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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 21:41

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Les sujets de billets ne manquent pourtant pas en ces temps perturbés, mais faudrait il encore trouver la volonté de les écrire quand ils s’imposeraient. Des déplacements incessants - c' est la saison des congrès, il est des métiers plus difficile que le mien…- constituent une bonne excuse à ma tendance naturelle à la paresse. De retour de San Diego, après un bref passage à Montpellier pour les Journées Françaises de Neurologie, je me suis envolé vers l’île de La Réunion pour participer à une conférence. Le changement climatique brutal (35 degrés, une chaleur humide, la saison des cyclones qui prend fin), une conjonctivite et le manque de temps, ne m'ont pas permis d'aller faire un tour a la plage de la "souris chaude" dont mon précédent séjour, il y a 15 ans, m' avait laissé un fort bon souvenir. Mais en ces temps là, il n'y avait pas Grindr...

Mon vol de retour sur Air France annulé (arrivée tardive de l équipage, nous a t' on dit ...), mais ayant eu la chance d' en trouver un de substitution sur Corsair, je me suis résolu - quelques heures d' attente devant moi - à reprendre le cours de ce blog.

Depuis plusieurs semaines je souhaitais dire mon coup de cœur pour " Cloud atlas", ce film "transgenre", de près de trois heures, des auteurs de Matrix, les frères Wachwosky, échec commercial retentissant aux USA, mais qui, sans doute le bouche à l’oreille, tient l’affiche a Paris et qui deviendra à n’en pas douter un film culte. Transgenre il ne l’est pas seulement parce qu’un des deux frères a changé de sexe : il mêle six histoires appartenant aux genres les plus divers, science-fiction, aventure, romance homosexuelle ; dans six espace-temps, allant du 19è siècle à un futur indéterminé, en passant par un Séoul gouverné par une organisation totalitaire baptisée «Unanimity» (rêve prémonitoire?), au 22è siècle; interprété par les mêmes acteurs, devenus transformistes, dans des personnages différents jusqu’au sexe. Enchevêtrement du réel et pérennité des âmes, les destinées individuelles dans chaque espace-temps s’influencent mutuellement ; pérennité de l’idéal libertaire et de la rébellion contre l’oppression qu’elle soit individuelle ou collective ; pérennité enfin du mal qui conduira l’univers à l’apocalypse, constituent le lien métaphysique de ces six histoires. Un film quantique, un ovni cinématographique, aussi capital que le « Holy Motors » de Leo Carax.

Le dernier roman, controversé, de Dan Simmons (l’auteur d’Hyperion et de l’Echiquier du mal), Flashback, nous décrit également un univers apocalyptique, allant au-delà des pires cauchemars de Renaud Camus : un monde partagé entre un Califat Global ayant thermo-nucléarisé Israël et qui s’étendrait du Pakistan au Canada, en englobant l’Europe et la suprématie d’un Japon gouverné par des castes à l’organisation médiévale et qui, à la suite de l’effondrement de la Chine, est devenu le tuteur d’une Amérique en proie au chaos intérieur et à l’invasion des Etats du Sud par le Mexique. La description d’une Amérique en faillite financière et morale, conséquence des politiques désastreuses de l’administration Obama - dépenses sociales inconsidérés, soumission aux délires écologistes sur le réchauffement climatique et tolérance à l’égard de l’Islam- et dont les habitants s’adonnent à une drogue dure, interdite par l’islam, permettant de revivre (le « flaskback ») de façon «hyperréaliste» les souvenirs et turpitudes les plus aptes à vous procurer du plaisir, est fascinante. Je ne sais si ce roman reflète les idées néo-conservatrices de l’auteur, ou au contraire, comme a essayé de le montrer dans une postface, l’éditeur Gérard Klein, constitue une projection romanesque des fantasmes et délires d’une certaine droite républicaine, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un thriller époustouflant à dimension épique.


C’est une bien autre vision, métaphorique, de la crise de la dette en Europe que nous donne Almodovar dans un hilarant hymne à la culture gay. Un avion en détresse qui ne sait pas où il va (L’europe, l’Espagne ?) et qui finira par atterrir sur un aéroport fermé pour cause de corruption, des passagers en classe économique mis sous sédatifs pour les empêcher de prendre conscience de la catastrophe, tandis que ceux de la classe « affaires » avouent leur turpitude et le mensonge sur lequel est basé leur vie sous l’effet euphorisant d’une équipage baroque et survolté. Cette « cage aux folles » politiquement incorrecte que l’on devrait infliger comme supplice aux meneurs de la « manif pour tous », marque un retour jubilatoire du metteur en scène aux comédies de ses débuts.

Si les « coquins » qui habitent la classe « affaires » de l’avion de film d’Almodovar sont plutôt sympathiques, il n’en est pas de même des personnages du film de Soderbergh, « Effets secondaires», dont la première partie semble annoncer une violente charge contre l’industrie pharmaceutique, c’est à la mode et très vendeur, avant de s’avérer un thriller efficace, bien que les ficelles soient parfois un peu grosses, magistralement réalisé.

Des classes dirigeantes peuplées de coquins mercantiles comme dans ces deux films ? Une vision bien simpliste mais il faut avouer que l’actualité récente, d’un ministre du budget fraudant le fisc et faisant du mensonge un art, à un Grand Rabin de France, plagiaire et mythomane, ne facilite pas la tache aux adeptes de la pensée « complexe ».

L'appellation de ce billet, « Cartographie des nuages », traduction française du titre du roman dont s’est inspiré « Cloud Atlas », renvoie aux innombrables difficultés qui s'abattent sur le gouvernement de François Hollande, que tous s’acharnent à vouloir abattre, au risque du pire, et dont on ne peut plus exclure qu’un des «effets secondaires» ne soit le renoncement au texte de loi sur le mariage gay qui cristallise toutes les haines…..

 

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