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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 22:36

pilpil.jpg

Le poil revient à la mode. J'ai pu constater, depuis quelques temps, que le nombre de gays qui fréquentent les lieux du "milieu" et qui portent la barbe, est en augmentation constante. C'est particulièrement frappant au Club med Gym Palais Royal dont la fréquentation est quasi exclusivement gay. Au moins un tiers de barbes, mais contrairement à la période "macho gay" du début des années 80, style "Village people", il s'agit d'une barbe finement coupée, très "mode", très entretenue.
Ce matin à l'ouverture, dans cette même salle, il y avait un garçon, souvent présent à cette heure très matinale, beauté et charme à la fois, barbe naissante donnant l'impression d'une autosuffisance, dont on ne peut s'empêcher de penser que ce n'est pas par hasard si l'on n'arrive jamais à croiser son regard (serait il complètement absorbé par la musique provenant de son Ipod), ne parlant semble t'il à personne, à la démarche gracieuse, lente et étudiée. Je me trouvais dans le vestiaire au moment où il s'apprêtait à prendre sa douche. Il s'est déshabillé sans rien nous cacher de son anatomie, dévoilant un corps superbe dans toutes ses composantes. Une "coiffeuse" (au propre et au figuré) , également habitué de ce lieu, s'est exclamé à haute voix, interrompant son copain : "Laisse moi mater!". Le beau garçon a souri, joliment. On redouterait presque de l'entendre parler, de crainte que sa "charge neuronale" ne vienne briser le charme....

"Le sens et la mode
La mode n'est pas une métaphore du jeu des niveaux. Le sens ne fonctionne pas "comme" une mode. Le sens et la mode participent d'un seul "mouvement". Mais celui-ci est plus facile à observer dans la mode, parce qu'il y est plus grossier"
(Renaud Camus, Buena Vista Park, 1980)

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 23:55



Les "tasses" ne sont donc plus un des "incontournables" de la drague gay. Même si je continue à préférer, de loin, l’approche du regard, celle du paraître et de l’apparaître, où le désir naît d’un sourire, d’une posture, d’une silhouette, d’une esthétique (fût ce celle d’une bite), bien avant que le langage ne risque d’y mettre fin, loin du virtuel et de ses fantasmes, je ne manque pas de me laisser aller aux joies de la drague sur internet. En quelque sorte, si ma fréquentation des établissements gays qui restent mes lieux privilégiés a peu changé (à l’exception des discothèques qui ne me voient plus, mais dans ce cas l’âge y est sans doute pour quelque chose), surfer sur les sites gay d’internetmontage.jpg ( je suis un habitué de 4 d’entre eux) a pris la place de la chasse «en plein air».
Si l’on met à part les quelques spécificités qui peuvent en partie être également dues à l’âge, au-delà de 40 ans et qui plus est de 50, et qui concernent soit les demandes fréquentes « d’amitié » venues du Bénin ou d’un autre pays et dont on imagine qu’elles ne sont le plus souvent qu’une façon déguisée d’essayer d’entrer en France, et celles, très rares, où un jeune homme (pas toujours si jeune) vous informe, après quelques échanges, « qu’il se loue », ce à quoi je réponds gentiment de bien vouloir repasser dans quelques années, quand mes « principes » se seront émoussées (peut être pas qu’eux..), les situations de « dial » de la « partie » qui s’engage sont souvent assez stéréotypées, du moins quand vous avez les « noirs », c'est-à-dire quand vous ne faîtes pas « l’ouverture » mais que l’on vous contacte en premier (je n’ai jamais eu tendance à faire le premier pas, et les années passant la probabilité de tomber sur quelqu’un dont j’ai dépassé depuis longtemps la date limite de consommation ne pouvant qu’augmenter, il me semble bien plus sage de laisser venir à moi…).
Voici donc un petit florilège de dials plutôt courantes :

Situation 1 : Tourner autour du pot
« Salut » (variante « slt ») / « salut »
« ça va ? » / « oui et toi ? »
« ça va »/
Là on est à un tournant capital, soit prendre le risque de forcer l’autre à se débusquer (ou à aller tenter sa chance ailleurs…) en répondant « ok », soit entrer dans le vif du sujet (si le profil en question semble intéressant).

Situation 2 : Ne pas tourner autour du pot
« slt »/ « slt »
« J’arrive, t’es à poil derrière la porte entre ouverte, te suce direct »
Variante :
« Cho? »/ « en temps voulu sûrement »

Situation 3 : Pas de photo
« slt » - « photo?» : là plusieurs réponses possibles :
a) « non » ou parfois « non, mais beau gosse »…/ « tant pis, bonne chasse »
« Suis vraiment bon coup, tu ne regretteras pas / « n’en doute pas, bye »
b) « par e-mail seulement » : probablement une « honteuse » mais si le profil est alléchant …
c) « sur MSN » / « tant pis, bonne chasse » (en général….voir cas ci-dessus)

Situation 4 : Le sexe qui parle
Une bite ou un cul vous dit :
« salut » /« Photo visage ? », puis voir situation 3

Situation 5 : Flatteur
« Belles pics »/ « Merci »
Suite variable…

Situation 6 : Pas flatteur du tout
« T’es pas mal pour ton âge » / « ok » …

Situation 7: Dans la lune
«Super tes pics, t’es naturiste ? Moi aussi » : « Non, pas du tout, c’est un site de cul ! »

Situation 8 : besoin urgent (« NOW » !)
Ou le sexe comme une envie de pisser, ça n’attend pas….

