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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 09:38
Des cordes pour nous pendre

«En suivant ce portrait glaçant d'une …cynique, corrompue, tenaillée par la cupidité, le mensonge, les addictions au sexe ou à la cocaïne, je me ressouvenais de cette fameuse phrase prêtée à Lénine et prononcée, dit-on, en 1921 : "Le capitalisme est tellement cupide qu'il nous vendra la corde pour le pendre."»

Vous pourriez, à la lecture de cette phrase extraite d’un billet de la chronique Tv de Jean Claude Guillebaud dans le Nouvel Observateur dont j’ai omis le nom du pays auquel elle fait référence, penser qu’il s’agit de la France. En fait c’est de l’Amérique dont il est question dans une remarquable série télévisée sur «Canal» où tous les personnages ou presque, du monde politique aux journalistes, nous montrent le côté le plus noir de la nature humaine. L’auteur de l’article semble s’étonner qu’une telle charge, qui va même au-delà de l’antiaméricanisme primaire, soit le fait de scénaristes américains : «C'est bien une Amérique défaite, à un stade quasi terminal du naufrage démocratique, qui est ici campée. ……avec la série "House of Cards", on n'est plus dans l'audace critique mais dans le dégoût de soi-même».

Je ne sais si cette série est symptomatique de l’état de la démocratie américaine, mais si naufrage démocratique il y a, la France, à n’en pas douter, au vue des évènements actuels, relève de ce diagnostic. Ce que nous venons de vivre depuis plusieurs semaines vous laisse pantois et sans voix pour opposer la moindre argumentation aux hordes populistes et/ou réactionnaires. Seul rayon de soleil après cette succession de tempêtes, l’éloignement de la perspective sinistre d’un retour de Nicolaparte. Mais sait-on jamais ? Qui sait comment va réagir ce «peuple hypostasié», qu’Eric Zemmour considère comme méprisé par Canal +, et auquel on attribue une «Volonté» ? Un sondage récent ne vient-il pas de désigner DSK comme l’homme politique le plus apte à faire mieux que François Hollande… Le peuple correspond rarement à celui « fantasmé » par l’idéologie progressiste (d’où la violence des réactions d’une certaine gauche au livre d’Edouard Louis « En finir avec Eddy Bellegueule »). Je dois avouer attendre avec impatience, et inquiétude, le résultat des élections municipales…Pour ma part, j’avais envisagé, il y a quelques mois, de ne pas apporter ma voix à Anne Hidalgo qui n’avait pas le courage d’assumer et de soutenir son gouvernement, mais les alternatives qui me sont proposées vont me contraindre de rentrer au bercail…

Je ne sais où tout cela va nous mener, au-delà du regain de popularité de dinosaures de la politique comme Laurent Fabius ou cet autre « batard de Bordeaux » , Alain Juppé. La France est en mauvais état, sur le plan politique certes, mais bien au-delà, et c’est une autre lueur d’espoir que de voir, comme le montre Laurent Joffrin dans son dernier éditorial du Nouvel Observateur ( pour une fois que je me sens en phase avec lui il est amené à quitter la direction de ce journal…), des sociaux-démocrates comme Hubert Vedrine ou Pascal Lamy reconnaitre qu’elle est effectivement un nation en «déclin» , faire un sort à l’illusion progressiste et donner en quelque sorte un socle théorique à la «révolution» politique et économique qu’a esquissée François Hollande dans sa dernière conférence de presse. Faudrait-il encore qu’il ait le loisir de la mettre en œuvre, et je fais moins allusion ici à son éventuelle (probable?) absence de majorité pour la soutenir , qu’à la montée des tensions internationales. Crise économique et climatique, montée des extrêmes, des nationalismes, des populismes, affairisme, naufrage démocratique, pessimisme, font évoquer à certains le climat des années 30. Jacques Attali préfère se référer à 1914 : «Nietzsche avait raison à la fin du XIXe siècle lorsqu’il disait que la modernité conduisait à la catastrophe et qu’elle était morte. Il y a eu 1914 et les 75 ans de barbarie qui ont suivi. Nous nous trouvons aujourd’hui à une étape semblable.». La guerre n’est plus improbable….

C’est le versant obscur de la nature humaine, le mal, qui me semble nous tendre « une corde pour nous prendre » et non le capitalisme qui ne fait que le « contenir » (dans les deux sens du terme). Il est d’autres caractéristiques de l’esprit humain bien plus exaltantes et qui lui font honneur comme cette mise en évidence des vibrations provenant de l’origine des temps (les ondes gravitionnelles) qui, si elle est confirmée, valide un prédiction de la théorie de la Relativité générale quant à l’existence d’une « inflation de l’univers » faisant suite au Big-bang. Après la découverte récente du boson de Higgs qui était une confirmation d’une prédiction de l’autre grande théorie de la physique moderne, la mécanique quantique, c’est une formidable victoire de l’esprit humain.

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 16:11
Une seule issue : le mariage...

Depuis ces nuits mémorables de mai 68 que je passais l’oreille collée à mon poste de radio, avant d’en écouter, le lendemain, le compte rendu par ces grandes voix que furent Jacques Paoli et André Arnaud, je suis resté fidèle, en matière d’information radiophonique, à Europe n°1, même si les impératifs de « l’audimat », ont conduit cette station, ces dernières années, à des dérives alarmantes en en confiant l’animation, non plus à des journalistes talentueux mais à des « animateurs » de talk-show télévisés. Il semble cependant qu’on assiste depuis la rentrée de septembre à une tentative louable de correction.
Au contraire, l’évolution de la politique éditoriale des chaines télévisées d’information continue, LCI, I-Télé et BFM radio (la pire des trois sans doute), est en passe de me détourner durablement de leur écoute. On assiste, sidéré, à la création de « bulles » d’information, hyper-médiatisées par la technique du direct permanent et répétées en boucles jusqu’à saturation, pour des évènements qui pour nombre d’entre eux ne devraient pas quitter la dimension du fait divers ou du moins leur place secondaire et qui au contraire remplissent tout l’espace au point d’écraser tout autre information. On avait ainsi pu constater, il y a quelques mois, la place qui avait été donné à l’arrivée du « Vent des globes » par BFM radio au détriment de la manifestation du « mariage pour tous »…En cette nouvelle année nous avons eu un festival de ces bulles artificielles, se succédant à quelques jours d’intervalle, l’une chassant l’autre : l’hématome extradural de Schumacher, les quenelles de Dieudonné, l’escapade casquée de notre président.

