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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 21:15

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Presque 10 ans que je n’avais revu Lisbonne. Cette ville ne se donne pas immédiatement, elle vous pénètre peu à peu pour ne plus vous lâcher. Je suis tombé sous son charme lors de mes premières vacances au Portugal en 1994 avec l’ami qui partageait alors ma vie. Nous avions abordé le pays par le nord, après une étape à Saint Jacques de Compostelle, le bout du monde, deux jours de voiture depuis Bordeaux, alors que nous avions prévu de l’atteindre en un seul, ce qui nous permis de découvrir la cathédrale et la basilique de Léon où nous dûmes passer la nuit. De Saint Jacques, délaissant Porto, nous fîmes étape à Braga, la Baroque, le temps de visiter ses multiples édifices religieux et de monter le long escalier de l’église du « Bon jésus de la montagne », puis dans la ville médiévale et universitaire de Coimbra, une merveille que nous avons eue du mal à quitter pour découvrir, avant d’arriver à Lisbonne deux des monastères les plus impressionnants qu’il m’ait été donné de voir, celui cistercien d’Albobaça et celui, fascinant, de Bothala avec sa splendide voute gothique et ses chapelles inachevées.

Nous arrivâmes à Lisbonne, sous un soleil écrasant, en direction du quartier de la Baixa où était situé notre hôtel. Ce cœur de la ville à vocation commerciale, totalement reconstruit après le tremblement de terre, totalement déserté un dimanche d’Aout en fin d’après midi, nous sidéra quelque peu. Nous ne savions pas encore que nous n’étions qu’à quelques minutes de marche de l’Alfama, l’âme de cette ville avec ses ruelles étroites qu’on ne se lasse pas d’arpenter, et des quartiers animés du Chiado et surtout du Barrio Alto où toute la jeunesse se retrouve à la nuit tombante. Nous n’avions prévu que d’y rester quelques jours, à peine le temps, une véritable expédition en ferry puis en bus, de découvrir l’immense plage dont les dunes sont parcourues par un petit train qui vous dépose, aux stations 17 et 18, à la plage naturiste gay, avant de repartir vers la France après une étape à la ville « musée » d’Evora et une visite au château des templiers de Tomar et son inoubliable « Couvent du Christ ».

Nous ne pouvions pas ne pas y revenir, dès l’année suivante, en traversant l’Espagne d’est en ouest cette fois ci, depuis Sitgès, puis quelques années plus tard, avec Bertrand cette fois et quatre de nos amis, sans compter deux ou trois voyages professionnels comme l’actuel. C’est lors de notre deuxième séjour que nous avons pu mieux connaitre la vie nocturne très « gay friendly » du Barrio Alto qui s’organisait alors autour du bar « Portas Lagas », ouvert sur la rue. Une clientèle jeune et cosmopolite s’y retrouvait, souvent à la sortie du restaurant Bota Alta de l’autre côté de la rue Atalaia, ce qui fût l’occasion pour nous d’engager la conversation avec quatre jeunes français que nous avions repérés à une table proche de la nôtre. L’un d’eux, amant éphémère, l’espace d’un ou deux week-ends, quelques années plus tard, dans l’intervalle entre le départ de Bernard et ma rencontre avec Bertrand, devait devenir et rester un de mes meilleurs amis.

J’ai pu constater, ce dernier week-end, que la rue Atalaia était toujours aussi animée et que le « Portas Lagas » était toujours fidèle au poste mais avait donné naissance à de nombreux petits frères. Je ne sais, l’âge et l’internet « facile » aidant je n’ai plus la motivation suffisante pour passer la nuit à chasser le garçon, si les lieux plus spécifiquement gays que j’ai connus, les bars « 106 » et « Bric à brac », où les discothèques comme le « Fragyl » et surtout le « Trump » sont toujours aussi courus ou si d’autres les ont remplacés, notamment sur les « Docks » où s’est maintenant déplacée une partie de la vie nocturne branchée...

Flânant dans les rues de la ville, ce dernier dimanche après midi, je prenais conscience que je n’avais jamais eu d’ « amant » dans cette ville, tout au plus de très rares rapports « hygiéniques » dont je n’ai plus aucun souvenir, dans une dune, une backroom ou un sauna. Mon seul amant portugais je l’ai rencontré à Sitgès...
Comme si cette ville, écho à un précédent billet, vous aider à choisir la grâce plutôt que la nature. Le hasard veut que je découvre sur Arte à mon retour les 6 épisodes des « Mystères de Lisbonne » de Raoul Ruiz, unanimement célébré comme un chef d’œuvre. Une occasion de rappeler aussi le très beau roamn de Pascal Mercier « Train de nuit pour Lisbonne » (http://limbo.over-blog.org/article-train-de-nuit-pour-lisbonne-45196271.html)

 

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 22:33

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Lorsque j’ai franchi les portes de l’aéroport, à la descente de l’avion qui m’amenait de Doubaï à Mascate, la capitale du Sultanat d’Oman, j’ai été cloué sur place par le choc thermique. Plus de 30° à 22 heures, le lendemain nous aurions 45....Je devais m’estimer heureux car il s’agissait d’une chaleur sèche, dans quelques semaines l’humidité viendrait s’y ajouter et quelques pas suffiraient à vous « liquéfier ». La journée passée la veille à Doubaï m’avait permis de m’acclimater quelque peu, quelques degrés de moins tout de même. Une architecture démesurée et fascinante en plein milieu du désert, comme sortie de la réalité virtuelle d’un jeu vidéo, sorte d’alchimie entre Las Vegas, Hong- Hong et Chicago. A l’opposé Mascate, porte sur l’Inde, a le charme et l’hospitalité qu’on imagine de l’Arabie.