Situation 9 : Cherche gentil organisateur
«T’as d’autres contacts pour se faire une touze?»/ «Non, mais je retiens l’idée si je croule sous les demandes, a plus »

Situation 10 : Cherche 3è
« Nous sommes 2, intéressé ? » / «Photo du 2è?»
« Voilà »/ « désolé »…

Situation 11 : scénariste
« Tu vas me faire quoi, raconte… »/ « Ah, désolé, au feeling.. »

Situation 12 : « dial » seulement
« Mon copain me satisfait pleinement, ch seulement amitié et dial »/ « désolé suis peu performant en dial » ou « et ta bite sur tes pics, elle ch amitié aussi ? »

Situation 13 : Masochiste
« Slt »/ « désolé ça collerait pas »
« Pourquoi ? »…

Situation 14 : Médical
« Tu doses ? »/ « ? » (J’ai ainsi appris que cela signifiait éjaculer en fond de gorge…)
Variante :
« No limit, ok ? »

Situation 15 : Prévoyant
« Trips ? »/ « focalise pas sur un trip, tout sauf scato, uro, crad »
« Passif? »/ «m’adapte »
« Endurant ? »/ « Au jogging oui…. »

etc.…etc.…


« Sois franc/
Ce sont toujours les garçons très bêtes qui vous demandent : j’aimerais savoir ce que tu penses de moi, exactement…
Si on leur répond : « Que tu as un beau cul… », ils ne sont pas contents.
Les plus beaux veulent être aimés pour leur âme et les plus intelligents pour leur corps. » (Renaud Camus, Notes Achriennes, 1982)

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 22:29

tasse

 

 

 

Une étude américaine sur les pratiques homos dans les toilettes publiques, publié il y a un peu plus d'un an, a remis en mémoire cette forme de drague d'un autre temps. Douce nostalgie de mes premiers émois sexuels, pas le tout premier cependant (dans un cinéma porno de la rue Vivienne à Paris …), mais presque et c’est là que j’ai connu mon premier amour. Un rapide coup d’œil à Wikipedia, nous apprend que les pissotières ont été conçues par le comte de Rambuteau au milieu du 19è siècle. Elles ont très vite nourri l’imaginaire et les pratiques homosexuelles, ce dont témoigne la littérature de la première partie du 20è siècle, Proust bien sûr sous la dénomination d’édicules ou de pistières, et Roger Peyrefitte, dans « Des Français », qui parle longuement des tasses, expression qui a vite supplanté chez les homosexuels les termes de vespasiennes , de baies ou de ginettes,
Je n’ai connu les tasses que peu de temps, à la fin des années 70, leur suppression, déjà graduelle depuis plusieurs années , ayant été décidée au début des années 80 : JC Decaux, l’entreprise qui installe aujourd’hui velib (ce qui ne signifie sans doute pas qu’elle se spécialise dans le domaine de la pédale), ayant été chargé de mettre en place les « sanisettes » payantes.
Il serait bien réducteur de ne voir dans les tasses qu’un lieu de « rencontres rapides pour hommes mariés ». Certes cette « catégorie » d’homosexuels », fréquentait ces lieux, mais selon un schéma temporel, le soir en sortant du boulot ( sans doute aussi le matin en y allant mais à cette heure là je n’étais point là pour le constater ) et avant de rentrer baiser bobonne, venaient s’y faire tailler une ou plusieurs pipes (entre autres).
Mais les tasses étaient bien plus que cela, un véritable « Totem » du lieu homosexuel, avec une population d’autant plus jeune que l’on s’avançait dans la nuit. Là où il y avait une tasse vous aviez de grandes chances de trouver dans son périmètre immédiat des baladeurs masculins, à pied, en vélo ou en voiture. Les tasses les plus courues étaient celles qui permettaient ces multiples approches et notamment la rotation des voitures dont les conducteurs scrutaient les lieux et s’arrêtaient devant, un peu plus loin, ou ne s’arrêtaient pas…La rencontre pouvait avoir lieu sans que jamais le seuil de la tasse ne soit franchi, un peu comme dans les autres lieus de drague en plein air. Ailleurs, l’entrée dans la tasse n’était qu’un signal envoyé à celui dont on venait de croiser le regard afin qu’il marque son acceptation par le même mouvement, mais l’affaire ne se conclurait pas là. Et puis bien sûr il y a ceux qui « faisaient ça là », à la va vite, soit parce que leur sexualité était celle là, soit parce que qu’ils ne pouvaient assumer d’affronter le regard de l’autre et leur propre homosexualité. Les tasses avaient l’avantage sur les autres lieux « naturels » (plages, bois, jardins etc..), outre d’être facilement réparables dans une ville inconnue si on avait oublier son guide, de faciliter la prise de contact, un peu comme les bars sexe aujourd’hui. A l’époque il y avait certes quelques bars, saunas et boites, mais il fallait « sonner » pour entrer ( et beaucoup pensaient, à tort ou à raison, que ceux qui fréquentaient ces lieux étaient fichés) et il n’était pas possible de baiser sur place.
Fréquenter les tasses n’était pas sans risque (excitation supplémentaire ?). Risque d’un contrôle d’abord par une patrouille de police. Je ne sais combien de fois je me suis retrouvé dans une fourgonnette à détailler mon identité ( l’arrivée de la police provoquait immanquablement un sauve qui peut comique, les hommes mariés étant sans doute les plus rapides….). Je dois dire que je prenais un certain plaisir arrogant à le faire. Deux anecdotes à ce propos : quelques jours après un de ces contrôles, je fût convoqué par le médecin général commandant l’hôpital militaire de Bordeaux où j’effectuais mon service national en tant que médecin du personnel (et notamment, cela n’arrive qu’à moi, de l’école d’infirmière des armées) ; j’étais convaincu que j’allais entendre parler de mes virées nocturnes, en fait il me fût reproché d’examiner les élèves infirmières sans témoin féminin, ce qui montrait manifestement que l’information n’avait pas été transmise ! Une autre fois, en escapade sur un des plus beaux lieux de drague que je connaisse, le phare de Biarritz, l’inspecteur qui menait le contrôle me menaçant d’écrire à l’ordre des médecins, se contenta de me dire de faire attention à la dangerosité du lieu quand je lui ai proposé d’écrire moi-même la lettre…Ces contrôles ont cessé dès l’arrivée de Mitterrand au pouvoir en 81. Cet inspecteur faisait allusion à l’autre risque, bien réel celui là, d’une attaque par des bandes de casseurs (j’en ai été victime à 2 reprises et ai eu beaucoup de chances de m’en tirer sans mal).
La fin des tasses a coïncidé avec l’arrivée du SIDA et la libération « mitterrandienne » des mœurs et des mentalités. On peut ainsi dater du début des années 80 le véritable basculement de la question gay et l’établissement d’une nouvelle cartographie du désir sexuel: enfermement des pratiques sexuelles « publiques » dans des lieux spécialisés (bars sexe, boites avec backrooms, saunas) et apparition de la capote. L’arrivée d’internet, j'en ai déjà parlé, est sans doute entrain de modifier à nouveau cette cartographie mais sa dimension en partie virtuelle complexifie l’analyse.
Reste à savoir comment les hommes mariés se sont adaptés à la situation ? Certes il existe toujours des lieux publics, parcs , bois et jardins, mais leur fréquentation n’a plus grand-chose à voir avec la grande époque (n’y trouve t’on plus que cette catégorie là ?). Internet peut être justement…




