
Les « bienveillantes » est un roman qui a fait couler beaucoup d’encre. Jacques Julliard, lors de son émission hebdomadaire sur LCI, au moment de la parution du roman, avait posé la question : «
Le sujet du livre n'est il pas l'homosexualité et non le nazisme? » Je n’ai pas vraiment été étonné. J’avais déjà eu l’occasion de constater que, sous le masque d' une tolérance sans restriction,
l'homosexualité le mettait mal à l'aise . Comme beaucoup, il ressent le désir homosexuel comme "contre nature". Et l’homosexualité qui est décrite dans « bienveillantes », elle conforte ce
sentiment. En effet, de l’homosexualité il en est grandement question dans ce roman, elle est omniprésente. Mais laquelle ? Aue, le héro, n’est pas gay, c’est un pervers. Son homosexualité est
celle de la psychanalyse et de la psychiatrie, une pathologie du désir, une perversion. Elle est vécue comme un choix de vie visant à oublier des traumatismes de l’enfance, et s’accompagne
d’autres perversions, dont l’inceste ( il sodomise sa sœur dont il est amoureux). C’est aussi un choix esthétique, à la grecque, rejoignant en cela la figure de l’homosexuel conservateur ou
fasciste, de l’homosexuel en marge, de l’homosexuel maudit, Genet, Jouhandeau, Charlus, etc. L’homosexualité et la mort. L’homosexualité et la paranoïa. Sartre ne voyait il pas dans
l’homosexualité de Genet un amour des bourreaux, d’où son rapport au nazisme, Sartre qui par ailleurs ne considérait comme vrai « homosexuel » que celui qui se faisait enculer, "la femme". Le
héro des « Bienveillantes » est amené à fréquenter les milieux intellectuels parisiens collaborateurs, notamment Brasillach et Rebatet, qui revendiquent eux aussi une homosexualité comme « mode
de vie », supérieur naturellement, une esthétique de la sodomie, mais qui n’en sont pas moins capables, comme ils le font pour les juifs, de dénoncer et d’envoyer dans les camps les homosexuels
de l’ombre. Cette « race » d’homosexuels n’a pas disparu. Ils ne sont certes pas, heureusement, pour la quasi totalité, des criminels, et ils peuvent même être des humanistes. Mais ils
manifestent contre la "visibilité" des homosexuels, contre la Gaypride ( pas pour la même raison que ceux qui profèrent un racisme « antifolles").
L’homosexualité est pour eux une attitude de vie, parfois une souffrance, pas une revendication. Ils sont le plus souvent attirés par les éphèbes. Vous ne les verrez pas dans le Marais.