L’affaire Dieudonné a donné lieu à une scandaleuse couverture du Nouvel Observateur, autre média pour lequel je pourrai remettre en cause ma « fidélité ». Dans l’article auquel cette couverture renvoie, sont mis sur le même plan, Dieudonné et Soral, jusque-là pas de problème, mais aussi Eric Zemmour et Alain Finkielkraut. Passe encore que Renaud Camus soit élevé au titre de « penseur de l’extrême droite », ses prises de position en faveur de Marine Le Pen sont venues à bout des meilleures volontés (le texte d’un journaliste du Point en a dressé, me semble-t-il un portrait plutôt équilibré et assez juste, même si son titre, qui a déclenché les foudres de ses adorateurs, est stupide : http://www.lepoint.fr/politique/ce-camus-qui-n-aime-pas-l-etranger-14-10-2013-1743776_20.php), mais mettre dans le même sac que des ordures qui propagent un discours antisémite nauséabond et criminel, tous ceux qui ne tiennent pas sur l’immigration , la place de l’islam en France et le discours « antiraciste », un langage - que l’on peut certes ne pas partager - non conforme à l’idéologie dominante, relève d’un confusionnisme malhonnête digne des idéologies totalitaires. Ne faut-il pas voir d’ailleurs dans les menaces qui pèsent sur l’émission de Frederic Taddei une pression de cette idéologie pour faire taire un espace de liberté où les voix les plus diverses sont conviées ? Il est d’ailleurs exemplaire de constater que Zemmour et Finkielkraut ont des points de vue différents sur l’affaire Dieudonné : le premier rend responsable Manuel Valls de l’ampleur prise par l’affaire, en quelque sorte de l’avoir créée, alors que le second soutient la position du ministre….

Venons-en au sexe, qui occupe tant d’espace sur ce blog, mais au sexe de nos gouvernants cette fois. Dans le monde de l’entreprise comme dans celui du politique, la corrélation étroite entre appétence sexuelle et appétence du pouvoir n’est plus à démontrer. Une scène du dernier film de Scorsese, où Leonardo Di Caprio (dont l’interprétation restera à n’en pas douter dans les annales), apprenti trader, se voit demander par son mentor « combien de fois il se masturbe par jour », le nombre « d’éjaculations » apparaissant comme un vecteur de la «réussite», l'illustre dans un numéro d'acteur irrésistible. Tous nos présidents de la République depuis VGE s’acharnent à nous le prouver et l’on pourrait même se demander si une libido insuffisamment exacerbée n’est pas en partie responsable de l’échec de certains dans l’accession à cette fonction, de Michel Rocard à Raymond barre, en passant par Lionel Jospin, le processus électoral se révélant un processus de séduction (du peuple) dont l’évolution du discours ressemble fort à celui du discours amoureux : il change une fois le but atteint et n’est pas fidèle à ses promesses…

Notre président actuel s’est pourtant, plus que ses prédécesseurs mis dans une situation délicate, tant il heurtait déjà une partie des français sur le plan des « bonnes mœurs » : non seulement il n’est pas marié, mais il a légalisé le mariage des « invertis »…Et voilà que maintenant on érige la « fidélité » comme composante de «l’exemplarité» du comportement exigé de nos dirigeants…ah l’inconscient chrétien de notre doxa républicaine…On ne lui est même pas gré de son attitude chevaleresque («un adolescent attardé » aurait commenté son ministre préféré), une escapade en moto, au lieu, comme ses prédécesseurs, d’avoir mobilisé les moyens de l’état…Je ne vois pour lui qu’une seule issue, capable de tirer une larme à notre bon peuple : se séparer au plus vite de la twitteuse la plus célèbre de France et nous offrir une beau mariage présidentiel.

Il est pourtant fort dommage que ce fait divers, on en revient à la première partie de ce billet, ait failli masquer un tournant majeur de l’idéologie du parti socialiste français, bien plus que celui de 1983 avec François Mitterrand, qui vient d’effectuer sa révolution copernicienne, près de 60 ans après son homologue allemand. Avec son pacte de compétitivité, enfin basé sur une politique de l’offre, François Hollande vient de traduire dans les « mots » son appartenance à la social-démocratie, dont je ne doutais pas et rendre la rupture avec Melenchon and co irréductible. J'avais pressenti que quelque chose se tramait lorsque, à la fin de l’année dernière, j’ai entendu Jacques Attali déclarer que des décisions importantes devaient être prises avant le 15 janvier, avant la préparation du prochain plan budgétaire, sinon il serait définitivement trop tard pour échapper au déclin…Cette conférence de presse mémorable, en dépit du climat détestable dans lequel elle se déroulait, lui aura en outre permis de mettre le « bordel » dans les rangs de l’UMP et de contraindre l’aile gauche de son parti à taire son opposition à quelques semaines des municipales…chapeau l’artiste…Un seul regret, que cela survienne si tard, trop tard peut être, maintenant que le béarnais a rejoint l’autre rive, car il n’est pas sûr qu’il ait la majorité de son choix courageux.

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 22:17

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Si j’ai apprécié bien des films de Bertrand Tavernier, sa dernière réalisation, Quai d'Orsay, m’a laissé perplexe. Dominique de Villepin étant déjà en lui-même une caricature, était-il nécessaire d’en rajouter jusqu’ au grotesque ? On sourit certes au début, puis le caractère très stéréotypé des gesticulations de Thierry Lhermitte et le côté tiédasse de son "nègre" chargé de rédiger ses discours finissent par lasser, en un mot on s’ennuie. On se demande d’ailleurs quel peut bien être le point de vue de l’auteur sur notre ex ministre des affaires étrangères, peint comme un clown odieux mais aussi comme l’unique artisan du fameux, soit disant mémorable, discours de l'ONU sur l’Irak, Chirac apparaissant se désintéresser de tout sujet ne concernant pas l’ours brun des Pyrénées .....Heureusement il y a Niels Arestrup qui campe un irrésistible et cynique directeur de cabinet.

