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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 22:07

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Les Journées de Neurologie de Langue Française sont l'occasion de croiser, chaque année à peu près à la même date, des neurologues de toute la France. La régularité de cette rencontre annuelle nous ferait presque oublier combien nous avons vieillis. Un de ces neurologues, qui fit avec moi ses études de médecine, m'interpella pour me montrer des photos, numérisées, d'une réception qu'il avait donné à la fin des années 70 et à laquelle j'étais invité. Je n'avais aucun souvenir de cette manifestation mais la découverte de la photo qui illustre ce billet m'a presque étonné - les cheveux que l'on portait long, pas seulement pour cacher la calvitie qui s'affirmait, la façon de s'habiller- mais aussi presque ému, se retrouver projeté, quelques mois après mon "coming-out", au moment où mon aventure tumultueuse et douloureuse avec Hervé se terminait et quelques semaines avant que je ne rencontre Bernard1, aventures que j'ai narrées en d'autres blogs :
(http://limbo.over-blog.org/article-herve-1-la-conquete-44545270.html et http://limbo.over-blog.org/article-herve-2-la-chute-44685383.html).

Deux jours plus tard, au contrôle de bagages de l'aéroport de Zurich, un cadre en costume cravate, une tenue que j'ai abandonnée depuis longtemps, et qui prenait le même vol que moi, a attiré mon attention. Il me rappelait quelqu'un, notamment cette discrète exophtalmie non dépourvue d' un certain charme. Lorsque son regard a accroché le mien, il m'avait également reconnu, je me suis souvenu du nombre de fois où nous nous étions croisés dans les saunas et autres lieux chauds parisiens, il devrait bien y avoir 15 à 20 ans, sans jamais que l'un n'ose abordé l'autre, cette timidité du premier abord qui ne m'a jamais vraiment quitté.

Peut être nous sommes nous rencontrés dans un des univers multiples que sous entend la mécanique quantique, hypothèse que le dernier film du fils de David Bowie, "Source code" explore avec talent. Les paradoxes du temps forment aussi la trame du roman de Felix J.Palma, "La carte du temps", brillant exercice de style, hommage aux grands romanciers précurseurs de la Science-fiction, H.G.Wells avant tout, où l'on rencontre, outre ce dernier, Jack l'éventreur, Eléphant man, Jules Vernes, Conan Doyle, Henry James. Il ne s'agit pas d'un roman de Science-fiction, mais d'un roman sur la perception du temps, sur le temps comme illusion, sur le pouvoir de l'écriture.

Dans le monde de la mécanique quantique, univers de l'infiniment petit, où toutes les réalités se superposent, le temps est réversible, mais dans notre monde macroscopique qui n'en actualise qu'une, la nôtre, la flèche du temps s'écoule inexorablement. Celle que vit Jean-Baptiste Audousset, président de l'association des victimes du vol Rio-Paris, qui a perdu son ami dans l'accident, "Libération" nous en livre le témoignage, aussi émouvant que pudique, dans sa page portrait, sous le titre pour une fois magnifique, "vol de lui". Parti en vacances avec son ami, il avait du rentrer plus tôt...Il y a plus de trente ans, avant les années Mitterrand, au moment de la réception dont je parlais au début de ce billet, il n'était pas pensable qu'un jeune homosexuel puisse être président d'une association de victimes...

Par contre en ces temps là, quand il n'existait pas des "Saint Just" de la pensée, comme Edwy Plenel, on pouvait dire que les noirs étaient souvent "mieux foutus que les blancs". C'est une "impression" que j'aurais tendance à partager, de la même façon que mon expérience personnelle (très large), limitée il est vrai aux seuls  homosexuels, me permet d'affirmer, qu'en moyenne bien sûr, mais de façon très significative, les noirs que j'ai rencontrés où dont j'ai aperçu le sexe étaient sans aucun doute beaucoup mieux montés que les asiatiques. Serait il raciste de faire part de cette constatation? Il  semble que oui si l'on se réfère à ce qui vient d'arriver au directeur technique de l'équipe de France de Foot-bal. Sera t'il demain considéré comme raciste de dire que les noirs sont plus souvent noirs que les blancs? Il est vrai que dans la réalité temporelle fantasmée par notre idéologie dominante, les races n'existent pas. Relativisme temporel, au temps de la réception du début de ce billet j'aurais crié avec la meute.

Dernier paradoxe temporel au moment de la béatification de Jean Paul 2? Les bénéfices du deuxième disque des protégés de Mr Di Falco seront reversés à une association de lutte contre le Sida...Vous imaginez cela de la part d'autres religions? religions?

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 21:56

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Il y a 30 ans, le 4 avril 1981, à l'initiative du CUARH, 10 000 homosexuels défilaient à Paris pour demander au candidat François Mitterrand de s'engager pour une dépénalisation totale de l'homosexualité (une relation avec un mineur de 15-18 ans était encore interdite aux seuls homosexuels). Cette manifestation est considérée comme la première "Gaypride" française, qui se déroulera dès l'année suivante au mois de juin et qui à partir de 1983 verra monter en puissance la participation des commerces gays pour prendre un tour au moins aussi ludique que revendicatif et devenir comme dans de nombreux pays un véritable "carnaval gay'. Depuis quelques années, perdant son nom pour devenir "la marche des fiertés LGBT, lesbian & gay pride", le collectif  LGBT qui la dirige, comme un retour aux origines, a voulu lui redonner son caractère militant, réduisant à la portion congrue la participation des commerces gays, bars et autres, relégués en fin de cortège, au risque de l'ennui. J'ai dit ailleurs combien je le regrettais :

 http://limbo.over-blog.org/article-ma-vingtieme-gaypride-52964549.html

 

Pourtant cette année, la LGBT avait choisi un visuel dans la tradition du l'humour "Queer", affublant le symbole du machisme et de la fierté, cher à nos rugbymen, le coq gaulois, d'un boa! La présentation de ce visuel au Tea Dance du tango a provoqué un vent de révolte dans une partie de la communauté homosexuelle. Parmi le festival de bêtises auquel on a eu droit, la palme est revenue à la qualification de l'affiche de "raciste et pétainiste"! A cela est venu s'ajouter le concert des honteuses qui y ont vu une stigmatisation des homosexuels , une intériorisation des clichés de la folle, un recul de la lutte contre  l'homophobie. On pourrait répondre à l'association, "le Refuge", qui a porté ces accusations, si le choix de son nom n'est pas en lui même  une stigmatisation! 

