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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 22:14

Je me disais, dans mon dernier billet, impatient de connaître l’issue des élections municipales. Eh bien maintenant je sais…J’avais un moment caressé l’espoir que l’irruption médiatique autour des « affaires » du sarkoland atténue quelque peu la sanction qui s’annonçait, comme à chaque municipale, pour le pouvoir en place.

Que nenni, ce fût une débâcle. L’électeur de droite est un pragmatique -son intérêt avant tout- qui si il n’est pas satisfait de ses élus se garde bien de faciliter, notamment en s’abstenant, la prise du pouvoir par le camp d’en face. Il a pu ainsi parfois voter Front national quand sa victoire était possible mais est gentiment rentré au bercail UMP quand elle ne l’était pas. L’électeur de gauche, lui, est un idéaliste, quand il n’est pas satisfait il punit sans se soucier une seconde des conséquences : le retour au pouvoir de ceux qui vont appliquer, au moins sur le plan sociétal, un politique encore plus éloignée de ses « idéaux ». Idéalisme d’autant plus inconséquent que s’il était assumé avec détermination, il devrait au moins s’exprimer dans un vote radicalement de gauche et non dans l’abstention. Pourtant le Front de gauche, hors PC, a fait un score dérisoire. L’électeur de droite lui n’a pas peur de l’aventure.

On ne s’étonnera donc pas que le droite soit bien plus souvent au pouvoir que la gauche ce qui finit par lui faire croire qu’elle seule en a la légitimité et que le peuple français est majoritairement de droite….

Maigre consolation de voir Paris résister, sans doute sauvé par ses « bobos » qui bouffent « bio » et ont voté écolo. Etrange de voir cette maxime répétée sur toutes les ondes : « Paris n’est pas la France»…La prise de la Bastille, la Commune, etc…ce n’était donc pas « la France » ?

L’ampleur de la défaite aura au moins permis à François Hollande de mettre en conformité ses actes avec la teneur de sa conférence de presse de janvier en choisissant Manuel Valls. Je dois avouer que je ne pensais pas qu’il oserait aller si loin dans la rupture avec les archaïsmes idéologiques qui depuis 1981 ont systématiquement conduit la gauche dans le mur et rendre irréversible la rupture avec l’aile radicale du parti socialiste et les verts. Bon vent Cecile Duflot…. Enfin, mais sans doute trop tard, car on ne voit pas très bien sur quelle majorité le nouveau premier ministre va pouvoir s’appuyer pour mener sa politique. Si ceci avait été fait dès le début du quinquennat, c’était jouable, au prix certes d’un reniement, peu acceptable moralement, du discours de la campagne présidentielle. L’aile gauche du PS et les verts auraient plié et à défaut nombre de centristes -c’est ce qu’espérait le béarnais- auraient été prêts à une alliance. Mais maintenant ce dernier lorgne du côté de Juppé, le nouveau « recours ».

Tout va se jouer dans les semaines qui viennent car il ne sera fait aucun cadeau au nouveau premier ministre, notamment par nos deux héritiers de la "Terreur", ce cher Jean Luc - notre Hébert des temps modernes - , qui a, fort du score insignifiant de son Front aux municipales, déjà programmé une manifestation ou le nouveau Robespierre, Edwy Plenel, qui n'a sûrement pas attendu pour lancer ses sbires faire les poubelles à la recherche de la moindre information qui pourrait abimer son image. Je crains qu’il ne faille se résigner d’ici quelques mois à une dissolution, une nouvelle cohabitation, l’arrivée de Copé ( quel cauchemar…) à Matignon, peut-être d’ailleurs le meilleur espoir pour François Hollande de remporter la prochaine élection…machiavélisme ?

A la fin de la semaine je m’éloignerai un peu de la fureur médiatique, en route pour 15 jours de vacances vers le pays des racines - l’Espagne - des deux rayons de soleil de cette triste élection. En route en effet puisque c’est en voiture que nous partirons, Bertrand et moi, vers Cordoue et les villes d’Andalousie, via deux étapes, Bordeaux , puis Salamanque.

A signaler, illustration de ce billet, la parution d’ «Un goût exquis, essai de pédesthétique », ( d'Antoine Pickels (éd. Cercle d'art, 2006) ) prolongé par une spectacle chorégraphique de Fabrice Ramalingom à la « ménagerie de verre » à Paris. Les quelques lignes qui suivent, tirées du Monde d’ hier et qui rapportent les propos de l’auteur rappelleront sans doute à certains lecteurs de ce blog bien des réflexions qui y ont été faites: « La visibilité a entraîné une perte de la subversion pédé, de plus en plus diluée et lissée, dans un modèle toujours aussi blanc, économiquement à son aise, politiquement conservateur et sexuellement… hétérosexuel. Cela ne me semble pas compatible avec l'héritage historique de la résistance et de la clandestinité pédé. » Et de citer « les dix-sept siècles de bûcher, deux de répression policière, un de médicalisation… » « Ce point de vue prend aujourd'hui une acuité particulière dans le contexte politique français. Le mariage pour tous, les contre-manifestations violentes qu'il a engendrées et le retour de l'homophobie cernent d'un trait urgent et offensif le propos d'Antoine Pickels, de Fabrice Ramalingom et de ses interprètes. » (Le Monde du 31/03/2014)

Enfin! Trop tard?
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