J’avais été surpris de constater sur gayromeo, où j’avais signalé mon voyage comme cela avait été le cas pour le Vietnam quelques semaines avant, la proportion très nettement plus élevée qu’en France de contacts qui me sollicitaient. Sans doute un rapport culturel à l’âge différent plutôt qu’un attrait particulier pour les occidentaux. Une fois sur place, aussi bien à Doubaï qu’à Mascate, j’ai pu constater que l’accès à internet des sites gays n’était pas des plus aisés, et très variable en fonction des lieux de connexion, relativement facile dans les grands hôtels internationaux, beaucoup plus problématique ailleurs. A la faveur d’une connexion réussie un de mes contacts m’a appris comment contourner la « censure » de ces sites : choisir la version « soft » (celle sans images de sexe) pour ceux qui le permettaient (comme gayromeo qui a une version « clean » sous le nom de planetromeo), ou mettre https devant l’adresse et non http...mais certains sites restent inatteignables.

C’est en consultant l’édition internet du « Monde », dimanche matin, dans les locaux de mon entreprise à Mascate que j’ai découvert sa « Une » qui m’a fait vérifier la date (étions nous le 1è avril?), puis me demander si je ne souffrais d’un coup de chaleur....Certes, ma préférence pour Hollande que j’avais laissée supposer dans des billets précédents reposait en partie sur ma crainte que DSK ne tienne pas la distance sous l’acharnement qui ne manqueraient pas de survenir pendant la campagne en utilisant sa vie privée tumultueuse, la fortune de sa femme, le tout sur fond d’antisémitisme, cela avait d’ailleurs commencé depuis l’histoire de la Porsche, mais de là à imaginer une telle pantalonnade ! Une fois le choc passé je me suis laissé aller à imaginer cinq scénarios : il est fou ; elle est folle ; encore une victime des médicaments ; le piège ; le complot
• Il est fou ? : victime de pulsions sexuelles incontrôlables dans un contexte de sentiment d’impunité lié au pouvoir. Dans ce cas là ce ne doit pas être la première fois, c’est la thèse que répand de façon « élégante » Bernard Debré dans les médias. Si elle s’avérait exacte on l’a échappé belle...
• Elle est folle ? : construction délirante de la victime supposée à la vue d’un homme sortant nue de sa salle de bains. Dans ce cas là aussi on devrait retrouver des antécédents psychiatriques.
• Prise récente de médicaments provoquant un raptus sexuel ? : les médias ont rapport récemment ces « accidents médicamenteux » à type d’addiction aux jeux ou d’agression sexuelle avec les antiparkinsoniens. Mais si DSK avait un Parkinson ça se saurait et midi est une heure bien tardive pour subir les effets d’un hypnotique.
• Le piège ? : initiative individuelle ou collective d’individu (s) qui lui aurait jeté dans les pattes une provocatrice
• Le complot ? : version sophistiquée de la précédente. L’idée a fait son chemin sur internet : services secrets, patron du Sofitel proche de Sarkozy, militant de l’UMP diffusant la nouvelle avant qu’elle ne soit connue, etc...Je ne suis pas assez paranoïaque pour croire à de telles énormités, je laisse ce type de paradélire aux émules de Marion Cotillard ou de   Bigard.
On peut sans aucun doute éliminer les hypothèses 3 et 5. Restent les 3 autres, attendons la suite....
En tous cas l’évènement remue les foules , voire les amuse: j’ai reçu deux sms, de l’un de mes ex qui me disait « heureusement que tu n’es pas candidat à la présidentielle » et de l’un de mes amis « Heureusement que tu n’as pas essayé de violer un groom de l’hôtel en Arabie ». Je ne m’imaginais pas avoir une telle réputation, à ma connaissance je ne me suis encore jamais rendu coupable de la moindre violence sexuelle !

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 11:00

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Vieillir fidèle peut de temps à autres vous réserver des surprises. Ne vous méprenez pas , je parle ici de fidélité à son entreprise. Une de mes anciennes collègues du département "marketing"  a saisi l'opportunité, il ya quelques mois, d'une fonction localisée à Dubaï englobant l'ensemble des filiales du Moyen Orient. Un des Emirats Arabes, le sultanat d'Oman, ayant à sa disposition depuis peu le plus puissant des neuroleptiques dans le traitement de la schizophrénie, lui a demandé d'organiser une conférence sur ce produit dont l'utilisation nécessite d'être parfaitement informé de ses risques. Ce produit est disponible depuis si longtemps en occident qu'il est maintenant "génériqué". Il se trouve que je reste le seul dans mon entreprise, au niveau mondial, qui ait participé à son développement clinique. Je m'envolerai donc  dans quelques heures pour Oman , via Dubaï, avec enthousiasme, car avoir fortement contribué à son utilisation en France, qui a révolutionné la prise en charge des schizophrénies graves, reste ma plus grande satisfaction professionnelle.

 

Faudrait il encore que je puisse avoir mon ticket d'entrée. Je me suis souvenu, un peu tard, de mes vacances en Israël l'hiver dernier...Avoir un "tampon"  des autorités israéliennes sur son passeport n'est pas conseillé pour venir dans nombre de pays arabes et une consultation des forums internet quant à l'entrée à Dubaï n'était pas rassurante, même si ma collègue qui y réside a eu des informations selon lesquelles ce n'était pas un problème, du moins si son nom n' évoquait pas une origine juive. J'ai jugé plus prudent d'essayer d'obtenir un passeport "en urgence",  mais mon cas, dixit la préfecture de police, relevait en fait de la procédure "accélérée" qui a certes l'avantage de vous procurer un "vrai "passeport" (non un provisoire d'une durée d'un an, de plus non utilisable aux USA),  mais qui ne peut être délivré qu' en 2 à 5 jours. S'il n'arrive pas à temps je partirai donc à l'aventure. Les Emirats Arabes semblent peu touchés par les révolutions en cours même s'il y  a eu quelques manifestations de rue à Oman cet hiver. 