 

C'est avec un certain sourire que j'ai pu lire les propos de  tel ou tel blogueur, dont la fascination pour Claude François ou Liz Taylor (entre autres), reproduit ces clichés de la folle qui lui font tant horreur, poursuivre ses éructations contre la gaypride qui donne "une mauvaise image de nous". Une autre association, au nom plus engageant  et qui poursuit les mêmes objectifs que le "Refuge" a bien vu la part d'homophobie qui est en fait l'inconscient de bien des critiques de ce visuel : «Le vrai combat de déconstruction des préjugés ne se fait pas sur l'acceptabilité d’une homosexualité en opposition à une autre, plus efféminée, qui aurait donc qu'à être moins “provocatrice” pour vivre dans le respect. Le combat au quotidien se fait dans l’illustration et la défense des multiples façons de vivre et de concevoir son propre rapport au corps, à sa sexualité, à son identité de genre et à son mode de vie. C’est cette diversité qui déconstruit les préjugés».

 

L'inter LGBT a préféré mettre à l'écart cette affiche pour clore la polémique et ne pas compromettre le succès de la Gaypride. On peut le comprendre. Elle aurait pu choisir un des Mister "gays", tel celui de la photo qui illustre ce billet...avec d'autres polémiques en vue, surement..

 

 

Une autre polémique me parait être le miroir de celle sur la Gaypride. Olivier Py, nommé directeur du théâtre de l'Odéon par un ministre de la culture homosexuel, Renaud Donnedieu de Vabres, vient d'être démis de ses fonctions par un autre, Frédéric Mitterrand. Devant le concert de protestations on vient de lui trouver un point de chute, la direction du festival d'Avignon. Il semble, selon ce qu'en a dit la presse,  que sur un arrière fond de divergence avec l'Elysée,  c'est la profonde inimitié de Frédéric Mitterrand, l'homosexuel honteux qui a exposé son mal être dans la "mauvaise vie" , pour Olivier Py , l'homosexuel moderne qui s'assume et parfois provoque, qui serait à l'origine de cette décision. Frédéric Mitterrand est de ceux qui ne feront pas la Gaypride....

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 15:22

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Nous avons quitté Hué pour rejoindre Danang par le col des nuages - notre guide nous rappela que c’est de cette région que sont partis les « boat people » qui fuyaient la progression des « viets »- puis Hoi An, si séduisante que nous avons regretté de n’avoir pas prévu d’y séjourner plus longtemps. Nous y fîmes un excellent diner, pour moins de 15 euros par personne, dans un restaurant au bord de la rivière qui traverse la ville, « le lounge river », , juste en face du pont-pagode japonais qui sépare les quartiers chinois et japonais. A quelques kilomètres de là, nous découvrîmes les étonnants vestiges de la civilisation Cham, eux aussi massivement détruits par les bombardements américains, les troupes du nord s’y étant abritées. Le lendemain nous faisions une étape à Can Tho, point de départ d’une mini croisière enchanteresse dans le delta du Mékong, avant de rejoindre Saigon, notre destination finale.

 

Saigon n’a pas le charme d’Hanoi, 300 ans d’histoire ne peuvent en éclipser 1000. Elle a d’autres atouts, ceux d’une métropole en pleine expansion, qui brille de milles feux dès que la nuit tombe et qui nous a fait prendre conscience que notre retour vers l’occident était proche. Gratte ciels et hôtels de luxe prolifèrent et côtoient des bâtiments qui témoignent de la présence coloniale française. La guide qui nous faisait visiter les points d'intérêt de la ville, quartier Cholon, cathédrale, grande poste, pagodes, utilisait systématiquement le mot « libération » quant elle faisait référence à la chute de Saïgon en 1975, alors que  celui que nous avions eu dans le centre du pays, beaucoup plus âgé il est vrai,  parlait de la « prise » de la ville par les communistes. J’ai d’abord pensé à une différence de sensibilité politique, mais apprenant qu’elle était catholique au point d’avoir fait un pèlerinage à Lourdes, je l’ai interrogée sur cette différence de terminologie. Elle m’a alors avoué qu’il était demandé aux guides d’employer systématiquement le terme « libération » avec les touristes. Le vieux guide était manifestement indifférent à ces « sollicitations ».

 

Même si nous avions concrétisé en une fin d'après midi, juste après  une initiation  à la "calligraphie" par une moine bouddhiste, contraste saisissant, un "plan internet" dans notre chambre d'hôtel avec un jeune vietnamien qui prit moult photos de nos ébats, nous n’avons bien sûr pas pu résister à l’exploration de la vie nocturne trépidante de Saigon. « Apocalypse now », une discothèque, et le « Q » bar semblaient, selon les guides spécialisés les endroits incontournables. Nos nombreux contacts "internet" nous en ayant dissuadé,  le premier étant décrit comme un endroit essentiellement « straight » avec minuscule coin gay et  prostitution, et le second étant fermé depuis un mois, nous avons dirigé nos pas vers les deux bars qu’ils nous ont conseillés, « la Villa » et le «Factory». Une certaine déception de ne pas retrouver l’ambiance du « Golden Cock » à Hanoï, mais des lieux bien plus proches de ce que nous connaissons en Europe, musique assourdissante, aucune convivialité et des prix très proches de ceux du « marais ». 

