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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 22:05

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Mon dernier billet, inspiré par la lecture de plusieurs articles parus dans la presse ces derniers mois, s'inscrivait dans la lignée de plusieurs autres, plus anciens, comme "les neurones de la peur" ou surtout "Intention, conscience et libre arbitre". ( http://limbo.over-blog.org/article-intention-conscience-et-libre-arbitre-50676034.html).

Il se trouve que les quelques interrogations qu'il a suscitées sur la version de ce bog publiée sur un site gay ( http://blog.hyperion.gayattitude.com/) ont trouvé un écho inattendu dans le Monde de ce weekend. Il y est fait état d'une proposition parlementaire (trans-parti) qui préconise de préciser, voire de supprimer l'usage de l'IRM fonctionnelle en justice : « Ces technologies provoquent des tensions d’ordre éthique, philosophique, juridique et social, car elles répondent partiellement aux interrogations que l’homme s’est posées…sur la pensée, la conscience, la mémoire, les émotions, la liberté, la responsabilité et le libre arbitre ».

L’utilisation de l’imagerie cérébrale est de pratique courante aux Etats Unis. Je ne savais pas qu’une loi récente en France avait élargi son usage à l’expertise judiciaire. Le Comité national consultatif d’éthique devrait rendre prochainement son avis. Je partage l’avis de Stéphane Lehéricy, chef de service de neuroradiologie à la Salpetrière : « L’IRM fonctionnelle ne peut être utilisée pour prédire de façon suffisamment fiable un comportement individuel. C’est un outil de recherche pour appréhender le fonctionnement du cerveau à l’échelle d’un groupe. On n’en tire le plus souvent que des statistiques obtenues dans des conditions expérimentales données, pas dans la « vraie vie». Mais dans un avenir sans doute pas si lointain, l’imagerie cérébrale trouvera sa place à côté des recherches d’ADN…

On pourrait d’ailleurs se demander pourquoi l’utilisation de l’expertise psychiatrique, qui a sa place dans les cours de justice depuis fort longtemps, mais dont le caractère « scientifique »reste à établir, ne soulève pas la même « réserve». Peut être parce qu’elle fait porter la « non responsabilité » sur la société, la famille, etc, non sur la structure même du sujet….

L’autisme fait partie de ses maladies, dont on reconnait maintenant l’origine dans un trouble du développement du cerveau, mais qu’une certaine école de pensée psychiatrique, la psychanalyse, continue à considérer comme liée à des parents « pathologiques ». La Haute Autorité de Santé a enfin promulgué des recommandations qui constituent un désaveu de la psychanalyse appliquée au traitement de l'autisme, une pratique majoritaire en France mais combattue depuis longtemps par les associations de familles d'enfants autistes…

 

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