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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 21:33

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A chaque grande avancée «sociétale», sous la cinquième république, le ministre de la justice en charge du dossier a prononcé à l’assemblée nationale un discours dont on a dit qu’il marquerait les mémoires et ferait entrer son auteur dans l’histoire. Ce fut le cas de Simone Weil pour la dépénalisation de l’avortement, de Robert Badinter pour l’abolition de la peine de mort (celui prononcé pour la dépénalisation totale de l’homosexualité était également remarquable), et c’est maintenant le tour de Christianne Taubira, admirable, pour le mariage gay. Ces lois ont à chaque fois étaient votées dans la première année du premier septennat d’un président qui n’a jamais été issu des rangs du parti qui se réclame du fondateur de notre actuelle constitution, et n’auraient pu l’être sans les voix des formations de gauche. On peut se demander comment ce parti qui domine la vie politique à droite depuis 50 ans ne commence pas à éprouver une certaine fatigue à être toujours à la remorque du sens de l’histoire en s’appuyant sur la fraction la plus réactionnaire et la plus âgée de son électorat. On ne peut qu’être frappé par la différence de comportement de son homologue britannique avec un premier ministre, pourtant très conservateur, qui au nom de ses convictions et sans doute contre son intérêt politique immédiat, a su entraîner avec lui nombre de députés de son parti en faveur du mariage homosexuel. Chez nous le nombre de députés de droite qui voteront la loi ou s’abstiendront est nanoscopique, parfois pour de basses raisons comme NKM qui a pris soudainement conscience, après les savoureux conseils de Roselyne Bachelot, qu’il lui serait difficile de prendre la mairie de Paris si elle s’aliénait le Marais. Les députés UMP, qui ont montré dans ce débat qu’ils n’avaient pas peur du ridicule, pourront toujours se consoler en rendant hommage aux propos d’un de nos anciens premiers ministres, Edith Cresson, qui considérait l’homosexualité comme une sorte de faiblesse plus proche des « coutumes anglo-saxonnes »….

Je ne serais pas tout à fait honnête si j’omettais de mentionner qu’un député du parti majoritaire à droite, Lucien Neuwirth, a su lui imposer la loi autorisant la contraception, avec le soutien, silencieux, de De Gaulle et une fois encore les votes de l’opposition de Gauche, mais c’était il y a si longtemps, en 1967, avant que ne commence avec Pompidou la dérive conservatrice du parti gaulliste.

Il est vrai que dans notre pays les pesanteurs idéologiques, à droite comme à gauche, ont tendance à fossiliser les partis politiques au point de nous faire oublier qu’il est loin d’en être ainsi partout. J’ai découvert, avec stupéfaction, en assistant à la projection du « Lincoln » de Spielberg, survenue fort à propos quelques jours après celle du Tarantino, que la parti d’Obama, à l’origine, était esclavagiste et que c’est le parti républicain - certes avec des arrières pensées pas uniquement humanistes, le capitalisme industriel pour étendre son empire devait détruire le système économique du Sud - qui a fait voter l’abolition de l’esclavage…. Quoiqu'en ait pensé une certaine critique, j’ai trouvé le film certes quelque peu académique, mais redoutablement efficace.

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