 

"Ticket d'entrée" c'est aussi le tire du roman de Joseph Macé-Scaron, directeur du magazine littéraire et de la rédaction de "Marianne", après avoir été journaliste au Figaro et  directeur du Figaro magazine pendant quelques mois avant d'être "viré" par Dassault, un habitué du grand écart donc. Il participe assez souvent au Grand Journal de Canal Plus. Il s'agit de l'histoire, en grande partie autobiographique, du passage éclair d'un journaliste homosexuel du quotidien "Le Gaulois" (traduisez le Figaro) à la direction du magazine du dit journal et de sa vision des univers de la presse, de la politique et des gays parisiens. Ce roman satirique n'épargne personne, même pas son héros. On imagine sans peine que les portraits de Nicolas Betout, le directeur du Figaro, et de Dassault décrivent une certaine réalité même si la satire oblige à forcer le trait. La rencontre avec Sarkozy pourrait constituer un chapitre du dernier libre de Gisbert...Mais c'est peut être au milieu "gay" que l'auteur réserve ses flèches les plus perfides, à ce milieu qu'on désigne "métonymiquement" le "Marais". Le milieu ici décrit jusqu'à la caricature existe en effet, il m'arrive de l'effleurer au Club Med Gym Palais Royal où j'ai d'ailleurs plusieurs fois croisé l'auteur, dans certains bars du Marais ou dans les "soirées du Marquis", mais il ne s'agit que de l'écume du milieu, celle des people gays friqués qui sont de tout les circuits, une infime minorité dont il est facile de dénoncer le désert intellectuel et inconsciemment renforcer la vision "cliché" qu'a Eric Zemour de l'homosexualité. Le "milieu" ne peut se résumer à ce qui en est dit ici. Un livre parfois drôle mais qui use un peu trop du calambour et des citations de Proust,  loin d'être à la hauteur des propos dithyrambiques entendus à l'émission "littéraire" de Frantz olivier Gisbert. Une déception.

 

Un coup de cœur par contre pour le film "L"aigle de la neuvième légion", réalisé par le fils de David Bowie et qui est loin des "péplums" habituels. La virtuosité de la mise en scène, la splendeur des paysages magnifient l'amitié naissante entre un centurion et son esclave aux sous entendus gays très présents. Jamie Bell, Billy Elliot a grandi, et Tahar Rahim ("Le prophète du film d'Audiard") en chef d'une tribu sauvage écossaise, sont étonnants.

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 22:07

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Les Journées de Neurologie de Langue Française sont l'occasion de croiser, chaque année à peu près à la même date, des neurologues de toute la France. La régularité de cette rencontre annuelle nous ferait presque oublier combien nous avons vieillis. Un de ces neurologues, qui fit avec moi ses études de médecine, m'interpella pour me montrer des photos, numérisées, d'une réception qu'il avait donné à la fin des années 70 et à laquelle j'étais invité. Je n'avais aucun souvenir de cette manifestation mais la découverte de la photo qui illustre ce billet m'a presque étonné - les cheveux que l'on portait long, pas seulement pour cacher la calvitie qui s'affirmait, la façon de s'habiller- mais aussi presque ému, se retrouver projeté, quelques mois après mon "coming-out", au moment où mon aventure tumultueuse et douloureuse avec Hervé se terminait et quelques semaines avant que je ne rencontre Bernard1, aventures que j'ai narrées en d'autres blogs :
(http://limbo.over-blog.org/article-herve-1-la-conquete-44545270.html et http://limbo.over-blog.org/article-herve-2-la-chute-44685383.html).

Deux jours plus tard, au contrôle de bagages de l'aéroport de Zurich, un cadre en costume cravate, une tenue que j'ai abandonnée depuis longtemps, et qui prenait le même vol que moi, a attiré mon attention. Il me rappelait quelqu'un, notamment cette discrète exophtalmie non dépourvue d' un certain charme. Lorsque son regard a accroché le mien, il m'avait également reconnu, je me suis souvenu du nombre de fois où nous nous étions croisés dans les saunas et autres lieux chauds parisiens, il devrait bien y avoir 15 à 20 ans, sans jamais que l'un n'ose abordé l'autre, cette timidité du premier abord qui ne m'a jamais vraiment quitté.

Peut être nous sommes nous rencontrés dans un des univers multiples que sous entend la mécanique quantique, hypothèse que le dernier film du fils de David Bowie, "Source code" explore avec talent. Les paradoxes du temps forment aussi la trame du roman de Felix J.Palma, "La carte du temps", brillant exercice de style, hommage aux grands romanciers précurseurs de la Science-fiction, H.G.Wells avant tout, où l'on rencontre, outre ce dernier, Jack l'éventreur, Eléphant man, Jules Vernes, Conan Doyle, Henry James. Il ne s'agit pas d'un roman de Science-fiction, mais d'un roman sur la perception du temps, sur le temps comme illusion, sur le pouvoir de l'écriture.