Si le poste de ministre de l’intérieur - le téléfilm d’hier soir sur France 3, « La rupture », histoire des relations entre Jacques Chirac et Valery Giscard d’Estaing de 1974 à 1976, vient de nous le rappeler – semble le plus prometteur comme tremplin pour la magistrature suprême (Chirac, Sarkozy, demain Valls?), celui de ministre des affaires étrangères réussit plutôt bien à nos hommes politiques qui nourrissent des ambitions présidentielles...Alain Juppé que celui de premier ministre avait plombé, s’y est refait une réputation et on ne peut plus exclure, si Sarkozy n’arrive pas à se débarrasser des nombreuses casseroles qui lui collent au cul, qu’ il rafle la mise dans la course aux candidatures de l’ UMP. Quant à Laurent Fabius, si ses débuts ont été plutôt discrets -le temps de faire oublier les perfidies qu’il avait proférées sur Hollande- il fait un retour plutôt prometteur au point que son nom circule comme futur premier ministrable (il aurait cependant faut savoir en haut lieu qu’il n'était pas partant..). Il est vrai qu’il affirme n'avoir plus d'ambition présidentielle mais peut-on le croire, ce genre d'envie, comme celle de baiser, ayant du mal à se calmer avec l'âge .....

Le sexe c' est ce qui semble préoccuper certains de nos députés socialistes qui ne voient rien de plus urgent, en ces temps si peu tourmentés, que de se précipiter au secours des prostituées, qui ne demandaient rien, au moyen de la pénalisation de leurs clients en rendant, en quelque sorte, le tarif de la passe (1500 euros d’amende) exorbitant.....Il est dommage que nos chers députés n’aient pas regardé sur Arte l'épisode du feuilleton Borgen consacré à ce brûlant sujet il y a quelques semaines car il y auraient retrouvé tous les éléments de ce stupéfiant débat, au royaume du Danemark cette fois…Il serait passionnant de tenter une approche psychosociologique des partisans et adversaires de ce projet chimérique. Est-ce un hasard si les positions divergentes de deux de nos intellectuelles, Elisabeth Badinter et Sylviane Agacinski recoupent celles qu’elles ont exprimées quant au mariage pour tous, Badinter contre la pénalisation des clients et pour la loi sur le mariage, Agacinski pour la pénalisation et contre la loi Taubira. Je partage bien sûr la position de la première qui voit derrière ce projet « une haine de la sexualité masculine ». C’est bien à la sexualité masculine que l’on s’en prend, comme on avait tenté de le faire il n’y a pas si longtemps, à propos du risque VIH, en préconisant d’interdire « les backrooms » ou de pénaliser les rapports sexuels non protégés (on est heureux de constater qu’aujourd’hui Act-Up n’est pas du côté de la répression…). De même, certains d’entre nous n’ont-ils pas soupçonné, derrière une certaine adhésion au «mariage gay», la volonté de nous voir « normaliser » nos comportements sexuels ?

Cette volonté de « légiférer » sur la sexualité est une véritable régression sociale, nouvel obscurantisme religieux « laïque » qui se cache sous les oripeaux du féminisme rejoint par les bataillons des aigris et frustrés du sexe. On ne peut s'empêcher de faire le rapprochement avec l'acharnement contre DSK à propos de l'affaire du Carlton... Il ne semble d’ailleurs pas question dans ce projet de la prostitution masculine car elle ne rentre pas dans les schémas du discours sur la « domination » masculine. Les clients des escorts « mâles » seraient donc exempts de toute amende ? Cela me réjouit pour mes vieux jours, car si je n’ai jamais eu jusqu’ici de rapports tarifés (si tout de même, une fois, il y a 15 ans à Barcelone, par inadvertance, mais ce serait trop long à raconter ici, plutôt un bon souvenir d’ailleurs…), je ne peux exclure que lorsque sera venu le temps où je ne pourrai plus rencontrer un garçon sans entendre un « merci j’ai déjà un grand-père… »...


Heureusement il y a l’irrésistible « Les garçons et Guillaume à table », le film de Guillaume Gallienne, pour nous faire oublier tout cela…





« Toute la législation sur la sexualité, telle qu'elle a été mise en place depuis le xixe siècle en France, est un ensemble de lois sur la pudeur », laquelle se révèle impossible à définir, devenant ainsi un outil flexible employé dans diverses tactiques locales. « Mais ce qui se dessine (…) c'est un nouveau système pénal, un nouveau système législatif qui se donnera pour fonction pas tellement de punir ce qui serait infraction à ces lois générales de la pudeur que de protéger des populations ou des parties de la population considérées comme particulièrement fragiles » (par exemple l'enfance). Ainsi, il y a des populations fragiles, et des « populations dangereuses » (l'adulte en général).
(Michel Foucault, la Volonté de Savoir, 1976)
(il n’y a qu’à remplacer « l’adulte en général » par « l’adulte mâle »)

Intéressant lien ci-dessous vers un article sur Foucault et la prostitution :
http://www.polis.leeds.ac.uk/assets/files/students/student-journal/ug-summer-11/rosalee-dorfman.pdf

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 20:24

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J’aurais presque fini par m’inquiéter et c’est en m’attendant à une nouvelle pas particulièrement réjouissante que j’ai cliqué sur le lien du site des impôts qui allait me faire découvrir le montant de mon imposition. Difficile de ne pas l’être, inquiet, après avoir entendu les cris d’orfraie de certains de mes collègues, qui en étaient restés, eux, au formulaire papier et avaient reçu leur avis il y a déjà quelque temps, et à lire les innombrables articles consacrés au matraquage fiscal à l’écho amplifié par des déclarations de membres de la majorité actuelle, y compris le ministre des finances…

J’ai constaté, avec soulagement, une imposition certes plus élevée que l’année précédente, mais somme toute modérée et parfaitement prévisible, autant due à une augmentation modeste de mes revenus qu’à la désindexation. Même si depuis que je suis pacsé le système des « parts », qui m’a fait rétrograder d’une tranche - mon partenaire ayant des revenus bien plus modestes que les miens - atténue significativement pour moi la progressivité de l’impôt, je me suis demandé si cette « campagne » sur un soi-disant « ras le bol » des contribuables des classes dites « moyennes », n’était pas plutôt savamment orchestré par ce que François Mitterrand appelait « les puissances de l’argent». Ces classes « moyennes», cela dépend il est vrai en partie de la façon dont on les définit (où finit la pauvreté et où commence la richesse ?), me semblent beaucoup plus attachées à un maintien des acquis sociaux dont elles sont les principales bénéficiaires, et donc hostiles à une réduction des dépenses publiques, qu’à une diminution de la pression fiscale. François Hollande, tenu par ses promesses mais surtout encore prisonnier du carcan idéologique que son aile crypto-écolo-marxiste l’empêche de suffisamment desserrer, pouvait-il faire autre chose qu’augmenter les impôts pour faire face à la crise de la dette et rester dans la zone euro ? Il est vrai que ce gouvernement a un sérieux problème de communication et se révèle incapable d'expliquer sa politique.
Les puissances de l’argent au contraire, au lieu de s’inquiéter d’une amputation de leur revenu sans aucune conséquence sur leur train de vie, devraient se réjouir de voir se réaliser ce qu’elles demandent depuis des années, une augmentation de nombre de nos concitoyens, du fait de la désindexation, soumis à l’impôt sur le revenu dont elles nous vantent, par la voie de ses journalistes économiques attitrés et médiatisés, le caractère « pédagogique ». Ces mêmes puissances font semblant d’oublier que leurs « pertes fiscales» sont plus que compensées par leur gains en bourse (http://www.margincall.fr/2012/03/les-marches-sont-ils-de-droite-ou-de-gauche.html), comme à chaque fois que la gauche prend le pouvoir ( Le CAC 40 a flambé sous Jospin , et il est à nouveau au plus haut depuis septembre 2008, alors qu’il n’a cessé de s’écrouler sous Nicolas Sarkozy). Si la bourse est un indicateur avancé de l’économie, donc de la croissance, on aura du mal à nous faire croire que la pression fiscale est incompatible avec cette dernière….

