Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 16:17

images-copie-1.jpg

Je commence ce billet dans l'avion qui me ramène de Stockholm où se déroulait l'édition annuelle de la "Springfield", un des plus importants congrès sur la maladie d 'Alzheimer. C’est la 4ème ou 5ème fois que je reviens dans cette ville que je n'ai jamais eu le temps de visiter, celui cependant de constater qu'ici, contrairement à la Nouvelle Orléans, toutes les sites gays de rencontre étaient très actifs : l’Europe du Nord noierait-elle sa rigueur protestante, son orthodoxie financière et son ennui, dans l’alcool et le sexe ? Si, comme l’écrit Franz-Olivier Giesbert, « Le 6 mai 2012 fut la victoire de notre ascendant nordique, j’allais dire belge et pourrais ajouter scandinave, sur notre vieux fond latin», c’est un avenir plutôt austère qui s’annonce….

En feuilletant la presse quotidienne et les hebdomadaires, j'ai pu m'amuser à compter le nombre d' articles où l'on vous décrit maintenant, comme une évidence, le parcours d'un homme, François Hollande, destiné á être président, sans oublier les visionnaires qui se rappellent à notre bon souvenir, tel le même Franz-Olivier Giesbert, dans son dernier livre particulièrement jouissif, « Derniers carnets-scènes de la vie politique en 20012 », rapportant sa rencontre en 2004 avec le futur président : " Après le repas, en regardant Hollande s'éloigner sur le boulevard Saint-Germain pour rejoindre le siège de son parti, j'ai pensé que je venais probablement de déjeuner avec un futur président de la république . Je ne galèje pas....".

Dimanche dernier, fatigué d'entendre Coppé, ses sbires et ses rivaux, prendre les électeurs pour des attardés mentaux en nous répétant à l'infini, a propos des législatives, qu'il ne fallait pas donner au PS tous les pouvoirs, donc les lui faire perdre tous ou presque, et peut être nostalgique de n’avoir pas participé à la fête en 1981- j' habitais Bordeaux et surtout je vivais alors avec un militant RPR, j' ai déjà conté cet épisode- j'ai finalement entrainé Bertrand à la Bastille. Je n'avais pas imaginé qu'il puisse y avoir tant de monde, une foule très colorée, dans tous les sens du terme, et dont la joie faisait plaisir à voir, si dense qu'on pouvait craindre qu’au moindre incident sa mise en mouvement ne déclenche une panique catastrophique. Nous avons préféré nous en extraire avant l’arrivée du futur président et foncer fêter la victoire dans le marais tout proche.
Les rapprochements avec 1981 ont leur limite. Certes il s'agit à nouveau d’ un François (je constate avec dépit que la dénomination " François 2" connait un grand succès sans qu’il ne soit jamais mentionné que je suis le premier à l’avoir employé sur ce blog il y a de long mois!), certes ce dernier a emprunté nombre de formules de son prédécesseur et imité certaines de ses postures, poussant le mimétisme jusqu’à réaliser le même score, certes on peut faire des parallèles entre les présidences de Giscard et de Nicolas, mais en 1981 la victoire de François Mitterrand répondait a une espérance folle et résonna comme un tremblement de terre -la bourse s effondrait de 20% le lendemain de l élection-, alors que cette fois ci, la victoire était attendue -la bourse à gagné près de 2%.
Mon état d’esprit est également bien différent. En 1981 mes convictions étaient fortement ancrées à gauche et j’attendais Mitterrand comme le messie; en 2012, alors que je m’étais éloigné progressivement du parti socialiste depuis le retrait de Lionel Jospin de la vie politique, ce blog en témoigne, Nicolaparte a réussi le tour de force, en ressuscitant le clivage droite-gauche, de me ramener au bercail.

François Hollande n’est pas François Mitterrand, mais il en est le digne héritier (celui de Jacques Delors aussi), héritage que contrairement à Fabius («lui c’est lui, moi c’est moi ») ou à Jospin (le «devoir d’inventaire») il assume. Le choix de la grande bibliothèque était particulièrement judicieux pour lui rendre hommage le 10 mai, annonçant ainsi le retour de la « Culture » dans ses priorités (j’avais également apprécie l’hommage rendu à Pierre Bérégovoy, un de nos plus grands ministre des finances). Je suis de ceux qui pensent qu’il peut nous surprendre, qu’il peut être celui qui nous fera traverser au mieux la terrible période qui s’annonce. Il a eu la sagesse et la chance de s’être entouré d’hommes intègres et compétents, contrairement à Mitterrand qui par amitié aveugle a laissé s’installer une cour de personnalités sulfureuses. Mais pour cela il devra s’affranchir de son programme, il le sait. On ne lui pardonnera rien, déjà les poujadistes de tout bord poussent des cris de truie qu’on égorge à la moindre de ses dépenses…
Dans son entourage il y aura son ami Jean Pierre Jouillet, il lui en avait voulu d’avoir cédé quelque temps au charme sarkozien, mais il s’en était vite repenti. On sait ce qu’il en est des autres « transfuges », certains ont trahi à nouveau, en sens inverse (après tout, comme pour l’infidélité, c’est souvent le premier pas qui est le plus difficile à franchir…), d’autres, plus décents, ont assumé jusqu’au bout, tel Eric Besson qui a annoncé qu’il allait rejoindre le privé, mais où est donc passé Bernard Kouchner! Peut être la prophétie de François Mitterrand, révélée par FOG dans son livre, s’est elle réalisée : «Un GO égaré en politique. Vous verrez, il finira là où il a sa vrai place : au Club Méditerranée». (Je ne résiste pas au plaisir de livrer celle sur DSK : « Un jouisseur sans destin. Je le verrais plutôt à la tête du patronat qu’à la tête du PS. Mais il est si ficelle qu’il pourrait diriger les deux en même temps.»)


