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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 16:25

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Plusieurs penseurs de gauche ont depuis quelques temps, Pierre Rosanvallon (« La contre-démocratie ») et Marcel Gauchet («L’avènement de la démocratie ») notamment, fait état d’une crise de la démocratie : « anémie galopante », « perte d’effectivité », « démocratie éléctive érodée ». Il ne s’agissait cependant pas pour ces auteurs, plus ou moins proches de ce qu’on a appelé sous Mitterrand la « 2è gauche », de remettre en cause ce système qui reste pour eux, si ce n’est « l’horizon indépassable de l’humanité », au moins, pour reprendre les termes de Marcel Gauchet « l’horizon indépassable de la séquence historique à laquelle nous appartenons ».
On assiste depuis peu à l’émergence d’une pensée bien plus radicale, à laquelle Libération vient de consacrer un dossier, dont témoigne le livre à succès du philosophe Alain Badiou « De quoi Sarkozy est il le nom » ou encore celui du slovène Slavoj Zizek « Robespierre : entre vertu et terreur ». Pour ces auteurs la démocratie élective ne marque pas « La fin de l’histoire », et ils en appellent à sa remise en cause : « Tout le monde voit que la démocratie électorale n’est pas un espace de choix réel ». Face à la « corruption » par l’argent l’heure serait venue de définir « une nouvelle pratique de ce qui fut nommé dictature (du prolétariat). Ou encore, c’est la même chose : un nouvel usage du mot « vertu ».». Il s’agit bien du retour à un marxisme radical, stalinien, nourri par toutes les actions qui visent actuellement à saper les fondements de la démocratie et à remettre en cause en permanence le verdict des électeurs ( on pourrait donner en exemple les fameux « tribunaux citoyens » de Ségolène Royal ou l' incroyable appel à la « vigilance républicaine »). On assiste ainsi à une réhabilitation de Robespierre et St Just, à un éloge de Chavez. La cible, bien sûr, derrière tout cela, c’est le Capitalisme. Tout cela reste marginal, mais ne manque pas d’inquiéter.
Marcel Gauchet souligne l’irréalisme de ces positions « Elles témoignent de la décomposition politique de la gauche extrême…Je suppose que psychologiquement elles font du bien à ceux qui s’y rallient, mais, politiquement, elles ne pèsent rien, ne dérangent personne et surtout pas le pouvoir.. ». Selon Gauchet, elles arrangeraient même ce dernier qui les favoriserait par la politique d’ouverture et la promotion de l’extrême gauche, « avec Besancenot tous les soirs à la télévision », «Brandir le mot de communisme comme une espèce de surmoi sans base, c’est faire du bruit avec la bouche pour impressionner les gogos ». Gauchet a montré dans d’autres livres comment la démocratie était « la forme de sortie de la religion » ( et en ce sens on peut bien parler de racines chrétiennes du monde occidental), mais qu’elle souffrait d’une crise de croissance qui s’expliquerait en partie par l’hypertrophie de ses fondements post-chrétiens « les droits de l’homme ». « C’est la poussée ininterrompue et généralisé des droits individuels qui déstabilisent l’édifice. Si la démocratie peut être définie comme le pouvoir d’une collectivité de se gouverner elle-même, la sacralisation des libertés de la dite collectivité a pour effet de vider ce pouvoir de sa substance ».
Cette action de sape, souvent inconsciente des bases la démocratie par montée d’un hyper individualisme, parfois « à plusieurs » (communautarisme, corporatisme, et) se voit partout, y compris dans de nombreux blogs, ce que j’appelle, peut être improprement, le « Nouveau Poujadisme », celui de Marianne.

http://www.syti.net/Topics2.html

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