Cette campagne sur le matraquage fiscal s’accompagne, avec la complicité bienveillante des médias qui ne sont pas, comme on voudrait nous le faire croire si à gauche que cela, du moins en ce qui concerne ses éditorialistes, de l’exploitation effrénée de faits divers sur le thème de l’insécurité. Si nous étions en campagne présidentielle, on comprendrait aisément la stratégie de la droite parlementaire, stratégie qui s’est révélée payante en 2002 en amenant Le Pen au second tour, mais qui pourrait s’avérait suicidaire pour elle dans le cadre d’une élection municipale où la multiplication des triangulaires ne peut que faire le jeu des socialistes…à moins que. A moins que certaines formes d’alliance ponctuelles ne soient passées avec les troupes de Marine… C’est sans doute les conclusions auxquelles sont parvenus certains leaders de l’UMP que l’on croyait pourtant peu suspects de sympathie pour le Front….La stratégie du Sauve-qui-Peut.

Je ne voudrais pas laisser croire, ce billet faisant suite à d’autres, que je suis un supporter inconditionnel de l’équipe au pouvoir. Loin de là, j’avais espéré, incorrigible utopiste, que le « tournant social-démocrate », soit enfin assumé et que les amarres avec l’extrême gauche (voire les écolos) soit larguées. Le béarnais lui aussi s’est lassé et s’en est allé rejoindre le marais du centre-droit….L’avenir « politique » de ce pays me semble assez sombre.

J’espère que cet avenir ne sera pas aussi sombre que le tableau qui nous est donné de la France dans le passionnant roman de Philip Kerr, « Vert de gris », dernier opus de ceux qui font suite à la « Trilogie berlinoise ». Il s’agit moins cette fois d’une intrigue policière sur fond historique que d’un document romancé sur l’action des services secrets américains, français et russes pendant et après la dernière guerre et la naissance de la Stasi. Une grande partie de l’action est située en France pendant l’occupation et la vision que le héros, le détective Bernie Gunther, a des français de l’époque est sans indulgence. La description des camps de concentration français du Vernet et de Gurs à l'été 1940 est terrifiante, camps crées avant la guerre par Daladier pour regrouper les réfugiés politiques espagnols…..Pas de trace dans ce roman de passages révélateurs d'une tendre homophobie, assez habituels chez l'auteur.

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 13:35

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Les motivations, plus ou moins avouées ou transparentes, des prises de position sur l’opportunité d’une intervention militaire en Syrie me semblent bien plus révélatrices d’arrières pensées que d’une réelle analyse de la situation syrienne.
Il est assez facile d’en dresser la liste. Dans le camp des opposés irréductibles à l’intervention vous trouvez: ceux qui ont l’antiaméricanisme primaire chevillé au corps, tels Mélenchon, Régis Debray, Chevènement ou Villepin ; ceux qui redoutent un « massacre » des chrétiens par les djihadistes (risque certes bien réel), du Béarnais à cette chère Christine Boutin et ses troupes de la « manif pour tous » qui ont trouvé là un terrain de repli inespéré; ceux qui, tel cet ancien conseiller de Bush et sans doute l’état d’Israël, d’un cynisme avéré mais assez lucide, considèrent qu’il faut laisser entre-tuer sunnites et chiites ce qui ne peut que tourner qu’à l’avantage de l’occident dans le cadre du « choc des civilisations » ; les défenseurs acharnés des tyrans arabes « laïques » de Saddam à Assad, considérés comme des remparts contre la déferlante islamiste, tel le Front National ; enfin les méprisables politiciens de l’UMP, menés par Christian Jacob, dont le seul objectif est d’affaiblir François Hollande.

On fait vite le tour du camp des inconditionnels du « pour », il n’est guère constitué que des inconditionnels du droit d’ingérence, toujours à la pointe du combat, nos chers nouveaux philosophes, Glucksmann et BHL - pour lesquels je garde une certaine tendresse, ils m’ont fait rêver dans ma jeunesse - et dont la haine anti Poutine redouble la rage, les rebelles syriens ayant pris dans leur cœur, du moins dans celui du premier, la place des Tchéchènes.

J’allais oublier une catégorie intermédiaire, ces intellectuels d’un âge fort avancé, épargnés par la maladie d’Alzheimer, et dont le statut de « sage » qu’ils se sont forgés leur permet de proférer sans que l’on s’esclaffe, dans la vénération des médias, des propositions complètement utopiques, tel ce « parions sur la voie du compromis » d’Edgard Morin, l’un de leur dernier représentant maintenant que Stephane Hessel et Albert Jacquard nous ont quittés.

Personnellement tout me porterait à rejoindre le camp des opposés à l’intervention : je ne vois pas, comme Edgard Morin, en quoi l’utilisation d’armes chimiques est pire que les massacres perpétrés jusque-là ; les révolutions arabes nous ont montré qu’elles ouvraient la porte à l’islamisme radical et qu’on substituait une dictature à une autre, probablement pire, ce qui me rapprocherait volontiers de la position des « cyniques » ; enfin les chrétiens, culturellement ma famille, me semblent en effet fort menacés. Pourtant je crains qu’une non intervention, Obama ayant imprudemment proclamé que l’utilisation d’armes chimiques était la ligne rouge à ne pas franchir, ne décrédibilise durablement l’occident démocratique et n’ouvre une voie royale à Poutine qui n’aura plus qu’à se porter candidat au prix Nobel de la Paix…La position de François Hollande, soutenue par Alain Juppé qui est décidément le seul homme politique crédible à droite, a le mérite de la cohérence et de la constance, contrairement à celle d’Obama dont l’indécision devient problématique et dont l’embarras qu’il manifeste devant le coup d’état militaire en Egypte, que les mêmes principes qui justifient une intervention en Syrie devraient l’amener à condamner, témoigne de son désarroi.