« François Hollande a emporté la primaire socialiste. Vu d’ici, il est notre futur président le plus vraisemblable. Je n’ai rien contre lui personnellement, je le trouve même plutôt sympathique : ce ferait une fameuse différence avec Nicolas Sarkozy. Et comme il est assez probable que leurs lignes politiques respectives seraient à peu près les mêmes….De toute façon, quand nous en serons là, si nous en sommes là, je ne m’occuperai plus de politique. Il y seulement que voir l’un me sera beaucoup moins désagréable que voir l’autre. C’est physique, comme il ne faut pas dire. »
(Renaud Camus – Septembre absolu, journal 2011, Fayard 2012)

Le 6 mai, après avoir fait le choix de Marine le Pen au premier tour, Renaud Camus a appelé à voter pour Nicolas Sarkozy….

Repost 0
Published by limbo - dans politique
commenter cet article
6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 19:14

images.jpg

 

Au moment ou je commence ce billet, 17h, les premières estimations sorties des urnes et publiées sur le site de la tribune de Genève, prévoient une victoire assez large de François Hollande. Je n ai pas pu voir mercredi soir le débat tant attendu, pris par un dîner professionnel, si ce n' est sur sa conclusion " moi président", mais je n ai jamais été inquiet quant à son issue. Il est étonnant de voir combien les politiques ont la mémoire courte, ils ont oublié qu il y avait déjà eu une confrontation Sarkozy-Hollande, télévisuelle et dans les urnes, aux élections européennes de 1999. François Hollande avait fait jeu égal pendant le débat et ...écrasé Sarkozy dans les urnes! Comment ce dernier a-t-il pu sous-estimer son adversaire à ce point. S il avait lu " cahiers secrets de la Ve république " de la journaliste Michèle Cotta, il aurait su que dès 2005 il était considéré comme le meilleur candidat socialiste pour 2007 mais qu' il en été empêché par le tsunami médiatique "Ségolène". Pour paraphraser Arnaud Montebourg " son problème ce fut sa compagne" . Bien avant l affaire DSK un commentateur avisé comme Denis Jeambar, ex- directeur du point, disait sa conviction qu il serait le prochain président et il y a plus de 6 mois le sociologue Àlain Touraine a fait le même pronostic.

Nous nous marrierons donc, du moins certains d entre nous et je vais significativement payer plus d impôts ( ça a un prix les convictions!). Mais des défis bien plus importants l' attendent, économiques sans doute (j ai trouvé amusant de voir sur un autre blog un internaute qui dit avoir voté pour le trotskiste de cirque trouver son programme économique inapplicable!) mais surtout répondre intelligemment aux inquiétudes compréhensibles de certains électeurs du Front National devant une immigration mal maîtrisée. François Hollande saura t il résisté à certains "idéologues" du PS et écouter les autres, comme l' a bien résumé un journaliste de libération: "Nombre d élus et de militants de gauche n' ont pas partagé ces dérives, mais la peur d' être qualifiés de réactionnaire par un milieu parisien restreint mais influent, en à fait taire beaucoup. François Hollande opérera- t-il dans ce domaine une difficile synthèse ou saura-t il rompre clairement avec les impasses d' un petit milieu pour comme il le dit, parler aux électeurs du Front National et rassembler le pays."

En attendant les résultats j'ai vu " Margin call" , excellent film sur le capitalisme financier et ses dérives, illustration parfaite de la « théorisation » de l’économie de marché par Jean-Pierre Dupuy, disciple de René Girard, et pour lequel l’économie de marché a pris le relais de la religion pour «

 

Repost 0
Published by limbo - dans politique
commenter cet article
18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 22:37

20120418-18665842694f8ebb5e42a14.jpg

Je ne voterai pas dimanche. Non que je fasse partie de ces 44% de girouettes analysées par un sondage récent et qui ont changé d’avis, mais je serai à la Nouvelle Orléans pour le congrès annuel de l’American Neurology. C’est donc par procuration que j’apporterai mon suffrage à François II, choix que j’envisageais déjà dans mon billet du 09/05/2011 (« 30 ans déjà »), avant que n’éclate l’affaire DSK. Il ne s’agit donc pas, comme ces anciens ministres dits de gauche égarés en sarkoland et dont on ne sait s’il faut qualifier leur attitude de pathétique ou d’obscène (ceci ne concerne pas l’ancien ministre de la culture, Jean-Jacques Allaigon, qui n’a jamais été de gauche et qui a apporté son soutient à Hollande depuis plusieurs semaines), d’un ralliement au vainqueur probable d’une campagne surréaliste. La stratégie savamment élaborée par Patrick Buisson, radicalisation à droite et coup de pouce aussi sournois que complice à notre inénarrable Jean-Luc, Hébert des temps modernes, qui a décidément des amis inattendus (allant du dit Buisson à Henri Guéno en passant par Dassault…), semblant avoir échoué (semblant car certains se raccrochent encore désespérément à l’espoir fou d’un peuple si déboussolé que les sondages ne sauraient en appréhender les états d’âme), les rats commencent à quitter le titanic.

