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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 21:07

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Libération, comme plusieurs autres journaux, a consacré récemment, à l'occasion de la journée mondiale contre l'homophobie un dossier à celle qui s'exprime au sein même de la famille, prolongeant ainsi le livre de Jean Marie Perrier, "Casse toi" dont le sous titre, "Crève mon fils, je ne veux pas de pédé dans ma vie" met le projecteur sur ces jeunes gays chassés par leur famille et qui se retrouvent à la rue. On oublie souvent que l’homophobie est le pire des racismes car il peut naître au sein de sa propre famille, ne permettant aucun refuge identitaire. Même en dehors de ces situations extrêmes, moins rares que l'on ne le l'imagine, la révélation de son homosexualité à sa famille n'est pas facile à gérer. J'ai été confronté à cette question à la fin des années 80. Je n’ai certes pas été chassé de chez moi, mes parents m'aimaient trop pour rendre plausible une telle éventualité, quand j’ai répondu «si» à la question qui m’était posée - « tu n’es tout de même pas homosexuel ? »- mais les pressions sont devenus telles (têtes d’enterrement quand je ne rentrais pas dormir chez moi, menaces de ne plus payer mes études) que j’ai décidé d’aller vivre avec le garçon que je venais de rencontrer et qui était autonome. Bien sûr il y a plus de 30 ans mais il n’est pas sûr que la situation ait tant évolué que cela. Même quand tout semble bien se passer, les arrières pensées sont souvent là. Une anecdote récente qui concerne les parents de Bertrand avec lequel je vis depuis 10 ans en apporte la triste confirmation. Ils ont accueillis la «révélation», il y a quelques années, aussi bien qu’il pouvait l’espérer, ils me reçoivent de façon charmante, m'invitent lors de la soirée familiale de Noël, ils ont même tenu à être présent lors de notre Pacs. Sa sœur a présenté lorsqu’elle était plus jeune des troubles psychologiques dont l’hypothèse d’une origine médicamenteuse, un médicament pris pendant la grossesse, est évoquée par certaines associations qui ont entamé une procédure judiciaire. Celle ci devant aller subir certains tests à l’hôpital en rapport avec cette hypothèse, les parents de Bertrand ont également pris un rendez vous pour Bertrand ! Ils considèrent donc que l’homosexualité de leur fils est possiblement « une maladie ». Bien sûr Bertrand leur a demandé d’annuler, mais il n’a pas, ou du moins pas encore comme je le lui ai suggéré, abordé directement la question avec eux.

Que de chemin à parcourir encore.....



"CHANCE
L'homosexualité a été la grande chance morale de ma vie.
Bourgeois français, catholique d'origine, banalement constitué, jamais je n'aurais su, sans elle, ce que c'est que d'appartenir à une minorité frappée d'injustice, de faire l'objet d'un racisme, de courir en permanence le risque d'essuyer, de n'importe qui, le mépris, l'hostilité, la violence souvent.
Quand au parti que j'ai su tirer de cette chance-là, c'est évidemment, hélas, une autre histoire."
(Renaud Camus, Notes achriennes, 1982)

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 21:38
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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 18:02

 

 

argentine_chutes_d_iguazu_circuit_inferieur_imagelarge.jpgIl faisait si beau vendredi dernier à Bordeaux que je n'ai pu résister à la tentation d'aller faire un saut en seconde partie d'après midi, une fois mes obligations professionnelles remplies, jusqu'à la plage gay du Porge qui a bien souffert de la dernière tempête, au point de s'être tant éclaircie qu'il va devenir pendant quelques temps plus difficile de se cacher dans les hautes herbes entre les pins pour les éjaculations en pleine nature...J'ai eu juste le temps samedi matin avant de reprendre l'avion de faire un tour à la librairie Mollat pour y acheter "Le dernier mort de Mitterrand" de la journaliste Raphaëlle Bacqué, livre dont on dit le plus grand bien et éventuellement (j'ai tellement de livres en attente, y compris des thrillers) le dernier roman de Jean Christophe Ruffin, "Katiba" sur le terrorisme islamique, en vue de mon long voyage vers Buenos Aires où je pars ce soir pour un congrés sur la maladie de parkinson. Parti donc pour un ou deux livres, je me suis retrouvé avec huit à la sortie de la librairie. Je n'ai en effet pas arrêté de tomber sur de nouvelles parutions, celle du dernier "Journal de l'Année, 2008, de Renaud Camus, "Au nom de Vancouver"; le nouveau roman de Philippe Kerr, l'auteur de la trilogie berlinoise, qui se passe justement en Argentine; le nouveau roman d'espionnage d'Olen Steinhauer, dont le précédent ("Le Touriste") m'avait enchanté et enfin deux thrillers dont que des critiques m'ont donné envie de lire, "Les enfants de la           nuit" de Frank Delaney" et "Hiver" de Mons Kallentoft qui parait il serait  encore plus prenant que Millenium. J'en ai au moins jusqu'au retour des vacances d'été!

