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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 22:51

souffrances-L-1.jpg

« Peut on désirer, sans souffrir », fût un des beaux sujets de philosophie du bac. Mais a-t-on suffisamment vécu, à 17 ou 18 ans, pour y répondre, du moins si l’on s’en tient au désir amoureux, d’autant plus qu’il est bien improbable que de nos jours ces cœurs encore tendres aient lu les chefs d’œuvre littéraires qui nous ont tant dit sur le désir.
En tous cas, ce n’est que bien après le bac que j’ai pu comprendre combien le désir pouvait faire souffrir, et cette souffrance c’est moi qui allait l’infliger à mon premier amant.
Nous étions en avril 78, j’étais encore chez mes parents et puceau (si l’on excepte une très brève relation sexuelle mal vécue et sans lendemain, à la suite « d’un strip-poker » avec un camarade de classe,
l'été de mes 17 ans), en état de manque sexuel et affectif. J’étais d’une grande timidité, peu conscient des endroits où l’on pouvait rencontrer des garçons, et vite effarouché les rares fois où traversant les dunes des plages proches de Bordeaux, ma ville, j’avais constaté « qu’on me suivait ». C’est alors que je suis tombé sur un article du Point, il y était question d’un cinéma parisien, « Le Vivienne », où l’on projetait des films homosexuels- il n’était pas bien difficile de deviner entre les lignes « qu’il se passait aussi des choses dans la salle ». Quelques jours plus tard, un 15 avril, à la faveur d’un congé, je prenais le train (pas de TGV encore) pour Paris, et débarquais rue Vivienne que j’arpentais longuement sans jamais oser entrer dans le cinéma. L’heure avançant je finis par franchir le pas et à pénétrer dans ce lieu si désiré dans un état de grande excitation. Les films pornographiques projetés m’intéressaient beaucoup moins que le ballet incessant que l’on pouvait constater d’un siège à l’autre ou vers les toilettes, mais toujours aussi craintif, je détournais le regard dès que des yeux se posaient sur moi et ne répondais à aucune avance. L’heure de la fermeture approchant, un jeune homme, grand et d’une certaine carrure,est venu s’asseoir à mes côtés. Il n’était pas vraiment « mon genre », pas assez « éphèbe », mais je n’ai pas repoussé sa main qui se posait sur ma cuisse, ce qui déclencha en moi un frisson généralisé que je n’arrivais pas à maîtriser et qui, lorsqu’elle m’effleura le sexe à travers la toile du pantalon, provoqua une éjaculation immédiate sans même le temps d’une érection. Il ne s’en aperçut pas et continua ses approches ce qui déclencha presque aussitôt une autre éjaculation. Je l’avertis alors de la « situation », lui disant que j’étais désolé et m’attendant le voir aller chercher fortune ailleurs. Il me regarda avec un sourire amusé et me dit : « si on allait boire un verre ». Il m’amena dans un café proche du Boulevard des Italiens, me dit s’appeler Philippe, avoir à peine un an de moins que moi et travailler comme cuisinier dans un établissement catholique. Il me parla longuement, bière après bière, jusqu’à la fermeture de l’établissement, de Dieu surtout, qui l’habitait. J’étais enfin détendu, mais j‘ai refusé sa proposition d’aller jusqu’à chez lui, ayant trop peur d’un nouveau fiasco sexuel. Il me proposa alors de marcher un peu, ce que nous fîmes en fait une bonne heure, jusqu’au moment où il me dit, nous étions rue de la Roquette : « voilà, nous sommes au bas de chez moi ». J’ai fini par le suivre, 7 étages sans ascenseur, pour finir la nuit dans son lit. Nous allions passer ensemble les 3 jours de mon court séjour, ou plutôt les nuits (j’étais de plus en plus « à l’aise » sur le plan sexuel), car il travaillait dans la journée. Sa religiosité était très prononcée, jusqu’à la bénédiction des aliments avant les repas que nous prenions chez lui et il m’avoua avoir songé à se faire prêtre. Il allait être très affecté par la mort subite de Jean Paul 1er tout juste élu. Il s’accommodait cependant des positions de l’église sur l’homosexualité, et son meilleur ami et confident, qu’il me présentât, était un jeune prêtre très attachant dont je n'ai jamais été sûr de l'orientation sexuelle (il allait même être nommé évêque au Canada quelques mois plus tard).
Ma naïveté et ma candeur quant à l’existence d’un « milieu » homosexuel l’amusait et le séduisait à la fois, et il ne se doutait pas qu’en me le faisant connaître, il allait me perdre. Il me fit ainsi découvrir les bars de l’époque, les boites, et notamment le « Rocambole », le « Scaramouche », ceux de la rue St Anne (il n’était pas toujours facile d’entrer dans certains de ses lieux qui avaient pas mal de soirées « privées », mais il avait un ami, probablement ancien amant, policier haut placé – probablement dans les services secrets ou les RG car il apparaissait en militaire gradé sur certaines photos - qui nous ouvrait toutes les portes…), les lieux de drague (Tuileries, Trocadéro) et surtout le fabuleux sauna « Continental » près de l’Opéra. Je n’ai pas bien entendu connu tous ces endroits en un week-end, mais nous nous sommes revus pendant plusieurs mois, environ une fois par mois, soit chez lui à Paris, soit à Bordeaux à l’hôtel. Lorsque j’ai découvert le « Continental », fasciné par un tel lieu, avec sa piscine, son restaurant, sa salle de sport, ses multiples « cabines intimes » et la foule des beaux garçons qui s’y pressait, je n’ai eu très vite qu’une idée en tête, y revenir…seul…Je n’ai pas mis longtemps non plus à découvrir par moi-même qu’à Bordeaux aussi il devait y avoir des lieux de rencontre, des bars et des boites…Cela m’a donné le vertige, il fallait que je rattrape le temps perdu (on ne le rattrape jamais), faire disparaître ce sentiment de n’avoir jamais eu 20 ans. J’ai commencé à rencontrer, beaucoup, y compris à Paris (je disais à Philippe que j’allais voir mon parrain qui y habitait) et des garçons, plus jeunes que Philippe, et qui eux étaient « mon genre », au point de me rendre difficiles, je n’en avait plus envie, les relations sexuelles avec lui. J’avais de l' affection pour lui, mais je ne l’avais jamais « aimé » (tout au plus peut être en ai-je eu le bref sentiment après notre première rencontre lorsque je me suis retrouvé seul à Bordeaux). J’aurais voulu que nous en passions à une relation amicale, mais je savais qu'i était amoureux, même s’il ne me l’avait (en tous cas je crois) jamais déclaré, et je n’avais pas le courage de lui dire. Un jour, je m’en souviens comme si c’était hier, il était venu passer quelques jours à Bordeaux et, me sentant incapable du moindre rapport sexuel, j’avais eu la lâcheté d’inventer un herpès génital pour justifier mon abstinence. Alors que nous allions visiter une exposition, en ouvrant mon portefeuille pour régler l’entrée, il aperçut la photo d’un garçon, Hervé. J’ai vu son visage se décomposer et je lui ai tout avoué. De retour à l’hôtel il a appelé son ami prêtre (« Capri c’est fini » lui a-t-il dit) et a pris, profondément abattu, le premier train pour Paris.
Nous avons correspondu quelques temps, nous nous sommes même vus et avons partagé des repas, mais il était évident que cela lui faisait mal- il était sous tranquillisants- aussi n’ai-je pu qu’approuver sa décision de ne plus nous voir- « Je te dirai quand cela sera à nouveau possible ». Ceci advint environ deux ans plus tard. Il m’appela pour me dire qu’il se sentait mieux après un arrêt de travail de plusieurs mois et un puissant traitement antidépresseur. Il souhaitait me revoir, ce qui fût sans doute facilité par le fait que mon aventure avec Hervé était terminée depuis longtemps. Il était manifestement persuadé que j’étais tombé amoureux de ce dernier (ce qui était vrai, éperdument, sans doute la seule vrai passion que j’ai connue) et que c’était pour cela que je l’avais quitté (ce qui ne l’était pas). Je n’ai jamais osé lui dire que si je l’avais aimé, cela avait été très éphémère, lié au fait qu’il était « le premier » et encore moins que je n’avais jamais vraiment ressenti d’attirance physique pour lui. Dire la vérité aurait été cruel, mieux valait lui laisser croire que j’étais parti pour un autre. Venant souvent à Paris pour des congrès, il m’avait proposé d’ amener mon « ami » (il en a connu trois successivement) que je ne pouvais loger dans l’hôtel « officiel », et de l’héberger chez lui. Je ne sais pourquoi j’ai accepté, sans doute ai-je fait semblant de vouloir croire qu’il était guéri, peut être, inconsciemment cruel, avais je besoin de montrer mon pouvoir de séduction. Cela se passa assez bien avec les deux premiers, mais avec Bernard, qui allait partager ma vie pendant 15 ans, dont il avait du pressentir que cette fois la liaison était très sérieuse, ce fût dramatique. Au matin de la nuit qu’il avait passé chez lui, Bernard m’appela pour me dire que Philippe était venu lui faire des « approches » et que devant son mouvement de recul, il s’était effondré en larmes en lui disant « Pour moi c’était comme si c’était Jean-Jacques ».
A la suite de ce pénible épisode, malsain, que Bernard a très mal vécu, nous avons à nouveau cessé de nous voir. Des années plus tard, lorsque j’ai quitté Bordeaux pour Paris, je lui ai envoyé un petit mot pour le prévenir. J’ai alors à nouveau eu de ses nouvelles, il s’était fait ordonner prêtre…Il vint un soir diner chez moi, plus de 10 ans après notre première rencontre. Il avait pris beaucoup de poids (il avait toujours été un gros buveur de bière). La soirée fût à nouveau pénible pour Bernard car il se comportât comme s’il n’était pas là, ne parlant pratiquement qu’à moi. Sur le chemin du retour, je l’ai raccompagné en voiture à Fresnes où son ordre résidait, il me demanda de m’arrêter sur le bord de la route et me sauta littéralement dessus dans un état de grande excitation sexuelle. Je ne crois pas avoir vécu un épisode aussi pénible que celui là. Il s’excusa, pris d’une culpabilité extrême (il m’avoua qu’il avait averti son directeur de conscience qu’il allait me revoir et que ce dernier lui avait dit de ne surtout pas faire cette erreur).
Je n’ai plus jamais eu de ces nouvelles. Philippe a vécu une passion, il
était de ceux qui n’en vivent souvent qu’une, et n’a jamais compris ce qui lui était arrivé. Peut être a-t-il parfois pensé que j’étais une des figures du démon. J’ai conscience de l'avoir abimé. C‘est sans doute le seul épisode de mon passé « désirant » pour lequel je me sens totalement coupable de ne pas avoir voulu voir ce qui se passait.
Je n'allais pas tarder à connaître moi même combien aimer c'était souffrir, Hervé justement.

