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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 22:55

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Sur le long chemin qui me mène de mon domicile dans le 12è arrondissement à mon bureau en banlieue ouest, une véritable traversée de Paris, en écoutant ma radio matinale préférée, BFM, un des invités constata, pour le déplorer, que le traitement des « révolutions arabes » par les grands médias était pathognomonique de la « provincialisation » de notre pays. Il est vrai que les grandes chaines de télévision ou de radio, audimat à l’appui, faisant plus d’audience avec les faits divers qu’avec la politique internationale, nous avons eu plus souvent droit, comme premier sujet traité, aux péripéties de l’enquête sur le psychopathe qui découpe en rondelles les jeunes filles ou autres passionnantes histoires apparentées, qu’aux aventures de celui qui dirige la Lybie ou d’un de ses clones. Impensable sur la BBC. Ceci traduirait un repli sur soi, sur son quotidien, sur ce « qui peut nous arriver », en un mot le signe d’une décadence. Ce désintérêt pour le monde extérieur, vite secoué par le principe de réalité, la montée vertigineuse du prix de l’essence, faut il s’en étonner quand notre « prince » fait appel à un journaliste de la France des villages, la France « moisie » de Philippe Sollers, pour animer son intervention télévisée et est plus prompt à réagir, immédiatement, au dit fait divers, en disant n’importe quoi, qu’au souffle de l’histoire qui balaie l’orient en mettant plusieurs semaines pour se débarrasser d’une ministre et la renvoyer dans son joli port de pêche, St Jean De Luz.

Pauvre ministre, aucune compassion cependant, elle m’insupporte depuis toujours, victime ahurie d’un phénomène qui illustre la théorie du chaos : un battement d’aile de papillon, la hausse des prix alimentaires, a déclenché une révolte en Terre arabe où elle passait ses vacances, comme bien de nos dirigeants qui depuis des décennies, continuité de la politique arabe de la France, là encore aucune rupture sarkozyste, ont « fleurté» avec les tyrans des régimes qu’ils soutenaient. Politique qui consistait, comme vient de le rappeler un groupe anonyme de diplomates dans une tribune du Monde, le groupe « Albert Camus » à se démarquer du monde « libéral », en sacrifiant à notre idéal démocratique une volonté d’indépendance de notre politique étrangère. Hier l’Irak et la Serbie, aujourd’hui la Tunisie, l’Egypte et la Libye.

Ce repliement sur soi, sur la France de TF1, sur celle qui a peur à qui notre « petit » prince s’est adressé l’autre soir, pour un simple remaniement, avec une solennité qu’on n’avait plus vu dans une intervention télévisée depuis celle de Mitterrand nous annonçant notre entrée en guerre contre l’Irak, il veut en faire le centre de sa prochaine campagne électorale en soulevant, au pire moment, le problème de l’Islam en France et en ouvrant ainsi un boulevard pour le second tour à la fille du borgne. Pourtant on ne voit plus ce qui pourrait le sauver tant il semble engagé dans une vertigineuse spirale de l’échec. Je n’avais pas voté pour lui, mais j’avais espéré, j’y ai cru un temps en dépit de sa fascination pour le luxe, qu’il fasse bouger les choses dans ce pays sclérosé et englué dans ses corporatismes. Je n’avais pas imaginé ce mouvement brownien qui n’est qu’immobilité. La probabilité de son échec à la prochaine présidentielle est peut être ce qui paradoxalement va le sauver car les candidats socialistes, ne voyant plus la nécessité de faire appel à DSK pour le battre, pourraient bien nous rejouer règlement de compte à Ok Corral...Il a pourtant laissé passé l’occasion d’une manœuvre machiavélique qui aurait pu le remettre en piste, dissoudre l’assemblée plutôt que de remanier et mettre ainsi en piste un rival potentiel, laisser les socialistes vainqueurs probables des législatives s’enferrer dans leur contradictions et soit trahir leurs promesses soit aller dans le mur à un moment où le problème de la dette va resurgir, pour apparaître un an plus tard comme le sauveur. Risqué certes, mais jouable...

Moisissure de la France du repli sur soi, certes, mais il en est une autre, plus subtile, qui la nourrit en fait par un processus de capillarité, celle des élites « droit de l’hommiste », qui ont d’ailleurs toujours soutenu la politique « arabe » de la France, celle du politiquement correct qui infiltre jusqu’à nos magistrats et qui vaut à Eric Zemour d’être condamné, pour n’avoir dit, sans précaution de langage, que ce qui est. Etrange police de la langue qui reste aveugle, ou plutôt sourde par contre aux propos eux racistes, mais un racisme qui ne touche que les pédés, du rappeur Cortex, « je ne supporte pas qu’un pédé soit maire de Paris ». Stéphane Hessel, dont je n’ai pas lu le long article, « Indignez vous », est ce bien nécessaire, à peine 20 pages dont on trouve suffisamment d’extraits dans la presse, est sans doute un digne représentant de cette élite. Renaud Camus, a jugé bon de répondre à ce pamphlet au succès monumental, cela s’appelle « J’y crois pas ».

Julien Doré et son bichon ont trouvé un moyen bien plus ludique d’aider nos villages à s’ouvrir sur le monde :
http://www.tetu.com/actualites/culture/julien-dore-en-garcon-sensible-dans-son-dernier-clip-et-vous-quen-pensez-vous-18925

 

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