Ce billet, puisqu’il témoigne d’un vote plutôt «politiquement correct», devrait contribuer à donner de mon blog une image positive et l’éloigner un temps des blogs « malsains ». J’ai en effet reçu avec stupéfaction, un mail  d’un responsable « d’Over-blog », me signalant que mon blog ne pourrait continuer à être classé comme « sain », c'est-à-dire ouvert aux annonceurs publicitaires, ce qui en facilite la diffusion, que si j’acceptais de supprimer le billet, datant de près de deux ans( !), intitulé « Black, blanc, beur », écrit au moment de la « mutinerie » de l’équipe de France de football lors de la dernière coupe du monde….Il semble qu’il ait été considéré comme « sensible». J’ai accepté, un peu vite peut être, sa suppression car il ne s’agissait que d’un billet d’humeur, que l’on peut d’ailleurs retrouver sur le site communautaire gay "gayattiude" sous le pseudo "hyperion". Je crains toutefois que l’on puisse en trouver de bien plus sensibles (!), mais si cela devait être le cas, je n’irai pas plus loin dans l’autocensure, je me passerai des bandeaux publicitaires.

« Il y a un machin bizarre, assez embarrassant. Ça vous prend un peu par surprise, on ne sait pas trop quoi en faire. On appelle ça la beauté ». Cette citation, tirée d’une critique du dernier film de Francis Ford Coppola, rend à merveille compte de ce poème cinématographique, fantastique, gothique et envoutant, dont le motard hard rock qu’on croirait surgi de Rusty James sert d’illustration à ce billet, mais pourrait tout au tant s’appliquer à la trilogie de l’écrivain japonais Haruki Murakami, « 1Q84 » dont j’aborde le deuxième tome. Les deux œuvres ont aussi en commun un hommage à un grand écrivain, Edgar Poe pour le Coppola, et Georges Orwell pour le roman.

Repost 0
Published by limbo - dans politique
commenter cet article
13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 22:05

dc4aeab4-e690-11de-a03d-029ddc0dd5d7.jpg

Mon dernier billet, inspiré par la lecture de plusieurs articles parus dans la presse ces derniers mois, s'inscrivait dans la lignée de plusieurs autres, plus anciens, comme "les neurones de la peur" ou surtout "Intention, conscience et libre arbitre". ( http://limbo.over-blog.org/article-intention-conscience-et-libre-arbitre-50676034.html).

Il se trouve que les quelques interrogations qu'il a suscitées sur la version de ce bog publiée sur un site gay ( http://blog.hyperion.gayattitude.com/) ont trouvé un écho inattendu dans le Monde de ce weekend. Il y est fait état d'une proposition parlementaire (trans-parti) qui préconise de préciser, voire de supprimer l'usage de l'IRM fonctionnelle en justice : « Ces technologies provoquent des tensions d’ordre éthique, philosophique, juridique et social, car elles répondent partiellement aux interrogations que l’homme s’est posées…sur la pensée, la conscience, la mémoire, les émotions, la liberté, la responsabilité et le libre arbitre ».

L’utilisation de l’imagerie cérébrale est de pratique courante aux Etats Unis. Je ne savais pas qu’une loi récente en France avait élargi son usage à l’expertise judiciaire. Le Comité national consultatif d’éthique devrait rendre prochainement son avis. Je partage l’avis de Stéphane Lehéricy, chef de service de neuroradiologie à la Salpetrière : « L’IRM fonctionnelle ne peut être utilisée pour prédire de façon suffisamment fiable un comportement individuel. C’est un outil de recherche pour appréhender le fonctionnement du cerveau à l’échelle d’un groupe. On n’en tire le plus souvent que des statistiques obtenues dans des conditions expérimentales données, pas dans la « vraie vie». Mais dans un avenir sans doute pas si lointain, l’imagerie cérébrale trouvera sa place à côté des recherches d’ADN…

On pourrait d’ailleurs se demander pourquoi l’utilisation de l’expertise psychiatrique, qui a sa place dans les cours de justice depuis fort longtemps, mais dont le caractère « scientifique »reste à établir, ne soulève pas la même « réserve». Peut être parce qu’elle fait porter la « non responsabilité » sur la société, la famille, etc, non sur la structure même du sujet….

