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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 22:17

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Si j’ai apprécié bien des films de Bertrand Tavernier, sa dernière réalisation, Quai d'Orsay, m’a laissé perplexe. Dominique de Villepin étant déjà en lui-même une caricature, était-il nécessaire d’en rajouter jusqu’ au grotesque ? On sourit certes au début, puis le caractère très stéréotypé des gesticulations de Thierry Lhermitte et le côté tiédasse de son "nègre" chargé de rédiger ses discours finissent par lasser, en un mot on s’ennuie. On se demande d’ailleurs quel peut bien être le point de vue de l’auteur sur notre ex ministre des affaires étrangères, peint comme un clown odieux mais aussi comme l’unique artisan du fameux, soit disant mémorable, discours de l'ONU sur l’Irak, Chirac apparaissant se désintéresser de tout sujet ne concernant pas l’ours brun des Pyrénées .....Heureusement il y a Niels Arestrup qui campe un irrésistible et cynique directeur de cabinet.

Si le poste de ministre de l’intérieur - le téléfilm d’hier soir sur France 3, « La rupture », histoire des relations entre Jacques Chirac et Valery Giscard d’Estaing de 1974 à 1976, vient de nous le rappeler – semble le plus prometteur comme tremplin pour la magistrature suprême (Chirac, Sarkozy, demain Valls?), celui de ministre des affaires étrangères réussit plutôt bien à nos hommes politiques qui nourrissent des ambitions présidentielles...Alain Juppé que celui de premier ministre avait plombé, s’y est refait une réputation et on ne peut plus exclure, si Sarkozy n’arrive pas à se débarrasser des nombreuses casseroles qui lui collent au cul, qu’ il rafle la mise dans la course aux candidatures de l’ UMP. Quant à Laurent Fabius, si ses débuts ont été plutôt discrets -le temps de faire oublier les perfidies qu’il avait proférées sur Hollande- il fait un retour plutôt prometteur au point que son nom circule comme futur premier ministrable (il aurait cependant faut savoir en haut lieu qu’il n'était pas partant..). Il est vrai qu’il affirme n'avoir plus d'ambition présidentielle mais peut-on le croire, ce genre d'envie, comme celle de baiser, ayant du mal à se calmer avec l'âge .....

Le sexe c' est ce qui semble préoccuper certains de nos députés socialistes qui ne voient rien de plus urgent, en ces temps si peu tourmentés, que de se précipiter au secours des prostituées, qui ne demandaient rien, au moyen de la pénalisation de leurs clients en rendant, en quelque sorte, le tarif de la passe (1500 euros d’amende) exorbitant.....Il est dommage que nos chers députés n’aient pas regardé sur Arte l'épisode du feuilleton Borgen consacré à ce brûlant sujet il y a quelques semaines car il y auraient retrouvé tous les éléments de ce stupéfiant débat, au royaume du Danemark cette fois…Il serait passionnant de tenter une approche psychosociologique des partisans et adversaires de ce projet chimérique. Est-ce un hasard si les positions divergentes de deux de nos intellectuelles, Elisabeth Badinter et Sylviane Agacinski recoupent celles qu’elles ont exprimées quant au mariage pour tous, Badinter contre la pénalisation des clients et pour la loi sur le mariage, Agacinski pour la pénalisation et contre la loi Taubira. Je partage bien sûr la position de la première qui voit derrière ce projet « une haine de la sexualité masculine ». C’est bien à la sexualité masculine que l’on s’en prend, comme on avait tenté de le faire il n’y a pas si longtemps, à propos du risque VIH, en préconisant d’interdire « les backrooms » ou de pénaliser les rapports sexuels non protégés (on est heureux de constater qu’aujourd’hui Act-Up n’est pas du côté de la répression…). De même, certains d’entre nous n’ont-ils pas soupçonné, derrière une certaine adhésion au «mariage gay», la volonté de nous voir « normaliser » nos comportements sexuels ?

Cette volonté de « légiférer » sur la sexualité est une véritable régression sociale, nouvel obscurantisme religieux « laïque » qui se cache sous les oripeaux du féminisme rejoint par les bataillons des aigris et frustrés du sexe. On ne peut s'empêcher de faire le rapprochement avec l'acharnement contre DSK à propos de l'affaire du Carlton... Il ne semble d’ailleurs pas question dans ce projet de la prostitution masculine car elle ne rentre pas dans les schémas du discours sur la « domination » masculine. Les clients des escorts « mâles » seraient donc exempts de toute amende ? Cela me réjouit pour mes vieux jours, car si je n’ai jamais eu jusqu’ici de rapports tarifés (si tout de même, une fois, il y a 15 ans à Barcelone, par inadvertance, mais ce serait trop long à raconter ici, plutôt un bon souvenir d’ailleurs…), je ne peux exclure que lorsque sera venu le temps où je ne pourrai plus rencontrer un garçon sans entendre un « merci j’ai déjà un grand-père… »...


Heureusement il y a l’irrésistible « Les garçons et Guillaume à table », le film de Guillaume Gallienne, pour nous faire oublier tout cela…





« Toute la législation sur la sexualité, telle qu'elle a été mise en place depuis le xixe siècle en France, est un ensemble de lois sur la pudeur », laquelle se révèle impossible à définir, devenant ainsi un outil flexible employé dans diverses tactiques locales. « Mais ce qui se dessine (…) c'est un nouveau système pénal, un nouveau système législatif qui se donnera pour fonction pas tellement de punir ce qui serait infraction à ces lois générales de la pudeur que de protéger des populations ou des parties de la population considérées comme particulièrement fragiles » (par exemple l'enfance). Ainsi, il y a des populations fragiles, et des « populations dangereuses » (l'adulte en général).
(Michel Foucault, la Volonté de Savoir, 1976)
(il n’y a qu’à remplacer « l’adulte en général » par « l’adulte mâle »)

Intéressant lien ci-dessous vers un article sur Foucault et la prostitution :
http://www.polis.leeds.ac.uk/assets/files/students/student-journal/ug-summer-11/rosalee-dorfman.pdf

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