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 07:07

backroom.jpgJe vais vous proposer un rapide "état des lieux" des endroits les plus chauds du sexe gay parisien. Il y a certes des guides pour cela, mais il m’a toujours semblé qu’ils ne permettaient pas de faire un choix éclairé (si j’ose dire...), peut être parce qu’ils ne sont pas indépendants financièrement des établissements qu’ils recensent.
Je ne parlerai ici que des bars sexe, identifiés dans les dits guide comme "avec back rooms » (le terme de « black rooms » ne convenant plus à plusieurs d’entre eux), laissant de côté les saunas car je n’en connais plus que quelques uns (l’inoubliable et regretté « Continental », « Univers Gym » qui a brûlé, « l’IDM » où l’AMG (association des médecins gays) a longtemps assuré une permanence, le « K-West », et plus récemment le « Sun City ») et je les fréquente de moins en moins, peut être parce que leur rapport efficacité/coût m’est apparu progressivement moins favorable que celui des bars.

Ceux-ci ont leurs ancêtres, aujourd’hui disparus, plutôt des bars/boites, petit clin d’œil nostalgique au BH (créé par le CUARH, comité d’urgence anti répression homosexuelle, dans les années 80, rue du Roule ; la back room était une black room), Haute tension, la boite de David Girard décédé du Sida, ou le Trap, rue Jacob, celle du célèbre appartement d’Alain Juppé).
Les bars donc, ce qui appelle un choix taxonomique : localisation géographique, taille, intensité lumineuse, type de clientèle, prix, soirées à thèmes, sélection à l’entrée, dress code, intensité de fréquentation, accessoires disponibles (gants à fist, glory hole, gel, saupalin, slings, masque, douche, appareil à lavement, lit, etc.), possibilité de s’isoler (cabines), accessibilité des toilettes (pour satisfaire un besoin naturel), consommation incluse ou non (alcoolisée ou pas), buffet, propreté, accueil, j’en oublie sûrement….Le nombre de combinaisons est tel, qu’un classement pragmatique me paraît plus utile, tout en précisant qu’il n’est pas exhaustif et bien sûr subjectif.
Quelques points communs tout d’abord : dans la presque totalité des cas il faut sonner avant d’entrer (une caméra extérieure permettant au portier de s’assurer de la « sécurité » (à l’exception du Dépôt et peut être du One Way) ; l’entrée donne en général sur le bar, le théâtre des opérations se situant en sous sol, dites opérations qui peuvent toutefois s’initier ou se terminer au bar (au "Transfert", à "l'entre deux eaux" et au "Keller" cependant tout est sur le même niveau) ; les très jeunes, 18-22 ans, sont très minoritaires, ce n’est pas le terrain de chasse privilégié des éphébophiles (mieux vaut les saunas ou internet pour eux) ; ils sont rarement au cœur du Marais (à part le QG et le Full Métal) ; gel, capote, et essuie tout sont en général à volonté ; la tendance générale est à l’éclairage, tamisé certes, mais les endroits dans l’obscurité totale se réduisent de plus en plus (ils restent utiles pour amorcer la « pompe » chez les timides où encore pour ceux qui fantasment à l’idée de se faire terrasser par un monstre et demeurent un refuge pour ceux dont la date limite de consommation est dépassée ou qui n’ont jamais eu le label).

Je distinguerai d’abord les bars « Hard » ou « SM » : Transfert (1è), Keller (11è), Glove (3è), Full Metal (4è), Mec Zone (9è). Les soirées à thème sont dominantes : « cuir », « uro », « fist », fessée, etc. Ici l’accessoire prime sur le regard. Ce sont des endroits très glauques à déconseiller aux romantiques, où le sexe s’autonomise de la personne. Ces thèmes, à l’exception des soirées privées sur invitation, ne sont en fait surtout que des « produits d’appel » et le « dress code » n’est le plus souvent suivi que par une minorité. L’affluence n’est pas garantie (attention aux soirs de semaine…), la place limitée ( le Full Métal et le Glove sont assez grands cependant), la propreté à oublier et les odeurs vous tiennent souvent compagnie ( ah ces accidents de fist….). Si vous rêvez de caresses ou de petits baisers dans le cou, choisissez une soirée « maso ».