L’autisme fait partie de ses maladies, dont on reconnait maintenant l’origine dans un trouble du développement du cerveau, mais qu’une certaine école de pensée psychiatrique, la psychanalyse, continue à considérer comme liée à des parents « pathologiques ». La Haute Autorité de Santé a enfin promulgué des recommandations qui constituent un désaveu de la psychanalyse appliquée au traitement de l'autisme, une pratique majoritaire en France mais combattue depuis longtemps par les associations de familles d'enfants autistes…

 

Repost 0
Published by limbo - dans politique
commenter cet article
11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 11:06

61.jpg

Il n’est pas douteux que pour nombre d’entre vous ne doute pas une seconde que leur décision de voter pour tel ou tel candidat lors de la prochaine élection présidentielle ne soit la résultante d’un choix personnel lié à leur « libre arbitre ». Ce n’est pourtant pas dans ce sens que vont les avancées récentes dans le domaine des neurosciences. Les progrès de l’imagerie cérébrale par résonnance magnétique nucléaire, dite « IRM fonctionnelle », nous permettent de visualiser l’activité des régions du cerveau impliquées dans les processus de décision. Nous savions depuis longtemps que lorsque, par exemple, nous décidons de faire un mouvement avec le bras, les neurones qui commandent ce mouvement « s’allument » dans le cerveau une fraction de seconde avant que le bras ne bouge, ce qui traduirait notre « volonté» de faire ce mouvement, mais ce qu’on vient de mettre en évidence c’est qu’une partie du cerveau s’active 7 à 8 secondes, selon le compte-rendu qu’en fait Jean-Didier Vincent dans un récent numéro de l’express, avant que le sujet ait conscience de la décision qu’il va prendre ! Bien plus si l’on met en place un dispositif à choix multiples, plusieurs boutons sur lesquels le sujet doit appuyer en fonction de son choix, l’activité préalable du cerveau permet même « prévoir» quel bouton va être actionné…. »Si une activité cérébrale peut prédire une décision volontaire, l’existence d’une relation de causalité met à mal celle de libre arbitre » souligne le Pr Vincent. Ceci va dans le sens d’autres recherches selon lesquelles plus est complexe le processus de choix, moins il est conscient : « nous croyons que c’est en raisonnant que nous prenons des décisions, mais il se pourrait que nous nous contentions de répondre à des indices issus de notre environnement de façon automatique…la majeure partie de nos pensées personnelles serait effectivement causée par le réseau social auquel nous appartenons, déclenchée par des signaux automatiques et l’imitation». « Nous sommes les autres » écrivait déjà Henri Laborit, neurochiurgien et biologiste, auteur de « L’éloge de la fuite ».

Il semble bien, qu’inconsciemment, nos hommes politiques appliquent cette théorie selon laquelle nos actes ou nos pensées ne sont ni rationnels, ni conscients, en mettant en branle ces signaux automatiques, taxation des riches ici, stigmatisation des immigrés et de leurs rituels religieux là (on peut certes considérer que les deux branches de l’alternative ne peuvent être renvoyées dos à dos sur la plan de l’éthique, mais ce n’est pas là l’objet de mon propos) qui nous feront prendre tel ou tel bulletin de vote.

Le processus de décision serait également dépendant de la probabilité que nous attribuons à la survenue d’évènements. Des expériences ont montré que notre machinerie cérébrale avait systématiquement tendance à surestimer (sauf chez les dépressifs) la probabilité de la survenue d’évènements favorables, ce qu’on appelle le « biais optimiste». « Ce biais aurait une fonction adaptative et contribuerait à la santé mentale". Il semble bien que la machinerie cérébrale « hyperactive» de notre président encore en exercice soit victime d’une exagération de ce « biais » si l’on en juge par ce qu’il laissait entendre il y a encore quelques semaines, il allait « exploser » Hollande …

Le déterminisme inconscient de nos pensées et actes ne saurait avoir pour origine le seul réseau social, il faut aussi considérer les facteurs génétiques qui ont été identifiés comme favorisant des comportements du type addictions, à l’alcool, au jeu, à la drogue et au sexe (l’ADN de DSK porterait t’ il la trace de ce facteur, s’interrogeait on récemment dans un article du Monde….). Bien plus, notre niveau même de « sociabilité», d’empathie, serait déterminé par un fragment génétique du récepteur de l’hormone ocytocine.

On voit bien les conséquences philosophiques de ces travaux. La raison une illusion ? La conscience une apparence ? La responsabilité et le libre arbitre un leurre ? On peut se demander si la pénalisation des délits commis par les malades mentaux voulue par la majorité politique actuelle n’est pas inconsciemment la première étape d’une réaction à ces possibles conséquences : si nous ne sommes pas responsables de nos actes, la « justice » ne doit plus avoir pour avoir pour objectif premier en rendant son jugement de «dissuader», de préserver l’ordre social, mais de « satisfaire» les victimes…

Non seulement nous ne pensons pas par nous-mêmes, nous savons depuis René Girard que nos désirs sont eux aussi ceux des autres, mais notre monde lui aussi, selon la version la plus élaborée de la théorie des cordes, ne serait qu’une illusion, projection holographique d’un monde imaginaire en deux dimensions.

Qu’en est-il alors de l’âme? Selon Jean-Didier Vincent : « L’âme devient l’expression dans le cerveau de la jouissance et de la souffrance du corps, et de tous les affects qui servent de fondement à nos actes conscients ou inconscients en nous ouvrant les portes de l’art, de la beauté et de la poésie, pour l’instant inaccessibles aux neurobiologistes.»

Oublions donc Descartes, « Je ressens donc je suis » plutôt que « Je pense donc je suis ».

La connaissance des mécanismes du désir ne vous met pas à l’abri de son emprise, mais elle peut vous permettre d’en desserrer quelque peu les liens ou d’atténuer le jugement que l’on porte sur le comportement des autres. On pourrait espérer que de la même façon être conscient du caractère « programmé » de nos pensées et actes nous amène à rendre un certain recul par rapport à eux et nous éviter de nous comporter en « diseuses de vérité » comme savent si bien le faire certains blogueurs de ce site.....