http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-6470182.html
 

 

 

 

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 22:44

15284177.jpgIl y a quelques temps , L., un de mes amis qui lui aussi vit en couple, bientôt 40 ans, s’inquiétât auprès de moi de l’évolution des capacités de séduction au fur et à mesure des années qui passent. Comme je continue, à un âge qui lui paraît sans doute avancé (que j’aurais moi même trouvé, à son âge, fort avancé !), à mener une vie sexuelle plutôt active, et que j’ai la réputation de continuer à être un « chasseur », certes timide dans son approche, mais chasseur tout de même, je compris sa demande comme une interrogation sur ma propre expérience en la matière, interrogation qui pourrait se traduire par ce qui constitue la trame d'un roman de Houellebecq (la possibilité d’une île) « La vie (sexuelle et désirante) s’arrête t’elle à 40 ans ?», ou de façon plus brutale « baises tu encore ?). Pour répondre à cela, ce que je fis par touches successives, nuançant le lendemain sur ce que j’avais dit la veille, le désir étant si multidimensionnel qu’une réponse univoque, telle que celle de Houellebecq (chez lui la réponse est oui), n’était pas possible . J’aurais pu le renvoyer à un article récent de ce blog  qui traitait déjà des rapports entre âge et désir, mais mes amis n’en n’ont pas l’adresse. J’ai donc pris le parti de lui parler de moi, ce que je dois aimer puisque je tiens un blog, et de lui dire que dans mon cas la réponse à la question de Houellebecq était sans équivoque « NON ». Mais de préciser la nécessité de deux préalables : le « souci de soi » (pour reprendre une expression de Michel Foucault) et la chance. Le « souci de soi » c’est la volonté permanente de ne point se laisser aller et de se donner les moyens de garder aussi longtemps que possible un corps qui puisse être désirable (par ceux qui vous inspirent du désir bien entendu, laissons de côté les foutaises de ceux qui vous disent que tout corps aussi difforme soit il peut être désirable, bienheureux les innocents…). La chance c’est de n’avoir pas rencontrer la maladie (il ne s’agit pas toujours de chance, ce peut être aussi une conséquence du souci de soi), d’être doté certains attributs qui traversent les âges, j’y reviendrai, mais aussi d’avoir bénéficié d’une évolution (ou su faire évoluer ?) de son propre désir. Il est en effet évident que si continuais, comme il y a 30 ans, à ne désirer que les crevettes de 18-25 ans, focalisation du désir qui persiste chez certaines de mes connaissances, la problématique serait sans doute un tant soit peu plus difficile à gérer! Ceci étant posé, j’ai pu rassurer L., une vie sexuelle satisfaisante peut se poursuivre bien au delà de 40 ans même chez un gay du milieu! Il semblait toutefois douter que le nombre de rencontres puisse rester le même. J’ai pu lui répondre facilement puisque je tiens une sorte comptabilité sur ce plan (voir une des entrées ci-dessous). En valeur absolue mon nombre de rencontres annuelles a certes globalement diminué (il est un peu supérieur à ce qu’il était il y a 30 ans (mais les facilités de drague n’étaient pas ce quelles sont aujourd’hui), et nettement inférieur à ce qu’il était il y a 10 ans (mais ce pic correspond à seule période, 2 ou 3 ans, où je n’ai pas été en couple…). En valeur relative (si l’on rapporte nombre de rencontres au nombre « d’occasions de chasse », sorties en boîte, bars, saunas etc.), il a certes un peu diminué, mais pas de façon très significative. Ce qui a diminué c’est mon nombre de « journées de chasse », je n’ai plus la patiente, si ce n’est en vacances, de passer des heures en boîte, ou de me coucher au petit matin. Ceci est en partie compensé par une meilleure maîtrise de mon excessive timidité (j’ai cependant toujours beaucoup de mal à faire le premier pas), et surtout par un choix très sélectif des lieux de drague, je privilégie ceux où les corps, sur lesquels on peut, jusqu’à un certain point, maîtriser l’impact du temps, prennent parfois plus d’importance que les visages (bars naturistes, plages, salles de gym etc.). J’ai ainsi pu constaté, et c’est probablement là le principal changement avec ce qui se passait avant, que musculature et surtout bite (voilà un organe quasi « éternel »), sont devenus des atouts bien souvent plus efficaces que mon « charme » potentiel. Je n’avais pas l’impression il y a 30 ans, comme cela m’arrive parfois maintenant, d’être un objet sexuel plutôt que de séduction. Non que les rencontres où l’on sent dans le regard ou le comportement de l’autre (le numéro de téléphone échangé ou la sollicitation de prolonger ce moment autour d’un verre) un désir d’aller plus loin ne surviennent plus, elles sont seulement plus rares qu’avant, mais surtout il y a belle lurette que j’évite de « piéger » l’autre (j’ai eu par le passé cette fascination des aventures multiples) dans une aventure sans espoir pour lui (je suis de ceux que l’on quitte, pas de ceux qui s’en vont). Faut il encore s’en apercevoir à temps (mais il y a parfois des choses que l’on ne veut pas voir).
