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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 22:42

photo.jpgSarkozy nous avait promis l"Union civile". Nous l'attendons toujours, ce qui n'est pas surprenant personne ne semble lui réclamer de tenir cette promesse. Les militants d'aujourd'hui deamndent bien plus, le mariage...A n'en pas douter nous l'obtiendrons un jour, à moins qu'une "catastrophe" ne survienne (voir le billet précédent). Il me semble peu probable que je songe un jour à en bénéficier, je préfèrerais de beaucoup l' Union civile... que l'on nous épargne au moins cette caricature. Mais qui sait si je ne changerai pas d'avis un jour, j'avais déja une certaine réticence vis à vis du Pacs, et j'ai bien fini par me pacser.

En effet je n’avais pas été un fervent défenseur du PACS, dans son principe, lors de son élaboration et de sa discussion au parlement. J’appartiens à la génération 68, celle qui avec Guy hochenguem, proclamait l’homosexualité « fer de lance de la révolution ». Lorsqu’au début des années 80 je participais à la fondation d’un mouvement homosexuel sur Bordeaux, « Les nouveaux Achriens » et à l’animation d’une émission homo, « Framboise et Citron », sur une des radios nouvellement libres de la section locale du
parti socialiste, l’identité homosexuelle que nous revendiquions était bien loin des valeurs dominantes de la société « hétérosexuelle » que nous voulions dynamiter dans ses fondations, la famille. A cette époque là la perspective même d’un « mariage » homosexuel nous aurait fait éclater de rire. Le mouvement homosexuel d'alors était loin de s’imaginer que son rôle essentiel dans la reconnaissance et l’acceptation progressive du fait homosexuel allait aboutir à une déroute de ses idéaux par victoire totale du modèle hétérosexuel qui a fini par nous imposer ses normes. Nous ne pouvions imaginer que nombre de ceux que nous pensions » libérer » de la pression culturelle qu’ils subissaient n’allaient accéder à la « lumière » que pour aussitôt intégrer le modèle qui n’avait cessé de les oppresser . Il fût assez étrange de voir que la revendication du PACS naissait de l’alliance contre nature des nouveaux gauchistes (Didier Eribon, Michel Onfray), disciples de Bourdieu, qui rêvaient toujours sans doute de détruire la famille mais en l’infestant de l’intérieur, et de la majorité « silencieuse » gay, de droite sans le savoir, qui rêvait d’une « reconnaissance sociale « de type hétéro.
Devant la vague homophobe qu’a soulevée l’adoption du PACS, il ne pouvait être question de servir d’alibi à ceux qui s’y opposaient, aussi ai je mis de » l’eau dans mon vin », selon une expression de Patrice Chéreau, et j’ai fini par me rallier. Si je me suis toujours senti bien dans ma peau d’homosexuel et sans aucun besoin d’une reconnaissance « sociale » de cet état, je suis bien conscient que ce n’est pas le cas d’un grand nombre de « gays » qui s’épanouiront mieux dans une société qui reconnaît le couple homosexuel. Je me suis pacsé car il me semblait déraisonnable de priver  Bertrand, qui a 17 ans de moins que moi, des avantages que ce contrat confère s’il venait à m’arriver quelque chose...

 

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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 23:51

