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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 22:33

IPerrette-et-son-pot-au-lait.jpgl y a quelques semaines, à l’occasion d’un déplacement en avion je suis tombé, dans le journal économique « Les échos », sur une interview de Michel Serres, philosophe et historien des sciences. Il se trouve qu’il fût un de mes « maître à penser » à l’époque où je découvrais son livre « Rome, le livre des fondations ». Sa culture phénoménale, son intérêt pour la littérature, les sciences et les techniques, en font un de ces rares intellectuels capables de mettre en relation des « savoirs » et d’avoir une vision holistique. Il était interrogé, à la suite de nombreux autres intellectuels, sur la récente crise financière. Pour lui elle n’est qu’un épiphénomène d’une crise bien plus globale, celle de l’éducation notamment.

« Ce que nous avons subi dans l’enseignement est un tsunami de la même importance que ce que vous avez vécu dans la finance. La vôtre de crise a fait plus de bruit, mais la société n’a pas prêté au tsunami vécu par ses enfants une attention à la mesure de l’évènement. Elle préfère son argent à ses enfants…..Mais avez-vous conscience de l’effondrement des savoirs ? Il n’y a plus de latin, il n’y a plus de grec, il n’y a plus de poésie, il n’y a plus d’enseignement littéraire. L’enseignement des sciences est en train de s’effondrer partout »

Ce diagnostic bien d’autres l’ont fait, mais Michel Serres ne réagit pas de façon obsessionnelle comme Renaud Camus, il ne se retire pas dans son château et dans un passé qui ne reviendra pas, ce changement d’épistémé il faut en prendre acte :

« On est pourtant dans une des périodes les plus passionnantes qu’on ait vécues. Je vois toutes les institutions comme vraiment des dinosaures….la guerre que nous faisons aujourd’hui n’est pas une guerre entre les hommes mais la guerre que les hommes font au monde …Nous sommes en train de gagner cette guerre contre le monde, c'est-à-dire de la perdre…Je crois que cette guerre là est vraiment nouvelle et que c’est elle qui va changer le monde »

Certes cette « déculturation » il en désigne les responsables, pas la bourgeoisie qui aurait démissionné pour laisser la place à la « dictature de la petite bourgeoisie », mais les philosophes :

« C’est la faute des philosophes. Les philosophes n’ont pas vu l’ampleur des changements du monde. Pourquoi ? Parce qu’ils étaient engagés depuis Sartre dans la politique ».

(Sartre est le seul cité mais on peut se demander si ce n’est pas Michel Foucault et son « journalisme transcendantal » qui est visé.)

Pour terminer l’article, Michel Serres, illustre le phénomène des bulles financières par la fable de La Fontaine, La Laitière et le pot au lait, « c'est un raisonnement financier parfait. Elle raisonne exactement comme un golden boy »

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