J’ai cependant convenu que je rendais compte là de l’expérience de quelqu’un qui vît en couple et qui ne chasse donc que de l’éphémère. La situation est bien différente pour celui qui est (ou se retrouve) seul. Vieillir est alors sans doute plus difficile, car si les rencontres purement sexuelles obéissent à la même problématique que celle précédemment décrite, la recherche d’une relation durable peut ne pas être simple au delà un certain âge (j’éviterai de donner un seuil !). Deux profils de rencontre peuvent se présenter : celui qui recherche exclusivement l’homme « mûr », profil que j’aurais tendance à fuir si j’étais ou devenais célibataire (d’abord parce qu’il est bien peu valorisant pour son ego, mais surtout parce qu’il cache souvent un désir de « surprotection », de recherche du père » qu’on peut n’avoir aucune envie d’assumer ou même abhorrer), celui au contraire du mec pour lequel on constitue avant tout un attrait sexuel sans aucune envie de se lancer dans une aventure affective dont l’avenir peut être considéré comme déjà oblitéré par la différence d’âge ou de mode de vie.
C’est alors que L., sceptique, ajouta « peut être mais le fait que tout le monde ou presque mente sur son âge sur Internet, est bien la preuve qu’il est le facteur déterminant de la fréquence des rencontres ». Je n’ai pas encore réalisé des statistiques personnelles sur Internet, mais je dois bien admettre que sur les sites très axés sur les rencontres sexe  où il m’arrive avec Bertrand de rechercher un plan à 3, le nombre de contacts est significativement supérieur si je mets la photo et l’âge de Bertrand (de 17 ans plus jeune) en ligne plutôt que les miennes. Mais Internet a introduit une dimension nouvelle qui change quelque peu la donne, le virtuel bien sûr mais surtout, pour optimiser la recherche dans une foule de contacts, la technique du « tri », par âge d’abord, ou autres critères. Or combien de fois, dans le réel, ne rencontrons nous pas des gens alors que nous sommes parfois assez loin de correspondre aux critères de leur « homme idéal » ? J’ai parfois entendu « Si j’avais su ton âge avant peut être aurais je hésité ou tu n’est pas le genre de mecs que je rencontre d’habitude». Pour ne pas être « éliminé » par les clefs de tri, combien trichent avec la réalité ? Et cette dimension virtuelle comporte d’autres pièges, notamment celui inverse que l’autre fantasme sur un CV ou une photo. J’ai ainsi eu très récemment une expérience qui aurait pu être évitée avec un peu plus de perspicacité. Ainsi, F., internaute de 25 ans, m’a contacté (je ne contacte pratiquement jamais le premier sur Internet) il y a quelques semaines, coup de cœur, messages, etc., pour finalement me demander, avec insistance, si l’on pourrait se rencontrer pour un plan. Cela a traîné quelque peu, la vie de couple et les obligations professionnelles laissent peu de disponibilité, pour finir par un rendez vous. Il m’a alors dit, toujours sur le chat, que cela le rendait un peu anxieux car il n’avait jamais rencontré quelqu’un de plus âgé que lui, qui plus est du double. J’aurais du lui dire alors ma réticence immédiate (si quelqu’un rencontre exclusivement des gens de son âge ce n’est jamais le fruit du hasard mais d’un choix) ou tout au moins choisir un endroit de rencontre dans un lieu public, café ou autre. Je ne l’ai pas fait, et lorsque je l’ai vu, bien plus séduisant encore que sur ses photos du site, j’ai pressenti dans son regard que son fantasme était en train de se fracasser sur le réel. Nous avons bavardé quelques minutes puis je le lui ai dit qu’il n’y avait pas de problème pour en rester là s’il ne se sentait pas à l’aise. Il s’en est allé. Je m’en suis voulu d’avoir agi comme un débutant et contribué à créer une situation aussi désagréable pour lui que pour moi. Pour moi, en dehors des plans à 3 avec Bertrand, Internet reste un moyen très accessoire de rencontre, même si celles que j’y ai faites m’ont le plus souvent laissé un souvenir très agréable.
Il ne faut pas oublier non plus que les plus de 45 ans aujourd’hui sont souvent (quand ils ne sont pas morts) ceux qui ont accompagné la « révolution gay » des années 80, qui ont participé à la « fête », et qui ne sont donc pas prêt, sous prétexte de l’âge, à rejoindre à nouveau un « placard » comme le faisaient leurs aînés. Il est même probable que les jeunes gays d’aujourd’hui qui profitent de plus en plus de cette visibilité enfin acquise seront sans cesse plus nombreux, dans leur futur, à vivre leur sexualité aussi longtemps que possible.