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De-ci de-là, au fil des blogs, des CV ou des discussions de forum, il arrive que l'on voit s'exprimer des regrets quant à l'existence d'une discrimination à l'encontre des gays d'un certain âge. Bien entendu ces regrets émanent, généralement, de ceux qui ont atteint ce « certain âge » , qui s'avère même parfois être un âge certain. Il n'est pas possible de donner une définition consensuelle du dit « certain âge », puisque si la limite d'âge est parfois définie avec la précision du scalpel dans les CV (du style, "plus de 27 ans s'abstenir"), elle est plus souvent dissimulée dans des expressions plus (« plus de X ans, désolé ») ou moins (« vieux, je zappe direct ») policées. Ces regrets qui devraient « m'interpeller » (comme ils disent maintenant), puisque je suis bien ancré dans la zone d'âge concernée, ne manquent pas de m'étonner. D'abord parce qu'ils méconnaissent la nature du désir, qui n'est pas du côté de la raison mais de la pulsion ( pourquoi, à moins d'un profond dévouement chrétien, irait on coucher avec des gens qui ne vous plaisent pas). Ensuite parce qu'ils sont parfois le signe d'un manque de cohérence, les plaignants étant eux même à la recherche de jeunes partenaires. Mais surtout parce qu'ils sont souvent le témoin d'’une démission, d'une passivité extrême devant l'inexorable altération de temps. Le CV d'un internaute, dans une expression qui ne se voulait certes pas chaleureuse, m'a semblé, sans le vouloir, bien résumer le problème : « Si tu te demandes si tu es vieux, c'est que tu l'es ». Il est en effet frappant de constater que la plupart de ceux qui se plaignent n'ont rien fait pour atténuer les stigmates de l'âge en prenant soin de leur corps. Si l'on veut rester sur le » marché » il faut s'en donner les moyens, ou alors se contenter de ceux dont le désir est exclusivement orienté,il en existe!, ( avec le profil psychologique qui les caractérise) vers ce qu'ils appellent pudiquement des hommes » murs ».

Je ne nie bien sûr pas que l'on puisse souhaiter que ceux dont le désir n'est pas éveillé au delà d'un certain âge du partenaire l'expriment avec tact et respectent au moins ceux pour qui l'âge n'est pas un problème. Mais on s'épuiserait à vouloir repousser les limites de la bêtise. On pourrait également préférer que l'environnement culturel français cultive moins le jeunisme et que la rue des Archives ( en plein Marais, pour les provinciaux qui ne le sauraient pas) soit plus semblable à Church Street à Torento, où les gays âgés ne sont pas l'exception (il ne faut pas cependant pas oublier que la génération des 45-60 ans a été décimé par le SIDA ce qui explique en partie sa rareté sur le « marché »).
Il faudrait aussi, avant de se plaindre, faire un retour sur soi et sur ce qu'on a été. Ainsi, lorsque j'étais jeune homosexuel ( le mot gay n'existait pas encore) j'étais de ceux qui n'imaginaient pas une relation sexuelle avec des plus de 30 ans. Mais je crois l'avoir toujours (ou le plus souvent, j'ai pu avoir des agacements devant des harcèlements) exprimé avec tact, et cela d'autant plus qu'il ne s'agissait que d'une absence de désir sexuel et nullement d'une attitude antivieux (en effet les relations amicales ne faisaient pas problème). J'avais par contre la hantise de vieillir et de voir mes terrains de chasse se déserter. Il n'en a rien été, au moins jusqu'à maintenant. Essayer autant que possible de garder un corps désirable, par la pratique du sport notamment, y a sans aucun doute contribué et cela d'autant plus que cette attention portée au corps a fait que progressivement les 18-25 ans n'ont plus été ma cible exclusive, mais que les corps bien foutus, même plus âgés ( tout en restant, certes, au moins un peu plus jeunes que moi) ont commencé à m'attirer. Je n'ai jamais souhaité, ni voulu être un pygmalion, ce qui a sans doute facilité le glissement de mon regard au delà de la seule jeunesse ( je plains ceux qui s'avancent en âge en restant exclusivement attirés par des éphèbes, ils se préparent une vieillesse difficile). Certes on peut être aidé par certains attributs qui eux ne vieillissent pas, une grosse bite bien faite trouvera très longtemps des bouches et des culs, la tendresse dusse t' elle en souffrir.
La lutte contre le temps finira bien sûr par s'épuiser,mais d'autant moins vite qu'on aura pas renoncé!