Je ne découvrirais pas Buenos Aires, un autre congrès déjà il y a 12 ans. Une vie gay assez florissante mais les rencontres "tarifées" sont légions...J'avais découvert à cette occasion les superbes chutes du Nord de l'Argentine. Retour jeudi.

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 19:39

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Le plan à trois dans le cadre du couple ( seul concerné ici) me m'a jamais paru évident. Il faut d'abord que son principe même soit possible, certains qui ont partagé ma vie n'en auraient même pas supporté l'idée...Leur vécu du désir, totalement possessif, ne pouvait l'accepter , ne se doutant sans doute pas qu'ils ouvraient ainsi la voie à une multitude d'aventures parallèles et secrètes.
Quand il est possible, de multiples configurations sont envisageables, mais je ne parlerai pas de celles dont je n'ai aucune expérience ( notamment de celle qui me parait de loin la plus adéquate pour la performance de ce type de situation : deux mecs du même âge, de look assez semblables et qui ont les mêmes goûts ...). Il se trouve que j'ai toujours vécu avec des mecs plus jeunes que moi ( l'actuel a 17 ans de moins que moi), et de look, en dehors même de l'âge, assez différent.

La première étape est de se mettre d'accord sur le troisième. Il fût un temps où je n'aimais que les crevettes de moins de 25 ans ( qualifiées de "raclures de bidet" par un de mes ex, qui, étrangement, ne correspondait pas à ce look) et les dites crevettes aimaient le plus souvent les costauds de plus de 35 ans, quadrature du cercle. Les choses ont changé, mes goûts se sont élargis aux gambas, mes critères d'âge se sont considérablement assouplis et je vis avec quelqu'un qui, à l'exception des minets sans charme, a des goûts très larges. Assez facile donc de se mettre d'accord sur un troisième, mais faut il encore que le troisième soit attiré par des physiques aussi différents que les nôtres. Il n'est certes pas difficile de trouver des candidats, mais mieux vaut éviter les situations où le plan à trois va se conclure par un 2 plus 1. Un peu de feeling lors des échanges préalables sur internet (moyen quasi exclusif de rencontres pour nos plans à 3) permet souvent d'éviter ces situations. Mais ce n'est pas pour cela que le plan sera pour autant réussi, faut il encore que les deux composantes du couple soient toujours aussi désireuses du dit plan quand il se réalise, que son déroulement ne révèle pas quelques incompatibilités de désir ou ne soit déstabilisé par tel ou tel incident technique, qu'au fil du rapport ne se noue une relation préférentielle entre un des 2 et l'invité, que l'après du rapport ( "on se revoit"?) soit bien géré ( le couple qui devient un trouple!).
Nous avons de temps en temps avec Bertrand des plans à 3, mais en fait moins souvent que nous n'en avons l'occasion. Nous ne sommes pas de ceux qui ont un soudain "coup de chaleur" qui nécessite un soulagement immédiat, en d'autres termes, nous ne sommes pas des adeptes du "now" et avons plutôt l'habitude de proposer quelques dates possibles, mais faut il encore donner suite et il n'est pas rare que ni l'un, ni l'autre ne prenne l'initiative de rappeler le mec en question ( lui non plus d'ailleurs), situation assez répétitive, si l'autre ne nous force pas un peu la main....Nous préférons en fait de beaucoup nous aventurer, en moyenne une fois par semaine, dans les bars sexe comme le "bunker" le mardi soir, ou quelquefois l'impact.

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 19:49

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Dans un billet récent consacré à la fidélité chez les gays, je n'ai pas abordé cette question sous la problématique du désir. Le désir, il y a tellement de théories sur lui...On le sait j'adhère à celle de René Girard, celle du désir mimétique. Le désir a pour moteur l'imitation de l'autre : en ce sens  il est désir de l'autre, c'est à dire qu'il imite le désir de l'autre, mais il ne le sait pas. La grande littérature nous l'a appris depuis longtemps, comme l' a magistralement montré René Girard dans "Mensonge romantique et vérité romanesque".  Le désir a toujours des objets à investir que l'autre lui désigne sans cesse, on échappe jamais au désir de l'autre, et même le "narcissique" n'est pas la résultante d'un désir qui se désire lui même, mais d'un désir qui imite encore le désir de l'autre, le désir que l'autre nous porte...Le désir n'est jamais satisfait, non parce que le désir c'est le manque (Lacan/Freud), mais parce que l'autre (il faut entendre par l'autre non bien sûr l'objet du désir, mais un tiers) nous donne sans arrêt par son propre désir des objets à désirer, c'est au contraire le "trop plein". Le désir ne s'épuise pas, il change d'objet. La fidélité n' épuise pas le désir,  elle disparait avec lui. C'est pour cela que bien souvent les "fidèles" vous quittent, ils ne vous désirent plus, et ils ne croient aimer que s'ils désirent. La fidélité n'a rien à voir avec l'amour (avec un petit a), elle n'est qu'une forme de rapport au désir, et l'amour lui même pas grand chose (on peut continuer à aimer des gens qu'on ne désire plus).L'amour n'est une bien douce illusion, mais je plains ceux qui n'ont jamais aimé. Je ne crois pas non plus, pas une seconde, que le désir cherche à façonner l'autre selon un "idéal" ( ou alors ce n'est qu'une des expressions possibles du désir chez certains), mais qu'au contraire il est d'autant plus ardent tant que quelque chose de l'autre nous échappe. Je n'ai jamais autant désiré que ceux qui étaient pour moi en fait inaccessibles, que le désir des autres me désignait comme inaccessible. Ce n'est pas ceux que j'ai "le plus désiré" que j'ai aimé. 