Dans le monde de la mécanique quantique, univers de l'infiniment petit, où toutes les réalités se superposent, le temps est réversible, mais dans notre monde macroscopique qui n'en actualise qu'une, la nôtre, la flèche du temps s'écoule inexorablement. Celle que vit Jean-Baptiste Audousset, président de l'association des victimes du vol Rio-Paris, qui a perdu son ami dans l'accident, "Libération" nous en livre le témoignage, aussi émouvant que pudique, dans sa page portrait, sous le titre pour une fois magnifique, "vol de lui". Parti en vacances avec son ami, il avait du rentrer plus tôt...Il y a plus de trente ans, avant les années Mitterrand, au moment de la réception dont je parlais au début de ce billet, il n'était pas pensable qu'un jeune homosexuel puisse être président d'une association de victimes...

Par contre en ces temps là, quand il n'existait pas des "Saint Just" de la pensée, comme Edwy Plenel, on pouvait dire que les noirs étaient souvent "mieux foutus que les blancs". C'est une "impression" que j'aurais tendance à partager, de la même façon que mon expérience personnelle (très large), limitée il est vrai aux seuls  homosexuels, me permet d'affirmer, qu'en moyenne bien sûr, mais de façon très significative, les noirs que j'ai rencontrés où dont j'ai aperçu le sexe étaient sans aucun doute beaucoup mieux montés que les asiatiques. Serait il raciste de faire part de cette constatation? Il  semble que oui si l'on se réfère à ce qui vient d'arriver au directeur technique de l'équipe de France de Foot-bal. Sera t'il demain considéré comme raciste de dire que les noirs sont plus souvent noirs que les blancs? Il est vrai que dans la réalité temporelle fantasmée par notre idéologie dominante, les races n'existent pas. Relativisme temporel, au temps de la réception du début de ce billet j'aurais crié avec la meute.

Dernier paradoxe temporel au moment de la béatification de Jean Paul 2? Les bénéfices du deuxième disque des protégés de Mr Di Falco seront reversés à une association de lutte contre le Sida...Vous imaginez cela de la part d'autres religions? religions?

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 21:56

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Il y a 30 ans, le 4 avril 1981, à l'initiative du CUARH, 10 000 homosexuels défilaient à Paris pour demander au candidat François Mitterrand de s'engager pour une dépénalisation totale de l'homosexualité (une relation avec un mineur de 15-18 ans était encore interdite aux seuls homosexuels). Cette manifestation est considérée comme la première "Gaypride" française, qui se déroulera dès l'année suivante au mois de juin et qui à partir de 1983 verra monter en puissance la participation des commerces gays pour prendre un tour au moins aussi ludique que revendicatif et devenir comme dans de nombreux pays un véritable "carnaval gay'. Depuis quelques années, perdant son nom pour devenir "la marche des fiertés LGBT, lesbian & gay pride", le collectif  LGBT qui la dirige, comme un retour aux origines, a voulu lui redonner son caractère militant, réduisant à la portion congrue la participation des commerces gays, bars et autres, relégués en fin de cortège, au risque de l'ennui. J'ai dit ailleurs combien je le regrettais :

 http://limbo.over-blog.org/article-ma-vingtieme-gaypride-52964549.html

 

Pourtant cette année, la LGBT avait choisi un visuel dans la tradition du l'humour "Queer", affublant le symbole du machisme et de la fierté, cher à nos rugbymen, le coq gaulois, d'un boa! La présentation de ce visuel au Tea Dance du tango a provoqué un vent de révolte dans une partie de la communauté homosexuelle. Parmi le festival de bêtises auquel on a eu droit, la palme est revenue à la qualification de l'affiche de "raciste et pétainiste"! A cela est venu s'ajouter le concert des honteuses qui y ont vu une stigmatisation des homosexuels , une intériorisation des clichés de la folle, un recul de la lutte contre  l'homophobie. On pourrait répondre à l'association, "le Refuge", qui a porté ces accusations, si le choix de son nom n'est pas en lui même  une stigmatisation! 

 

C'est avec un certain sourire que j'ai pu lire les propos de  tel ou tel blogueur, dont la fascination pour Claude François ou Liz Taylor (entre autres), reproduit ces clichés de la folle qui lui font tant horreur, poursuivre ses éructations contre la gaypride qui donne "une mauvaise image de nous". Une autre association, au nom plus engageant  et qui poursuit les mêmes objectifs que le "Refuge" a bien vu la part d'homophobie qui est en fait l'inconscient de bien des critiques de ce visuel : «Le vrai combat de déconstruction des préjugés ne se fait pas sur l'acceptabilité d’une homosexualité en opposition à une autre, plus efféminée, qui aurait donc qu'à être moins “provocatrice” pour vivre dans le respect. Le combat au quotidien se fait dans l’illustration et la défense des multiples façons de vivre et de concevoir son propre rapport au corps, à sa sexualité, à son identité de genre et à son mode de vie. C’est cette diversité qui déconstruit les préjugés».

 

L'inter LGBT a préféré mettre à l'écart cette affiche pour clore la polémique et ne pas compromettre le succès de la Gaypride. On peut le comprendre. Elle aurait pu choisir un des Mister "gays", tel celui de la photo qui illustre ce billet...avec d'autres polémiques en vue, surement..

 

 

Une autre polémique me parait être le miroir de celle sur la Gaypride. Olivier Py, nommé directeur du théâtre de l'Odéon par un ministre de la culture homosexuel, Renaud Donnedieu de Vabres, vient d'être démis de ses fonctions par un autre, Frédéric Mitterrand. Devant le concert de protestations on vient de lui trouver un point de chute, la direction du festival d'Avignon. Il semble, selon ce qu'en a dit la presse,  que sur un arrière fond de divergence avec l'Elysée,  c'est la profonde inimitié de Frédéric Mitterrand, l'homosexuel honteux qui a exposé son mal être dans la "mauvaise vie" , pour Olivier Py , l'homosexuel moderne qui s'assume et parfois provoque, qui serait à l'origine de cette décision. Frédéric Mitterrand est de ceux qui ne feront pas la Gaypride....