 

C’est par hasard que nous avons connu un lieu gay plutôt insolite. En effet, le guide du routard proposait dans son édition 2011 de joindre l’agréable, un massage « corps entier » pour à peine 2 euros, à une bonne action, en se rendant à l’association des aveugles de Saïgon dont les membres sont formés au massage traditionnel. Nous avions bénéficié à Hanoî, dans le cadre du programme prévu par notre agence de voyage, d’une telle séance réalisée cette fois là par des professionnelles, massage qui s'approche  au plus près, jusqu'à l'effleurer, de la partie la plus modifiable de votre anatomie et qui m’a confirmé, si j’en avais jamais eu le moindre doute, le caractère indélébile, épigénétique de mon homosexualité...Pas la moindre érection donc, mais une telle sensation de bien être que nous avions Bertrand et moi envie de recommencer l’expérience, qui plus est de la main d’un homme, fût il  aveugle. Arrivés dans les locaux de l’Association, on eut la surprise de se voir demander si l'on souhaitait un massage ou une entrée sauna. Alors que nous attendions notre tour pour la première des possibilités on nous invita à patienter en jetant un coup d’œil à la seconde: il suffisait qu’il soit tant soit peu averti pour réaliser qu’il s’agissait d’un endroit « gay », assez sordide et d’une propreté douteuse. Le massage quant à lui fût tout ce qu'il y a de plus correct, des mains moins expertes que celles d' Hanoï et qui prenaient soin de rester à distance des parties "sensibles"...La réputation du « routard » est donc sauve, même si la possibilité du sauna adjacent rend savoureuse le commentaire "Non, non aucune ambigüité ici, ce n'est pas une maison de plaisir mais un institut tout ce qu'il y a de plus honnête...." !

 

Ne pas connaître "Apocalypse now" n'avait pas de caractère d'urgence puisque les médias nous la promettait pour dans quelques jours, au Japon... Un occasion peut être pour relire deux ouvrages de Jean Pierre Dupuy, auteur auquel je me suis souvent référé dans ce blog, "Retour de Tchernobyl" et "Petite métaphysique des tsunamis". Ces ouvrages, qui s'inscrivent dans une dimension apologétique, celle du "catastrophisme éclairé", dans le sillage de René Girard, nous invitent à considérer le "pire" comme certain :

http://www.gayattitude.com/html/perso/journal/edit?id=493227

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 16:27

 

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Nous sommes arrivés à Hué,  hier en début de soirée, après avoir quitté les brumes d‘Hanoi et  sa région, centre géographique, historique et culturel du Vietnam, au niveau du 17è parallèle qui coupa symboliquement le nord du sud à la suite de la chute Dien Bien Phu, où les stigmates de la colonisation française sont encore bien présents, ne serait ce que dans les noms d’ouvrages d’art ou de bâtiments (Jules Ferry, Clemenceau etc,) . La ville a été en grande partie détruite par les bombes américaines après l’offensive Viêt-Cong du Têt, et notamment la cité impériale qui n’a encore qu’en partie été restaurée. Si l’on met à part les paysages presque surnaturels de la baie d’Along, même vus dans la brume habituelle en cette saison, c’est à Hué que j’ai eu jusqu’ici ressenti mes plus grandes émotions. Avant tout l’extraordinaire mausolée impérial de Minh Mang, mais aussi, la pagode de la Dame Céleste, sur les bords de la rivière des parfums, à laquelle le guide du routard n’accorde étrangement qu’une étoile. Pagode purement bouddhiste, contrairement à celles du nord où les trois religions, bouddhisme, confucianisme et taoïsme s’entre mêlent dans le culte des ancêtres, les rendant « illisibles » sans l’aide d’un guide, elle témoigne aussi de cette religion comme bastion de la résistance aussi bien à l’impérialisme américain qu’au régime communiste. On y voit notamment exposée la carcasse de la voiture dans laquelle un bonze s’immola par le feu dans les années 60, suivi par bien d’autres, en protestation contre les percussions du président sud-vietnamien catholique, obligeant les américains à s’en débarrasser.

Hué, bien moins peuplée qu’Hanoï, permet également de se reposer des tracas de la circulation dans la capitale, d’autant plus que nous y sommes arrivés bien « entrainés ». En effet ce qui surprend d’emblée quand on découvre Hanoï, outre les rôtisseries de chien, c’est le flot ininterrompu des hordes de motocyclistes qui noircissent les rues à l’infini, entre lesquelles s’infiltrent quelques voitures et qui ne respectent aucune loi, aucun code, qu’il s’agisse de la priorité, du sens de circulation et même des feux tricolores quand il y en a. On n’a du mal à comprendre comment ces flux s’entremêlent sans jamais se heurter, étrange ballet sans chorégraphie où chacun trouve sa place. Piéton, état qui ne vous confère aucune priorité, il ne faut surtout pas se poser la question « quand et comment traverser », les passages qui leur sont dédiés ne sont là qu’à titre décoratif, de crainte de s’immobiliser pour l’éternité, et se lancer au travers du flux où comme par enchantement on s’intègrera à cette chorégraphie lente ( leur vitesse est fort réduite), pour gagner sans encombre « l’autre rive ». A Saigon il semble, aux dires de notre guide, qu’il existe des « policiers touristiques » qui  accompagnent les touristes dans ces traversées périlleuses. C’est en fait comme en France, où les passages  « cloutés » sont de plus en plus décoratifs, si ce n’est que c’est exactement le contraire, puisque chez nous  le piéton est maintenant roi. On pourrait pousser le paradoxe plus loin et dire qu’au Vietnam tout est permis ou toléré sauf de critiquer l’état et ses représentants , alors que chez nous l’opposition et la critique gouvernementale sont libres mais la liberté individuelle restreinte de jour en jour au nom de la santé publique, du principe de précaution, de l’environnement et de la police de la langue et de la pensée. A chacun son « big brother »! Boutade bien sûr car un de nos guides nous a expliqué combien la vie était difficile ici, surtout pour les fonctionnaires qui ont des salaires de misère,  parfois en nature seulement sous forme de kilos de riz, avec lesquels il est impossible de vivre si on ne recourt pas à des activités parallèles qui riment souvent avec corruption. La situation est un peu moins difficile pour ceux qui appartiennent au secteur privé, en pleine expansion, source de la forte croissance du pays, comme en Chine et qui permet une hausse continue du niveau de vie.