Je trouve par ailleurs paradoxal qu’une majorité de français, qui si l’on en croit les sondages n’ont plus confiance en leur classe politique, s’en remettent, non à leur président, chef des armées, mais à la représentation nationale aux arrières pensées multiples, pour décider d’une entrée en guerre….

 

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 10:53

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Le séminaire de fin août qui réunit un certain nombre de collaborateurs du département de mon entreprise dans lequel je travaille marque immanquablement pour moi la rentrée. Cette année il se déroulait à Marseille, ville dans laquelle je n’étais pas retourné depuis pas mal de temps et que j’ai retrouvée transformée, flamboyante, notamment dans le quartier du vieux port envahi par les touristes qui n’ont sans doute jamais été aussi nombreux, attirés par la qualification de « capitale européenne de la culture ». Je comprends mieux maintenant pourquoi Manuel Valls ne cesse d’y revenir….

 

N’y aurait-il eu ce séminaire, l’envahissement des vitrines des librairies par la dernière production d’Amélie Nothomb aurait rappelé à mon bon souvenir la réalité de cette rentrée, une novelette, imprimée en gros caractères, de 148 pages, à conseiller aux adeptes d’une digestion rapide et sans saveur, tandis que ceux qui préfèrent le style « étouffe chrétien » pourront se reporter sur le roman de Yann Moix, une autre incontournable ( moins systématique) des sorties de septembre, qui fait 1000 pages de plus (en petits caractères…). Pas très « cool » de dire du mal de livres qu’on n’a pas lu, qu’on ne lira pas, mais Amélie…je n'ai pas pu résister.

 

De temps à autre, un des romans de la rentrée littéraire s’impose, comme les Bienveillantes il y a quelques années, ou le dernier Houellebecq plus récemment. Cette année on parle déjà beaucoup de celui de Tristan Garcia, « Faber le destructeur ». J’avais consacré un billet (http://limbo.over-blog.org/article-la-meilleure-part-des-hommes-50180060.html) à son premier livre, « La meilleure part des hommes », une fable sur la génération Sida. Il s’agit cette fois encore d’une fable, mais sur les illusions perdues de la génération post soixante-huitarde, celle qui a eu vingt ans dans les années 80. Trois adolescents - les premiers chapitres semblent relever à la fois du « club des cinq»  et de «Pauvre Blaise» (pauvre Basile ici !) – menés par un leader charismatique et surdoué, Faber, dans une ville imaginaire de la France profonde, Mornay, bâtissent leur propre monde jusqu’au moment où à l’entrée dans la vie réelle, celle de notre société démocratique et policée, deux d’entre eux, Basile et Madeleine, vont l’intégrer en « rentrant dans le rang », tandis que Faber va sombrer dans la radicalité de l’ultra gauche. Le roman, écrit à quatre voix, celle des trois protagonistes à laquelle s’ajoute celle de Tristan, un élève de Basile devenu professeur, est l’histoire du parcours de Faber - qui peut parfois évoquer, de loin, celui de Julien Coupat -jusqu’à sa déchéance et sa clochardisation. 

La ville de Mornay est le cinquième personnage de ce roman, beaucoup plus réaliste celui-là, celui de la France d’aujourd’hui, une démocratie indifférente, dont les hommes politiques suivent les fluctuations d’opinion et peuvent changer d’étiquette comme de chemises (les variations journalières de position de l’UMP sur la Syrie y font parfaitement écho…). Certains,  le personnage de Tristan pourrait en être le reflet, mystiques, croient ou plutôt font encore semblant de croire, des radicaux catholiques de la manif pour tous aux illuminés de l’ultragauche, que l’utopie est encore possible. Faber sait qu’ils sont impuissants, il ne lui reste plus qu’à revenir à Mornay pour détruire. Faber est-il un « démon » comme l’a suggéré l’auteur ou n’a-t-il pas plutôt sombré dans la folie, victime de son extrême lucidité ? Magnifique roman qu’on ne lâche pas.

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 22:10

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«Moi je dis, et ça pourra m'être reproché, (...) que le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme Hugo Chavez puisqu'on prétend que c'est un dictateur», s'est exclamé un de nos ministres. Les résultats des élections italiennes n’étaient déjà pas particulièrement réjouissants, mais les déclarations récentes de certains de nos hommes politiques laissent pantois. On aurait pu croire Mélenchon satisfait, point du tout si l'on en croit ce qu'il s'est exclamé - "Quelle arrogance ! Quel mépris ! Quelle insulte !" - à ce que Victorin Lurel a ajouté : "Il était tout mignon, frais, apaisé comme peuvent l'être les traits de quelqu'un mort".  Les clowns ne sont pas tous italiens.
Cette phraséologie ne serait elle pas le révélateur de « l’inconscient » d’une certaine extrême gauche qui ne conçoit la démocratie que «populaire» et pour laquelle le sacrifice de certaines de nos libertés serait le prix à payer pour se débarrasser de l’économie de marché...? On imagine déjà le futur comité de « salut public » animé par Edwy Plenel et la rédaction de Mediapart s’appuyant sur Jean Luc et ses nouveaux hébertistes pour  traquer les solferinistes : "On met en garde : ceux qui ne votent pas la loi d'amnistie, on les pourchassera jusque dans le dernier village de France."
Il va devenir urgent pour François Hollande de couper cette branche pourrie….