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 15:22

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Nous avons quitté Hué pour rejoindre Danang par le col des nuages - notre guide nous rappela que c’est de cette région que sont partis les « boat people » qui fuyaient la progression des « viets »- puis Hoi An, si séduisante que nous avons regretté de n’avoir pas prévu d’y séjourner plus longtemps. Nous y fîmes un excellent diner, pour moins de 15 euros par personne, dans un restaurant au bord de la rivière qui traverse la ville, « le lounge river », , juste en face du pont-pagode japonais qui sépare les quartiers chinois et japonais. A quelques kilomètres de là, nous découvrîmes les étonnants vestiges de la civilisation Cham, eux aussi massivement détruits par les bombardements américains, les troupes du nord s’y étant abritées. Le lendemain nous faisions une étape à Can Tho, point de départ d’une mini croisière enchanteresse dans le delta du Mékong, avant de rejoindre Saigon, notre destination finale.

 

Saigon n’a pas le charme d’Hanoi, 300 ans d’histoire ne peuvent en éclipser 1000. Elle a d’autres atouts, ceux d’une métropole en pleine expansion, qui brille de milles feux dès que la nuit tombe et qui nous a fait prendre conscience que notre retour vers l’occident était proche. Gratte ciels et hôtels de luxe prolifèrent et côtoient des bâtiments qui témoignent de la présence coloniale française. La guide qui nous faisait visiter les points d'intérêt de la ville, quartier Cholon, cathédrale, grande poste, pagodes, utilisait systématiquement le mot « libération » quant elle faisait référence à la chute de Saïgon en 1975, alors que  celui que nous avions eu dans le centre du pays, beaucoup plus âgé il est vrai,  parlait de la « prise » de la ville par les communistes. J’ai d’abord pensé à une différence de sensibilité politique, mais apprenant qu’elle était catholique au point d’avoir fait un pèlerinage à Lourdes, je l’ai interrogée sur cette différence de terminologie. Elle m’a alors avoué qu’il était demandé aux guides d’employer systématiquement le terme « libération » avec les touristes. Le vieux guide était manifestement indifférent à ces « sollicitations ».

 

Même si nous avions concrétisé en une fin d'après midi, juste après  une initiation  à la "calligraphie" par une moine bouddhiste, contraste saisissant, un "plan internet" dans notre chambre d'hôtel avec un jeune vietnamien qui prit moult photos de nos ébats, nous n’avons bien sûr pas pu résister à l’exploration de la vie nocturne trépidante de Saigon. « Apocalypse now », une discothèque, et le « Q » bar semblaient, selon les guides spécialisés les endroits incontournables. Nos nombreux contacts "internet" nous en ayant dissuadé,  le premier étant décrit comme un endroit essentiellement « straight » avec minuscule coin gay et  prostitution, et le second étant fermé depuis un mois, nous avons dirigé nos pas vers les deux bars qu’ils nous ont conseillés, « la Villa » et le «Factory». Une certaine déception de ne pas retrouver l’ambiance du « Golden Cock » à Hanoï, mais des lieux bien plus proches de ce que nous connaissons en Europe, musique assourdissante, aucune convivialité et des prix très proches de ceux du « marais ». 

 

C’est par hasard que nous avons connu un lieu gay plutôt insolite. En effet, le guide du routard proposait dans son édition 2011 de joindre l’agréable, un massage « corps entier » pour à peine 2 euros, à une bonne action, en se rendant à l’association des aveugles de Saïgon dont les membres sont formés au massage traditionnel. Nous avions bénéficié à Hanoî, dans le cadre du programme prévu par notre agence de voyage, d’une telle séance réalisée cette fois là par des professionnelles, massage qui s'approche  au plus près, jusqu'à l'effleurer, de la partie la plus modifiable de votre anatomie et qui m’a confirmé, si j’en avais jamais eu le moindre doute, le caractère indélébile, épigénétique de mon homosexualité...Pas la moindre érection donc, mais une telle sensation de bien être que nous avions Bertrand et moi envie de recommencer l’expérience, qui plus est de la main d’un homme, fût il  aveugle. Arrivés dans les locaux de l’Association, on eut la surprise de se voir demander si l'on souhaitait un massage ou une entrée sauna. Alors que nous attendions notre tour pour la première des possibilités on nous invita à patienter en jetant un coup d’œil à la seconde: il suffisait qu’il soit tant soit peu averti pour réaliser qu’il s’agissait d’un endroit « gay », assez sordide et d’une propreté douteuse. Le massage quant à lui fût tout ce qu'il y a de plus correct, des mains moins expertes que celles d' Hanoï et qui prenaient soin de rester à distance des parties "sensibles"...La réputation du « routard » est donc sauve, même si la possibilité du sauna adjacent rend savoureuse le commentaire "Non, non aucune ambigüité ici, ce n'est pas une maison de plaisir mais un institut tout ce qu'il y a de plus honnête...." !