 

Repost 0
Published by limbo - dans politique
commenter cet article
17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 09:41

SVy90Rv-d5MmE8Qg-hHJuTl72eJkfbmt4t8yenImKBXEejxNn4ZJNZ2ss5K.jpg

Si j’étais encore lycéen passant mon épreuve de philosophie au bac, un sujet tel que « Toutes les civilisations ne se valent pas », m’aurait sans doute séduit avant que je ne m’aperçoive qu’il était piégé et que j’allais m’avancer sur un champ de mines. Le premier réflexe serait en effet de traiter le sujet en tant que tel, sur le fond, d’interroger d’abord le concept de «civilisation» et sa dimension temporelle, puis celui de «valeur», avant de discuter la pertinence d’associer le second au premier et de me demander si cette association impliquait immanquablement une « hiérarchisation» entre les civilisations. Les auteurs sur lesquels appuyer mes réflexions ne manqueraient pas, de Lévi-Strauss à Renaud Camus. Ma conclusion aurait sans doute été que, non, décidément, toutes les civilisations ne sont pas équivalentes, à moins de soutenir l’aporie selon laquelle notre civilisation, celle du « tout se vaut », celle qui met sur le même plan Mozart et Mickael Jackson, a la même valeur que, la notre toujours mais il y a quelques siècles, celle qui a donné naissance au colonialisme et à l’esclavage. Mais il serait imprudent, dans notre monde orwellien, de s’en tenir au seul texte, et non à son sens « voilé», celui que sous-entendait l’auteur de la citation, l’éminence grise (noire?) d’un candidat en campagne électorale, « l’Islam est inférieur au christianisme». Inacceptable en effet, le tollé était prévisible, il était même l’objectif recherché par le personnage, car sans ce déchainement médiatique la phrase serait passée inaperçue du « bon peuple » à qui elle était destinée.
Nicolas Sarkozy a donc décidé de suivre la stratégie de « premier tour» inspirée par son conseiller Patrick Buisson, celle d’une radicalisation droitière, afin de rassembler son électorat traditionnel et de mordre au maximum sur le Front National. La charge est massive avec un alignement sur les thèmes de la « droite populaire » : mariage homosexuel, chômeurs, droit de vote des étrangers, publication fort à propos d’un rapport sur la délinquance étrangère…Stratégie fort risquée car ramener Christine Boutin à la maison ne fera pas forcément suivre suffisamment d’électeurs potentiels du Front, tout en menaçant de faire passer bien des modérés chez le béarnais, et qui ne peut manquer de provoquer des dérapages incontrôlables, pas celui de Claude Guéant parfaitement prémédité, mais du type de celui de Christian Vanneste, minimisant la déportation des homosexuels ce qui nous même valu une protestation du Front National! 

Cette radicalisation, conçue comme tentative de la dernière chance de redresser la barre d' un navire en perdition, pourrait s' avérer vaine puisqu’elle est amputée d'une de ses composantes indispensable à sa pleine efficacité, celle qui pourrait la faire qualifier " d'extrême droite", le repli nationaliste. "Travail/famille/ ?" : l' engagement derrière Merkel, le choix d' une Europe allemande, prive notre candidat président du thème de la patrie si ce n'est dans sa composante xénophobe. Tout sera fait pour que le débat socioculturel occulte celui de la crise de la dette et des déficits sur lequel il lui serait bien plus difficile de se différentier du candidat socialiste, ils feront, à quelques nuances près, non négligeables, la même politique, celle qu’on dit " dictée " par les marchés , en fait celle du réalisme économique , débat qui obligerait à dire "au peuple" des vérités qu’ on ne le juge pas capable d’entendre, que nous sommes au bord du gouffre.

Seul, le béarnais occupe ce terrain là, il est vrai sans risque, puisque « poor lonesome cow-boy» il ne craint aucun rappel à l ordre "républicain" de la part de ses inexistantes troupes, alors que les chiens de garde "cryptomelanchoniens" sont prêts a aboyer a toute dérive idéologique du candidat socialiste (qui aurait du savoir qu' il y avait encore des marxistes en France), tandis que le candidat sortant se voit aussitôt confronté au " pourquoi ne l avez vous donc pas fait avant".

Pourquoi alors ne pas me résoudre à voter au premier tour, comme en 2007, pour François Bayrou? Parce qu’il n à pas de troupes justement et que son éventuelle élection, à supposer que Sarkozy s’effondre, conduirait à des marchandages permanents avec l assemblée nationale, parce que je pense qu’il est temps que la gauche revienne au pouvoir et soit confrontée au réel pour accomplir enfin son « Bad Godesberg», que c est son tour de prendre les rênes, parce qu’ enfin j ai de la sympathie et de la considération pour François Hollande. 
Au bord du gouffre en effet, ce qu’on demande aux Grecs, demain au Portugal et à l Espagne n’ est ni tenable , ni acceptable. On voit mal, si l’on continue dans cette voie, ce qui pourrait éviter un embrasement généralisé. S il ne s’est pas encore produit, alors que comme à la suite de la crise des années 30 avec laquelle on trouve bien des analogies, on assiste à une montée des extrêmes, c’est sans doute en raison d’ une béance idéologique, point d’ " Utopie", Contre-Utopie demain, comme en son temps le communisme et le fascisme, ou aujourd’hui l’ islam pour le monde arabe, pour jouer le rôle de terre promise de la révolte. Pas de terre promise en occident, au risque d une terre brûlée.