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 21:03

20100121-18668101794b587fecd9e09Un tel est mort des suites d’une longue maladie….Derrière cette phrase se cache le plus souvent le mot tabou : « cancer ». Ceci ne donne pourtant pas lieu à des protestations, voire à un « outing » comme vient de le faire Act-up à propos du décès du philosophe trotskiste Daniel Bensaïd. Pourquoi ce qui ne soulève pas l’indignation quand il s’agit du cancer, pose problème quand il s’agit du Sida ? Probablement parce que le cancer est vécu comme une fatalité (ce qui est pourtant loin d’être vrai), alors que le Sida est associé à un comportement à risque (sexuel ou addictif) et à une réprobation morale du « peuple ». Dans le premier cas il s’agirait d’un mélange de pudeur et de phobie d’un mot tabou, dans le deuxième cas d’une volonté de dissimulation. C’est sans doute en grande partie vraie (d’autres morts célèbres ont ainsi vu la cause de leur décès, le sida, occultée : Michel Foucault, Bruno Carette (ex-nul), Thierry le Luron, etc…), mais on ne peut exclure qu’il puisse d’agir aussi, parfois, de simple pudeur.

Autre décès, qui passera sans doute plus inaperçu, celui de Jacques Martin (pas le premier mari de Cecilia, on ne meurt qu’une fois !) mais le dessinateur d’Alix, à l’âge raisonnable de 88 ans. Son héro a très souvent été soupçonné d’être en fait gay. Combien savent tout ce qu’ont évoqués ces héros souvent dénudés (il faudrait ici aussi évoquer la série des « Prince Eric » de Serge Dalens) pour des générations de jeunes garçons (ou même d’adultes) aux sens en plein éveil)?

Conservons la « Gay attitude » en parlant de cet étonnant polar, « Fakirs » d’Antonin Varenne, dont la mort d’un des protagonistes, gay, décède sur la scène d’un spectacle sado-masochiste dont il était l’unique acteur (suicide ?). Un polar superbement écrit qui vient à point pour me remettre du désastreux « Symbole perdu ».
20100121-18526852474b58802a8f5a5.jpg

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 23:27

Blood___blood_and_more_blood_by_pierrebouvierlover.jpgA l'occasion de mon récent changement d'ordinateur et du transfert de ma boîte aux lettres "Outlook" de l'ancien vers le nouveau PC, faisant le tri de mes mails, je suis tombé sur celui de X, rencontré il y a plusieurs années sur un chat gay. La relation qui aurait du être sans problème, nous étions tous deux en couple l'idéal pour les rencontres illégitimes, s'est révélée douloureuse, il tomba amoureux. Je n'ai vraiment pris conscience de ce qui arrivait que lorsqu'il me l''avoua, par mail. Et pourtant les indices de cet état ne manquaient pas, dès le coup de fil qui suivit notre première rencontre chez moi ("j'ai l'impression d'être sur un nuage). Nous nous revîmes deux ou trois fois chez lui, en l'absence de son ami, sans que j'accepte de voir les signes qui s'accumulaient. Il est si facile, pour sa tranquillité, de ne rien vouloir voir, ne rien vouloir entendre, ne rien vouloir vraiment lire, comme ce mail que je viens de retrouver, une poésie dont j'ai oublié l'auteur :

"le spectre de la rose..............
soulève ta paupière close
qu'effleure un songe virginal,
je suis le spectre d'une rose
que tu portais hier au bal.
tu me pris encore emperlé
des pleurs d'argent de l'arrosoir,
et, parmi la fête étoilée,
tu me promenas tout le soir.
ô toi, qui de ma jouissance fut cause,
sans que tu puisses le chasser,
toutes les nuits mon spectre rose
a ton chevet viendra danser.
mais ne crains rien, je ne réclame
ni messe ni de profundis,
ce léger parfum est mon âme,
et j'arrive du paradis.
mon destin est digne d'envie,
et pour avoir un sort si beau
plus d'un aurait donné sa vie;
car sur ton sein j'ai mon tombeau,
et sur l'albâtre ou je repose
un poète avec un baiser
écrivit: ci-gît une rose,
que tous les rois vont jalouser.

câlins X "

Nous dûmes arrêter de nous voir, c'était sa volonté. Nous reprîmes contact deux ou trois ans plus tard, sans jamais réussir à renouer un relation, fût elle amicale.

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 21:51

LAG195257.jpge plan à trois dans le cadre du couple ( seul concerné ici) me m'a jamais paru évident. Il faut d'abord que son principe même soit possible, certains qui ont partagé ma vie n'en auraient même pas supporté l'idée...Leur vécu du désir amoureux, totalement possessif, ne pouvait l'accepter , ne se doutant sans doute pas qu'ils ouvraient ainsi la voie à une multitude d'aventures parallèles et secrètes.
Quand il est possible, de multiples configurations sont envisageables, mais je ne parlerai pas de celles dont je n'ai aucune expérience ( notamment de celle qui me parait la plus adéquate pour la réussite de ce type de situation : deux mecs d'âge peu différend, de look assez semblable et qui ont des goûts compatibles...). Il se trouve que j'ai toujours vécu avec des garçons plus jeunes que moi ( l'actuel a 17 ans de moins), et de look, en dehors même de l'âge, assez différent. Il faut d'abord ce mettre d'accord sur le troisième. Il fût un temps où je n'aimais que les crevettes de moins de 25 ans ( qualifiées de "raclures de bidet" par un de mes ex, qui, étrangement, ne correspondait pas à ce look) et les dites crevettes étaient souvent attirées par des "mecs" souvent plus âgés que moi qui avait à peine 30 ans, quadrature du cercle..Les choses ont changé, mes goûts se sont élargis aux "gambas", et je vis avec quelqu'un qui, à l'exception des "minets" fades et sans charme, a des goûts très larges. Se mettre d'accord sur un troisième n'est pas rare, mais faut il encore que le dit troisième fût attiré par des physiques aussi différents que les nôtres. S'il n'est pas si difficile de trouver des candidats, l'expérience nous a appris à éviter les situations où le plan à trois va se conclure par un "2 plus 1" ( situation que mon "ego" me permet d'assumer sans problème, mais ce n'est pas le cas de Bertrand quand il se trouve que c'est lui qui est le 1. Mais ce n'est pas pour cela que le plan sera pour autant réussi, faut il encore que les deux composantes du couple soient autant demandeuses l'une que l'autre, que le plan lui même se déroule de telle façon que les deux y prennent un plaisir à peu près équivalent, qu'au fil du rapport ne se noue une relation trop proche entre un des 2 et l'invité, que l'après du rapport ( "on se revoit"?) soit bien géré ( le couple qui devient un trouple!).
Nous avons ainsi, de temps en temps, avec Bertrand des plans à 3, mais en fait moins souvent que nous n'en avons l'occasion. Ce qu'en fait nous avons le plus de mal à gérer, la plupart de ces plans étant noués par internet, c'est le nombre de fois où nous tombons sur l'incontournable "cherche "now"", alors que nous cherchons pour "plus tard". Nombre d'internautes semblent avoir des "bouffées de chaleur", éphémères, qui ne sauraient attendre demain....