 

Ne pas connaître "Apocalypse now" n'avait pas de caractère d'urgence puisque les médias nous la promettait pour dans quelques jours, au Japon... Un occasion peut être pour relire deux ouvrages de Jean Pierre Dupuy, auteur auquel je me suis souvent référé dans ce blog, "Retour de Tchernobyl" et "Petite métaphysique des tsunamis". Ces ouvrages, qui s'inscrivent dans une dimension apologétique, celle du "catastrophisme éclairé", dans le sillage de René Girard, nous invitent à considérer le "pire" comme certain :

http://www.gayattitude.com/html/perso/journal/edit?id=493227

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 16:27

 

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Nous sommes arrivés à Hué,  hier en début de soirée, après avoir quitté les brumes d‘Hanoi et  sa région, centre géographique, historique et culturel du Vietnam, au niveau du 17è parallèle qui coupa symboliquement le nord du sud à la suite de la chute Dien Bien Phu, où les stigmates de la colonisation française sont encore bien présents, ne serait ce que dans les noms d’ouvrages d’art ou de bâtiments (Jules Ferry, Clemenceau etc,) . La ville a été en grande partie détruite par les bombes américaines après l’offensive Viêt-Cong du Têt, et notamment la cité impériale qui n’a encore qu’en partie été restaurée. Si l’on met à part les paysages presque surnaturels de la baie d’Along, même vus dans la brume habituelle en cette saison, c’est à Hué que j’ai eu jusqu’ici ressenti mes plus grandes émotions. Avant tout l’extraordinaire mausolée impérial de Minh Mang, mais aussi, la pagode de la Dame Céleste, sur les bords de la rivière des parfums, à laquelle le guide du routard n’accorde étrangement qu’une étoile. Pagode purement bouddhiste, contrairement à celles du nord où les trois religions, bouddhisme, confucianisme et taoïsme s’entre mêlent dans le culte des ancêtres, les rendant « illisibles » sans l’aide d’un guide, elle témoigne aussi de cette religion comme bastion de la résistance aussi bien à l’impérialisme américain qu’au régime communiste. On y voit notamment exposée la carcasse de la voiture dans laquelle un bonze s’immola par le feu dans les années 60, suivi par bien d’autres, en protestation contre les percussions du président sud-vietnamien catholique, obligeant les américains à s’en débarrasser.

Hué, bien moins peuplée qu’Hanoï, permet également de se reposer des tracas de la circulation dans la capitale, d’autant plus que nous y sommes arrivés bien « entrainés ». En effet ce qui surprend d’emblée quand on découvre Hanoï, outre les rôtisseries de chien, c’est le flot ininterrompu des hordes de motocyclistes qui noircissent les rues à l’infini, entre lesquelles s’infiltrent quelques voitures et qui ne respectent aucune loi, aucun code, qu’il s’agisse de la priorité, du sens de circulation et même des feux tricolores quand il y en a. On n’a du mal à comprendre comment ces flux s’entremêlent sans jamais se heurter, étrange ballet sans chorégraphie où chacun trouve sa place. Piéton, état qui ne vous confère aucune priorité, il ne faut surtout pas se poser la question « quand et comment traverser », les passages qui leur sont dédiés ne sont là qu’à titre décoratif, de crainte de s’immobiliser pour l’éternité, et se lancer au travers du flux où comme par enchantement on s’intègrera à cette chorégraphie lente ( leur vitesse est fort réduite), pour gagner sans encombre « l’autre rive ». A Saigon il semble, aux dires de notre guide, qu’il existe des « policiers touristiques » qui  accompagnent les touristes dans ces traversées périlleuses. C’est en fait comme en France, où les passages  « cloutés » sont de plus en plus décoratifs, si ce n’est que c’est exactement le contraire, puisque chez nous  le piéton est maintenant roi. On pourrait pousser le paradoxe plus loin et dire qu’au Vietnam tout est permis ou toléré sauf de critiquer l’état et ses représentants , alors que chez nous l’opposition et la critique gouvernementale sont libres mais la liberté individuelle restreinte de jour en jour au nom de la santé publique, du principe de précaution, de l’environnement et de la police de la langue et de la pensée. A chacun son « big brother »! Boutade bien sûr car un de nos guides nous a expliqué combien la vie était difficile ici, surtout pour les fonctionnaires qui ont des salaires de misère,  parfois en nature seulement sous forme de kilos de riz, avec lesquels il est impossible de vivre si on ne recourt pas à des activités parallèles qui riment souvent avec corruption. La situation est un peu moins difficile pour ceux qui appartiennent au secteur privé, en pleine expansion, source de la forte croissance du pays, comme en Chine et qui permet une hausse continue du niveau de vie.

Ce séjour a été pour moi l’occasion d’expériences inédites et inattendues, un cours d’initiation à la gymnastique, le Taï Shi, à 7h30 du matin devant le mausolée d’Ho Chi Min, un déjeuner végétarien dans un monastère bouddhiste, une promenade en pousse-pousse avec un conducteur m’entonnant « l’ave maria » pour me montrer qu’il était catholique ou me faire saisir de façon imprévisible le sexe dans la pissotière d‘un bar gay par  un jeune vietnamien avec lequel j‘avais semble t‘il « chaté » sur «gayromeo»!

J’avais en effet signalé ma présence au Vietnam sur « gayromeo » et j’avais pu constaté que la vie gay  y semblait bien présente. Nous nous sommes donc mis en quête, une simple recherche internet, des lieux gays à Hanoï. Les promenades au soir tombant le long du lac Hoan Kaiem, qui délimite la vieille ville, et deux ou trois bars ou boîte.  Les deux premiers soirs, après des journées  bien chargées et victimes du décalage horaire, nous sommes sagement  restés à l’hôtel, mais le troisième nous allâmes à la découverte du bar « GC », (le Golden Cock), à deux pas de notre hôtel, au cœur de la vieille ville qui a tant de charme. Une clientèle d’européens et d’asiatiques en proportion égale, des bières à moins d’un euro, une ambiance très sympathique, plutôt jeune et des toilettes qui, on l’a vu, semblent faciliter le contact.

Demain nous franchirons un col pour gagner Ho An et atteindre la Cochinchine en fin de semaine.
Si j’ai bien suivi le fil de l’actualité, il semble que le Japon ait éclipsé la Libye à la une de nos médias. J’ai jeté un œil sur la carte pour apprécier la distance du Japon au Vietnam, nous ne sommes pas si loin que çela d’un « potentiel » nuage radioactif….