 

A droite aussi, mais c’est plus habituel, ça ne sent pas très bon. Voilà que Nicolaparte qui espère nous refaire le coup de l’île d’Elbe (il devrait savoir que la fin en est tragique), tient sur le mariage gay des propos indignes. Mais qu’attend donc Carla pour divorcer…

 

Dans quelques jours je m’envolerai pour la troisième fois vers San Diego où se déroule cette année encore le congrès de L’American Association of Neurology. Je ne peux pas dire que cette ville californienne ait réussie à me séduire en dépit d’un imposant palais des congrès donnant sur sa baie et de la douceur de son climat. Je n’ai jamais réussi à identifier un véritable centre « d’animation », ni où se situait la « vie gay » qui doit probablement correspondre à ce que Fréderic Martel décrit comme « l’étalement » dans la cartographie qu’il propose et dont j’ai rendu compte dans l’avant dernier billet. Il est vrai que lors de mes précédents séjours je n’avais pas encore lu le thriller de Don Winslow, « La patrouille de l’aube » qui conte l’enquête de son détective privé, Daniels Boone, dans cette ville décrite comme un véritable Eden, paradis des surfeurs, et surtout cette fois « Grindr » sera avec moi…Ce sont les aventures d'un autre détective, Bernie Gunther, qui m'accompagneront lors de ce long vol, Philippe Kerr venant de publier un nouvel opus faisant suite à sa célèbre trilogie berlinoise. J'espère ne pas éprouver la même déception que celle que m'a procuré le dernier roman de Dennis Lehane, "Moonlight Mile", qui a imaginé une suite à l'excellent "Gone Baby, Gone" porté à l'écran par Ben Afleck. Je n'ai pas réussi à m'intéresser à cette histoire de trafic d'enfants - je dois même avouer un profond ennui - dans laquelle Patrick Kenzie , son héros récurrent,  semble avoir perdu son humour en se mariant et en abandonnant son métier de détective. Dennis Lehane avait manifestement besoin de souffler après son monumental "Un pays à l'aube".

 

Je ne peux terminer ce billet sans témoigner de l'immense plaisir que j'ai eu à voir le film de Jaoui et Bacri, "Au bout du conte". La virtuosité des dialogues et de l'interprétation fait vite oublier les quelques longueurs dans les scènes de théâtres d'enfant qui rythment ces tranches de "choses de la vie", toutes  plus ou moins en rapport avec la croyance (à l'amour, à Dieu, aux voyantes, à la psychanalyse....),vues sous l'angle des contes de notre enfance. Lors de la scène du film où Bacri, commentant les propos de la fiancée de son fils, prêtant foi aux propos d'une voyante, se retourne vers son ex femme pour lui dire "je crois qu'elle est folle", Bertrand m'a glissé à l'oreille "c'est un peu toi ce type de réflexion...".  Sans doute assez bien vu, mais je me suis demandé si je n'avais pas été parfois aussi, il y a bien des années, ce "grand méchant loup" (épatant Benjamin Biolay dans le rôle) se souciant bien souvent trop tard des dégâts que son comportement séducteur pouvait infliger à certaines de ses victimes.

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 23:08

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Tenu quelque peu écarté de ce blog par mon activité professionnelle, je n’ai pas pris le temps de me lancer dans l’écriture des quelques billets que l’actualité me signalait, sur le mariage gay avec les états d’âme de François Hollande ou le savoureux épisode des « guignols de l’info » que sont entrain de nous jouer les leaders de l’UMP, épisode qui a au moins le mérite de soulager un peu le gouvernement socialiste de l’acharnement médiatique dont il est victime.

Laissons tout cela mûrir encore un peu, j’aurais sûrement l’occasion d’y revenir, pour faire part de la tristesse, voire l’exaspération que m’inspire l’attitude d’une partie de la profession à laquelle j’appartiens. Je m’en tiendrais à trois exemples récents qui ont suscité chez moi une irritation croissante.

Il y eut d’abord, il y a quelques semaines, les déclarations de l’inévitable Patrick Pelloux, coqueluche des médias car c’est un « fort en gueule » qui passe bien dans le « poste », à propos d’un drame survenu sur l'autoroute A 20, où une Lotoise avait accouché seule avec son compagnon d'un enfant, portant des accusations sur le démantèlement des hôpitaux de proximité, avant de se voir apporté un démenti cinglant par la patiente qui s’était rendu dans un hôpital relativement éloigné non par contrainte, mais par choix. Il ne s’agit pas ici de nier le problème que pose la désertification médicale de certaines régions, mais en le plaçant là où il se situe vraiment, le manque de médecins (manque qu’on ne voit pas comment il pourrait être résolu sans certains mesures contraignantes quant à l’installation, même si on peut comprendre l’inquiétude des internes qui se sont mis en grève), et non au niveau des petites structures hospitalières, qui au-delà d’un coût que nous ne pouvons plus supporter, présentent un risque majeur en termes de sécurité pour les patients car moins on pratique certaines interventions (du fait d’une population insuffisante) plus elles sont à risque…Une situation décrite dans le film « Amour » de Haneke permet d’illustrer ce point. A la suite d’un accident vasculaire régressif dont la cause serait un rétrécissement athéromateux de la carotide, une solution chirurgicale peut être proposée pour prévenir une récidive qui pourrait elle n’être pas régressive. La décision d’opérer ne devrait être prise que si le risque de récidive est supérieur au risque opératoire, et ce dernier dépend en partie du chirurgien, les plus expérimentés étant généralement ceux qui opèrent souvent…..

Plus grave la parution de ce scandaleux « guide » des 4000 médicaments utiles ou dangereux par Bernard Debré et Philippe Even. Arbitraire, mal documenté, affirmations péremptoires sous couvert d’un rationalisme pseudo-scientifique, méconnaissance de certains des avancées les plus récentes de la médecine, mais surtout irresponsable car préjudiciable pour nombre de patients qui ne peuvent être que désarçonnés par la lecture de ce livre et être amenés à arrêter d’eux mêmes des médicaments qui leur sont indispensables, tout cela semble bien plus dicté par la volonté de se faire de la publicité et d’exploiter le filon « médiator » pour tirer un bénéfice financier d’un succès de librairie garanti par le soutien médiatique. J’ai feuilleté ce livre et ce que j’ai lu sur les antidépresseurs m’a stupéfié : les produits les plus récents (prozac et autres) sont classés comme inefficaces, et les produits de référence anciens (anafranil) comme dangereux. Il ne reste plus aux déprimés qu’à se suicider….De grands noms de la médecine se sont indignés, mais il a été bien peu fait écho à leur protestation. Certes il existe bien des médicaments inutiles et dangereux, plus souvent par la façon dont ils sont prescrits que par leur nature même, mais la façon dont cela doit être communiqué au grand public nécessite documentation irréprochable et sérieux. Des universitaires, les académies de médecine et de pharmacie s’y emploient et le résultat de leur travail devrait être bientôt disponible.