A l’autre extrême on trouve les bars « grand surface » : le Dépôt (3è). Beaucoup de monde (je suppose que c’est toujours le cas car cela fait près de 7 ou 8 ans que je m’y suis pas exhibé), une fréquentation plus jeune que ceux sus cités, pas mal de touristes (ils tournent, matent, papotent, mais ne font rien, la promenade du we), beaucoup d’espace, de nombreuses cabines pour s’isoler, des shows au niveau bar (gogo boys). Un « gay tea dance » le dimanche après midi (rien à voir cependant avec ceux du Palace !). Une back room bien noire cependant où ceux qui commenceraient à crier famine, après avoir arpenté en vain les longs couloirs, peuvent trouver à se nourrir….

Ente les deux les bars cul « standard » : Next (1è), Deep (4è), Banque Club (8è), Bunker (11è) le we, QG (4è). Les soirées à thème, voir à thème « hard » peuvent exister certains jours mais ce n’est pas systématique, et quand c’est le cas, encore plus que dans les bars spécialisés, ce n’est qu’un « bandeau publicitaire ». La clientèle y est plutôt « mélangée », plus jeune sans doute pour les 2 premiers cités, cour des miracles parfois pour les autres, mais pas toujours. Ce type de bars me semble en perte de vitesse avec une fréquentation ( à l’exception du Bunker) qui laisse à désirer certains jours (le mot n’est peut être pas approprié…), mais je resterai prudent car je ne les connais pas tous bien: je ne suis pas allé au Deep depuis des années, et une fois ou deux seulement au Next (en dehors des après midi du Clan Nature) et nous n’étions que quelques uns dans cet endroit plutôt bien fait, situé dans les locaux de l’ancien « Haute Tension » et spacieux (mais c’est un handicap quand il n’y a personne!). Le Banque Club est plus excentré et semble avoir souffert de la mort récente de son influent propriétaire puisque son deuxième sous-sol a été fermé pour « non-conformité ». Un plus, on peut se doucher. Le QG a eu son heure de gloire pendant les années Sida, et j’y ai fait bien des rencontres qui ont laissé des traces (je veux dire dans mon coeur, sur le sol cela va de soi) car contrairement à un cliché fort répandu, si le « one shot » (où à la mitrailleuse pour les plus sportifs…) est certes habituel dans ce type d’endroits, cela peut parfois se terminer dans un lit, et l’on peut même y rencontrer l’homme, ou un des hommes, de sa vie (j’ai rencontré Bertrand dans un bar de ce type). Le QG n’est plus à la mode, mais il est bien placé et reste le moins cher de Paris (à peine plus de 5 euros avec une conso). Contrairement à l’impression
de certains, lorsque les yeux se sont habitués à la pénombre, il n’y a pas d’endroit où l’on ne distingue nettement les traits des participants. Quant au bunker je ne sais plus ce qui s’y passe le we (je n’y vais plus qu’en semaine), mais il n’y a pas de raison que cela ait changé puisque la soirée « rouge et noir », un samedi par mois, au thème théoriquement plus hard, continue. L’endroit est grand, avec de nombreuses cabines pour s’isoler, une back room dont le fond est dans l’obscurité totale, des casiers fermant à clé pour prévoir tous les équipements possibles(!), mais pas d’essuie-tout, et un des moins chers (8,5 euros sans la conso, pas d’alcool).

Enfin les bars « nature », regroupant ceux où la nudité intégrale est requise et ceux où le port du slip est admis, où conseillé. Ils se sont multipliés, succès oblige, qu’il s’agisse de bars intégralement nature, 7 jours sur 7 ( L’impact (2è) et L’entre deux Eaux (11è)) , ou certains jours seulement ( nature intégral samedi et dimanche après midi au QG, le lundi soir au Full Metal, le samedi am au Transfert, les lundi, mardi, mercredi et jeudi soir au Bunker, le samedi am au Mec Zone, le vendredi soir et le dimanche am au Next (à vérifier…) et au Banque Club ; slip le dimanche am au Mec zone, et je ne sais plus quel jour au Next). Une précision, lorsque les bars « hard » ont une soirée nature ils perdent leur caractère hard le temps de la soirée (pour simplifier, car ils ont leurs fidèles…). Pour les béotiens, une fois entré, on laisse tous ses habits dans un sac poubelle que l’on porte au vestiaire (sauf au Bunker tant qu’il reste des casiers) . Pas les chaussures cependant (on n’est pas au sauna !), d’où ce petit conseil : ne venez pas en mocassin du dimanche, l’éclairage est suffisant pour que vous ayez l’air d’un con, et prévoyez des chaussettes appropriées, notamment pour dissimuler son ticket de vestiaire et son billet de consommation. Ne gardez pas non plus sur vous un simple tee-shirt (quand c’est autorisé, comme au bunker, c’est bof à mort ; je n’ai jamais compris s’il s’agissait de frileux, mauvais calcul car on transpire vite dans ce genre d’endroit, ou de pudiques que la nudité totale effraie). Ne venez pas non plus habillé pour affronter le blizzard, ça ne rentrera pas dans le sac poubelle ! Quand le slip est conseillé, blanc plutôt, si possible Calvin Klein ou 2 Ist (sexy en un mot), propre bien sûr (du moins au début des opérations), et surtout pas de caleçon (même remarque que pour les mocassins). On reconnaît vite les petits nouveaux, en érection dès le déshabillage. Pas de besoin de vous faire un dessin pour voir les avantages de la formule : pas de tromperie sur la marchandise (comme je l’ai dit ces endroits sont plutôt assez bien éclairés), fringues protégées des (d)éjections diverses, abord plutôt direct et facile. Des inconvénients cependant, l’entre jambe prime souvent sur le sourire irrésistible (à n’en pas douter les porteurs de cure dents partent avec un handicap certain), les retard à l’allumage sont sévèrement sanctionnés (si vous avez besoin de préliminaires, allez vous chauffer dans un coin avant…), les voyeurs plus ou moins interventionnistes sont légion, les lopes hyper passives qui vous prennent pour un gode ne sont pas rares (au moins les cure dents ont la paix), etc.
L’Impact est sans doute le bar le plus fréquenté actuellement, bien qu’il ne fût pas le premier (au début c’était un bar sexe standard dont le maître des lieux, qui officiait autrefois au Continental, m’avait dit « hors de question que j’organise des soirées « nature » !) mais aussi le plus cher ( approchant les tarifs des saunas, 12 à 14 euros selon les jours), assez bien placé dans le quartier Montorgueil, à distance de marche du Marais. Le lieu est agréable, notamment le bar, éclairé et même très éclairé en certains endroits, mais relativement exigu, la clientèle mélangée mais variable selon les jours (25-40 ans en majorité) mais pas de possibilité de s’isoler. Il y fait souvent trop chaud. Un matelas géant en pleine lumière en sous sol, bien occupé en général (rarement par les top modèles !), attraction garantie…Un buffet le dimanche en fin d’après midi (après le tea dance au Dépôt ?), et des soirées spéciales de temps en temps (avec parfois dans ce cas sélection à l’entrée). J’ai beaucoup fréquenté ce lieu au début, mais j’y vais de moins en moins, trop de monde parfois, trop cher, pas de cabine fermée. Je préfère maintenant les soirées Bunker, surtout celle du mardi, à la fois pour la géographie du lieu, les horaires (ça commence à 20h alors qu’à l’impact il faut attendre 23h), la clientèle aussi, moins jeune qu’à l’Impact en moyenne (pas toujours) mais, me semble t’il, plus sexe. Quant à l’Entre deux Eaux, c’est très exigu, tout se passant devant le bar, des habitués surtout me semble t’il, très peu de monde la seule fois où j’y suis allé. Pas beaucoup de monde non plus le lundi soir au Full Metal, mais une clientèle très « motivée », plutôt bien foutue et assez jeune, un espace suffisant où l’on peut circuler et s’isoler si nécessaire, j’aime bien ce lieu (Bertrand est moins fan). Pas grand-chose à ajouter sur les soirées ou après midi