J’écris les dernières lignes de ce blog depuis Istanbul, une réunion médicale internationale, le temps d’expliquer à mes collègues turcs que le lobby arménien en France avait plus de poids pour notre président que le lobby gay, et de voir une neurologue grecque, au bord des larmes, me dire que son peuple à qui l’on demandait de vivre avec 500 euros par mois était au bord de la révolution. 




 

Repost 0
Published by limbo - dans politique
commenter cet article
1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 22:22

20111201-15373463884ed7a41aaad9b.jpg

Je ne sais pourquoi je n ai jamais aimé cette ville, Bâle, siège de mon entreprise, au point de refuser à deux reprises, il y a bien des années, une poste "international"', la perspective d' y vivre me terrifiait. L' autre soir, traversant la vieille ville, qui ne manque pourtant pas de charme, le long de rues désertées dès que la nuit tombe, dans la fraicheur humide de ce mois de ce mois de novembre que je déteste, et cherchant mon chemin en direction des bords du Rhin à la recherche du restaurant où je devais retrouver mes collègues, je repensais à un article d’un quotidien du matin, lu dans l’avion, et qui me semblait éclairer, au moins partiellement, mes interrogations à propos de certaines réactions à mon dernier billet (non sur ce blog mais sur la version publiée sur un site gay :http://blog.hyperion.gayattitude.com/) . Il me semblait étonnant que le jugement, pourtant relativement modéré, que j’avais porté sur l’évolution des révolutions arabes, puisse soulever, comme à chaque fois que l’on exprime quelque réticence vis à vis de l’islam, tant d’oppositions, jusqu’à l’accusation d’islamophobie , alors qu’on peut écrire, dire ou mettre en scène toutes les horreurs que l’on veut sur les chrétiens sans jamais, ou presque, se faire traiter de «christianophobe». Certes je n’ignore pas que derrière cette christianophobie il faut entrevoir le déni des racines de notre civilisation et de notre patrimoine culturel, alors que la chasse à l’islamophobie concourt à l’injonction qui nous est faite d’expier notre passé de colonisateur, mais le philosophe Fabrice Hadjadj, dans l’article précédemment mentionné (« Vous avez dit christianophobie » ?) souligne combien il est difficile pour un chrétien de la dénoncer, que cette dénonciation ne serait légitime que pour un non chrétien, car elle est au cœur même du mystère de la croix (« Si la christianophobie s’exprime par la représentation du Christ dans une situation humiliante, que dois je faire de mon crucifix, qui le montre en train de subir le supplice des malfaiteurs dans la puanteur du Golgotha ? »). Ce que n’ont manifestement pas compris les intégristes de Saint Nicolas du Chardonnay...

Si le chrétien « culturel » que je suis s’accommode depuis longtemps de la christianophobie ambiante, il assiste avec un malaise croissant, peut être parce qu'il est aussi médecin, à la médiatisation et l’exploitation politique de faits divers criminels qui sont le fait de psychopathes. A chaque nouvel acte isolé de folie meurtrière on nous promet une législation d’exception. Impuissant à interdire la folie, l’enfermement psychiatrique ne satisfaisant plus la demande des victimes, on en vient à nier la folie, invention des « experts », voire à proposer de supprimer les fous, pas que Marine Le Pen a allègrement franchi en réclamant le rétablissement de la peine de mort dans un cas où on ne peut même pas invoquer l’argument de « l’exemplarité de la peine » puisqu’il ne s’agit plus que de vengeance sacrificielle .

Ici on accuse les experts d’incompétence, là, comme je viens d’en être le témoin dans le processus de réévaluation des médicaments anti-Alzheimer, d’être « vendus » à l’industrie pharmaceutique ce qui a conduit, en les éliminant de la procédure, à des décisions incompréhensibles à quiconque a une expérience clinique quotidienne de cette maladie et de l’utilisation de ces médicaments. Ce monde est décidément tombé sur la tête, « time is out of joint » disait Hamlet, ces experts dont on a décidé de ne plus solliciter l’avis sur les questions sociétales ou médicales, on leur donne le pouvoir décisionnaire sur le plan économique en les plaçant à la tête de deux états européens....

Les écologistes aussi avaient décidé de se passer « d’experts » en faisant appel à la passionaria nordique, tombée dans une potion verte le temps d’une campagne électorale, et qui s’est saisie du nucléaire comme d’un jouet. L’occasion pour François Hollande, qui a peut être, sans doute, été une fois de plus victime de sa faiblesse « consensuelle », de s’apercevoir que la « perdante » des primaires n’était pas disposée à lui faciliter la tâche, l’expérience subie par sa compagne d’antan aurait pourtant dû lui mettre la puce à l’oreille...