Ce séjour a été pour moi l’occasion d’expériences inédites et inattendues, un cours d’initiation à la gymnastique, le Taï Shi, à 7h30 du matin devant le mausolée d’Ho Chi Min, un déjeuner végétarien dans un monastère bouddhiste, une promenade en pousse-pousse avec un conducteur m’entonnant « l’ave maria » pour me montrer qu’il était catholique ou me faire saisir de façon imprévisible le sexe dans la pissotière d‘un bar gay par  un jeune vietnamien avec lequel j‘avais semble t‘il « chaté » sur «gayromeo»!

J’avais en effet signalé ma présence au Vietnam sur « gayromeo » et j’avais pu constaté que la vie gay  y semblait bien présente. Nous nous sommes donc mis en quête, une simple recherche internet, des lieux gays à Hanoï. Les promenades au soir tombant le long du lac Hoan Kaiem, qui délimite la vieille ville, et deux ou trois bars ou boîte.  Les deux premiers soirs, après des journées  bien chargées et victimes du décalage horaire, nous sommes sagement  restés à l’hôtel, mais le troisième nous allâmes à la découverte du bar « GC », (le Golden Cock), à deux pas de notre hôtel, au cœur de la vieille ville qui a tant de charme. Une clientèle d’européens et d’asiatiques en proportion égale, des bières à moins d’un euro, une ambiance très sympathique, plutôt jeune et des toilettes qui, on l’a vu, semblent faciliter le contact.

Demain nous franchirons un col pour gagner Ho An et atteindre la Cochinchine en fin de semaine.
Si j’ai bien suivi le fil de l’actualité, il semble que le Japon ait éclipsé la Libye à la une de nos médias. J’ai jeté un œil sur la carte pour apprécier la distance du Japon au Vietnam, nous ne sommes pas si loin que çela d’un « potentiel » nuage radioactif….

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 15:27

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Selon certains commentateurs, la crise actuelle marquerait la fin de l'ère ouverte par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, celle du libéralisme triomphant. Il est amusant (inquiétant serait un mot plus adéquat) de constater que dans les deux cas une maladie d'Alzheimer, a été découverte quelques années après la fin de leur mandat. Selon nos critères actuels, le diagnostic de maladie d’Alzheimer ne peut être porté qu'à un stade déjà relativement avancé de la maladie, celui de démence. Ces critères sont sur le point d’évoluer car de plus en plus d’études confirment ce que l’on supposait depuis longtemps, un début de la maladie des années avant ce stade. Des recherches récentes ont montré que les premiers symptômes pouvaient être détectés jusqu’à 14 ans avant que les troubles de la mémoire ne soient évidents et suffisants pour perturber la vie quotidienne. Il est donc plus que probable que Reagan et Thatcher étaient déjà atteints par cette maladie durant leur exercice du pouvoir. Certes, avant le stade de démence le jugement n’est pas perturbé mais un examen attentif pourrait mettre en évidence des troubles de l'attention, de ce qu'on appelle les fonctions exécutives (capacité à planifier, à élaborer une stratégie, à trancher devant des choix multiples), et des signes dépressifs. On imagine mal que ces perturbations soient sans conséquence sur les processus de décision et tout au moins leur rapidité.

L’âge étant le principal facteur de risque de cette maladie, le vieillissement de la population et notamment de la classe politique, ou la fâcheuse tendance de certains dirigeants à ne point vouloir quitter le pouvoir devraient nous voir confrontés à ce type de situation de plus en plus souvent. On conçoit que la découverte d’une démence d’Alzheimer quelques années après que les grands de ce monde ont quitté le pouvoir puisse être une information digne d’intérêt pour les historiens, mais on conçoit également qu’il n’y ait pas un caractère d’urgence à le révéler au bon peuple lorsqu’ils sont redevenus des personnes privées. D’où le torrent d’indignation de plus ou moins bonne foi, à propos de l’article du JDD sur la maladie d’Alzheimer supposée de Jacques Chirac. Le problème, et il est de taille, c’est que Jacques Chirac n’est pas, comme Mme Bettancourt, une personne privée, il est membre de la plus haute instance de ce pays, le Conseil Constitutionnel! Il est donc primordial, si doute il y a, qu’il soit levé au plus tôt. Imaginez, si l’issue du vote avait été incertaine, que la décision sur la constitutionalité du mariage homosexuel, concept pour le moins complexe(!), aurait pu dépendre du jugement d’un membre atteint de troubles cognitifs graves...Je ne sais si Jacques Chirac en est atteint, mais ma familiarité avec cette maladie dont je m’occupe depuis près de 30 ans, peuvent me permettre d’affirmer qu’il nécessite au minimum un bilan cognitif approfondi (qu’il a sans aucun doute eu) et qu’on peut très bien avoir dit à Mme Chirac qu’il n’avait pas la maladie d’Alzheimer, car on soupçonnait plutôt, du fait de son accident vasculaire cérébral, une démence vasculaire, ce qui sur le plan pratique est bonnet blanc et blanc bonnet.

