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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 21:29

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Je ne suis pas allergique à la psychanalyse comme on l'a suggéré dans le commentaire d'un précédent billet. Je ne nie pas que Freud fût un génie (génie de l'esbrouffe disait un grand psychiatre français, le Pr Debray-Ritzen), celui qui a sans doute le plus marqué et influencé avec Marx l'histoire des idées et la pensée du 20è siècle, je ne jette pas le bébé (l'inconscient que l'on explique parfaitement sur le plan biologique) avec l'eau du bain (la psychanalyse). Je considère que la psychanalyse doit être critiquée sur le fond en tant que théorie du désir, non en s'en prenant à son auteur comme le fait Michel Onfray (on peut être un salaud et avoir raison), et si je devais conseillé des livres ce serait "le livre noir de la psychanalyse" ou "Des choses cachées...." de René Girard et non celui d'Onfray que je n'ai pas lu et que je ne lirai pas.

Ceci étant dit le réel résiste à la théorie analytique. Les maladies mentales lui échappent une à une. Après la dépression, les psychoses bipolaires, la schizophrénie, qui toutes ont trouvé des fondements génétiques et/ou biologiques prédominants, voici que les TOC (troubles obsessionnels compulsifs) voient démontrer leur origine en grande partie organique.
Il vient d’être montré qu’il est possible de réduire les TOC les plus graves par un traitement "psychochirurgical". Au terme d'un essai clinique à grande échelle, mené dans dix services hospitalo-universitaires français de neurochirurgie, un groupe de médecins et de chercheurs vient de publier dans le New England Journal of Medicine, les résultats spectaculaires induits par des stimulations intracérébrales profondes (introduction par des techniques sophistiquées d’une électrode intracérébrale qui va aller stimuler des amas de neurones, aux fonctions connues, et situés profondément dans le cerveau. Cette forme de stimulation est réversible.
Cette technique est déjà utilisée depuis dans certaines formes de la maladie de Parkinson qui résistent au traitement médical. La France avec le professeur Benabid (Inserm, CHU de Grenoble), est à la pointe de cette technique. C’est par hasard, en traitant des parkinsoniens par ailleurs atteints de TOC qu’on avait constaté l’amélioration de ces derniers. Cet essai, approuvé par le Comité national d'éthique a été conduit chez des personnes souffrant de TOC résistant à toutes les thérapies comportementales ou médicamenteuses. Cette maladie psychiatrique se caractérise par des obsessions permanentes concernant, entre autres, la propreté, l'ordre, ou la symétrie et les patients éprouvent la nécessité d’effectuer une série de rituels (de rangement, de lavage ou de vérification) qui, dans les cas les plus graves, les occupent chaque jour durant plusieurs heures.
"Après la chirurgie et au terme de trois mois de stimulation active, 7 patients sur 10 ont montré une amélioration de leur état : plus de 25 % de leurs symptômes ont disparu. L'évaluation de l'efficacité du traitement a porté également sur la capacité du patient à retrouver une vie de famille, à tisser de nouveaux liens sociaux ou à reprendre une activité professionnelle." "Ces résultats fournissent de nouvelles et solides données laissant penser que les personnes souffrant des formes les plus graves de TOC pourront bientôt être prises en charge en routine, comme dans le cas de la maladie de Parkinson, des tremblements essentiels ou de la dystonie", a expliqué le professeur Benabid. D'autres indications sont à l'étude, en France ou à l'étranger (dépression, épilepsie, certaines formes de migraines invalidantes, la boulimie et l'anorexie, voire certaines formes d’addiction et même la maladie d’Alzheimer.
Une fois qu’on aura aussi trouvé la pathologie organique à l’origine de l’hystérie, il ne restera plus aux psychanalystes que le mal être des gens normaux et les multiples Clara Sheller. Ca leur permettra encore de vivre, n’en doutez pas.

Pour illustrer ce billet trois courtes citations tirées de l' œuvre de Renaud Camus :


« Couches de vérité/
Ou bien prendre au pied de la lettre, au premier degré, ce qui n’est donnée que comme vérité enfouie, au troisième ou au quatrième :
- oui mais peut être qu’inconsciemment je suis jaloux de X (leur meilleur ami)
Et l’autre, trois semaines plus tard :
- Tu es jaloux de X, tu l’as reconnu toi-même.
La psychanalyse de consommation se prête particulièrement à ce coup là. La contre-attaque consiste à soutenir, à un niveau supplémentaire de la spirale, que la proposition est bien littérale : - Oui, je veux coucher avec ma mère. »


« La Psychanalyse/
Roland Barthes : Je suis toujours trop timide, je me laisse trop facilement impressionner. Quelqu’un me dit : « La psychanalyse, ce n’est pas une science, ça n’est pas vérifiable. » Et je commence à soutenir mollement qu’après tout ce n’est peut-être pas une condition indispensable, pour une science, d’être vérifiable. Et puis je raconte cet échange, qui m’avait troublé, à Lacan, et il dit : « Bien sûr que si, c’est vérifiable ! ».


« Lacan/
Lacan doit vraiment être génial, parce que s’il ne l’est pas il est tellement absurde que c’est pas possible ; »


(Renaud Camus, Buena Vista Park, 1980)

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