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 15:27

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Selon certains commentateurs, la crise actuelle marquerait la fin de l'ère ouverte par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, celle du libéralisme triomphant. Il est amusant (inquiétant serait un mot plus adéquat) de constater que dans les deux cas une maladie d'Alzheimer, a été découverte quelques années après la fin de leur mandat. Selon nos critères actuels, le diagnostic de maladie d’Alzheimer ne peut être porté qu'à un stade déjà relativement avancé de la maladie, celui de démence. Ces critères sont sur le point d’évoluer car de plus en plus d’études confirment ce que l’on supposait depuis longtemps, un début de la maladie des années avant ce stade. Des recherches récentes ont montré que les premiers symptômes pouvaient être détectés jusqu’à 14 ans avant que les troubles de la mémoire ne soient évidents et suffisants pour perturber la vie quotidienne. Il est donc plus que probable que Reagan et Thatcher étaient déjà atteints par cette maladie durant leur exercice du pouvoir. Certes, avant le stade de démence le jugement n’est pas perturbé mais un examen attentif pourrait mettre en évidence des troubles de l'attention, de ce qu'on appelle les fonctions exécutives (capacité à planifier, à élaborer une stratégie, à trancher devant des choix multiples), et des signes dépressifs. On imagine mal que ces perturbations soient sans conséquence sur les processus de décision et tout au moins leur rapidité.

L’âge étant le principal facteur de risque de cette maladie, le vieillissement de la population et notamment de la classe politique, ou la fâcheuse tendance de certains dirigeants à ne point vouloir quitter le pouvoir devraient nous voir confrontés à ce type de situation de plus en plus souvent. On conçoit que la découverte d’une démence d’Alzheimer quelques années après que les grands de ce monde ont quitté le pouvoir puisse être une information digne d’intérêt pour les historiens, mais on conçoit également qu’il n’y ait pas un caractère d’urgence à le révéler au bon peuple lorsqu’ils sont redevenus des personnes privées. D’où le torrent d’indignation de plus ou moins bonne foi, à propos de l’article du JDD sur la maladie d’Alzheimer supposée de Jacques Chirac. Le problème, et il est de taille, c’est que Jacques Chirac n’est pas, comme Mme Bettancourt, une personne privée, il est membre de la plus haute instance de ce pays, le Conseil Constitutionnel! Il est donc primordial, si doute il y a, qu’il soit levé au plus tôt. Imaginez, si l’issue du vote avait été incertaine, que la décision sur la constitutionalité du mariage homosexuel, concept pour le moins complexe(!), aurait pu dépendre du jugement d’un membre atteint de troubles cognitifs graves...Je ne sais si Jacques Chirac en est atteint, mais ma familiarité avec cette maladie dont je m’occupe depuis près de 30 ans, peuvent me permettre d’affirmer qu’il nécessite au minimum un bilan cognitif approfondi (qu’il a sans aucun doute eu) et qu’on peut très bien avoir dit à Mme Chirac qu’il n’avait pas la maladie d’Alzheimer, car on soupçonnait plutôt, du fait de son accident vasculaire cérébral, une démence vasculaire, ce qui sur le plan pratique est bonnet blanc et blanc bonnet.

Les journalistes inquisiteurs du JDD auraient pu chercher à savoir s’il prenait un des traitements actuels de cette maladie, traitements qui, dégât collatéral du scandale Mediator, font l’objet d’attaques en règle dans certains journaux. Travaillant dans l’industrie pharmaceutique (dans une entreprise où je ne me souviens pas avoir jamais été mis en situation de trahir le serment d’Hippocrate) je me suis interdit de faire état sur ce blog de toute question impliquant directement cette industrie. Le ferais je, je serais inaudible, ces questions sont passionnelles et irrationnelles. Ce n’est pas l’envie qui m’en manque tant il est évident que l’exploitation de ce réel et incontestable scandale, tourne au règlement de compte avec en arrière plan des autorités et un personnel politique en proie à la panique à un moment où la pédagogie sur le risque de la prise d’un médicament, corollaire presque inévitable de son efficacité, devrait être la règle. L’application paniquée du principe de précaution, si cher à certains, va conduire à prendre des décisions préjudiciables à bien des malades. Sait on que si l’aspirine, pourtant en vente libre, un des médicaments les plus utiles et indispensables que nous ayons, été découverte aujourd’hui, elle n’obtiendrait probablement pas son autorisation en raison des complications rénales, gastriques allergiques et hémorragiques, parfois fatales, liées à son mésusage ?

Certains des effets pervers de la campagne actuelle peuvent toutefois prêter à sourire. Ainsi un malade atteint de la maladie de Parkinson, ne vient il pas d’accuser le médicament qu’il prend d’avoir provoqué chez lui des pulsions homosexuelles ! Certes certains médicaments de cette maladie, les agonistes dopaminergiques, peuvent chez certains patients, surtout à des doses trop importantes, provoquer des comportements d’addiction au jeu et d’hypersexualité. (j’avais d’ailleurs, jeune interne partant pour un week-end sexe dans les saunas parisiens, pris à de toutes petites doses un de ces médicaments en vue de démultiplier mes capacités...Mal m’en a pris, j’ai été pris de vomissements durant tout mon voyage en train et ai fini seul dans mon lit !), mais de là à changer une orientation sexuelle...à moins que ce médicament ne l’ai révélé à lui même !