Les journalistes inquisiteurs du JDD auraient pu chercher à savoir s’il prenait un des traitements actuels de cette maladie, traitements qui, dégât collatéral du scandale Mediator, font l’objet d’attaques en règle dans certains journaux. Travaillant dans l’industrie pharmaceutique (dans une entreprise où je ne me souviens pas avoir jamais été mis en situation de trahir le serment d’Hippocrate) je me suis interdit de faire état sur ce blog de toute question impliquant directement cette industrie. Le ferais je, je serais inaudible, ces questions sont passionnelles et irrationnelles. Ce n’est pas l’envie qui m’en manque tant il est évident que l’exploitation de ce réel et incontestable scandale, tourne au règlement de compte avec en arrière plan des autorités et un personnel politique en proie à la panique à un moment où la pédagogie sur le risque de la prise d’un médicament, corollaire presque inévitable de son efficacité, devrait être la règle. L’application paniquée du principe de précaution, si cher à certains, va conduire à prendre des décisions préjudiciables à bien des malades. Sait on que si l’aspirine, pourtant en vente libre, un des médicaments les plus utiles et indispensables que nous ayons, été découverte aujourd’hui, elle n’obtiendrait probablement pas son autorisation en raison des complications rénales, gastriques allergiques et hémorragiques, parfois fatales, liées à son mésusage ?

Certains des effets pervers de la campagne actuelle peuvent toutefois prêter à sourire. Ainsi un malade atteint de la maladie de Parkinson, ne vient il pas d’accuser le médicament qu’il prend d’avoir provoqué chez lui des pulsions homosexuelles ! Certes certains médicaments de cette maladie, les agonistes dopaminergiques, peuvent chez certains patients, surtout à des doses trop importantes, provoquer des comportements d’addiction au jeu et d’hypersexualité. (j’avais d’ailleurs, jeune interne partant pour un week-end sexe dans les saunas parisiens, pris à de toutes petites doses un de ces médicaments en vue de démultiplier mes capacités...Mal m’en a pris, j’ai été pris de vomissements durant tout mon voyage en train et ai fini seul dans mon lit !), mais de là à changer une orientation sexuelle...à moins que ce médicament ne l’ai révélé à lui même !

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 20:42

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« En l’absence des hommes » m’avait enchanté. Vincent, le jeune héros de ce court roman dont l’action se déroule pendant la première guerre mondiale, y était victime d’un double coup de foudre, l’un sous le signe du désir amoureux pour Arthur, soldat en permission, l’autre sous le signe de la fascination pour un Marcel Proust vieillissant, lui même séduit et qui se livrera dans leurs échanges épistolaires à une déconstruction magistrale du dit désir. Le premier essai transformé que constituait ce premier roman fût confirmé par les premiers qui suivirent, longues nouvelles encore plutôt que romans, notamment « L’arrière saison » et le « Garçon d’Italie ». Moins convaincu par ses dernières créations, au point d’en délaisser certaines, je ne pouvais cependant que me précipiter sur la suite de son premier opus,  « Retour parmi les hommes » qui vient de paraître. Philippe Besson, quelques années après la mort d’Arthur, nous conte l’errance de son héros devant un deuil impossible avant qu’il ne retrouve la France et ne revienne à la vie à la rencontre d’une autre figure littéraire, Raymond Radiguet, amant de Cocteau, qui vient d’écrire « Le diable au corps ». C’est peu de dire ma déception, l’ennui m’a presque effleuré à la lecture de la première partie, celle de sa fuite, succession de cartes postales à la limite du cliché. Certes on retrouve parfois dans la seconde partie de la nouvelle certaines des émotions du premier roman, la rencontre avec sa mère que Vincent avait laissé sans nouvelle, et surtout celle avec Raymond Radiguet (« je n’en pouvais plus de ta solitude» lui dit ce dernier en abordant le héros à la terrasse d’un café), et puis il y a toujours ce style classique et limpide. Si je suis loin de partager l’enthousiasme de certains critiques ou blogueurs, je trouve celle de Frédéric Beigbeder dans le Figaro, qui qualifie l’auteur de « Marc Levy gay » ou de spécialiste du « petit roman d’homosexuel gnangnan », peu convenable. Le rapprochement que font certains avec Sagan me paraît plus juste.

De la déception aux éloges. « Incendies», le film du canadien Denis Villeneuve, est bouleversant. A la lecture du testament de leur mère, deux jumeaux, fille et garçon,  se voient remettre deux enveloppes par le notaire de la famille: l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort et l’autre à un frère dont ils ignoraient l’existence. Ils iront parcourir un Liban, jamais cité, dévasté par la guerre civile où milices chrétiennes et musulmanes enchainent les représailles sanglantes, pour déchiffrer une énigme stupéfiante. On présente ce film comme une tragédie grecque, une variation sur le mythe d’Oedipe. En fait la structure narrative est basée sur une construction mathématique, la théorie des polygones, très présente semble t’il dans la pièce (que je n’ai pas vue) dont le film est tiré mais qui n’est qu’évoquée dans le film, à son début où la jumelle, professeur de mathématiques s’entend dire par son maître que les mathématiques pures traitent de problèmes sans solutions et  dans sa chute où jaillit de la réflexion de son jumeau l'équation finale impossible qui résout l'énigme. De cette construction cachée, où à peine dévoilée, nait la seule faiblesse du film, une impression parfois d’artifice, de trop de « savoir faire » qui nuit à l’émotion. Ce film, comme celui, israélo-palestinien « Ajami » dont j’ai parlé dans un billet précédent rendent profondément pessimiste quant à la possibilité de sortir de l’impasse dans laquelle se trouve le moyen-orient.