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 14:52

Cblogueurs-bd-nus-2.jpgela fait environ 30 ans que je fréquente les lieux de drague et que je tiens une sorte de répertoire des nouvelles rencontres que j’ai faîtes. Ce répertoire est assez sommaire, puisque n’y est consigné que le mois et le lieu de la rencontre, le prénom et l’âge quand je les ai eus ou tout autre signe distinctif qui pourrait me permettre de me souvenir de la personne rencontrée. Une histoire, en quelque sorte, des errances de mon désir. Un rapport sexuel consommé, aussi bref soit il, suffit pour qu'il y en ait une trace dans ce répertoire. Le seul critère qualitatif est l’attribution de 0 à 3 "x" en fonction de l’importance « affective » qu’a eu cette rencontre ( de 3"x" pour ceux qui sont devenus des amants réguliers, ceux qui ont partagé ma vie sont hors catégorie, 2 "x" pour ceux qui n'ont été que des amants éphémères, à 1x pour ceux dont j'aurais aimé qu'ils soient plus que de simples tricks et 0X pour l’immense majorité de ceux qui n’ont été qu’un « one shot » d’un soir ou de quelques minutes).
Cette liste, dont le nombre global pourrait en effrayer certains, d’autant plus que 27 de ces 30 ans ont été passé en « couple », permet bien des classements. Nombre de rencontres par an et son évolution au fil des années (en dent de scie avec un pic à 225 l’année qui a suivi le départ de Bernard, un de mes ex avec qui j'ai vécu 15 ans), évolution de la moyenne d’âge (de 20 -22 ans il y a 30 ans à 35 environ aujourd’hui), fréquence des prénoms (Pascal, Stéphane, Eric, Philippe et Thierry en tête), fréquence des rencontres « affectives » (2 ou 3 "x"), en nette diminution avec le temps ( ce point mériterait à lui seul un développement, le sujet d'un autre billet peut être). Mais ce qui est peut être le plus frappant en revenant sur ces 30 ans c’est l’évolution même des « lieux de drague » que j’ai fréquentés, car elle reflète peut être encore plus une évolution globale que mon propre parcours.
Avant mon arrivée à Paris, dans ma vie Bordelaise, de la fin des années 70 à celle des années 80, la quasi totalité de mes rencontres se concentraient en 4 lieux : les pissotières que l'on désignait par le beau nom de "tasses",  les boîtes et la plage. Les « tasses » aujourd’hui disparues et qui étaient le "totem" autour duquel s’organisaient de véritables lieux de drague, à pied ou en voiture, pour une consommation sur place ou à distance, lieux mythiques, où se brassaient toutes les classes sociales, non sans risque d’un fréquent contrôle de police( ce qui m’était indifférent), voire d’une attaque homophobe. Ce sont les lieux de la période « répressive » qui ont progressivement disparu avec l’arrivée de F. Mitterrand au pouvoir, la libération « homosexuelle » ouvrant d’autres perspectives. Les "parcs et bois", certains mythiques comme celui qui entoure le phare de Biarritz ou le parc Jourdan à Aix en Provence, mais aussi le Parc Beaumont à Pau, la place Renaudel ou le lac à Bordeaux, le jardin de Notre Dame à Paris, etc...Nombre de ses endroits sont maintenant fermés la nuit.  Les boîtes ensuite, certes parce que j’étais plus jeune, mais aussi parce que dans cette période de l’avant ou du début des années Sida, les boîtes étaient le plus souvent exclusivement « homo » , de vrais lieux de rencontre (le Vert galant, le Differend et le Smart à Bordeaux, le Colony, le Sept, le Bronx, Haute Tension, le BH, la Luna et le Broad à Paris, sans parler du Palace). Leur ouverture progressive aux « gay friendly » a plus ou moins tué la drague ( il y a bien sur encore des exceptions, surtout en province). Enfin la plage, les célèbres Dunes du Porge (ou de la plage des casernes dans les landes) dont je connais chaque grain de sable et que je fréquente toujours même si leur fréquentation s’est bien réduite. Je n’ai qu’effleuré le minitel, n’arrivant pas à me résoudre à prendre le risque d’être obligé de dire « non » à quelqu’un que je n’avais jamais vu .
Mon arrivée à Paris a vu s’ouvrir pour moi la période « sauna », notamment avec l'inoubliable « Continental », près de l’Opéra, que j’avais connu depuis Bordeaux, véritable temple de la baise avec ses innombrables cabines, salles noires, sa piscine, son restaurant, ses masseurs, sa salle de sport. On faisait souvent la queue le dimanche sur le trottoir pour pouvoir entrer…Puis l'IDM, le K-West, le Mandala et ensuite Univers Gym et maintenant Sun City. J’ai de longues années fréquenté préférentiellement ces lieux, jusqu’à l’addiction, réussissant tout de même à ne pas m’abonner. J’allais moins souvent dans les bar « sexe » comme le QG, le Trap, les Docks, le Keller et d’autres que j’oublie.
Puis, à la fin des années 90, lancées par le « clan nature » sont apparues, dans ces même bar sexe, les soirées (ou après-midi) naturistes, au QG, au Transfert, aux Docks (devenu le Bunker), au London, au Mec Zone, au Glove, au Gobelet d'argent, au Next maintenant, etc, jusqu’à culminer avec un bar exclusivement naturiste, l’Impact. La tenue et ce type de lieu, suffisamment éclairés pour qu’on ne puisse plus parler de « black(back) rooms » ont fait de ces endroits ceux où le sexe est le plus facile, le plus libéré. Leur succès n’a cessé de s’amplifier et je les fréquente presque exclusivement, avec de rares visites dans les saunas. Je ne vais plus en boîte que dans les lieux de vacances (Sitgès par exemple), et dans les bars « sexe » en province (le Tracks à Bordeaux par exemple).
L’irruption d’Internet et des sites de rencontres comme Citegay, Gayromeo, Gayrrier, Keumdial, Xtremboy  ou d’autres, est entrain de modifier la topographie des rencontres d'une manière qu'il est encore difficile de cerner car l’intrication du virtuel et du réel, l’interférence éventuelle de la Webcam (un sujet à développer !), en font pour moi un instrument de drague plus complexe, qui n’a pas « l’immédiateté » et la transparence du lieu "physique". Cette évolution n’est pas terminé, de la même façon que l'informatique n’a pas tué l’écrit, Internet ne fera pas disparaître les lieux de drague.