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 18:19


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Je suis agnostique, mais je reste marqué par mon éducation catholique. Je me sens profondément de culture judéo-chrétienne. Je garde un excellent souvenir de ma scolarité, de l'école primaire jusqu'au bac, à St Marie Grand Lebrun, le collège Marianiste de Bordeaux. Je n'ai jamais été choqué, ni par les positions de l'église sur les pratiques homosexuelles ( cohérentes avec sa doctrine qui ne conçoit le sexe que dans la reproduction), ni même par son discours sur la capote qui n'a pas été entendu dans son essence ( discours toujours cohérent avec le point de doctrine précédemment évoqué; ce qui est dit c'est que si on est catholique, dans la pratique de cette religion, la capote ne se justifie pas puisque, par adhésion à un principe spirituel, on est fidèle- ce qui implique que si on adhère pas à ces principes, la capote s'impose (ceci est toujours ( souvent!) clair dans la parole des prêtres sur le terrain..). Cela paraitra sans doute étrange à ceux qui lisent mon blog, mais j'ai été fort ému à la mort de Jean-Paul II. On ne peut reprocher aux catholiques d'être catholiques. Personne n'est obligé de l'être. J'ai souvent trouvé triste que les guignols de l'info ridiculisent Jean-Paul II, alors qu'ils rendaient Ben Laden presque sympathique

Toutefois, à la lecture d'un texte du Vatican qui demande de ne pas ordonner prêtre ceux qui auraient des tendances homosexuelles, en se fondant sur les analyses d'un prêtre "psychanalyste" qui voit dans l'homosexualité une immaturité affective, un tendance manipulatrice, une névrose de la séduction, je ne sais si, devant des clichés aussi éculés, je dois m'en prendre à Benoit où à Freud ( pour Freud, voir le billet précédent)

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 19:54

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J'ai lu Freud adolescent, puis Lacan ( ou plutôt" sur Lacan", car lire Lacan nécessite une traduction!) dans ma période "structuraliste". Non seulement la théorie analytique n'a jamais entrainé chez moi le moindre début d'adhésion (même si je ne pouvais qu'être séduit par le brio de la philosophie lacanienne), mais très tôt je me suis opposé au rationalisme pseudo-scientifique de cette supercherie, et cela bien au delà du statut (de perversion) que la psychanalyse a assigné à l'homosexualité. Si l'on s'en tient à celle ci et si l'on en reste à une détermination "psychologique" de l'homosexualité ( elle est pour moi avant tout d'origine biologique, épigénétique, mais ce n'est mon sujet ce jour), la conception trop absolue de la différence sexuelle chez Freud lui a fait méconnaitre que toute rivalité sexuelle est structurellement homosexuelle et que, comme l'a montré René Girard, "l'homosexualité c'est vouloir être ce que l'autre est" et non la recherche du même.
Les dangers de la psychanalyse, son totalitarisme, les dégâts considérables qu'elle a engendré sur les individus sous son emprise et sur la psychiatrie française en particulier ( qui a disparu de la scène scientifique internationale) ont souvent été dénoncés, notamment, avec sans doute quelque excès, dans "le livre noir de la psychanalyse". Je partage les réflexions suivantes de Didier Eribon, dans un ancien  Tetu :
« ... Sa diffusion massive dans toutes les sphères sociales a fait de la psychanalyse une sorte d'évidence partagée par tous, et le socle le moins interrogé du sens commun : on n'imagine plus qu'un lapsus puisse n'être révélateur de rien. Ou qu'œdipe soit de la foutaise. Et c'est bien parce que le freudisme est dans toutes les têtes que les psychanalystes peuvent exercer leur magistère : la culture prépare les esprits à accepter leur discours et leurs verdicts. Ce que disent les analystes est reçu d'avance. On regarde le passé, le présent, les aléas de l'existence... à travers leurs yeux et leurs concepts.

