C’est la question qui est posée dans le livre de Louis George Tin « L’invention de la culture hétérosexuelle ». C’est une question que je me pose aussi depuis que j’ai pris conscience de mon
homosexualité, mais comme un étonnement devant un désir qui m’est incompréhensible. Je ne m’imaginais pas que cela puisse donner lieu à un travail universitaire ayant pour objet « une révision
radicale de point de vue » quant à la référence naturelle «ancrée dans le terreau sacré - à l'origine étaient Adam et Eve - comme dans le regard du généticien ». Tin, qui est aussi l’auteur du «
Dictionnaire de l’homophobie », entreprend donc cette gageure : « Le voilà aujourd'hui qui interroge la littérature classique française, des chansons de geste au théâtre de Claudel, comme le
discours de l'Eglise puis des médecins, pour comprendre l'émergence dans l'Occident du XIIe siècle du couple homme-femme qui fonde la culture hétérosexuelle ». On assisterait ainsi à
d’intelligentes relectures du procès des Templiers comme de la légende noire d'Henri III. Selon le compte rendu que j’en ai lu, l’objectif est encore loin d’être atteint, et comme on le sait si
on a lu mes précédents billets étant "essentialiste" je ne le partage pas puisque je pense que l'orientation sexuelle est déterminée biologiquement et non "culturellement", mais le livre serait
décapant et stimulant pour la recherche.