 du Banque Club, QG et Mec Zone, si ce n’est que la fréquentation est très aléatoire, et la clientèle très, très mélangée. Une mention à part pour les après midi « nature » que le Clan nature, ouvre à ses non membres, le 1è dimanche de chaque mois, au Next : sans doute les plus beaux mecs, notamment si l’on aime les jeunes, pas forcément les plus « sexe », car il faut franchir une sélection sévère à l’entrée très dépendante de son exécuteur ( dissimulez bien votre ventre si vous en avez un, mais dans ce cas vous resterez de toute façon spectateur si vous parvenez à entrer, et si vous avez plus de 40 ans, arrivez sûr de vous, looké jeune, d’autant mieux foutu que vous accumulez les années et si possible accompagné d’un petit jeune, cela vous évitera d’entendre le « désolé c’est sur invitation… »).

Tout ceci n’est bien sûr pas exhaustif, il y a sûrement des lieux que je ne connais pas. Il faudrait d’ailleurs également citer les bars dont la back room n’est pas la finalité mais un « service » en plus, comme le One Way (3è) (qui fût cher à Renaud Camus) ou le Mic Mac (4è).


Enfin et surtout tout cela est très subjectif. A chacun son désir, personne n’est obligé de sonner à l’entrée d’un de ces bars

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 10:14

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Ce beau jeune homme dont je parlais dans un récent billet, Bertrand a eu le privilège de l’apercevoir dans les vestiaires du gymnase. Il m’a envoyé ce sms : « ai croisé ta déesse qui partait avec sa démarche étudiée et son regard au loin, très satisfaite d’elle-même je pense… ». Apparemment indifférent en effet à ceux qui l’entourent en salle de sport, comme inaccessible, en tous cas en ce lieu là, mais l’expérience m’a appris qu’on ne peut en déduire qu’il soit inaccessible « ailleurs ». Un autre beau garçon (il y a tant de beaux garçons au Clud Med Gym Palais Royal), un peu moins jeune cependant, proche de la quarantaine sans doute, affichait cette même indifférence. Il y a quelques mois pourtant, alors qu’il se trouvait dans un tout autre lieu, l’Impact, un dimanche après midi, il s’intéressa d’une façon fort directe à diverses parties de ma personne. Pourtant toujours aussi indifférent lorsque je le croise à Palais Royal, comme ce matin, pas un bonjour, mais pas farouche du tout lors d’autres rencontres en bar sexe…comme une dissociation totale du social et du sexuel ? Ce n’est pas la première fois que je constate ce type de schizophrénie comportementale.
A l’inverse des garçons au comportement très social en salle, qui ne manquent jamais de vous saluer, semblent à peine vous connaître, quand ils ne font pas mine de ne pas vous avoir vu, lorsque vous les croisez dans un lieu sexe. Certes on peut dans ce cas penser qu’ils veuillent vous signifier que leur « empathie » n’est en aucun cas une indication d’un désir pour votre personne, ou, hypothèse plus satisfaisante pour votre amour propre, qu’ils ne veulent pas se mettre en situation d’essuyer un refus avec quelqu’un qu’ils croisent tous les matins, sans parler de ceux, possiblement gênés que vous les ayez surpris en un tel lieu (surtout si vous savez qu’il ont un petit ami…).
D’autres sont beaucoup plus transparents, tel celui-ci qui ayant à peine croisé mon regard en salle, mais sans qu’il m’ait semblé lui avoir donné l’impression qu’il m’intéressait particulièrement, m’aborda de façon plus que directe lorsqu’il me vit en entrant dans le sauna où j’étais seul et dont je dus promptement calmer les ardeurs, notamment pour ne pas « effrayer » un troisième larron que j’aperçevais s’approcher, à travers la vitre, certes gay lui aussi, mais pas forcément amateur d’ébats publics. Ou encore celui-ci qui, plus que timide lors de nos échanges sur MSN, m’aborda sans inhibition en salle alors que je ne l’avais même pas reconnu.
Il serait cependant, à mon avis, peu rentable, de prendre une inscription dans cette salle avec comme premier objectif d’y faire des rencontres. Les droits d’inscription, si l’on n’a pas la chance qu’ils soient en partie pris en charge par un comité d’entreprise, sont élevés. Mais surtout, si Palais Royal a une fréquentation masculine quasi exclusivement gay (et une féminine plus diverse, beaucoup de femmes hétérosexuelles étant sûres de n’être pas importunées), probablement parce qu’elle est la plus proche du marais, d’un quartier aux marques prestigieuses d’habillement et au milieu d’un lieu culturel (Ministère de la culture, Louvre), il s’agit d’une population très star, très « people », qui représente la « quintessence du milieu », où beaucoup viennent au moins autant pour arborer des tenues qui paraissent peu adaptées à une pratique intensive du sport ou pour tenir salon, que pour s’entraîner sérieusement. Si l’on en juge par le nombre de corps bien faits qu’on peut contempler, on ne peut cependant douter qu’il s’agisse bien d’une salle de sport. Une majeure partie de ce petit microcosme se connaît, souvent intimement, et il faut sans doute être très sûr de soi pour se risquer à tenter sa chance. Beaucoup, tels mon ex n’ont pas supporté l’atmosphère de ce lieu et l’ont déserté, d’autres craignent de s’y aventurer ne se jugeant pas assez bien foutu. Rassurez vous cependant, il n’y a pas, loin de là, que des « Apollon » mais c’est globalement très au dessus de la moyenne…Il faudrait sans doute faire une place à part à ceux que l’on voit peu ou pas en salle, mais que l’on aperçoit dans les vestiaires en arrivant et que l’on retrouve une heure ou deux plus tard, toujours dans les vestiaires, le visage congestionné et ruisselant…..Trop longtemps au sauna sans doute ?
Les saunas des salles de sport, et celle de Palais Royal ne saurait faire exception étant donné sa « spécialisation » gay, sont des lieux parfois un peu agités, sans parler des douches, aux heures creuses, à condition de respecter certains codes, de guetter le passage du personnel d’entretien, l’arrivée d’indésirables (dans tous les sens du terme) ou la possibilité d’un hétéro égaré, sous peine de se faire expulser, ce qui serait arrivé à un journaliste TV qui a disparu des écrans du journal il y a plusieurs années.