Par conséquent, alors que les psychanalystes aiment à parler d'une résistance à la psychanalyse, il est évident que c'est plutôt le contraire qui se produit aujourd'hui : une résistance profonde, et largement répandue, à toute critique de la psychanalyse, et plus encore à toute tentative de récuser le mode de pensée analytique ... »
« ... Quand Freud a avancé l'idée qu'il existait une sexualité infantile, c'était assurément révolutionnaire. Plus généralement, donner une grande place à la sexualité était potentiellement émancipateur. Mais tout réduire à la sexualité, et notamment à la sexualité infantile, me paraît absurde. Gilles Deleuze s'est moqué férocement de ce réductionnisme qui s'est mis à prospérer dans les années 70 : on ne peut plus dire «groupe hippie» sans que quelqu'un vienne commenter, sur le ton de celui qui en sait long sur vous : «Ah, vous avez dit gros pipi». Fumer serait une manière de téter le sein de la mère (ne parlons même pas de la fellation !) ; se droguer une manière de se masturber, et toute addiction signifierait que l'on n'a pas dépassé l'addiction à la masturbation (qui, bien sûr, serait condamnable, car c'est une phase qu'il conviendrait de surmonter). Ou bien la création littéraire et la création artistique ne seraient que des sublimations de la libido... J'en passe et des meilleures ! ... »
« … On conçoit aisément que, devant cet impérialisme du sexe, Foucault ait formé, au milieu des années 70, le projet d'une «histoire de la sexualité» dont l'objectif était de montrer comment cette idée que le sexe constituerait la vérité profonde du sujet humain était d'invention assez récente et qu'elle s'ancrait dans l'héritage du christianisme et de la confession chrétienne. C'est bien avec cette «monarchie du sexe» qu'il entendait rompre. Car, derrière cette conception christiano-psychanalytique du «désir», il y a toujours une certaine volonté de faire «avouer» aux individus ce qui serait leur «vérité» : «Dis-moi ce que tu désires, je te dirai qui tu es.» Et de déchiffrer ainsi leur «vérité», c'est s'assurer une emprise sur eux. Ici, la «volonté de savoir» est une volonté de pouvoir. Il convient donc, aujourd'hui comme hier, de faire dissidence … »

Bonne chance tout de même aux internautes qui sont dans ses griffes

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 01:53

Rentrer chez soi le soir et découvrir ce sourire sans cesse renouvellé à l'ouverture de la porte. Eteindre ensemble la lumière pour s'endormir ensemble après un dernier calin. Se demander souvent ce qu'il deviendrait s'il m'arrivait quelque chose. Ne pas passer une journée sans s'appeler. Qu'il continue, dix ans après, à me faire rire.

C'est peut être cela qu'on appelle l'amour.

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 23:40

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On est parfois surpris, à la lecture de certains blogs, de voir s'étaler nombre de complaintes amoureuses et plus encore de voir confondu l'amour avec un état amoureux. On serait tenté de dire " N'ont ils pas lu les grands classiques de la littérature amoureuse?", sans doute non; ou alors, cela ne s'applique pas aux plus jeunes bien sûr, n'ont ils pas vécu? Ne savent ils donc rien du désir? Ils croient aimer alors qu'ils ne sont qu'amoureux. Ne savent ils pas que l'état amoureux, appelé passion dans ses formes les plus vives, est un délire. L'être amoureux est pris dans cette distorsion de la réalité qui lui rend tout instant sans l'autre insupportable. Barthes a merveilleusement décrit cela dans ses "Fragments d'un discours amoureux". L'attente du coup de téléphone qui ne vient pas ou l'abattement quand il sonne et que "L'Autre" n'est pas au bout du fil en est une des illustrations les plus aigues. L'état amoureux n'est qu'un état, transitoire, douloureux, il disparait, plus ou moins vite, comme il est venu, sans plus de raison. Ce qui fait sa répétition, à l'infini chez certains. C'est une bouffée délirante. Seule la mort de "l'Autre, avant qu'il ait disparu, peut le pérenniser, et rendre le délire chronique. Il est souvent non réciproque, ce qui le renforce. Il est totalement sous l'emprise du désir mimétique. Il ne résiste pas à l'affaiblissement de la relation sexuelle.