Enfin, cerise sur le gâteau, il y a eu cette grève de certains médecins libéraux pour protester contre le projet de limitation des dépassements d’honoraires. Et tout cela bien sûr au nom de l’intérêt des patients, slogan qui ne sert qu’à masquer, pas toujours certes mais bien souvent, intérêt personnel, fascination de l’argent et rentabilité. Ce masque est souvent devenu inconscient, une partie de la profession médicale, engagé dans un processus de surmédicalisation, ayant fini par se convaincre que celle-ci était indispensable à une « bonne » politique de santé publique. Sans être un adepte d’Ivan Illich, on serait sans doute effaré de connaître le nombre d’examens biologiques et radiologiques totalement inutiles qui sont pratiqués et pire encore le nombre d’interventions chirurgicales injustifiées (combien d’appendices et d’utérus auraient il pu chaque année être épargnés ?). J’ai peu pratiqué la médecine libérale, seulement de façon épisodique à l’occasion de remplacement d’un neuropsychiatre d’une ville « surmédicalisée », Pau, lorsque j’étais médecin hospitalier à Bordeaux dans les années 80, mais j’étais stupéfait par le nombre d’examens pour moi inutiles qu’il prescrivait et dont la seule justification me paraissait être la « rentabilisation » du matériel d’exploration (Doppler, électroencéphalogramme, etc…).

Plutôt que ce billet d’humeur j’aurais également pu donner mes impressions sur les excellents films que j’ai vus ces dernières semaines. « Après 68 », d’Olivier Assayas, qui montre comment un génération d’étudiants a frôlé le terrorisme (film qui peut paraitre ennuyeux à qui n’a pas vécu la période si j’en crois la réaction de Bertrand) ; « Les collines de Wellington », retraçant l’échec de la campagne napoléonienne au Portugal, film que la mort n’a pas permis à Raoul Ruiz, l’auteur du magistral « Mystères de Lisbonne », de réaliser mais que sa femme a su mener à bien avec sa propre sensibilité ; « Royal Affair » le beau film historique qui conte, au dix huitième siècle, l’amour et la fin tragique de Struensee, habité par l’esprit des « Lumières», médecin et conseiller du roi fou du Danemark; et surtout le bouleversant « Amour » de Michael Haneke, qui me hante encore.

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 09:32

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Les séminaires de « team building » auxquels mon entreprise me convie régulièrement une fois l’an dans un environnement de la région parisienne certes agréable, ne sont pas de ceux, notamment du fait des activités sous forme de « jeux de rôle » que j’abhorre, qui me mettent le plus en joie, mais les nouvelles qui se sont succédé durant les deux jours de celui qui s’est déroulé la semaine dernière m’ont fait voir les choses sous un jour plus positif.

La plus probable était l’adoption en conseil des ministres du projet de loi sur le mariage homosexuel. Cela faisait certes peu de doute mais on entendait dire ici ou là que certains socialistes « de terrain » souhaitaient un report et le « Parisien » faisait état de confidences de proches de Hollande : "dans son esprit, un couple homo, ça reste une étrangeté" - sentiment qui reste, je le disais dans un précédent billet, celui d’une majorité d’hétérosexuel si ce n’est de la totalité. Crédible quand on se souvient des réticences de Jospin vis-à-vis du Pacs et des positions de son épouse. Il est des cas où l’on peut se réjouir que l’idéologie « contraigne». Un report aurait sonné comme un avis d’enterrement du projet dans le contexte du déluge de bêtises et d’insanités dont nous a gratifié la droite (en ce qui concerne Serge Dassault je ne suis pas sûr d’avoir identifié à la décadence de quelle Grèce il se réfère, l’actuelle ou l’antique ?)…Et dans le même temps le gouvernement espagnol renonçait à défaire la loi votée par les socialistes mais qui venait d’être validée par le conseil constitutionnel de ce pays. Il en sera de même en France, quelque soient les effets d’annonce de tel ou tel membre de l’UMP il ne sera plus possible de revenir en arrière.

L’heureuse réélection de Barak Obama semblait moins certaine. Il n’a certes pas confirmé les espoirs qu’on avait mis en lui mais la perspective de retrouver une Amérique dirigée par le membre d’une secte religieuse, aussi modéré soit il parmi les républicains, m’effrayait. Puisse cette victoire, obtenue en grande partie grâce au vote des minorités et qui montre que le règne sans partage de « l’hétérosexuel blanc » est terminée, faire réfléchir tous ceux, Jean-François Coppé en tête, qui entrainent la droite dans une dangereuse dérive identitaire.

Par contre, la prise en compte par le gouvernement Ayrault d’une partie importante du rapport Galois m'a presque surpris. Pourtant, je n’aurais point du l’être si l’on en croit ce que j’écrivais dans ce blog au lendemain des élections législatives : « François II a donc parachevé sa victoire par un triomphe électoral législatif qui semble lui donner encore plus de latitude que le premier du nom pour appliquer sa politique, même le Sénat est entre les mains de ses amis. Semble car, une fois les mesures symboliques prises, il ne le pourra pas. Son prédécesseur socialiste fit pendant deux ans ce qu’il avait promis, avant d’avoir à choisir l’Europe et le tournant de la rigueur, François Hollande n’aura même pas six mois. C’est parce que je le crois capable de réaliser aussi équitablement que possible et faire admettre cette « nécessaire adaptation » que j’ai voté pour lui».
Il lui faudra sans doute aller plus loin, se séparer des verts et des communistes, mais ne commencent ils pas à s’en aller d’eux mêmes? Cela risque malheureusement de n’être pas suffisant pour enrayer, ou encore moins inverser, l’incroyable unanimité de tous les médias pour fustiger les premiers mois du gouvernement Ayrault et crier au « couac » , à la queue leu leu, à la moindre manifestation, démocratique, d’une opinion réservée ou divergente d’un membre ou d’une formation de la majorité….Sarkozy se plaignait d’avoir été lynché par la presse, ce qui n’était pas tout à fait faux, il semble que celle-ci cherche à s’en disculper en s’acharnant sur son successeur….Quelle aubaine pour les populistes de tous poils qui s’en donnent à cœur joie.
Si François Hollande échoue, Marine Le Pen aura un boulevard devant elle, comme peut le faire craindre le témoignage de mon « beau père » (le père de Bertrand) qui déjeunait hier chez nous et qui m’a fait parvenir ce lien et ce commentaire alors que je l’ai connu votant à gauche :
http://ripostelaique.com/formidable-discours-de-renaud-camus-a-orange-45.html
« Voilà le discours dont je te parlé hier. J'avais participé la veille à la "marche contre le fascisme islamiste". Nous étions plus de 3000 de Denfert à Place d'Italie, j'y ai reconnu Renaud Camus,
je lui ai serré la main en lui témoignant mon admiration pour son discours
à la convention des Identitaires du 4.11.12 ».

