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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 16:27

 

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Nous sommes arrivés à Hué,  hier en début de soirée, après avoir quitté les brumes d‘Hanoi et  sa région, centre géographique, historique et culturel du Vietnam, au niveau du 17è parallèle qui coupa symboliquement le nord du sud à la suite de la chute Dien Bien Phu, où les stigmates de la colonisation française sont encore bien présents, ne serait ce que dans les noms d’ouvrages d’art ou de bâtiments (Jules Ferry, Clemenceau etc,) . La ville a été en grande partie détruite par les bombes américaines après l’offensive Viêt-Cong du Têt, et notamment la cité impériale qui n’a encore qu’en partie été restaurée. Si l’on met à part les paysages presque surnaturels de la baie d’Along, même vus dans la brume habituelle en cette saison, c’est à Hué que j’ai eu jusqu’ici ressenti mes plus grandes émotions. Avant tout l’extraordinaire mausolée impérial de Minh Mang, mais aussi, la pagode de la Dame Céleste, sur les bords de la rivière des parfums, à laquelle le guide du routard n’accorde étrangement qu’une étoile. Pagode purement bouddhiste, contrairement à celles du nord où les trois religions, bouddhisme, confucianisme et taoïsme s’entre mêlent dans le culte des ancêtres, les rendant « illisibles » sans l’aide d’un guide, elle témoigne aussi de cette religion comme bastion de la résistance aussi bien à l’impérialisme américain qu’au régime communiste. On y voit notamment exposée la carcasse de la voiture dans laquelle un bonze s’immola par le feu dans les années 60, suivi par bien d’autres, en protestation contre les percussions du président sud-vietnamien catholique, obligeant les américains à s’en débarrasser.

Hué, bien moins peuplée qu’Hanoï, permet également de se reposer des tracas de la circulation dans la capitale, d’autant plus que nous y sommes arrivés bien « entrainés ». En effet ce qui surprend d’emblée quand on découvre Hanoï, outre les rôtisseries de chien, c’est le flot ininterrompu des hordes de motocyclistes qui noircissent les rues à l’infini, entre lesquelles s’infiltrent quelques voitures et qui ne respectent aucune loi, aucun code, qu’il s’agisse de la priorité, du sens de circulation et même des feux tricolores quand il y en a. On n’a du mal à comprendre comment ces flux s’entremêlent sans jamais se heurter, étrange ballet sans chorégraphie où chacun trouve sa place. Piéton, état qui ne vous confère aucune priorité, il ne faut surtout pas se poser la question « quand et comment traverser », les passages qui leur sont dédiés ne sont là qu’à titre décoratif, de crainte de s’immobiliser pour l’éternité, et se lancer au travers du flux où comme par enchantement on s’intègrera à cette chorégraphie lente ( leur vitesse est fort réduite), pour gagner sans encombre « l’autre rive ». A Saigon il semble, aux dires de notre guide, qu’il existe des « policiers touristiques » qui  accompagnent les touristes dans ces traversées périlleuses. C’est en fait comme en France, où les passages  « cloutés » sont de plus en plus décoratifs, si ce n’est que c’est exactement le contraire, puisque chez nous  le piéton est maintenant roi. On pourrait pousser le paradoxe plus loin et dire qu’au Vietnam tout est permis ou toléré sauf de critiquer l’état et ses représentants , alors que chez nous l’opposition et la critique gouvernementale sont libres mais la liberté individuelle restreinte de jour en jour au nom de la santé publique, du principe de précaution, de l’environnement et de la police de la langue et de la pensée. A chacun son « big brother »! Boutade bien sûr car un de nos guides nous a expliqué combien la vie était difficile ici, surtout pour les fonctionnaires qui ont des salaires de misère,  parfois en nature seulement sous forme de kilos de riz, avec lesquels il est impossible de vivre si on ne recourt pas à des activités parallèles qui riment souvent avec corruption. La situation est un peu moins difficile pour ceux qui appartiennent au secteur privé, en pleine expansion, source de la forte croissance du pays, comme en Chine et qui permet une hausse continue du niveau de vie.

Ce séjour a été pour moi l’occasion d’expériences inédites et inattendues, un cours d’initiation à la gymnastique, le Taï Shi, à 7h30 du matin devant le mausolée d’Ho Chi Min, un déjeuner végétarien dans un monastère bouddhiste, une promenade en pousse-pousse avec un conducteur m’entonnant « l’ave maria » pour me montrer qu’il était catholique ou me faire saisir de façon imprévisible le sexe dans la pissotière d‘un bar gay par  un jeune vietnamien avec lequel j‘avais semble t‘il « chaté » sur «gayromeo»!

J’avais en effet signalé ma présence au Vietnam sur « gayromeo » et j’avais pu constaté que la vie gay  y semblait bien présente. Nous nous sommes donc mis en quête, une simple recherche internet, des lieux gays à Hanoï. Les promenades au soir tombant le long du lac Hoan Kaiem, qui délimite la vieille ville, et deux ou trois bars ou boîte.  Les deux premiers soirs, après des journées  bien chargées et victimes du décalage horaire, nous sommes sagement  restés à l’hôtel, mais le troisième nous allâmes à la découverte du bar « GC », (le Golden Cock), à deux pas de notre hôtel, au cœur de la vieille ville qui a tant de charme. Une clientèle d’européens et d’asiatiques en proportion égale, des bières à moins d’un euro, une ambiance très sympathique, plutôt jeune et des toilettes qui, on l’a vu, semblent faciliter le contact.

Demain nous franchirons un col pour gagner Ho An et atteindre la Cochinchine en fin de semaine.
Si j’ai bien suivi le fil de l’actualité, il semble que le Japon ait éclipsé la Libye à la une de nos médias. J’ai jeté un œil sur la carte pour apprécier la distance du Japon au Vietnam, nous ne sommes pas si loin que çela d’un « potentiel » nuage radioactif….

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