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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 21:38

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En tant que membre d'une association dont un des objectifs est d'informer sur les maladies sexuellement transmissibles et notamment le VIH, j'ai eu longtemps une position un peu marginale et donc minoritaire quant à l'information à délivrer sur les pratiques à risque (j’ai une sorte de vocation à être minoritaire…). Je crois en effet qu'il dangereux, contre productif, de délivrer un message qui met toutes les pratiques sur le même plan quant au risque. Ce débat concerne d 'ailleurs toutes les associations impliquées et il est souvent vif entre elles : ainsi Act Up reste sur la position qui a longtemps été celle de l’AMG (je n’ai pas conscience que cette question est encore été abordée par la nouvelle direction), "tout est à risque", alors que Aides a une position beaucoup plus nuancée et informe sur la "hiérarchie "du risque. J’ai une position plus nuancée car je crois que mettre sur le même plan une fellation et une sodomie sans capote est une mise en pratique extrême du principe de précaution alors que l'épidémiologie montre bien que la fellation (active ou passive) sans capote est à faible risque ( ce qui ne veut pas dire à risque zéro) alors que la sodomie passive sans capote est suicidaire. Ne pas dire cela c'est aussi prendre un risque, celui que certains de ceux qui commencent à se lasser de la capote, passent à l'autre extrémité ( pas de capote du tout) puisque "tout est risqué". Il est vrai que des cas de contamination par fellation ont été rapportés mais ils sont rares ( on oublie souvent d'ailleurs que la sodomie avec capote n'est pas sans aucun risque non plus : rupture, salive utilisée à la place du gel, etc...). Se servir de l'épidémiologie comme éducation de l'incertitude....
Le problème n’est pas seulement « épidémiologique », il est aussi psychologique. Il serait intéressant de d’analyser comment l'attitude que l'on adopte quant à l'information sur la prévention est influencée par ses propres pratiques, ses phobies. Les positions défendues sont autant liées au propre comportement de celui qui les proclame ( est ce que je fais ce que je recommande?) lorsqu'il est confronté à ces situations, et plus encore à sa façon de vivre la sexualité en général ( il serait intéressant et instructif de faire le profil psychologique de ceux qui ont ou continuent à parler de la fellation comme une pratique à risque, sans aucune nuance) mais aussi à l'idéologie du principe de précaution qui a tout envahi. Le principe de précaution poussé à l'extrême devrait recommander la seule masturbation, car c'est la seule façon d'atteindre le risque zéro


Cependant le débat s’est notablement déplacé depuis que le Conseil national du sida (CNS) a émis un avis sur l'intérêt du traitement antirétroviral comme outil de prévention. Un avis mesuré qui a suscité l'enthousiasme de Aides, mais des réserves (ce qui est plutôt une surprise, on pouvait s’attendre à des hurlements) de la part d'Act Up. Cet avis faisait suite à une prise de position des autorités de santé suisses, qui envisageaient la possibilité de baiser sans capote pour les couples séropositifs à charge virale nulle. La situation semblait en effet assez claire jusqu'ici. Si l'un des deux partenaires au moins est séropositif, la capote s'impose ( y compris selon certains, mais cela n'est pas démontré, si les deux le sont pour éviter les re-contaminations par une autre souche). Si au contraire les deux sont séronégatifs, tout dépendrait de leur vie parallèle....Si les deux sont d'une fidélité physique absolue (selon certains cette configuration pourrait se produire, avec une probabilité qui est certes la même que celle de constater, selon les lois du 2è principe de la thermodynamique, une casserole d'eau se mettre à bouillir sans allumer la source thermique sous jacente, il suffit pour que cela se produise d'avoir l'éternité devant soi), on peut se passer de capote. Les Autorités de Santé Suisse viennent d'ajouter une autre possibilité : dans le cas d'un couple sérodivergent on pourrait ( ce qui doit rester une décision du couple) se passer de capote si le séropositif est sous thérapie et a une charge virale indétectable depuis au moins 6 mois, la probabilité de contamination dans ce cas là étant quasi nulle. Il est en effet probable que les séropositifs traités et à charge virale indétectable ne sont pas contagieux. Le principal risque de contamination aujourd'hui vient avant tout des séropositifs, nombreux, qui s'ignorent comme tels. Le CNS semble sur la même longueur d’onde : « Le CNS, que préside le Pr Willy Rozenbaum, estime que pour mieux contrôler la dynamique de l'épidémie, le traitement par antirétroviraux généralement utilisé à titre thérapeutique peut aussi être utilisé "pour sa capacité à réduire le risque de transmission sexuelle du virus", tout en soulignant qu'il n'y aura jamais de "risque zéro". ». Aides a souligné : "Un document institutionnel pose enfin le rôle des traitements anti-VIH dans la prévention de la transmission sexuelle du VIH et reconnaît que 'la mise sous traitement des personnes infectées réduit fortement le risque que ces personnes transmettent le virus par voie sexuelle'", et y voyait "l'occasion de dépasser ainsi les débats d’ordre idéologique". Act-up craignait que cela soit compris comme la « possibilité d’un abandon du préservatif ».
La Direction générale de la Santé (DGS, qui dépend du ministère de la santé, et qui se réfugie donc derrière le principe de précaution, attitude systématique des pouvoirs publics depuis l’affaire du sang contaminé et la canicule) a réduit la portée de l'avis du CNS en soulignant que "le traitement antirétroviral ne permet pas d'atteindre une protection maximale car il laisse subsister un risque résiduel de transmission", tout en passant sous silence, comme le précise l’association « Warning » la question de la non utilisation partielle ou définitive du préservatif par un nombre croissant de personnes. "L'immobilisme de la DGS montre l'incapacité des autorités françaises de santé publique à se saisir des problématiques portées par les acteurs de terrains, tant associatifs que cliniciens", a jugé Warning.
"Il est aujourd'hui évident que la politique traditionnelle de prévention est dans une impasse, qu'il est impératif de s'engager vers de nouvelles approches et vers de nouveaux messages, mais, crispée sur une vision idéologique de la prévention détachée du vécu réel des personnes, la DGS ne veut rien bouger, rien changer. Il ne faudra donc plus s'étonner si l'endémie VIH continue à être active en France", a conclut Warning.
L’Inter LGBT a soutenu le CNS, et il va sans dire que je suis sur la même longueur d’onde…
Heureusement que le CNS n’a aucune coloration papiste, car sous entendre que le préservatif ne résout pas tous les problèmes….(c’est de l’humour bien sûr…)