L'amour lui ne s'occupe pas de l'instant qu'il peut vivre sans l'autre. Ce que ne peut imaginer celui qui aime, ce n'est pas un instant sans l'autre, mais vivre sans l'autre, dans la durée. Ce n'est pas un délire, peut être une habitude. L'amour dure, il est le plus souvent réciproque, il peut s'interrompre bien sûr, laissant celui des deux qui continue à aimer avec une douleur permanente. Il peut être unique dans une vie et s'il peut se reproduire, il n'est jamais répétitif comme l'état amoureux. Il peut même résister à l'intrusion d'un état amoureux, pour un Autre que l'être aimé. Il résiste à "l'usure" du sexe.
J'ai connu les deux. Je n'ai jamais été amoureux de ceux que j'ai aimés.

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 20:30

200px-Jacques II de Chabannes de La Palice.
L'année nouvelle commence avec sa petite corvée du jour de la reprise : l'interminable rituel du bonne année en arrivant au boulot. Un collègue m'a dit que, lui, cela le faisait marrer en pensant aux morts à qui il avait dit "bonne année" en 2009!
Tout reprend très vite en tous cas : une partie de la semaine à Versailles, pour la réunion nationale du réseau de visite médicale, puis un congrès de gériatrie dans un grand hôtel parisien. Des changements probables aussi dans notre façon de travailler à la suite du départ à la retraite de mon directeur médical, sans que nous connaissions encore le nom de son (sa?) successeur, et de celui, pour d’autres horizons, de la responsable de l’unité marketing ventes avec laquelle j’avais noué des liens étroits depuis 10 ans. 2010 s’ouvre donc, du point de vue professionnel, sur des interrogations.

Beaucoup d’interrogations aussi sur le plan économique, en espérant que les « cassandre » ont tort ( mais je crains que non) lorsqu’ils prédisent que la dette des états va nous précipiter vers une longue et profonde récession, ce qui ne manquerait pas d’induire des bouleversements qui pourraient se révéler cataclysmiques. Sur le plan politique je crains que rien ne se passe qui ne puisse enfin mettre fin à mon vagabondage idéologique (qu’il était doux le temps où j’avais des convictions enracinées dans le marbre….). Je ne peux que me souhaiter des évènements aussi divertissants que le rejet de la taxe de Nicolas Hulot par le conseil constitutionnel (Jean Louis Debré plus écolo que les verts, c’est à crever de rire), la revente des stocks de vaccin de grippe A ou l’indignation générale devant les propos d’un député UMP qui, tel monsieur de La Palice, a proclamé l’évidence suivante « lorsque les minarets seront aussi nombreux que les cathédrales, la France ne sera plus la France » ( je précise tout de suite, à titre préventif de commentaires à leur tour indignés, que ce que l’on aurait du fustiger, c’est qu’il ait utilisé le futur (ce qui laissait supposer une menace éventuelle totalement farfelue à ce jour, ce qui rend le propos indiscutablement xénophobe vis-à-vis d’une religion) et non le conditionnel ( « si les minarets étaient aussi…..la France ne serait plus… »).

Pour terminer l’année, nous sommes allé voir « Plein Sud » : de beaux garçons nus sur les plages du Porge ont eu tout de même du mal à me tirer de l’ennui….
.

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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 19:58

 


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Il y 3 ou 4 ans, à la suite d'une erreur dans une adresse internet (un ami à elle , prêtre, a une adresse mail quasi-identique à la mienne), j'ai communiqué par mail avec une dame d'une soixantaine d'années, membre et animatrice d'une association catholique. Mon éducation catholique a contribué à une poursuite de cette correspondance. Bien sûr je lui ai dit mon homosexualité et elle a voulu en savoir plus. Je lui ai alors envoyé cette longue lettre :