 

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 21:37

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J’avais eu la chance d’accompagner mas parents voir cette pièce lors de sa création en 1973. Tout cela est bien loin, mais je me souviens pas d’avoir tant ri à un autre spectacle. Certes j’étais encore loin de mon «coming-out» et ne me serais sans doute pas avouer à moi-même mon homosexualité. Mes parents aussi avaient beaucoup ri, ils riraient moins cinq ans plus tard lorsque je leur déclarerai assez brutalement que je ne m’intéressais qu’aux garçons. A cette époque, au théâtre comme dans la chanson populaires (« Un homo comme ils disent » d’Aznavour a été interprété pour la première fois un an avant la cage aux folles), seule la « folle » permettait de lever le tabou de l’homosexualité. En 1978, l’adaptation cinématographique m’avait déçu, j’avais moins ri, Ugo Tonnazzi n’était pas Poiret, Serrault m’avait semblé moins génial, seul Galabru apportait une touche nouvelle. L’interprétation n’était sûrement pas seule en cause, le sujet convenait sans doute mieux au théâtre, et puis j’avais changé, je venais de me lancer à corps perdu (c’est le terme!) dans le sexe, et la représentation de l’homosexualité donnée par le film « La confusion des sentiments», d’après la nouvelle de Stephan Zweig, convenait mieux à mon humeur nouvelle que celle du film d’Edouard Molinaro...
Christian Clavier et Didier Bourdon ont rencontré un franc succès l’année passée en reprenant cette pièce. Il ne me serait pas venu à l’idée d’aller assister à une de leur représentation, d’autant plus que je supporte assez mal le premier. Mais la pièce étant diffusé en direct dimanche soir sur TF1, il était tentant d’y laisser tomber un œil. J’ai été sidéré devant tant de vulgarité qui n’a réussi qu’exceptionnellement à me dérider. Le sujet a t’il vieilli ? Ai-je vieilli (sûrement!)? J’ai pourtant la conviction que s’il existait une version enregistrée de la création de Poiret et Serrault, j’y prendrai encore du plaisir. Ce qui est en cause dans cette version moderne c’est la médiocrité de la mise en scène et de l’interprétation. Ne fait pas la folle qui veut :
« On rencontre des attardés
Qui, pour épater leurs tablées,
Marchent et ondulent
Singeant ce qu'ils croient être nous
Et se couvrent, les pauvres fous,
De ridicule »

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 22:45

 

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Quand mes « aller-retour» sur Bordeaux ne sont pas perturbés par les grèves, ils le sont par les effets combinés de la neige et des départs en vacances. Je n’ai du mon retour sur Paris samedi matin qu’à mon statut privilégié de « grand-voyageur » sur Air France, ce qui m’a permis de trouver, avec l'aide d'une hôtesse compréhensive, une place sur le vol précédent le mien qui était annulé, et de pouvoir assister à la soirée « arbre de Noël » organisée, comme chaque année, par deux vieux amis de Bertrand. Une de mes distractions favorites dans ce genre de manifestations où le champagne coule à flot est d’identifier parmi la foule des invités ceux d’entre eux qui furent de mes « tricks ». Stigmate de la récession sans doute, je n’en ai compté qu’un cette année, qui me gratifia d’un discret sourire, fellation rapide il y a bien près de 20 ans dans le sauna vapeur, avant qu’il ne soit transformé en salle de détente quand les travailleurs immigrés préposés au nettoyage ont du finir par se plaindre des taches de sperme, du gymnase club grenelle. Loi des séries dans doute, le lendemain soir alors que nous dinions au restaurant « Le pavé », la neige, encore, nous ayant empêché d’aller en lointaine banlieue chez les parents de Bertrand où nous étions invités, un des trois garçons qui s’est assis à la table à côté m’ a salué, un «américain à Paris», rencontré celui là au gymnase club Italie, à peu prés à la même époque, mais plus longuement puisque j’avais fini dans son lit. Ces petits clins d'œil du passé me sont plutôt agréables, moins à Bertrand.

Mes « tricks » au gymnase club (devenu entre temps club-med-gym) ne sont pourtant pas l’objet de ce billet (ils pourraient remplir un blog à eux tous seuls...). Je voulais en fait revenir sur le précédent et ses commentaires (sur le blog "mère" de celui-ci sur le site "gayattitude") quant à la citation de Renaud Camus dont la relation directe avec le sujet du billet n’a semble t’il pas été vue dans au moins un de ses aspects. Renaud Camus peut il être apparenté à ces intellectuels nationalistes et identitaires qui revendiquent leur homosexualité tout en militant dans des mouvements d’extrême droite? La question est ouvertement posée par le titre d’un article du dernier « Monde des livres », « Renaud Camus, candidat de l’Occident », article consacré à la sortie de son livre « L’abécédaire de l’In-nocence », qui reprend les communiqués du parti qu’il a fondé et pourrait constituer le programme de sa candidature en 2012, candidature dont il est également question dans une interview du dernier numéro du Nouvel Observateur. Ce titre du monde a suscité un communiqué indigné de l’auteur qui récuse toute assimilation à l’extrême droite. Il a pourtant participé ce week-end (http://www.nouveau-reac.org/allocution-de-renaud-camus-aux-assises-sur-lislamisation/) aux « Assises internationales sur l’islamisation du pays » qui se tenaient à deux pas de chez moi, en compagnie de l’un des meneurs suisse de la campagne contre les «minarets», et du chef des hooligans de l’English Defense League. Renaud Camus réplique qu’il a été invité par « Riposte laïque » qui se veut de gauche (ce qui est le cas du père de Bertrand qui appartient à ce mouvement, ce qui lui avait valu de se retrouver dans le Nouvel Observateur sur une photographie illustrant une réunion "apéritif-saucisson"). On sait aussi qu’il fut accusé d’antisémitisme, mais l’accusation ne résiste pas à la lecture attentive des textes, aux multiples soutiens de personnalités juives et au fait que son abécédaire est publié par un éditeur qui, selon Le Monde, se réclame des « valeurs juives». Sa condamnation de Jean Marie Le Pen a été sans équivoque en 2002 lors du second tour de l’élection présidentielle, et il ne semble pas avoir plus de sympathie pour la fille puisqu’il a manifesté son soutien à Frédéric Mitterrand lorsqu’ elle l’a accusé de pédophilie (ce dernier l’avait lui aussi soutenu lors de « l’affaire Camus »). Si ce n’est sur les questions de « Morale », il s’est parfois dit proche de Philippe de Villiers, ce dernier peut il être considéré comme d’extrême droite?