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 22:36

pilpil.jpg

Le poil revient à la mode. J'ai pu constater, depuis quelques temps, que le nombre de gays qui fréquentent les lieux du "milieu" et qui portent la barbe, est en augmentation constante. C'est particulièrement frappant au Club med Gym Palais Royal dont la fréquentation est quasi exclusivement gay. Au moins un tiers de barbes, mais contrairement à la période "macho gay" du début des années 80, style "Village people", il s'agit d'une barbe finement coupée, très "mode", très entretenue.
Ce matin à l'ouverture, dans cette même salle, il y avait un garçon, souvent présent à cette heure très matinale, beauté et charme à la fois, barbe naissante donnant l'impression d'une autosuffisance, dont on ne peut s'empêcher de penser que ce n'est pas par hasard si l'on n'arrive jamais à croiser son regard (serait il complètement absorbé par la musique provenant de son Ipod), ne parlant semble t'il à personne, à la démarche gracieuse, lente et étudiée. Je me trouvais dans le vestiaire au moment où il s'apprêtait à prendre sa douche. Il s'est déshabillé sans rien nous cacher de son anatomie, dévoilant un corps superbe dans toutes ses composantes. Une "coiffeuse" (au propre et au figuré) , également habitué de ce lieu, s'est exclamé à haute voix, interrompant son copain : "Laisse moi mater!". Le beau garçon a souri, joliment. On redouterait presque de l'entendre parler, de crainte que sa "charge neuronale" ne vienne briser le charme....

"Le sens et la mode
La mode n'est pas une métaphore du jeu des niveaux. Le sens ne fonctionne pas "comme" une mode. Le sens et la mode participent d'un seul "mouvement". Mais celui-ci est plus facile à observer dans la mode, parce qu'il y est plus grossier"
(Renaud Camus, Buena Vista Park, 1980)

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 23:55



Les "tasses" ne sont donc plus un des "incontournables" de la drague gay. Même si je continue à préférer, de loin, l’approche du regard, celle du paraître et de l’apparaître, où le désir naît d’un sourire, d’une posture, d’une silhouette, d’une esthétique (fût ce celle d’une bite), bien avant que le langage ne risque d’y mettre fin, loin du virtuel et de ses fantasmes, je ne manque pas de me laisser aller aux joies de la drague sur internet. En quelque sorte, si ma fréquentation des établissements gays qui restent mes lieux privilégiés a peu changé (à l’exception des discothèques qui ne me voient plus, mais dans ce cas l’âge y est sans doute pour quelque chose), surfer sur les sites gay d’internetmontage.jpg ( je suis un habitué de 4 d’entre eux) a pris la place de la chasse «en plein air».
Si l’on met à part les quelques spécificités qui peuvent en partie être également dues à l’âge, au-delà de 40 ans et qui plus est de 50, et qui concernent soit les demandes fréquentes « d’amitié » venues du Bénin ou d’un autre pays et dont on imagine qu’elles ne sont le plus souvent qu’une façon déguisée d’essayer d’entrer en France, et celles, très rares, où un jeune homme (pas toujours si jeune) vous informe, après quelques échanges, « qu’il se loue », ce à quoi je réponds gentiment de bien vouloir repasser dans quelques années, quand mes « principes » se seront émoussées (peut être pas qu’eux..), les situations de « dial » de la « partie » qui s’engage sont souvent assez stéréotypées, du moins quand vous avez les « noirs », c'est-à-dire quand vous ne faîtes pas « l’ouverture » mais que l’on vous contacte en premier (je n’ai jamais eu tendance à faire le premier pas, et les années passant la probabilité de tomber sur quelqu’un dont j’ai dépassé depuis longtemps la date limite de consommation ne pouvant qu’augmenter, il me semble bien plus sage de laisser venir à moi…).
Voici donc un petit florilège de dials plutôt courantes :

Situation 1 : Tourner autour du pot
« Salut » (variante « slt ») / « salut »
« ça va ? » / « oui et toi ? »
« ça va »/
Là on est à un tournant capital, soit prendre le risque de forcer l’autre à se débusquer (ou à aller tenter sa chance ailleurs…) en répondant « ok », soit entrer dans le vif du sujet (si le profil en question semble intéressant).

Situation 2 : Ne pas tourner autour du pot
« slt »/ « slt »
« J’arrive, t’es à poil derrière la porte entre ouverte, te suce direct »
Variante :
« Cho? »/ « en temps voulu sûrement »

Situation 3 : Pas de photo
« slt » - « photo?» : là plusieurs réponses possibles :
a) « non » ou parfois « non, mais beau gosse »…/ « tant pis, bonne chasse »
« Suis vraiment bon coup, tu ne regretteras pas / « n’en doute pas, bye »
b) « par e-mail seulement » : probablement une « honteuse » mais si le profil est alléchant …
c) « sur MSN » / « tant pis, bonne chasse » (en général….voir cas ci-dessus)

Situation 4 : Le sexe qui parle
Une bite ou un cul vous dit :
« salut » /« Photo visage ? », puis voir situation 3

Situation 5 : Flatteur
« Belles pics »/ « Merci »
Suite variable…

Situation 6 : Pas flatteur du tout
« T’es pas mal pour ton âge » / « ok » …

Situation 7: Dans la lune
«Super tes pics, t’es naturiste ? Moi aussi » : « Non, pas du tout, c’est un site de cul ! »

Situation 8 : besoin urgent (« NOW » !)
Ou le sexe comme une envie de pisser, ça n’attend pas….

Situation 9 : Cherche gentil organisateur
«T’as d’autres contacts pour se faire une touze?»/ «Non, mais je retiens l’idée si je croule sous les demandes, a plus »

Situation 10 : Cherche 3è
« Nous sommes 2, intéressé ? » / «Photo du 2è?»
« Voilà »/ « désolé »…

Situation 11 : scénariste
« Tu vas me faire quoi, raconte… »/ « Ah, désolé, au feeling.. »

Situation 12 : « dial » seulement
« Mon copain me satisfait pleinement, ch seulement amitié et dial »/ « désolé suis peu performant en dial » ou « et ta bite sur tes pics, elle ch amitié aussi ? »

Situation 13 : Masochiste
« Slt »/ « désolé ça collerait pas »
« Pourquoi ? »…

Situation 14 : Médical
« Tu doses ? »/ « ? » (J’ai ainsi appris que cela signifiait éjaculer en fond de gorge…)
Variante :
« No limit, ok ? »

Situation 15 : Prévoyant
« Trips ? »/ « focalise pas sur un trip, tout sauf scato, uro, crad »
« Passif? »/ «m’adapte »
« Endurant ? »/ « Au jogging oui…. »

etc.…etc.…


« Sois franc/
Ce sont toujours les garçons très bêtes qui vous demandent : j’aimerais savoir ce que tu penses de moi, exactement…
Si on leur répond : « Que tu as un beau cul… », ils ne sont pas contents.
Les plus beaux veulent être aimés pour leur âme et les plus intelligents pour leur corps. » (Renaud Camus, Notes Achriennes, 1982)

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 22:29

tasse

 

 

 