"Non l'orientation masculine de mon désir ne m'a jamais posé problème (ce qui ne veut pas dire que je n'ai pas été troublé quand j'ai commencé à en prendre conscience vers 12-13 ans), mais la sexualité, au sens physique, oui. Ma timidité (majeure dans l'adolescence) et mon manque d'information sur la question (peu à l'ordre du jour d'une éducation catholique dans les années 60!) auraient déjà rendu une première relation hétérosexuelle difficile, alors homosexuelle...Si l'on excepte une relation furtive et mal vécue à 18 ans, je n'ai commencé ma vie sexuelle qu'à 27 ans. D'où cette impression persistante de n'avoir jamais eu 20 ans. En dépit d'une sexualité exacerbée, je ne savais tout simplement pas comment m'y prendre pour rencontrer des hommes...Je venais de passer ma thèse de médecine lorsque je suis tombé sur un article du Point qui faisait état d'un cinéma parisien spécialisé dans les films homos, et il était clair, entre les lignes, qu'il s'agissait d'un cinéma de "rencontres" ( ce cinéma, rue Vivienne a aujourd'hui disparu). J'ai pris le 1è train (ou presque) pour Paris, puis après avoir déambulé toute une après-midi devant le cinéma en question, j'y suis entré, un certain 15 avril (ma seconde naissance). J'y ai rencontré un jeune homme que m'a fait jouir trois fois en quelques secondes et avant même d'avoir une érection, j'étais en état de transe. Il m'a amené boire un verre à la sortie du cinéma, puis à force de me parler de Dieu a réussi à m'amener chez lui (il lui a bien fallu deux heures pour me faire céder, tellement j'étais angoissé). En me décrivant "les lieux de rencontre" il ne se doutait pas qu'il ouvrait pour moi la boîte de Pandore ...et pour lui le début de la fin. J'étais sa "rencontre d'une vie", je l'ai détruit, il s'est fait prêtre depuis. Je repartais sur Bordeaux me croyant amoureux, mais sachant maintenant comment rencontrer des hommes; la liste devait être longue.
Jusque là je vivais chez mes parents, mais l'enfant sage, toujours premier en classe ( j'étais puni quand je n'étais pas dans les 3 premiers, alors que mon frère, plutôt mauvais élève était récompensé quand par hasard il avait un bon résultat), s'est mis à découcher et à recevoir de nombreux appels téléphoniques masculins. Ma mère m'a posé la question qu'il ne fallait pas poser ( si elle ne voulait pas entendre la réponse qui fût un brutal "oui"). Ce fut le drame, crise d'hystérie de mon père (sa virilité "bafouée"), peur inouïe de ma mère du "quand dira t'on", et toute la panoplie classique ("on va te faire soigner"). Même s'il n'a jamais été question pour mes parents de me mettre dehors, la vie devenait difficilement respirable. Un an plus tard, j'ai saisi l'occasion d'une rencontre enfin durable (il ne s'agit pas du B. avec qui j'ai vécu 15 ans) pour annoncer mon départ à ma mère. Drame à nouveau avec chantage : on ne financerait plus mes études ( je terminais ma spécialité de neurologie); ma grand-mère, témoin de la scène, m'a pris à part pour me dire qu'elle se substituerait à mes parents sur ce plan. Je suis donc parti.
Cela vous surprendra peut être mais j'ai assez peu souffert de cette situation. Depuis ce fameux 15 avril je n'étais plus tout à fait le même. En fait, je vous l'ai déjà dit je crois, je me suis toujours senti plus proche de mes grands-parents maternels que de mes parents. Je vais sans doute vous choquer, mais j'ai toujours pris mon père pour un médiocre (il est vrai que mon Grand-père ne me contredisait pas!) et ma mère m'aimait d'un amour si possessif qu'il l'absorbait trop pour voir que j'existais. J'aurais certes préféré que les choses se fussent passer autrement mais leur réaction ne m'a pas surpris, conforme à l'image que je me faisais d'eux (ne vous méprenez pas, je ne leur reproche rien, j'avais de l'affection pour eux et je n'ai jamais douté de leur amour pour moi). Avec le temps et le la maladie de ma mère les choses se sont arrangées. Ce que ma mère supportait le moins ce n'était pas mes relations sexuelles ( une perversion pour elle qui éveillait même une certaine curiosité, voire une excitation, car elle était très sexuelle) mais que je puisse aimer un homme; elle n'est jamais venue chez moi s'il y avait mon ami. Cela m'était indifférent. Avec un peu plus de temps cela ce serait surement arrangé ( mon frère venait d'avoir son premier enfant) mais elle est morte avant; quant à mon père, la solitude, à la mort de ma mère, renforçant sa lâcheté il sollicitait même de me voir avec B.