Pour finir sur une note d’espoir, faisons un peu d’épidémiologie fiction. Si l’on en croit certains spécialistes de la question, ayant connu l’avant Sida, il n’est plus impossible que je connaisse l’après. Il ne s’agit pas ici de la découverte possible d’un traitement curatif (y compris un vaccin « thérapeutique »), ni d’un vaccin préventif (le vaccin au sens commun du terme), qui permettraient d’éradiquer la maladie, mais de la simple possibilité, qui ne dépend que d’une volonté politique (et économique) de la disparition de la maladie pour des raisons «épidémiologiques». Je m’explique. Un virus, pour se reproduire, a besoin de trouver de trouver un «hôte», et ceci à une relative grand échelle, sinon, il finit par disparaître, «faute de combattants». Il se trouve que si un dépistage à grande échelle (et bien sûr surtout dans les pays en voie de développement) était pratiqué et si tous les patients séropositifs étaient traités avec les thérapies actuelles qui permettent de diminuer la charge virale dans des proportions telles que la transmission du virus devient improbable, peu à peu, alors que les contaminés vieillissants disparaîtraient, «le réservoir» de virus deviendrait si insuffisant qu'il ne pourrait plus se reproduire.... Ceci est possible, en une ou deux décennies, si l’on y met autant d’énergie que pour le sauvetage du système financier…

Il va sans dire, mais encore mieux en le disant, que ce billet n’engage que moi et en aucune manière l’association dont je suis membre…

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commentaires

L
"Si au contraire les deux sont séronégatifs, tout dépendrait de leur vie parallèle....Si les deux sont d'une fidélité physique absolue (selon certains cette configuration pourrait se produire, avec une probabilité qui est certes la même que celle de constater, selon les lois du 2è principe de la thermodynamique, une casserole d'eau se mettre à bouillir sans allumer la source thermique sous jacente, il suffit pour que cela se produise d'avoir l'éternité devant soi), on peut se passer de capote."<br /> <br /> Suis je le seul à être choqué par ce passage? La fidélité ça existe heureusement...
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L
il ne faut pas le prendre au 1e degré!
P
<br /> <br /> "Il est en effet probable que les séropositifs traités et à charge virale indétectable ne sont pas contagieux"<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> pas "contagieux" mais "contaminant" ce qui n'est pas la même chose !! le VIH/sida n'est pas une pathologie contagieuse mais transmissible...<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> je voulais bien dire "pas contaminant" (j'ai en effet employé de façon impropre le mot "contagieux"<br /> <br /> <br /> <br />
F
<br /> <br /> tttt<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> ??<br /> <br /> <br /> <br />
F
<br /> <br /> help docteur! une fellation,si on arrete avant l'ejaculation il n'y apas de risques,si? et dans un couple, negatifs tous les deux,il suffit de mettre une capote avec les "extras" j' ai comme<br /> un doute brusquement,ça fout tellement la trouille cette connerie de sida. je suis pas sur de bien dormir ce soir,moi.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
L
<br /> <br /> Il n'y a "presque pas de risque" si on arrête avant l'éjaculation( et même après....à peine plus). Mais on ne peut jamais exclure une dent qui saigne ou une bouche en très mauvais état. Mais<br /> dormez tranquille si la fellation était à risque le sida aurait contaminé tous les gays ou presque....<br /> <br /> <br /> <br />