Je dois avouer, que de la même façon que j’avais dit à Bertrand (tout en ne niant pas qu’il y ait bien un problème de « L’islam en France » dont l’occultation idéologique risquait de nous amener aux pires extrémités) que la participation de son père à ces manifestations anti-islamiques me mettait mal à l’aise, je ne peux que regretter, et bien plus étant donné l’attachement que j’ai pour l'œuvre de cet écrivain, celle de Renaud Camus. Il me semble suivre là une pente dangereuse. Je ne le crois cependant pas d’extrême droite, sensibilité que je connais bien puisque j’en ai partagé certaines valeurs dans ma jeunesse, élevé dans une famille nostalgique de Pétain, sensibilité qui contient immanquablement haine et violence, incompatible avec tant de ses écrits.

« En corrigeant ces jours-ci les épreuves de Une Chance pour le temps, le journal, 2007, je suis tombé sur d’assez longues citations du livre de Pierre Le Coz, L’Europe et la profondeur, où l’auteur manifeste avec insistance et détermination ce qui serait couramment taxé d’homophobie. Et de m’aviser une fois de plus, sur un terrain où je devrais me sentir directement visé, que je ne ressens rien de cette affreuse blessure et moins encore de l’indignation que sont supposés faire naître toutes ces phobies et tous ces anticecismes et anticelasmes tant dénoncés et si fort chargés d’opprobre. Pierre Le Coz n’aime pas l’homosexualité ou du moins la juge incapable de profondeur : ce me semble son droit le plus strict. Il donne des arguments, qui peuvent être éminemment contredits et combattus, je ne vois rien là de répréhensible. Il appellerait au massacre, aux sévices, à la violence, ce serait une tout autre affaire- inutile d’écrire que ce n’est nullement le cas. Je n’ai jamais eu de sympathie pour la parole évangélique « tu ne jugeras pas », surtout quand elle est tronquée de sa suite, « crainte d’être jugé toi-même ». Je crois au contraire que juger est une des plus hautes des prérogatives de l’homme et l’une de celles où il se définit le mieux. Pour ma part j’accepte tout à fait d’être jugé, et comme individu, et comme homosexuel, et comme Français, étant bien entendu que les individus doivent être jugés comme individus et les groupes comme groupes sans interférence. Et je crois qu’il est tout à fait malsain que les groupes quels qu’ils soient, communautés de goût, communautés d’origine, communautés de situation économique ou sociale, communautés de civilisation, communautés de religion, échappent au jugement moral, ou esthétique, ou intellectuel, comme le veut et comme l’impose le dogmatisme antiraciste. La seule condition absolue à ce droit au jugement c’est qu’il soit en permanence contradictoire, soumis au jugement et aux arguments a contrario. Mais il est absurde de vouloir interdire et fustiger toute critique (d’un groupe, d’une « communauté », d’un peuple, d’une civilisation) aussi longtemps qu’elle n’est pas un appel à la violence et qu’il peut y être répliqué »
(Renaud Camus, Krakmo, journal 2009, Fayard 2010)