Ma brutale "libération" a provoqué quelques excès ( en fait j'étais fier d'être homosexuel, je me sentais supérieur, et la provocation que je maniais volontiers sur le plan politique (sur ce plan je n'étais pas timide) a trouvé un nouveau terrain dans mon homosexualité affirmée) qui ont culminé avec la fondation d'une association homo sur Bordeaux ("Les Nouveaux Achriens") début 80, en même temps qu'à l'animation d'une émission "Framboise et citron" le mercredi soir sur la radio nouvellement "libre" du parti socialiste et à l'adhésion à "L'Association des Médecins Gays" (dont je fais toujours partie, même si j'y suis un peu marginalisé du fait de mon désaccord sur le "tout" prévention quant au Sida).
Venons en au désir. Loin de moi l'idée de ne lier le désir qu'au physique! Je ne vous aurais pas conseillé de lire René Girard ( ou Proust qui a tout dit sur le désir) dans ce cas. Il se trouve que du fait même de la "logistique" des rencontres homosexuelles (internet a peu modifié cela) le sexe précède très souvent l'affectif. Ceux qui n'arrivent pas à se faire à cette règle (j'en connais!) sont souvent destinés à souffrir seuls...Il peut même arriver que tout se passe sans qu'une seule parole soit échangée. Il est vrai qu'au delà d'un certain âge, si l'on a pas pris soin de se conformer aux critères du marché ( mince, musclé etc..) les rencontres deviennent plus difficiles. L'homosexuel vieillissant seul n'est pas un mythe : les couples, qui n'ont pas le ciment de la "famille" se dissolvent souvent et avec le temps on n'est plus considéré comme désirable. J'ai eu longtemps peur de vieillir (j'étais de ceux qui pensaient " plus de 30 ans s'abstenir", même si mon éducation catholique m'empêchait de le dire), ce n'est plus le cas. Il faut dire que les choses ont tout de même évoluées depuis la "libération" des années Mitterrand.
Je vais peut être vous étonner mais j'ai une certaine nostalgie de l'avant Mitterrand, cette époque où je me retrouvais parfois dans un car de flics pour vérification d'identité du fait de ma présence dans un lieu de drague ( "les tasses").Il y avait une certaine solidarité homo alors que maintenant tous les clivages hétéros sont reproduits ( les boîtes pour les jeunes, pour les riches etc..). Ils veulent même se marier! Victoire de la culture hétéro sur toute la ligne, cette culture que nous voulions faire exploser dans les années 80 : "homosexualité fer de lance de la révolution"... c'est bien fini. Et c'est sans doute bien ainsi pour les jeunes "gays" qui espèrent cette reconnaissance sociale dont les plus faibles (la majorité) ont tant besoin.
Pourquoi être si souvent dans le milieu gay? D'abord c'est dans le milieu hinarce ( hétéro) que je suis le plus souvent : au travail, pour faire mes courses ( que je ne fais pas dans le marais!) et ainsi de suite ..Je n'ai pas de problème avec les hétéros mais, comme après un long séjour à l'étranger, je suis heureux de revenir chez moi...Il se trouve que tous mes amis sont homos. Les circonstances, et aussi un certain choix, une certaine misogynie, l'ont voulu ainsi. Je suis de ceux qui croient qu'il y a une "culture homo", au sens large du mot culture, qui est encore plus éloignée peut être de la culture "hétéro" que ne le sont les cultures entre races : l'homosexuel est le seul qui fasse l'expérience du "racisme" à l'intérieur de sa propre famille. Je reconnais que cette opinion n'est pas celle de nombre des "gays " d'aujourd'hui ( mais combien de ceux qui se sentent "mieux" dans le milieu hétéro, et qui n'ont pas de mots assez dur pour le milieu gay, pour le "Marais" qu'ils disent détester, ne sont en fait qu'à le recherche de cette reconnaissance sociale dont ils ont besoin pour pouvoir se regarder en face; c'est souvent la haine de soi qu'ils expriment).
Comment concilier la gêne d'un premier contact et autant aimer séduire (comment avez vous deviner ce besoin de séduire, je ne crois pas en avoir fait état..): très bonne question. Je pourrais vous répondre que cela m'a empêché de rencontrer beaucoup d'hommes qui souffraient de la même infirmité ( il en faut au moins un pour faire le 1è pas!). Mais en plus je vous ai fait comprendre que nos modalités de rencontre permettaient souvent de contourner cet obstacle. Un regard peut suffire. Séduire l'autre m'a longtemps apporté plus de plaisir que le plaisir physique, que je considérais comme accessoire...Et, cela m'a toujours étonné, mais ma carapace disparaît en position allongée. Je peux dire avec mes doigts ce que je n'arrive pas à dire avec des mots.
Ce courrier est déjà assez long, le puzzle est il résolu? "