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 10:33

2.jpg« Quand l’amour physique disparaît, tout disparaît ». La vision qu’a Houellebecq de l’amour est tragique. « Lorsque la sexualité disparaît, c’est le corps de l’autre qui apparaît, dans sa présence vaguement hostile….La disparition de la tendresse suit toujours de près celle de l’érotisme ». Si l’amour est conditionné par l’amour physique et se termine avec lui on ne peut que partager son pessimisme. En effet l’amour physique suit les lois du désir (beauté, jeunesse, force, etc.), c’est à dire celles de l’économie de marché (les métaphores économico-politiques ne manquent pas quant il s’agit de qualifier l’amour, un rapprochement a été fait avec la lutte des classes, le premier roman de Houellebecq s’appelait « Extension du domaine de la lutte » !). D’où sa quête (« la possibilité d’une île ») d’un ailleurs qui s’en affranchirait.
Mais l’amour physique résume t’il l’amour ? Il faut d’abord préciser que c’est de « l’amour » dont il s’agit ici, et non « de l’état amoureux », de la passion (voir entrée antérieure de ce blog, "être amoureux n'est pas aimé "). Les paroles de Swann, à la fin du premier tome de la Recherche, « " Dire que j’ai gâché des années de ma vie, que j’ai voulu mourir, que j’ai eu mon plus grand amour, pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n’était pas mon genre ! " montrent, qu’au moins dans l’état amoureux, une dissociation existe (à la limite l’amour physique peut en être absent, ou l’état amoureux s’évanouir avant que le désir physique n’ait eu le temps de s’affaiblir). Mais l’amour, celui qui s’établit dans une certaine durée, dans une vie de couple en bref, trouve t’il ses limites dans celles de l’amour physique ? Pour nombre d’entre nous cela me semble indéniable, tous ceux en fait chez qui la plénitude d’une relation sexuelle est nécessaire (pas suffisante bien sûr) à l’enclenchement du processus amoureux. Et dans ce cas, Houellebecq encore «…le plus souvent, il existe dès le début certains détails, certaines discordances sur lesquelles on décide de se taire, dans l’enthousiaste certitude que l’amour finira par régler tous les problèmes. Ces problèmes grandissent peu à peu, dans le silence, avant d’exploser quelques années plus tard et de détruire toute possibilité de vie commune ». Il est fréquent que ceux là même qui ne dissocient pas amour physique et amour, soient , conséquence logique, fidèles. Mais comme l’amour « physique » n’a qu’un temps, ils finissent par s’en aller, à la recherche d’un autre « amour physique ». L’avenir, vieillir, les terrifient souvent. C’est le cas de Daniel 1, le héro de Houellebecq.
Mais tous ne fonctionnent pas selon ce schéma classique. Un amour physique trop intense masque « ce qui ne pourra fonctionner plus tard ». Le contact des corps, catalyseur initial, est certes le plus souvent nécessaire à la rencontre mais « certains détails », certaines « concordances », qui feront le socle d’une vie commune, ne se révèlent que progressivement, dans l’espace laissé libre par la relation sexuelle. Cette dernière, indispensable au début, peut n’être pas « fusionnelle », voire même exclusive (chez ceux-ci, souvent la fidélité « physique » laisse à désirer), mais alors son affaiblissement n’entraîne plus celui de la tendresse, du sentiment d’être bien avec l’autre dont la présence du corps continuera à apparaître « bienveillante ».
J’ai connu jusqu’ici quatre vraies relations de couple (mettant ainsi de côté les « états amoureux » de quelques semaines à quelques mois que je ne peux qualifier ainsi). Bernard d’abord, 25 ans moi 28, regard croisé sur la plage du Porge, puis rencontré le soir sur une place de drague bordelaise, la place Renaudel. Je l’ai suffisamment aimé pour quitter le domicile familial et vivre avec lui pendant un an. Il était de ceux pour qui l’amour physique Est l’amour. Il est parti, brutalement, vers d’autres horizons. Pierre Jean ensuite, lui 21 ans et moi 29, rencontré au Smart, une discothèque bordelaise maintenant disparue. Scénario assez semblable au précédent, un an après là encore, mais plus complexe car il aurait souhaité poursuivre notre aventure parallèlement à la nouvelle…ce que je n’ai pas accepté. Fait peu banal, il est devenu, quelques mois plus tard mon amant. Lorsque je me suis aperçu que cette nouvelle forme de relation n’était pour lui qu’une « dépendance physique » et ne conduirait en rien à un retour à la vie de couple, j’ai cessé de le voir. J’ai alors croisé la route de Bernard, 18 ans, moi 30 lors d’une émission hebdomadaire homosexuelle sur une des radios nouvellement libres et dont j’étais l’un des animateurs. Il s’est jeté dans cette « première » relation sexuelle, véritable « fusion physique » pour lui, ce dont je n’ai pris conscience que bien plus tard (la fusion »physique » m’est inconnue…), lorsque le désir physique s’en est progressivement allé chez lui et qu’il a « re »trouvé cette « fusion » chez un autre après 14 ans de vie commune. Je ressentais certes moi même un affaiblissement du désir physique pour lui, mais pas de mon amour. Il a été très fidèle très longtemps, je l’ai peu été. C’est lui qui est parti, un petit matin, en me disant « c’est fini ». La plaie n’est toujours pas totalement cicatrisée. Nous continuons cependant à nous voir, les liens du souvenir. Et puis bien sûr il y a maintenant Bertrand, rencontré alors qu’il avait 29 ans dans un bar sexe de la rue de la Roquette, la Luna. Il est comme moi de ceux dont l’amour physique n’est pas le moteur déterminant de la relation amoureuse (ce qui n’est cependant pas un passeport pour l’éternité !).  L’aventure se poursuit depuis 6 ans, je n’en connais pas la fin….
Il ne faut pas cependant oublier une troisième catégorie, celle de ceux qui se « méfient » de l’amour physique. Cette légion d’idéalistes, maniant allègrement le « plan cul s’abstenir », se disant hors milieu (« hors économie de marché »), haïssant le Marais, à la recherche désespérée de l’Amour ( « l’amour comme « la grâce » ça vous tombe dessus, ça ne se cherche pas, surtout pas là où il n’y a personne). Et de se plaindre de leur solitude sans voir qu’ils en sont la racine…
J'ai volontairement passé sous silence une quatrième catégorie, les stakhanovistes de l'amour physique, les fans du "one shot", qui se disent à l'abri de l'amour. Un jour ou l'autre ils finissent par rejoindre une des deux premières catégories, l'amour leur tombant sur la gueule, sans crier gare, au détour d'un couloir du sexe....