Comment un expert, ici un statisticien de génie, en appliquant des règles mathématiques peut amener une équipe de baseball, constituée de « losers », au sommet, c’est ce que raconte le « Stratège » film passionnant, même quand on ne comprend rien à ce sport, et d’une efficacité bluffante. Fable bien plus efficace dans sa dénonciation du pouvoir de l’argent que cette immense déception que constitue le dernier film du réalisateur du remarquable « Bienvenue à Gattaca », « Time out » , poussive allégorie politique qui nous décrit un monde où les hommes ont été génétiquement modifiés pour ne plus vieillir après 25 ans et où la monnaie a été remplacée par le « temps », celui qui vous reste alors à vivre en fonction de la réserve, attribuée selon les règles du capitalisme sauvage, dont vous disposez. Reste la séduction exercée par tous ces acteurs que l’on croirait sortis d’un concours de « Tetu » pour l’homme du mois !

Repost 0
Published by limbo - dans politique
commenter cet article
13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 21:01

l-exercice-de-l-etat-2011-3-g.jpg

Ne vivons-nous pas une période passionnante ? Pour la première fois dans l’histoire de ce pays un gouvernement présente un plan de rigueur, certes modeste - juste une mise en bouche pour ce qui nous attend après - à quelques mois d’élections capitales, et nous allons assister à la première campagne présidentielle d’où toute promesse qui ait un coût devra être bannie. Le parti socialiste, qui a déjà dû avaler son projet, va devoir faire sa révolution copernicienne, sans l’avouer et oser la nommer " programme de Bad Godensberg". Sinon à la marge - là on taxera un peu plus les classes moyennes et ici " les riches", et sur le plan sociétal, ce qui est loin d’être secondaire - c’est de la même politique dont vont nous parler nos deux candidats AAA, derrière le mirage idéologique des mots, celle du maintient dans l’euro par réduction de la dette. Puisque nos gouvernants n’ont plus de « pouvoir », plus celui d’agir sur la réalité, puisqu’ils ne leur reste plus que les « paroles », comment vient de le montrer magistralement le film de Pierre Schoeller, « L’exercice de l’Etat », que vont-ils nous dire s’ils ne peuvent plus promettre et distribuer ce qu’on a plus? Un concours de coup bas et de surenchères populistes nauséabondes.

Les tenants de " l’autre politique", celle de la sortie de l’euro et de reconstruction des murs, que le politiquement correct appelle « démondialisation », Marine, Mélenchon et le baron rouge, pourront sans peine dénoncer le cynisme de Sarkomerkel qui mettent sur le trône de Grèce celui qui a négocié l’entrée de son pays avec des comptes falsifiés et sur celui d’Italie l’employé de Goldman Sacks qui a aidé au maquillage de cette falsification et a mis en place la dérégulation financière! On croit rêver. Que ceux qui nous ont mis dans la merde nous en sortent.... Jean Pierre Jouyet vient de déclarer au Monde que " les citoyens se révolteront contre la dictature des marchés ", peut-être se souvient il qu’une autre crise de la dette fut le prélude à la révolution française! Ces citoyens que la simple idée de les consulter par référendum effraie tant l’on sait que leur vote précipiterait la fin, crise de la dette doublée d’une crise de la démocratie.

Pendant que certains peuples d’Europe fantasment la démondialisation de l’économie et que celle-ci risque de s’effondrer là où elle a pris racine, en Grèce, d’autres peuples, de l’autre côté de la méditerranée, fantasment eux la mondialisation de leur religion. L’heure d’une vision angélique des révolutions arabes est semble-t-il passée, à la révolution succède un peu partout la contre-révolution islamiste. Certes le pire n’est pas encore sûr, certains comme BHL, contre Alain Finlelkraut mais avec Tarik Ramadan, semblent encore parier sur un islam modéré, mais le vote majoritaire des tunisiens de France en faveur du parti islamique ne peut pas ne pas inquiéter et sonner comme un écho au livre de Christopher Caldwell, "Une révolution sous nos yeux". Il y aborde la question de l'immigration et de l'islam en Europe. L 'immigration à grande échelle, en particulier musulmane, serait en train de transformer profondément l'Europe et de redessiner l’avenir du vieux continent, ce que Renaud Camus appelle la « contre-colonisation » .

Repost 0
Published by limbo - dans politique
commenter cet article
6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 07:49

20110705-19579949404e1332dadfeab.jpg

Le titre de libération, « DSK saison 2 », témoigne tristement de ce qu’est devenue l’actualité, ou du moins la façon dont elle est traitée, dans notre monde de «l’ immédiat-isation» . Avant même que la saison 2 soit arrivée à son dernier épisode, on nous donne déjà un aperçu de la « saison 3 » pour lesquels on a mis deux équipes de scénaristes en compétition, des journalistes reconvertis, l’une imaginant une histoire basée sur une autre accusation de viol, plus ancienne, mais avec cette fois ci une plaignante moins chargée en signes « victimaires », elle sera caucasienne, journaliste, pas vraiment sexy (mais i l est vrai que mon expertise sur ce point pourrait être contestée...) et aura un visage, l’autre s’intéressant au retour, totalement invraisemblable, de notre héros en politique et sa participation in extremis aux primaires socialistes....On n’exclut pas une fusion des deux scénarios après sondage des ménagères de plus de 50 ans. Encore mieux que l’excellente série américaine « Damages » dont nous avons eu droit à deux saisons sur Canal Plus.