Une étude américaine sur les pratiques homos dans les toilettes publiques, publié il y a un peu plus d'un an, a remis en mémoire cette forme de drague d'un autre temps. Douce nostalgie de mes premiers émois sexuels, pas le tout premier cependant (dans un cinéma porno de la rue Vivienne à Paris …), mais presque et c’est là que j’ai connu mon premier amour. Un rapide coup d’œil à Wikipedia, nous apprend que les pissotières ont été conçues par le comte de Rambuteau au milieu du 19è siècle. Elles ont très vite nourri l’imaginaire et les pratiques homosexuelles, ce dont témoigne la littérature de la première partie du 20è siècle, Proust bien sûr sous la dénomination d’édicules ou de pistières, et Roger Peyrefitte, dans « Des Français », qui parle longuement des tasses, expression qui a vite supplanté chez les homosexuels les termes de vespasiennes , de baies ou de ginettes,
Je n’ai connu les tasses que peu de temps, à la fin des années 70, leur suppression, déjà graduelle depuis plusieurs années , ayant été décidée au début des années 80 : JC Decaux, l’entreprise qui installe aujourd’hui velib (ce qui ne signifie sans doute pas qu’elle se spécialise dans le domaine de la pédale), ayant été chargé de mettre en place les « sanisettes » payantes.
Il serait bien réducteur de ne voir dans les tasses qu’un lieu de « rencontres rapides pour hommes mariés ». Certes cette « catégorie » d’homosexuels », fréquentait ces lieux, mais selon un schéma temporel, le soir en sortant du boulot ( sans doute aussi le matin en y allant mais à cette heure là je n’étais point là pour le constater ) et avant de rentrer baiser bobonne, venaient s’y faire tailler une ou plusieurs pipes (entre autres).
Mais les tasses étaient bien plus que cela, un véritable « Totem » du lieu homosexuel, avec une population d’autant plus jeune que l’on s’avançait dans la nuit. Là où il y avait une tasse vous aviez de grandes chances de trouver dans son périmètre immédiat des baladeurs masculins, à pied, en vélo ou en voiture. Les tasses les plus courues étaient celles qui permettaient ces multiples approches et notamment la rotation des voitures dont les conducteurs scrutaient les lieux et s’arrêtaient devant, un peu plus loin, ou ne s’arrêtaient pas…La rencontre pouvait avoir lieu sans que jamais le seuil de la tasse ne soit franchi, un peu comme dans les autres lieus de drague en plein air. Ailleurs, l’entrée dans la tasse n’était qu’un signal envoyé à celui dont on venait de croiser le regard afin qu’il marque son acceptation par le même mouvement, mais l’affaire ne se conclurait pas là. Et puis bien sûr il y a ceux qui « faisaient ça là », à la va vite, soit parce que leur sexualité était celle là, soit parce que qu’ils ne pouvaient assumer d’affronter le regard de l’autre et leur propre homosexualité. Les tasses avaient l’avantage sur les autres lieux « naturels » (plages, bois, jardins etc..), outre d’être facilement réparables dans une ville inconnue si on avait oublier son guide, de faciliter la prise de contact, un peu comme les bars sexe aujourd’hui. A l’époque il y avait certes quelques bars, saunas et boites, mais il fallait « sonner » pour entrer ( et beaucoup pensaient, à tort ou à raison, que ceux qui fréquentaient ces lieux étaient fichés) et il n’était pas possible de baiser sur place.
Fréquenter les tasses n’était pas sans risque (excitation supplémentaire ?). Risque d’un contrôle d’abord par une patrouille de police. Je ne sais combien de fois je me suis retrouvé dans une fourgonnette à détailler mon identité ( l’arrivée de la police provoquait immanquablement un sauve qui peut comique, les hommes mariés étant sans doute les plus rapides….). Je dois dire que je prenais un certain plaisir arrogant à le faire. Deux anecdotes à ce propos : quelques jours après un de ces contrôles, je fût convoqué par le médecin général commandant l’hôpital militaire de Bordeaux où j’effectuais mon service national en tant que médecin du personnel (et notamment, cela n’arrive qu’à moi, de l’école d’infirmière des armées) ; j’étais convaincu que j’allais entendre parler de mes virées nocturnes, en fait il me fût reproché d’examiner les élèves infirmières sans témoin féminin, ce qui montrait manifestement que l’information n’avait pas été transmise ! Une autre fois, en escapade sur un des plus beaux lieux de drague que je connaisse, le phare de Biarritz, l’inspecteur qui menait le contrôle me menaçant d’écrire à l’ordre des médecins, se contenta de me dire de faire attention à la dangerosité du lieu quand je lui ai proposé d’écrire moi-même la lettre…Ces contrôles ont cessé dès l’arrivée de Mitterrand au pouvoir en 81. Cet inspecteur faisait allusion à l’autre risque, bien réel celui là, d’une attaque par des bandes de casseurs (j’en ai été victime à 2 reprises et ai eu beaucoup de chances de m’en tirer sans mal).
La fin des tasses a coïncidé avec l’arrivée du SIDA et la libération « mitterrandienne » des mœurs et des mentalités. On peut ainsi dater du début des années 80 le véritable basculement de la question gay et l’établissement d’une nouvelle cartographie du désir sexuel: enfermement des pratiques sexuelles « publiques » dans des lieux spécialisés (bars sexe, boites avec backrooms, saunas) et apparition de la capote. L’arrivée d’internet, j'en ai déjà parlé, est sans doute entrain de modifier à nouveau cette cartographie mais sa dimension en partie virtuelle complexifie l’analyse.
Reste à savoir comment les hommes mariés se sont adaptés à la situation ? Certes il existe toujours des lieux publics, parcs , bois et jardins, mais leur fréquentation n’a plus grand-chose à voir avec la grande époque (n’y trouve t’on plus que cette catégorie là ?). Internet peut être justement…




http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-6470182.html
 

 

 

 

