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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 12:49
Histoires de Dandy : résistant, réactionnaire, guerrier, politique

Quel spectacle réjouissant, drôle, élégant, intelligent que ce « Grand Budapest hôtel », fable humaniste de dimension burlesque qui nous conte la fin d’un monde, celui de la clientèle d’un Grand Hôtel d’un pays imaginaire de l’Europe de l’est. Nostalgie de ce paradis perdu qu’était l’Europe d’hier (référence explicite au « monde d’hier » de Stephen Zweig) submergée, dans les années 30, par la montée du nazisme et du communisme, nostalgie aussi d’un certain cinéma, tout cela vu à travers l’histoire d’un dandy, Gustave, concierge de l’hôtel. Le dandysme comme forme ultime de résistance à l’écroulement d’un monde ?

C’est semble-t-il la posture qu’a choisie Renaud Camus, qui a transformé l’audience où il comparaissait pour incitation à la haine raciale en tribune, en faisant le procès de l’avocat de l’accusation devant un tribunal médusé (http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/renaud-camus-poursuivi-pour-incitation-a-la-haine-raciale_1494216.html).

Cette nostalgie du monde d’hier c’est également ce qu’ont semblé nous jouer les médias en ce lundi, tant on aurait pu croire à la lecture de la presse ou l’écoute des chaines d’info continue, que nous étions revenu aux pires heures de la guerre froide. Peut-être cette nostalgie est elle aussi celle de nos dirigeants occidentaux qui semblent prendre un malin plaisir à provoquer le Bonaparte slave, qui certes n’éveille pas la sympathie, sur de biens mauvaises causes : la Syrie d’abord en soutenant une rébellion dont l’inclinaison semble plus terroriste que démocratique ; puis maintenant une révolution ukrainienne de composition pour le moins ambiguë tout en sachant que la Russie ne peut se permettre de perdre la Crimée, et que l’exemple de ce que nous avons fait du Kosovo pourrait lui servir de « jurisprudence»!

L’économiste Charles Gave, l’autre matin sur BFM business, était fort convaincant, en montrant comment Poutine était en train de « fédérer » derrière lui le monde Chiite, ce qui pourrait s’avérer stratégique sur le plan pétrolier - le problème Ukrainien comme pure diversion, -alors que nous soutenons les sunnites et qu'un autre Dandy, guerrier celui-là, BHL, est devenu le nouveau « maitre à penser » des médias et de ceux qui nous gouvernent…

La fureur médiatique ne s’est emparé de l’Ukraine que l’espace d’un lundi, hier elle ne bruissait plus que du nom de Buisson. Jouer le rôle de Raspoutine n’est pas sans danger, il aurait mieux fait de rester journaliste politique sur LCI où il excellait…L’ histoire retiendra peut être que l’UMP a fait l’impossible pour tenter de sauver le soldat Hollande d’un désastre aux municipales et qui sait, lui permettre de garder Ayrault, et ne pas appeler, ce qui constituerait un étonnant remake du tournant économique du premier septennat de Mitterrand, Laurent Fabius, ce « dandy cérébral » ( selon une expression de Raphaëlle Bacqué).

C’est en sortant de la projection du film de Wes Anderson que j’ai appris la mort d’Alain Resnais. Adolescent j’étais passé à côté d’«Hiroshima mon amour» et je m’étais ennuyé à « l’Année dernière à Marienbad ». C’est avec «Providence» que j’avais découvert cet immense réalisateur dont je n’ai plus manqué aucun film, intérêt renforcé par le fruit de sa rencontre avec le biologiste et philosophe Henri Laborit, «Mon Oncle d’Amérique», qui illustre les théories de ce dernier sur le comportement humain, ou par son illustration des univers multiples de la mécanique quantique avec «Smoking, no smoking».

Le hasard a voulu que sa mort survienne au lendemain d’une cérémonie des Césars dont il avait, en son temps, trusté presque toutes les récompenses avec Providence. Le palmarès de cet année n’est certes pas choquant mais «les garçons et Guillaume à table», est-il vraiment, aussi charmant soit-il, le meilleur film de l’année ? J’aurais plutôt penché pour «L’inconnu du lac», mais je conçois qu’on puisse contester mon objectivité...Quant à «La vie d’Adèle», je peux difficilement en juger, ne l’ayant pas vu, sans autre excuse, alors que j’avais fort apprécié le précédent film du réalisateur « la graine et le mulet », que la crainte de subir pendant trois heures une histoire de lesbiennes…mais je tente de soigner ma misogynie et je me suis promis de le voir lors de son passage à la télévision….Je n’ai pas vu non plus le vainqueur des Oscars, mais là aussi la crainte, à la vue de la bande annonce, d’une indigestion après trois films, excellents, sur l’esclavage noir aux Etats Unis (le Tarantino, le Spielberg, puis le Lee Daniels). Hollywood semble ne pas aimer DiCaprio, pourtant époustouflant dans «Le loup de Wall Street»….

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