Il faut dire que la perspective d’un « non-lieu » que laisse entrevoir le déroulement de « la saison 2 » contrarie quelque peu les péripatéticiennes du féminisme, les « psychanalystes » de service qui discouraient sur le « vertige suicidaire » de DSK, une partie de la presse qui organisait des débats sous entendant sa culpabilité sur le thème du « tout le monde savait » (je disais dans un précédent billet combien Manuel Walls s’en était indigné en face de Frantz Olivier Giesbert), sans oublier ces socialistes qui derrière Benoît Hamon et Harlem Désir poussaient Martine Aubry à se présenter et s’opposent à toute modification du calendrier des primaires. Il est amusant de constater que les socialistes déjà candidats, Cruella et son ex, sont les plus souples, un retour de DSK dans les conditions actuelles ne pouvant que les favoriser, mais surtout parce que, plus lucides que leur collègues psychorigides de la vieille gauche rance, ils ont compris que ce retour était de toute façon impossible et qu’il ne pouvait donc être que payant d’être « beau joueur ». Pauvre Martine, dans ce monde où une information chasse l’autre, on a presque déjà oublié sa déclaration de candidature.

J’allais oublier de saluer les « complotistes » qui s’en donnent à cœur joie et imaginent déjà une « saison 4 », un « watergate » à la française qui ferait exploser Sarkozy en plein vol. S’en tenir à l’hypothèse la plus plausible, celle que j’évoquais dans un billet précédent (« coup de chaleur »), une relation apparemment consentie qui a mal tournée et qui s’est refermée comme un piège, hypothèse fortement accréditée par la conversation téléphonique de la « soubrette » avec son mari en prison, serait trop simple.

Repost 0
Published by limbo - dans politique
commenter cet article
8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 22:55

20110608-7530592424def894dcce4c.jpg

Il fût un temps où se présenter à la présidence de la République, supposait, si on espérait être élu, quelques compétences, plus ou moins étendues selon les domaines, en économie, en géopolitique, en politique tout simplement. Tout cela est du passé, dans notre monde du «devoir de transparence» et du «politiquement correct», avoir telle ou telle compétence est secondaire devant l’exigence du «n’avoir pas»:

• N’avoir jamais pratiqué l’adultère
• N’être jamais allé aux putes ou avoir participé à des touzes
• N ‘être jamais allé dormir à la « Mamounia » (toujours suspect la Mamounia)
• Ne pas avoir fait de fréquents séjours en Thaïlande
• Ne pas s’être inscrit sur un site internet de rencontres
• Ne pas avoir laissé trainer sur internet des photos de soi nu ou pire de sa bite ou de sa chatte (là le risque semble faible vu le panel féminin actuel)
• Ne jamais avoir eu une relation même légale avec un mineur de 15-18 ans sous peine de suspicion immédiate de pédophilie ( ne doutez pas qu'on parlera de "petits garçons"!)
• Ne pas avoir caché son orientation sexuelle (uniquement si elle est homosexuelle...)
• Ne pas avoir de compte dans une banque étrangère
• Ne pas avoir eu (ou être susceptible d’avoir) de redressement fiscal
• Ne pas avoir de fortune personnelle (ou être mariée à qui en aurait une) ou alors savoir renoncer à ses signes extérieurs (pas de Porsche, pas de Rollex, pas d’appartement place des Vosges)
• Ne pas avoir de liens avec une vieille milliardaire atteinte de la maladie d’Alzheimer ou avec un ancien patron d’Adidas
• Ne jamais avoir usé de sa position pour rendre un service à un ami
• Ne jamais avoir reçu un prêt financier important d’un ami
• Ne pas avoir occupé d’emploi fictif (il est vrai que Luc Ferry n’est pas candidat...) ou avoir crée des emplois fictifs
• Ne jamais avoir été d’extrême droite dans sa jeunesse
• Ne pas avoir passé sous silence un passé Trotskiste
• Ne pas être allé en vacances dans une dictature amie si l’on n’est pas certain de sa pérennité ou si l’on ne s’est pas assuré qu’on n’a pas laissé quelques additions aux autochtones...
• S’assurer de n’avoir jamais tenu le moindre propos, même dans une ambiance festive, qui puisse heurter les arrangements neuronaux d’un « droit de l’hommiste »
• Ne jamais avoir fait l’objet d’un contrôle positif d’alcoolémie
• N’avoir jamais confié avoir sniffé de la coc
• Etre capable de supporter un régime « Dukan »

J’en oublie sûrement....Qu’est ce qu’on va se faire chier...
Pas de quoi s’étonner que les écolos soient allés chercher Mister gel/douche. Dany vient de s’apercevoir qu’on avait changé d’époque

La France me semble gravement malade. La Syrie et la Libye vivent des évènements dramatiques, plusieurs pays d’Europe sont au bord de la faillite et nos journaux nationaux consacrent leur « une » pendant plus de 20 mn à un évènement dont le seul contenu est constitué de deux mots, « not guilty » , prononcés devant un tribunal New Yorkais...

Repost 0
Published by limbo - dans politique
commenter cet article

Présentation

  • : Regard d'un gay
  • Regard d'un gay
  • : regard d'un gay sur les évènements de ce monde, sa vie personnelle, etc...
  • Contact

Recherche

Liens