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 22:44

15284177.jpgIl y a quelques temps , L., un de mes amis qui lui aussi vit en couple, bientôt 40 ans, s’inquiétât auprès de moi de l’évolution des capacités de séduction au fur et à mesure des années qui passent. Comme je continue, à un âge qui lui paraît sans doute avancé (que j’aurais moi même trouvé, à son âge, fort avancé !), à mener une vie sexuelle plutôt active, et que j’ai la réputation de continuer à être un « chasseur », certes timide dans son approche, mais chasseur tout de même, je compris sa demande comme une interrogation sur ma propre expérience en la matière, interrogation qui pourrait se traduire par ce qui constitue la trame d'un roman de Houellebecq (la possibilité d’une île) « La vie (sexuelle et désirante) s’arrête t’elle à 40 ans ?», ou de façon plus brutale « baises tu encore ?). Pour répondre à cela, ce que je fis par touches successives, nuançant le lendemain sur ce que j’avais dit la veille, le désir étant si multidimensionnel qu’une réponse univoque, telle que celle de Houellebecq (chez lui la réponse est oui), n’était pas possible . J’aurais pu le renvoyer à un article récent de ce blog  qui traitait déjà des rapports entre âge et désir, mais mes amis n’en n’ont pas l’adresse. J’ai donc pris le parti de lui parler de moi, ce que je dois aimer puisque je tiens un blog, et de lui dire que dans mon cas la réponse à la question de Houellebecq était sans équivoque « NON ». Mais de préciser la nécessité de deux préalables : le « souci de soi » (pour reprendre une expression de Michel Foucault) et la chance. Le « souci de soi » c’est la volonté permanente de ne point se laisser aller et de se donner les moyens de garder aussi longtemps que possible un corps qui puisse être désirable (par ceux qui vous inspirent du désir bien entendu, laissons de côté les foutaises de ceux qui vous disent que tout corps aussi difforme soit il peut être désirable, bienheureux les innocents…). La chance c’est de n’avoir pas rencontrer la maladie (il ne s’agit pas toujours de chance, ce peut être aussi une conséquence du souci de soi), d’être doté certains attributs qui traversent les âges, j’y reviendrai, mais aussi d’avoir bénéficié d’une évolution (ou su faire évoluer ?) de son propre désir. Il est en effet évident que si continuais, comme il y a 30 ans, à ne désirer que les crevettes de 18-25 ans, focalisation du désir qui persiste chez certaines de mes connaissances, la problématique serait sans doute un tant soit peu plus difficile à gérer! Ceci étant posé, j’ai pu rassurer L., une vie sexuelle satisfaisante peut se poursuivre bien au delà de 40 ans même chez un gay du milieu! Il semblait toutefois douter que le nombre de rencontres puisse rester le même. J’ai pu lui répondre facilement puisque je tiens une sorte comptabilité sur ce plan (voir une des entrées ci-dessous). En valeur absolue mon nombre de rencontres annuelles a certes globalement diminué (il est un peu supérieur à ce qu’il était il y a 30 ans (mais les facilités de drague n’étaient pas ce quelles sont aujourd’hui), et nettement inférieur à ce qu’il était il y a 10 ans (mais ce pic correspond à seule période, 2 ou 3 ans, où je n’ai pas été en couple…). En valeur relative (si l’on rapporte nombre de rencontres au nombre « d’occasions de chasse », sorties en boîte, bars, saunas etc.), il a certes un peu diminué, mais pas de façon très significative. Ce qui a diminué c’est mon nombre de « journées de chasse », je n’ai plus la patiente, si ce n’est en vacances, de passer des heures en boîte, ou de me coucher au petit matin. Ceci est en partie compensé par une meilleure maîtrise de mon excessive timidité (j’ai cependant toujours beaucoup de mal à faire le premier pas), et surtout par un choix très sélectif des lieux de drague, je privilégie ceux où les corps, sur lesquels on peut, jusqu’à un certain point, maîtriser l’impact du temps, prennent parfois plus d’importance que les visages (bars naturistes, plages, salles de gym etc.). J’ai ainsi pu constaté, et c’est probablement là le principal changement avec ce qui se passait avant, que musculature et surtout bite (voilà un organe quasi « éternel »), sont devenus des atouts bien souvent plus efficaces que mon « charme » potentiel. Je n’avais pas l’impression il y a 30 ans, comme cela m’arrive parfois maintenant, d’être un objet sexuel plutôt que de séduction. Non que les rencontres où l’on sent dans le regard ou le comportement de l’autre (le numéro de téléphone échangé ou la sollicitation de prolonger ce moment autour d’un verre) un désir d’aller plus loin ne surviennent plus, elles sont seulement plus rares qu’avant, mais surtout il y a belle lurette que j’évite de « piéger » l’autre (j’ai eu par le passé cette fascination des aventures multiples) dans une aventure sans espoir pour lui (je suis de ceux que l’on quitte, pas de ceux qui s’en vont). Faut il encore s’en apercevoir à temps (mais il y a parfois des choses que l’on ne veut pas voir).
J’ai cependant convenu que je rendais compte là de l’expérience de quelqu’un qui vît en couple et qui ne chasse donc que de l’éphémère. La situation est bien différente pour celui qui est (ou se retrouve) seul. Vieillir est alors sans doute plus difficile, car si les rencontres purement sexuelles obéissent à la même problématique que celle précédemment décrite, la recherche d’une relation durable peut ne pas être simple au delà un certain âge (j’éviterai de donner un seuil !). Deux profils de rencontre peuvent se présenter : celui qui recherche exclusivement l’homme « mûr », profil que j’aurais tendance à fuir si j’étais ou devenais célibataire (d’abord parce qu’il est bien peu valorisant pour son ego, mais surtout parce qu’il cache souvent un désir de « surprotection », de recherche du père » qu’on peut n’avoir aucune envie d’assumer ou même abhorrer), celui au contraire du mec pour lequel on constitue avant tout un attrait sexuel sans aucune envie de se lancer dans une aventure affective dont l’avenir peut être considéré comme déjà oblitéré par la différence d’âge ou de mode de vie.
C’est alors que L., sceptique, ajouta « peut être mais le fait que tout le monde ou presque mente sur son âge sur Internet, est bien la preuve qu’il est le facteur déterminant de la fréquence des rencontres ». Je n’ai pas encore réalisé des statistiques personnelles sur Internet, mais je dois bien admettre que sur les sites très axés sur les rencontres sexe  où il m’arrive avec Bertrand de rechercher un plan à 3, le nombre de contacts est significativement supérieur si je mets la photo et l’âge de Bertrand (de 17 ans plus jeune) en ligne plutôt que les miennes. Mais Internet a introduit une dimension nouvelle qui change quelque peu la donne, le virtuel bien sûr mais surtout, pour optimiser la recherche dans une foule de contacts, la technique du « tri », par âge d’abord, ou autres critères. Or combien de fois, dans le réel, ne rencontrons nous pas des gens alors que nous sommes parfois assez loin de correspondre aux critères de leur « homme idéal » ? J’ai parfois entendu « Si j’avais su ton âge avant peut être aurais je hésité ou tu n’est pas le genre de mecs que je rencontre d’habitude». Pour ne pas être « éliminé » par les clefs de tri, combien trichent avec la réalité ? Et cette dimension virtuelle comporte d’autres pièges, notamment celui inverse que l’autre fantasme sur un CV ou une photo. J’ai ainsi eu très récemment une expérience qui aurait pu être évitée avec un peu plus de perspicacité. Ainsi, F., internaute de 25 ans, m’a contacté (je ne contacte pratiquement jamais le premier sur Internet) il y a quelques semaines, coup de cœur, messages, etc., pour finalement me demander, avec insistance, si l’on pourrait se rencontrer pour un plan. Cela a traîné quelque peu, la vie de couple et les obligations professionnelles laissent peu de disponibilité, pour finir par un rendez vous. Il m’a alors dit, toujours sur le chat, que cela le rendait un peu anxieux car il n’avait jamais rencontré quelqu’un de plus âgé que lui, qui plus est du double. J’aurais du lui dire alors ma réticence immédiate (si quelqu’un rencontre exclusivement des gens de son âge ce n’est jamais le fruit du hasard mais d’un choix) ou tout au moins choisir un endroit de rencontre dans un lieu public, café ou autre. Je ne l’ai pas fait, et lorsque je l’ai vu, bien plus séduisant encore que sur ses photos du site, j’ai pressenti dans son regard que son fantasme était en train de se fracasser sur le réel. Nous avons bavardé quelques minutes puis je le lui ai dit qu’il n’y avait pas de problème pour en rester là s’il ne se sentait pas à l’aise. Il s’en est allé. Je m’en suis voulu d’avoir agi comme un débutant et contribué à créer une situation aussi désagréable pour lui que pour moi. Pour moi, en dehors des plans à 3 avec Bertrand, Internet reste un moyen très accessoire de rencontre, même si celles que j’y ai faites m’ont le plus souvent laissé un souvenir très agréable.
Il ne faut pas oublier non plus que les plus de 45 ans aujourd’hui sont souvent (quand ils ne sont pas morts) ceux qui ont accompagné la « révolution gay » des années 80, qui ont participé à la « fête », et qui ne sont donc pas prêt, sous prétexte de l’âge, à rejoindre à nouveau un « placard » comme le faisaient leurs aînés. Il est même probable que les jeunes gays d’aujourd’hui qui profitent de plus en plus de cette visibilité enfin acquise seront sans cesse plus nombreux, dans leur futur, à vivre leur sexualité aussi longtemps que possible.

