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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 23:03
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Ces temps d'élection sont une occasion de vous faire part d'une page du dernier tome, celui de l'année 2007, du journal de Renaud Camus, "Une chance pour le temps". L'auteur s'étonne d'entendre au journal télévisé, une dame professeur agrégée d'histoire et géographie dans un prestigieux lycée parisien, déclarer qu'il lui fallait trois heures de préparation pour ses cours : "Et quand je vois le niveau ordinaire, en histoire, des quelques adolescents ordinaires que je rencontre, lesquels en général n'ont pas la moindre idée claire de quelque épisode ou de quelque période que ce soit, je ne parviens pas à concevoir qu'un professeur agrégé, passé les deux ou trois premières années, peut-être, et encore, puisse être obligé de se livrer à trois heures de préparation pour un cours, ni même une seule." L'ami de l'auteur, Pierre, étant lui aussi professeur agrégé d'histoire, Renaud Camus poursuit : " Pierre a là-dessus une position ambigüe. Il dit que lui même ne prépare ses cours, mais il dit aussi qu'il a tort. Il trouve particulièrement difficile d'enseigner l'histoire contemporaine....il donne l'exemple de la démocratie chrétienne. Il dit qu'expliquer ce que peut bien être la démocratie chrétienne, le concept et la chose, à des lycéens de première, c'est la croix et la bannière :"parce que nous, nous savons que les chrétiens, traditionnellement, dans la République, avaient été plutôt à droite, ou même très à droite : alors il nous est facile de comprendre l'espèce de paradoxe et la nouveauté qu'ont pu représenter des démocrates chrétiens, des chrétiens démocrates. Mais, pour mes classes, les chrétiens sont des gens bien gentils, un peu gnangnan, qui sont prêts à se dévouer pour toutes les bonnes causes : pourquoi ne seraient ils pas démocrates? pourquoi faudrait il préciser qu'ils le sont? On ne comprend pas de quoi je parle."
- Mais justement : c'est ce que je dis. Ces lycéens sont tellement ignorants qu'il faut tout leur apprendre. Un professeur ne peut pas être lui-même tellement ignorant qu'il ait besoin de faire des recherches et de préparer son cours pour s'adresser à des gens qui ne savent rien. Tout ce qu'il pourra leur dire sera utile pour eux. Tout ce qu'il pourrait leur apprendre serait un progrès."

Ce passage m'a fait sourire car il se trouve que Bernard, mon ex-ami, lui aussi professeur agrégé, de lettres, ne manquait pas de me dire quand il donnait ses cours au lycée de Noisielle (en ce temps là l'ami de Renaud Camus professait dans le même lycée, ils avaient d'ailleurs sympathisé), qu'il n'avait nul besoin de les préparer ... Je ne me mêlerai pas à ce débat, mais il me semble cependant que Renaud Camus a sous estimé le caractère "prestigieux" du lycée dans lequel enseignait cette dame, lycée dont les élèves ne sont sans doute guère représentatifs de ceux que l'on peut rencontrerl....
Bonne occasion pour signaler que j'ai voté pour la démocratie chrétienne (! ) et non blanc comme je l'avais envisagé, dans tous les sens du terme, puisque le candidat Modem de l'Ile de France est métisse. Je voterai blanc au second tour.

Quitte à en agacer certains, il m'arrive, la pression médiatique étant telle, que je me demande parfois si je n'ai pas "mal pensé", si ma première appréciation des propos d'un tel ou d'un tel n'a pas été hâtive. Je n'ai jamais eu de sympathie particulière pour Gérard Longuet, loin de là, mais je trouvais ses propos récents sur la présidence de la Halde au moins dignes d'intérêt. Le tumulte qui a suivi aurait pu me faire douter, mais j'ai été rassuré en écoutant ce jour le débat hebdomadaire "Jacques Julliard- Luc ferry" sur LCI, les deux avaient le même sentiment que moi.

Un roman fait actuellement beaucoup parler de lui : "Sukkwan Island". Il s'agit de la première œuvre d'un jeune auteur américain, David Vann, l'histoire d'un père, en proie à des difficultés existentielles et conjugales, qui va amener son fils unique sur un île déserte de l'Alaska pour essayer de renouer avec lui. Il est difficile d'imaginer un histoire plus noire que celle là, plus longue nouvelle que roman, avec un coup de théâtre, totalement imprévisible, on dirait presque "gratuit", qui a l'originalité de survenir à mi-roman et non à la fin, ce qui rend "étrange" et parfois décevante, toute la seconde partie qui finit par apparaitre comme un voyage dans la folie. Ce roman ne  laisse pas indifférent, il est écrit, mais on peut s'étonner de lire, à propos d' une première œuvre :  "enfin le grand romancier américain qu'on attendait"...

Pour clore ce billet ce petit extrait, qui m'a amusé, du journal de Renaud Camus, à l'entrée du "22 avril 2007" : "Election présidentielle. A huit heures moins cinq on nous a annoncé que Richard Virenque, Jean Reno et Doc Gynéco faisaient leur entrée au Q.G. de campagne de Nicolas Sarkozy. Le nouveau régime était en place."
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