 

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 20:47

untitledLa solution que je vais vous proposer n'est pas de la science-fiction. Elle résulte de la position majoritaire des physiciens d'aujourd'hui quant à l'interprétation à donner à la théorie quantique qui est une des 2 bases (avec la relativité) de la physique d'aujourd'hui. Pour faire comprendre cette interprétation majoritaire je vais prendre un exemple très simple, grossier, qui comme toute vulgarisation mutile ce qui se passe vraiment. Imaginons que vous partiez en vacances depuis Paris pour aller à Torre del Lago, en Italie. Vous avez 3 chemins possibles, par le tunnel du Mont blanc (le plus court), par le tunnel de Frejus, ou par la côte via Nice (le plus long). Ce que dit la mécanique quantique c'est que l'univers explore TOUTES les histoires possibles, certaines étant seulement plus probables que d'autres (par exemple ici prendre le chemin le plus court), et les réalise!. Or nous n'avons conscience que d'une histoire, c'est à dire que nous avons pris tel ou tel chemin et pas l'autre. Comment expliquer cela? Selon une des hypothèses, majoritaire aujourd'hui, à chaque fois qu'il y a plusieurs possibilités, l'univers se scinde en autant d'univers parralèlles qu'il n'y a de possibilités. Dans notre exemple, votre "MOI" se scinde en 3 exemplaires, chacun dans un univers avec un chemin défini, aucun de ces 3 MOI n'étant conscient que de son propre univers. Quand je suis parti à Torre Del Lago en passant par Chamonix, des "copies" de moi même sont passées par les autres chemins. Délire? Non, si vous prenez 100 physiciens spécialistes de physique théorique, 50 ne se prononceront pas entre les différentes hypothèses qui tentent d'interpréter la mécanique quantique, mais 75% de ceux qui s'expriment adhèrent à l'hypothèse des mondes multiples.
D'où, si vous croyez à cette hypothèse voici une solution posible à vos problèmes. Ainsi il existe alors une méthode infaillible pour devenir riche : "Tout ce que vous avez à faire, c'est d'acheter un billet de loterie et de vous brancher sur une machine qui vous tuera instantanément et sans douleur si votre billet est perdant. La probabilité de gagner n'est que d'une chance sur 100 millions, mais c'est sans importance tant qu'elle n'est pas nulle, puisque qu'il y aura au moins un des 100 millions d'univers où vous gagnerez, puisqu' il existe une infinité de versions de vous dans les variantes d'univers qui divergent sans cesse. Après le tirage de la loterie, après que la machine vous a tué (dans une infinité d' univers) ou laissé vivre ( dans un autre nombre infini d'univers), toutes les versions de vous encore vivantes seront riches."
Rassurez vous, aucun physicien, même parmi les partisans les plus acharnés de cette théorie, n'a encore tenté l'expérience.
Il est à craindre que si cette théorie trouvait une preuve expérimentale le nombre de suicides n'augmente de façon drastique. Mais quelqu'un n'a t'il pas dit que le délire mélancolique (la cause la plus fréquente de suicide) résultait d'une perception aigue de la réalité!

 

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