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 10:20

 

 

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Le tweet de la prmière concubine de France n’aura donc pas eu l’effet électoral pervers, pourtant annoncé par des commentateurs de moins en moins avisés, qu’avait eu entre les deux tours de 2007 l’annonce d’une TVA sociale par notre impayable zozo centriste, Jean-Louis, qui profitant de la mauvaise chute du béarnais à la suite du coup que lui a porté Martine, vient de remonter sur scène pour un (ultime ?) tour de piste.

François II a donc parachevé sa victoire par un triomphe électoral législatif qui semble lui donner encore plus de latitude que le premier du nom pour appliquer sa politique, même le Sénat est entre les mains de ses amis. Semble car, une fois les mesures symboliques prises, il ne le pourra pas. Son prédécesseur socialiste fit pendant deux ans ce qu’il avait promis, avant d’avoir à choisir l’Europe et le tournant de la rigueur, François Hollande n’aura même  pas six mois. C’est parce que je le crois capable de réaliser aussi équitablement que possible  et faire admettre cette « nécessaire adaptation » que j’ai voté pour lui. S’il réussit, il peut être le premier des présidents de la Vé république élus dès leur première candidature à être réélu…sinon il est à craindre que nous nous retrouvions avec bien plus de deux ou trois députés FN dans la prochaine assemblée, pas seulement à cause de la proportionnelle...

La déroute d’un grand nombre d’élus de la « droite populaire », aussi réjouissante soit elle pour nous à travers la disparition de bien de ses «héros » de l’homophobie, ne doit pas faire illusion, les électeurs ont tout simplement préféré « l’original » à une mauvaise copie encore plus nauséabonde. La France de l’ouest est de plus en plus rose, l’air marin sans doute, mais l’est se fait plus noir à chaque élection. Les conseillers du président déchu ont fait la preuve de l’inefficacité d’une surenchère verbale et d’effets d’annonce qui, tout en stigmatisant certaines communautés, laissent la situation empirer et ne font qu’ « actualiser » le sentiment de perte d’identité culturelle d’une partie de la population. On peut rêver - le tandem Toubira/Walls permet tous les espoirs - qu’une action en profondeur, discrète, continue, préventive autant que répressive et réaliste (régularisant par exemple tous  les sans-papiers de longue date qui ont un travail) se mette enfin en place.

Je vais également devoir m’habituer à la probabilité de mon «mariage». La droite « populaire » ayant perdu de son pouvoir d’influence, il ne reste plus guère que l’Eglise catholique pour s’y opposer (l’on voit mal, dans l’ambiance actuelle les Imams se mêler de l’histoire…). Dans les années 80, je pestais contre « Ginette » ( http://limbo.over-blog.org/article-ginette-46573957.html), mon amant d’alors, qui me présentait à ses copains comme son « mari ». L’appellation me semble toujours aussi ridicule et caricaturale, mais je ne me sens pas le droit de priver Bertrand des avantages probables, étant donné nos 18 ans de différence d’âge,  que pourrait lui procurer cette « extension » de l’institution : l’héritage sans problème et la possible pension de réversion…Mais rassurez vous, il reste exclu que je le qualifie de mon « mari ».

L'appel de Renaud Camus en faveur de Marine Le Pen, s'il m'a attristé , ne m'a cependant pas détourné de la lecture de son journal dont je viens de terminer celui de 2011, "Septembre absolu"., peut-être le dernier puisque Fayard vient de rompre son contrat. Une grande partie narre ses voyages, notamment en Italie -il faudra que je me décide enfin à découvrir es Dolomites- afin de préparer l'écriture de volumes des "Demeures de l'esprit". Ses obsessions quant à la décrépitude du langage contemporain et au grand "remplacement" sont bien sûr omniprésentes en cette année électorale où il envisageait de se présenter - il n'a pas obtenu les signatures- au nom du Parti de L'in-nocence. Il relate la réponse -un refus- que lui fit l'écrivain Emmanuel Carrère (qui vient de publier "Limonov", célébré par la critique) à sa proposition d'écrire un texte pour la revue de ce parti. Me sentant en résonnance avec ce qu'il dit, je me permets d'en reproduire quelques extraits
"Je suis d'accord, à peu de chose près, avec tout ce que tu dis, pour la simple raison que c'est toi qui le dis, qui le déploies, le stratifies, le bathmologises, et que c'est la météorologie de ton esprit, pas un discours de vérité. Je ne suis d'accord avec rien de ce que dit ton parti, même et surtout quand cela recoupe mot pour mot ce que tu dis, toi. Même et surtout -encore plus surtout_ quand quelque chose en moi, quelque part, est d'accord.
"Par exemple  je crois avoir l'oreille presque aussi sensible que toi aux pauvretés et trivialités du langage contemporain......Mais quand des gens se rassemblent sous t houlette pour communier dans le dédain apitoyé pour ceux de leurs semblables qui disent "pas de souci", "c'est-vrai-que" ou "le Gersss", et pire encore, pour jouir à gros bouillon de se distinguer de cette plèbe, je trouve que ça ne va plus. Je trouve même - pardon-, je vais être pr^cheur- que s'affranchir de ce dédain et de cet orgueil de caste est un enjeu de progrès moral et spirituel, s'y complaire une erreur, celle dont l'évangile fait reproche aux pharisiens....
"Puisque j'y suis, je continue, et te dis ce que je pense d'un des thèmes les plus insistants de l'In-nocence, qui est le grand remplacement, la colonisation à l'envers, les étrangers qui devraient se conduire, chez nous, comme des invités bien élevés, aimant notre langue, pratiquant notre religion - ou la leur, mais avec discrétion, et en nous en étant reconnaissants de notre mansuétude. Sincèrement Renaud, je pense que tout cela n'a plus de sens, pour la simple raison que nous sommes plus de six milliards (ou sept?) sur terre, ce qui est évidemment beaucoup trop, ce qui ne va faire qu'empirer et rend, je suis mille fois d'accord avec toi, la vie nécessairement moins douce, les voisins plus nombreux, plus bruyants, plus nocifs, mais à part qu'espérer qu'un cataclysme décime les trois quarts de la planète (et de faire partie du quart qui reste), qu'y faire sinon se pousser pour faire de la place?"...
"C'est au fond cette conviction d'être dans son droit -de Français de souche, de gens qui savent parler, des gens qui savent- qui me heurte, non dans tes écrits où tu ne cesses de reuser et de saper ce que tu penses, mais dans ce que je peux lire du parti de l'In-nocence.....
( Lettre d'Emmanuel Carrère reproduite dans "Septembre absolu" de Renaud Camus, Journal de l'année 2011, Fayard2012)

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