'inconsistance des personnages. On est cependant emporté par le souffle qui anime l'écriture de cette fresque, on ne s'ennuie pas,  dont l'intérêt réside surtout  dans la peinture au vitriol qui est faite de la société américaine, de son milieu politique et journalistique, de sa police, de son peuple. Sans doute faut il aussi savoir que ce livre a été écrit il y a plus de 30 ans par un auteur anonyme et qu'il a été considéré comme un véritable renouveau du roman  de "serial killer". Avant de d'avoir lu, étant donné l'enthousiasme qui avait entouré sa sortie, je m'étais procuré le deuxième roman de Shane Stevens publié en France, "L'heure des loups", dont je me suis demandé s'il s'agissait bien d'une oeuvre du même auteur... Autant l'écriture du précédent roman était fluide, les personnages inexistants, l'intrigue linéaire, autant le style du suivant m'a paru difficile, on songe parfois à en abandonner la lecture, avec des personnages bien réels et une intrigue d'une grande complexité. Ce second ouvrage, qui relève  plutôt du roman d'espionnage, est aussi un document sur l'utilisation d'anciens criminels nazis par les services secrets occidentaux et un guide amoureux de Paris.

Si je devais vous recommander un "triller", ce serait le premier roman S. J. Watson "Avant d'aller dormir". Thriller psychologique qui conte l'histoire effrayante d'une femme qui souffre d'amnésie à la suite d'un traumatisme, elle se réveille en ayant tout oublié de ce qu'elle a fait la veille au point de devoir tenir un journal de ses activités quotidiennes, journal  dont son thérapeute lui rappelle l'existence chaque matin. C'est à la découverte progressive de  ce qu'a réellement été son passé que cette femme va être confrontée dans un suspense hitchcockien digne de "Psychose".

A signaler aussi dans ce désert estival le très beau film iranien "Une séparation" qui au delà du  regard qu'il porte sur les divisions de la société iranienne et de la survalorisation du rôle de l'homme, a une portée bien plus universelle. L'affrontement des deux héros, prisonniers chacun de leur système de pensée, l'un, représentant la société iranienne aisée, défendant le primat de la raison sur le dogme, l'autre, issu des milieux populaires, s'appuyant sur la tradition fondée sur la religion et l'exigence de vertu, ne peut que conduire au drame, reflet de la fracture du corps social.

 

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