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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 18:49

g2028.jpgLes-Amours-Imaginaires-1-31867.jpg

 

Il est des films dont on ressort, secoué, ému, avec la forte envie de les faire connaître, cela d’autant plus qu’on les a vus devant une salle presque vide et que l’on sait qu’ils ne tiendront pas l’affiche au-delà d’une semaine ou deux si le bouche à oreille ne fait pas son œuvre. Ce fut le cas pour moi l'année dernière avec  "j'ai tué ma mère", le film autobiographique du canadien Xavier Dolan, à peine 20 ans, histoire d'un étudiant homosexuel de 16 ans qui ne supporte plus sa mère avec qui il vit, le père absent ayant déserté le foyer.

J'attendais donc avec impatience son second film qui vient d'être projeté à Cannes, non pas malheureusement en compétition officielle, mais dans le cadre d'une des projections parallèles, "Un certain regard". Cette fois encore il a soulevé l'enthousiasme avec " Les amours imaginaires",  où le personnage qu'il incarne, ainsi que son amie tentent tous deux de conquérir le cœur d'un même garçon d'une beauté antique. Espérons que ce jeune cinéaste gay aura pour son troisième film, en préparation, enfin les honneurs de la compétition officielle.

Une occasion peut être, pour ceux qui n'auraient pas vu "J'ai tué ma mère", de se le procurer en DVD. Xavier Dolan en parlait ainsi lors de sa présentation à Cannes dans le cadre de la quinzaine des réalisateurs :
“J’ai écrit le scénario en trois jours, juste après avoir quitté l’école, rempli de griefs contre ma mère, le système éducatif. Ça a été un défouloir, une catharsis. Je l’ai écrit comme une lettre vindicative qu’on écrit à quelqu’un sans jamais lui envoyer.”
Ce film, aussi dur qu’il soit par moment, n’est jamais manichéen, il s’agit d’un « tendre parricide » pour reprendre l’expression d’un critique. Bonheur aussi de voir le naturel avec lequel le cinéaste aborde les relations homosexuelles de son héro. Les références cinématographiques sont nombreuses, « My own private Idaho», « In the mood for love », etc.
Les longues séances dialoguées de ce film, d’une intensité rare, m’ont remis en mémoire cet autre magnifique film canadien, passé lui aussi inaperçu en France, « Seul avec Claude », de Jean Baudin, dans lequel un tapin de Montréal, égorge Claude, jeune étudiant qui est aussi son amant, au coeur de leur étreinte avant de convoquer les médias au moment de sa reddition spontanée. La trame du film c'est l'énigme de ce meurtre que tente de dénouer l'inspecteur dans un interrogatoire serré, qui révèle tant de chose sur la nature homosexuelle.
La pertinence du regard canadien sur l’homosexualité se vérifie à nouveau, il faudrait aussi citer « Crazy » sorti il y a deux ans et qui pourrait s’intituler « J’ai tué mon père », ou les films de Denys Arcant.

A ce jour le film le plus fort que j’ai vu sur le sujet reste « Torch song trilogy ».

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