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 20:42

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« En l’absence des hommes » m’avait enchanté. Vincent, le jeune héros de ce court roman dont l’action se déroule pendant la première guerre mondiale, y était victime d’un double coup de foudre, l’un sous le signe du désir amoureux pour Arthur, soldat en permission, l’autre sous le signe de la fascination pour un Marcel Proust vieillissant, lui même séduit et qui se livrera dans leurs échanges épistolaires à une déconstruction magistrale du dit désir. Le premier essai transformé que constituait ce premier roman fût confirmé par les premiers qui suivirent, longues nouvelles encore plutôt que romans, notamment « L’arrière saison » et le « Garçon d’Italie ». Moins convaincu par ses dernières créations, au point d’en délaisser certaines, je ne pouvais cependant que me précipiter sur la suite de son premier opus,  « Retour parmi les hommes » qui vient de paraître. Philippe Besson, quelques années après la mort d’Arthur, nous conte l’errance de son héros devant un deuil impossible avant qu’il ne retrouve la France et ne revienne à la vie à la rencontre d’une autre figure littéraire, Raymond Radiguet, amant de Cocteau, qui vient d’écrire « Le diable au corps ». C’est peu de dire ma déception, l’ennui m’a presque effleuré à la lecture de la première partie, celle de sa fuite, succession de cartes postales à la limite du cliché. Certes on retrouve parfois dans la seconde partie de la nouvelle certaines des émotions du premier roman, la rencontre avec sa mère que Vincent avait laissé sans nouvelle, et surtout celle avec Raymond Radiguet (« je n’en pouvais plus de ta solitude» lui dit ce dernier en abordant le héros à la terrasse d’un café), et puis il y a toujours ce style classique et limpide. Si je suis loin de partager l’enthousiasme de certains critiques ou blogueurs, je trouve celle de Frédéric Beigbeder dans le Figaro, qui qualifie l’auteur de « Marc Levy gay » ou de spécialiste du « petit roman d’homosexuel gnangnan », peu convenable. Le rapprochement que font certains avec Sagan me paraît plus juste.

De la déception aux éloges. « Incendies», le film du canadien Denis Villeneuve, est bouleversant. A la lecture du testament de leur mère, deux jumeaux, fille et garçon,  se voient remettre deux enveloppes par le notaire de la famille: l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort et l’autre à un frère dont ils ignoraient l’existence. Ils iront parcourir un Liban, jamais cité, dévasté par la guerre civile où milices chrétiennes et musulmanes enchainent les représailles sanglantes, pour déchiffrer une énigme stupéfiante. On présente ce film comme une tragédie grecque, une variation sur le mythe d’Oedipe. En fait la structure narrative est basée sur une construction mathématique, la théorie des polygones, très présente semble t’il dans la pièce (que je n’ai pas vue) dont le film est tiré mais qui n’est qu’évoquée dans le film, à son début où la jumelle, professeur de mathématiques s’entend dire par son maître que les mathématiques pures traitent de problèmes sans solutions et  dans sa chute où jaillit de la réflexion de son jumeau l'équation finale impossible qui résout l'énigme. De cette construction cachée, où à peine dévoilée, nait la seule faiblesse du film, une impression parfois d’artifice, de trop de « savoir faire » qui nuit à l’émotion. Ce film, comme celui, israélo-palestinien « Ajami » dont j’ai parlé dans un billet précédent rendent profondément pessimiste quant à la possibilité de sortir de l’impasse dans laquelle se trouve le moyen-orient.

 

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 21:37

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J’avais eu la chance d’accompagner mas parents voir cette pièce lors de sa création en 1973. Tout cela est bien loin, mais je me souviens pas d’avoir tant ri à un autre spectacle. Certes j’étais encore loin de mon «coming-out» et ne me serais sans doute pas avouer à moi-même mon homosexualité. Mes parents aussi avaient beaucoup ri, ils riraient moins cinq ans plus tard lorsque je leur déclarerai assez brutalement que je ne m’intéressais qu’aux garçons. A cette époque, au théâtre comme dans la chanson populaires (« Un homo comme ils disent » d’Aznavour a été interprété pour la première fois un an avant la cage aux folles), seule la « folle » permettait de lever le tabou de l’homosexualité. En 1978, l’adaptation cinématographique m’avait déçu, j’avais moins ri, Ugo Tonnazzi n’était pas Poiret, Serrault m’avait semblé moins génial, seul Galabru apportait une touche nouvelle. L’interprétation n’était sûrement pas seule en cause, le sujet convenait sans doute mieux au théâtre, et puis j’avais changé, je venais de me lancer à corps perdu (c’est le terme!) dans le sexe, et la représentation de l’homosexualité donnée par le film « La confusion des sentiments», d’après la nouvelle de Stephan Zweig, convenait mieux à mon humeur nouvelle que celle du film d’Edouard Molinaro...
Christian Clavier et Didier Bourdon ont rencontré un franc succès l’année passée en reprenant cette pièce. Il ne me serait pas venu à l’idée d’aller assister à une de leur représentation, d’autant plus que je supporte assez mal le premier. Mais la pièce étant diffusé en direct dimanche soir sur TF1, il était tentant d’y laisser tomber un œil. J’ai été sidéré devant tant de vulgarité qui n’a réussi qu’exceptionnellement à me dérider. Le sujet a t’il vieilli ? Ai-je vieilli (sûrement!)? J’ai pourtant la conviction que s’il existait une version enregistrée de la création de Poiret et Serrault, j’y prendrai encore du plaisir. Ce qui est en cause dans cette version moderne c’est la médiocrité de la mise en scène et de l’interprétation. Ne fait pas la folle qui veut :
« On rencontre des attardés
Qui, pour épater leurs tablées,
Marchent et ondulent
Singeant ce qu'ils croient être nous
Et se couvrent, les pauvres fous,
De ridicule »

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