Un de mes collègues, lors d'une conversation à propos du débat autour du livre de Michel Onfray, où la psychanalyse a fait l'objet d'un échange "tendu", a qualifié mon approche de
passionnelle . Il faisait bien sûr référence à la passion dans son sens premier (passion affective, donc subie, dans son versant négatif, la haine) et non à la passion dans son sens trivial,
d'intérêt excessif ou intense (en ce sens la mécanique quantique est pour moi une passion). J'ai essayé de dissiper quelques malentendus qui pourraient aussi concerner certains lecteurs de ce
blog. J'ai lu Freud avec beaucoup d'intérêt, et même Lacan (je n'ai pas toujours compris mais "ça" reste fascinant). Je lui ai dit qu'en ce qui concerne les lapsus, les actes manqués, etc.,
qui étaient selon lui un acquis de la théorie analytique, au contraire je contesteait qu'ils fassent "sens", qu'il y ait une quelconque "compréhension" à en avoir, et s'il se trouve, ici ou
là, qu'il y en ait une, celle donnée par la psychanalyse n'avait pas de fondements . Je ne nie en aucun cas l'inconscient, c'est même une des découvertes majeures de la biologie, la conscience
n'étant que la partie immergée de l'iceberg, l'inconscient n'est que la somme de nos déterminismes génétiques, biologiques et environnementaux qui, tel la réalité pour la mécanique quantique,
nous sont à jamais voilés. L'Oedipe n'a rien à faire là dedans car il n'existe pas.
La psychanalyse a du succès car elle répond à cette demande de "sens" au même titre que la religion ou d'autres disciplines. Elle ne me dérange pas plus que les autres (enfin si quand elle
s'intéresse à l'homosexualité) tant qu'elle n'a pas de prétention "clinique" ( elle a fait tellement de mal à la psychiatrie française et encore plus aux malades). Il se trouve qu'elle est
obligée de quitter le champ des maladies mentales où son échec est monumental. Apparemment, qu'il ait été démontré que la théorie était erronée quand il s'agit de ces maladies (il suffit d'aller
lire les écrits qui concernent l'interprétation "analytique" de la schizophrénie , de la dépression maladie, de la psychose bipolaire ou des TOC!), ne dissuade pas de penser que la théorie puisse
être dans le vrai pour le reste....
Ceci étant dit ne pas confondre refus de la psychanalyse et refus de la psychothérapie qui reste une arme thérapeutique indispensable.