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 22:04

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Marine Le Pen au secours des gays ? Ne vient elle pas, pour argumenter ses propos sur « l’occupation » de certaines de nos banlieues par des populations de religion musulmane, de dire « il ne fait pas bon d’être homosexuel dans certains banlieues ». Cette utilisation d’une minorité pour en stigmatiser une autre est bien entendu pure tactique, tel Horace qui s’occupe de ses ennemis l’un après l’autre. Mais elle s’inscrit aussi dans la lutte pour le pouvoir entre les deux tendances qui ont toujours coexisté au Front National, la tendance « catholique intégriste » regroupée autour de Bruno Gollnisch et la tendance « païenne » longtemps animée par Bruno Megret et qui s’inspirait des écrits du philosophe Alain de Benoit. La tendance « catholique » condamne l’homosexualité au nom de la « morale », alors que la tendance païenne s’en accommoderait à condition qu’elle reste « discrète », du domaine du privé. Selon les partisans de Bruno Gollnisch , l’entourage de Marine Le Pen serait à forte proportion homosexuelle. Son père aussi a eu de proches collaborateurs gays, dont un des ses bras droits, « folle » (lors de ses virées nocturnes) bien connue de certains milieux (dans le sud-est si mes souvenirs sont exacts) dont l’assassinat fit scandale il y a plusieurs années de cela. La présence d’homosexuels dans les mouvements d’extrême droite, même si elle peut surprendre, est une constante. Patrick Buisson, dans son livre « 1940-45, les années érotiques » et Jonathan Littell dans les « Bienveillantes », l’ont bien montré. Le premier ne notait il pas : « Brasillach, Genet, Fraigneau, Jouhandeau, Benoît-Méchin, Abel Bonnard (excellent portrait de Gestapette), Montherlant, on n’en finirait pas de citer tous ceux que l’enthousiasme esthétique pour les Appolon germains et les Siegfried casqués a poussé vers de fâcheuses dérives ». Jonathan Littell, dans un autre livre, « Le sec et l’humide » ajoutait : « les «homos-nazis» restaient tolérés, si leur choix sexuel s'exprimait de manière confidentielle et camouflée par un semblant de «vie familiale normale». Ces gays « fachos », nationalistes et identitaires, n’ont pas disparu. Un des leurs a même publié une revue homosexuelle, « Gaie France », qui est tombé sous le coup d’une interdiction pour ses connotations pédophiles. Certains continuent à préconiser une vie cachée, « de famille », les relations homosexuelles n’étant que pour le plaisir, « amours guerriers ». Jorg Haider, le leader autrichien, appartenait sans doute à cette catégorie. D’autres revendiquent leur homosexualité, ceux de « L’English defense league » ou certains mouvements d’extrême droite des pays nordiques qui eux aussi font la chasse à l’islam.
Marine Le Pen s’inspirerait elle de ces mouvements européens en vue d’attirer un électorat gay ? Le père n’était pas avare de grivoiseries homophobes mais ne se disait pas opposé au PACS, et Marine le Pen s’est déclaré favorable à l’avortement....

""MORALISME"
"Surtout ne pas tomber dans le piège de l'amoralisme, de l'immoralisme, de l'anti-moralisme : "Puisque c'est au nom de la Morale que vous nous méprisez, que vous nous rejetez, que vous nous opprimez, nous sommes contre la Morale." Non, leur morale n'est pas la Morale, elle est une erreur et une erreur coupable. C'est au nom de la Morale, de ce qui est juste et de ce qui est bien qu'il faut lutter contre les racistes anti-achriens.
La Morale n'est pas de leur côté, elle est du nôtre. Il ne faut pas la leur abandonner. Notre indignation, notre dégoût, sont en intensité égaux aux leurs. Ils ont comme les leurs la Morale pour référence. Mais ils sont justes et moralement fondés, tandis que les leurs sont imbéciles et moralement indéfendables.
Il n'y a pas leur morale et la nôtre. Ici il n'y en a qu'une, et elle leur donne tort.
(Renaud Camus, Notes achriennes, 1980)

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 19:02

 

 

 

 

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Plusieurs personnalités, dont Boris Cyrulnik et Michel Rocard, ont signé un texte en faveur de la suppression de la notation en école primaire, en raison de son caractère « traumatisant ». Des générations d’enfant ont pourtant subi cette notation sans qu’on s’en alarmât, mais la scolarisation « de masse » changerait la perspective. J’ai subi cette notation de façon « extensive », bien au delà de l’école primaire, puisque au collège bordelais Sainte Marie Grand Lebrun, qui m’a accueilli  de la 8è à la terminale, nous avions un classement « général » tous les 15 jours, sans compter les « compositions » au moins tous les trimestres (peut être tous les mois, mais c’est un peu loin...) et bien sûr les prix de fin d’année (ah la belle cérémonie dans le parc du collège avec la remise du prix d’excellence et d’une multitude d’autres portant le nom d’un célèbre ancien, pas de prix François Mauriac toutefois, en fonction des matières concernées). Je dois avouer que j’ai effectivement trouvé « stressante » cette compétition permanente et qu’elle reste un des très rares mauvais souvenirs que j’ai de ces années. Non que j’ ai été un habitué des mauvaises notes, c’était fort rare (en dehors du dessin et du sport), mais au contraire, mes parents, surtout ma mère, attachant une telle importance à cette compétition, qu’il était impératif pour moi de rester dans les trois premiers sous peine d’encourir les foudres parentales, voire même si cela se produisait deux quinzaines de suite, des punitions (qui pouvaient aller jusqu’à des brimades physiques telles que rester à genou un certain temps). C’est toujours avec angoisse que je vivais les heures qui précédaient l’entrée dans la classe du préfet des études ou du directeur ( ah le terrible Père Cazelles) qui venaient nous dire ce classement que nous attendions sagement sur notre banc en casquette et blaser bleu, classement qui venait heureusement me soulager le plus souvent, même si j’en venais à redouter d’être premier n’excluant pas que ma mère mette la barre toujours plus haut. Je ne sais si avoir du subir une telle pression à intervalle si rapproché a eu une influence positive sur la suite de mes études, mais j’en doute. J’en venais même à envier mon frère, habitué lui des notes médiocres car mes parents se contentaient de la moindre amélioration de son classement.
J’avais été confronté très tôt à cette obsession du classement chez certains parents, dans mon précédent collège, l’école Sainte Barbe à Toulouse où j’ai été scolarisé de la 11è à la 9è. Pas de prêtres ici, mais des sœurs qui ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable (déjà je préférais les hommes...). J’ai déjà évoqué dans un billet précédent l’histoire du bonnet d’ânes, mais dans le cas qui nous occupe elles m’ont infligé un « déclassement » dont je me souviens encore. En classe de 9è, j’étais toujours second derrière X éternel premier. Cette fois là mon « concurrent », que je détestais, étant malade lors d’une composition dans je ne sais plus quelle matière,  j’ai donc ravi pour la première fois la première place. Sous la pression des parents de l’absent, j’ai été déclassé sous le prétexte que s’il avait pu subir l’épreuve, il aurait été premier !

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