Nous continuons à correspondre, de temps à autre, depuis.

 

 

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 22:16
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Hier  soir, comme souvent depuis quelques années, nousavons réveilloné entre quelques amis, que des garçons bien sûr, chez moi cette fois ci...Soirée plutôt banale donc, avec un menu tout aussi banal : huitres, foie gras, saumon fumé, fromage et dessert arrosés de champagne. J'ai passé cette semaine de vacances à "glander" ( Bertrand lui travaillait), entreprenant la lecture, vraiment peu fatiguante pour l'esprit du dernier Dan Brown, ou, plus éprouvant pour les nerfs, m'essayant à progresser dans le jeu vidéo "Call of Duty 2" qui vient de sortir. Je dois avouer que son " réalisme" est époustouflant. On y passerai des heures, en oubliant presque les sites de rencontres du net....Il était grand temps que j'acquière quelque expèrience dans ce qui pourrait bien constituer, dans quelques années, un plaisir de substitution....

Dans le billet précédent, j'évoquais les distances prises avec ce qui me reste de famille. Il se trouve que celle ci s'est rappelée à moi avant hier, un appel d'un de mes neveux, 21 ans maintenant, de passage à Paris avec sa "copine", qui se proposait de passer me voir. Je l'ai revu avec plaisir, 4 ans après mon dernier passage dans un Noël familial. C'était la premiére fois qu'il venait chez moi... L'homosexuel et sa famille, cet épisode qui a coïncidé avec la lecture récente du billet que Jeremy a consacré au dernier livre de Didier Eribon, m'ont remis en mémoire les propos que ce dernier consacrait à ce sujet dans son livre "Réflexions sur la question Gay" : "Les vies gays sont des vies différées; elles ne commencent que lorsqu'un individu se réinvente lui même, en sortant de son silence, de sa clandestinité honteuse. Lorsqu'il choisit au lieu de subir et par exemple, lorsqu'il se compose une autre famille-constituée de ses amis, de ses amants, de ses anciens amants et des amis de ses anciens amants- et se reconstruit ainsi son identité après avoir quitté le champ clos et étouffant de sa famille d'origine et de ses injonctions tacites ou explicites à l'hétérosexualité. Une telle fuite ne signifie pas nécessairement, cela va de soi, la rupture totale avec sa famille, mais plutôt la nécessité de s'en tenir éloigné et de la tenir à distance. Avant cela, les vies gays ne sont que des vies vécues par procuration, des vies imaginées, ou des vies attendues, espérées autant que redoutées."
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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 19:06


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On pourrait par exemple différentier la psychose et la névrose comme suit : dans la psychose c'est le malade qui délire, dans la névrose c'est son psychanalyste

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