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 21:03

20100121-18668101794b587fecd9e09Un tel est mort des suites d’une longue maladie….Derrière cette phrase se cache le plus souvent le mot tabou : « cancer ». Ceci ne donne pourtant pas lieu à des protestations, voire à un « outing » comme vient de le faire Act-up à propos du décès du philosophe trotskiste Daniel Bensaïd. Pourquoi ce qui ne soulève pas l’indignation quand il s’agit du cancer, pose problème quand il s’agit du Sida ? Probablement parce que le cancer est vécu comme une fatalité (ce qui est pourtant loin d’être vrai), alors que le Sida est associé à un comportement à risque (sexuel ou addictif) et à une réprobation morale du « peuple ». Dans le premier cas il s’agirait d’un mélange de pudeur et de phobie d’un mot tabou, dans le deuxième cas d’une volonté de dissimulation. C’est sans doute en grande partie vraie (d’autres morts célèbres ont ainsi vu la cause de leur décès, le sida, occultée : Michel Foucault, Bruno Carette (ex-nul), Thierry le Luron, etc…), mais on ne peut exclure qu’il puisse d’agir aussi, parfois, de simple pudeur.

Autre décès, qui passera sans doute plus inaperçu, celui de Jacques Martin (pas le premier mari de Cecilia, on ne meurt qu’une fois !) mais le dessinateur d’Alix, à l’âge raisonnable de 88 ans. Son héro a très souvent été soupçonné d’être en fait gay. Combien savent tout ce qu’ont évoqués ces héros souvent dénudés (il faudrait ici aussi évoquer la série des « Prince Eric » de Serge Dalens) pour des générations de jeunes garçons (ou même d’adultes) aux sens en plein éveil)?

Conservons la « Gay attitude » en parlant de cet étonnant polar, « Fakirs » d’Antonin Varenne, dont la mort d’un des protagonistes, gay, décède sur la scène d’un spectacle sado-masochiste dont il était l’unique acteur (suicide ?). Un polar superbement écrit qui vient à point pour me remettre du désastreux « Symbole perdu ».
20100121-18526852474b58802a8f5a5.jpg

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 23:27

Blood___blood_and_more_blood_by_pierrebouvierlover.jpgA l'occasion de mon récent changement d'ordinateur et du transfert de ma boîte aux lettres "Outlook" de l'ancien vers le nouveau PC, faisant le tri de mes mails, je suis tombé sur celui de X, rencontré il y a plusieurs années sur un chat gay. La relation qui aurait du être sans problème, nous étions tous deux en couple l'idéal pour les rencontres illégitimes, s'est révélée douloureuse, il tomba amoureux. Je n'ai vraiment pris conscience de ce qui arrivait que lorsqu'il me l''avoua, par mail. Et pourtant les indices de cet état ne manquaient pas, dès le coup de fil qui suivit notre première rencontre chez moi ("j'ai l'impression d'être sur un nuage). Nous nous revîmes deux ou trois fois chez lui, en l'absence de son ami, sans que j'accepte de voir les signes qui s'accumulaient. Il est si facile, pour sa tranquillité, de ne rien vouloir voir, ne rien vouloir entendre, ne rien vouloir vraiment lire, comme ce mail que je viens de retrouver, une poésie dont j'ai oublié l'auteur :

"le spectre de la rose..............
soulève ta paupière close
qu'effleure un songe virginal,
je suis le spectre d'une rose
que tu portais hier au bal.
tu me pris encore emperlé
des pleurs d'argent de l'arrosoir,
et, parmi la fête étoilée,
tu me promenas tout le soir.
ô toi, qui de ma jouissance fut cause,
sans que tu puisses le chasser,
toutes les nuits mon spectre rose
a ton chevet viendra danser.
mais ne crains rien, je ne réclame
ni messe ni de profundis,
ce léger parfum est mon âme,
et j'arrive du paradis.
mon destin est digne d'envie,
et pour avoir un sort si beau
plus d'un aurait donné sa vie;
car sur ton sein j'ai mon tombeau,
et sur l'albâtre ou je repose
un poète avec un baiser
écrivit: ci-gît une rose,
que tous les rois vont jalouser.

câlins X "

Nous dûmes arrêter de nous voir, c'était sa volonté. Nous reprîmes contact deux ou trois ans plus tard, sans jamais réussir à renouer un relation, fût elle amicale.

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 21:51

LAG195257.jpge plan à trois dans le cadre du couple ( seul concerné ici) me m'a jamais paru évident. Il faut d'abord que son principe même soit possible, certains qui ont partagé ma vie n'en auraient même pas supporté l'idée...Leur vécu du désir amoureux, totalement possessif, ne pouvait l'accepter , ne se doutant sans doute pas qu'ils ouvraient ainsi la voie à une multitude d'aventures parallèles et secrètes.
Quand il est possible, de multiples configurations sont envisageables, mais je ne parlerai pas de celles dont je n'ai aucune expérience ( notamment de celle qui me parait la plus adéquate pour la réussite de ce type de situation : deux mecs d'âge peu différend, de look assez semblable et qui ont des goûts compatibles...). Il se trouve que j'ai toujours vécu avec des garçons plus jeunes que moi ( l'actuel a 17 ans de moins), et de look, en dehors même de l'âge, assez différent. Il faut d'abord ce mettre d'accord sur le troisième. Il fût un temps où je n'aimais que les crevettes de moins de 25 ans ( qualifiées de "raclures de bidet" par un de mes ex, qui, étrangement, ne correspondait pas à ce look) et les dites crevettes étaient souvent attirées par des "mecs" souvent plus âgés que moi qui avait à peine 30 ans, quadrature du cercle..Les choses ont changé, mes goûts se sont élargis aux "gambas", et je vis avec quelqu'un qui, à l'exception des "minets" fades et sans charme, a des goûts très larges. Se mettre d'accord sur un troisième n'est pas rare, mais faut il encore que le dit troisième fût attiré par des physiques aussi différents que les nôtres. S'il n'est pas si difficile de trouver des candidats, l'expérience nous a appris à éviter les situations où le plan à trois va se conclure par un "2 plus 1" ( situation que mon "ego" me permet d'assumer sans problème, mais ce n'est pas le cas de Bertrand quand il se trouve que c'est lui qui est le 1. Mais ce n'est pas pour cela que le plan sera pour autant réussi, faut il encore que les deux composantes du couple soient autant demandeuses l'une que l'autre, que le plan lui même se déroule de telle façon que les deux y prennent un plaisir à peu près équivalent, qu'au fil du rapport ne se noue une relation trop proche entre un des 2 et l'invité, que l'après du rapport ( "on se revoit"?) soit bien géré ( le couple qui devient un trouple!).
Nous avons ainsi, de temps en temps, avec Bertrand des plans à 3, mais en fait moins souvent que nous n'en avons l'occasion. Ce qu'en fait nous avons le plus de mal à gérer, la plupart de ces plans étant noués par internet, c'est le nombre de fois où nous tombons sur l'incontournable "cherche "now"", alors que nous cherchons pour "plus tard". Nombre d'internautes semblent avoir des "bouffées de chaleur", éphémères, qui ne sauraient attendre demain....

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