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 19:20

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Force est de constater (mon propos n’est pas ici de dire si je le regrette ou pas) que la victoire idéologique de la droite est totale. Aucune des réformes engagées depuis 3 ans n’a été retirée, même dans des domaines où cela avait toujours été le cas (éducation, retraite, universités), les mouvements sociaux sont d’une ampleur limitée et les soutiens aux grèves de la part de la population sont plus que mitigés. Même au sein du PS, c’est sur les thèmes imposés par la droite que l’on s'est étripé jusqu'à la victoire des régionales avec un baroud d’honneur pathétique des nostalgiques de la Commune (Emmanuelli, Hamon, Mélanchon, et c’est à la droite du parti que se situe le plus populaire des leaders de gauche, DSK. Cette victoire idéologique n’est pas récente, elle date en fait de la dernière campagne présidentielle, et il fût savoureux de voir Cruella s’en prendre à Delanoë qui avait osé employer le mot « libéralisme » , alors que c’est elle qui l’avait introduit dans son programme! Le manifeste publié par le PS il y a un peu plus d'un an qui jette la lutte des classes, la révolution et autres anachronismes à la poubelle, les groupes de réflexion récemment crées, qu’il s’agisse des Gracques ou de Terra Nova, tout va dans ce sens. Résultat, il n’y a plus vraiment d’opposition, en tous cas politique. Ce qui en tient lieu aujourd’hui c’est la presse, qui brûle ce qu’elle adorait il n'y a pas si longtemps ( sans parler bien sûr de notre « Minute rouge », Marianne) et le monde des arts et de lettres (90% des innombrables livres sur Nicolaparte, émanant souvent d’écrivains qui s’acharnent à le démolir).
Dans ces conditions on a du mal à saisir les raisons de l’impopularité, massive de Nicolas Sarkozy qui a débuté bien avant la crise finacière et économique (qui ne peut donc l'expliquer à elle seule). Elles ont sans doute multiples, mais j’ai trouvé très vrai cette hypothèse d’un des écrivains ayant écrit un livre sur lui : la jalousie. Sarkozy a pris un très grand risque en « désacralisant » la fonction, en n’arrêtant pas de signifier qu’il était comme « le français moyen » (il jure, il aime le m’as-tu vu, il jouit, etc). Les mécanismes de l’envie fonctionnent d’autant plus intensément qu’on est « proche » de celui qu’on envie (on jalousera la voiture du copain plus chère que la sienne, mais pas celle de telle ou telle star), on ne jalouse vraiment que ce qui est « à sa portée ». Vous pouvez être certains que si on pouvait facilement accéder aux déclarations fiscales des autres, ce sont celles des voisins et des amis qui seraient consultées en premier, pas celles des patrons du Cac 40 ! Une anecdote récente entendue sur une radio faisait état d’une réunion où Sarkozy, montrant sa nouvelle montre aurait dit « J’ai enlevé ma Rolex puisqu’il parait que c’est trop ostentatoire, avec celle-ci on me fout la paix, mais elle vaut 10 fois plus ! ». Et oui une Rolex, c’est très bof, donc très visible, et cela reste dans le domaine de ce qu’on peut espérer s’offrir un jour (les petits caïds de banlieue en raffolent). Il montre trop qu’il aime l’argent, il montre trop son goût du luxe et pire « sa réussite sexuelle » (Mitterrand et Giscard et d’autres avaient une vie sexuelle agitée, on le savait, mais ils étaient auréolés de leur fonction et ne s’exposaient pas). Il n’est de pire jalousie que celle d’une satisfaction sexuelle qui s’expose…Il y a tant de frustrés sur ce plan là…Je suis même convaincu que la facilité « sexuelle » qui est attribuée au « milieu homo » est une des racines de l’homophobie et aussi du rejet que ce milieu suscite chez les gays qui n’en font pas partie. Je me demande s’il n’a pas commis le type d’erreurs dont on ne se remet jamais…

Dans la réflexion qui agite actuellement la gauche, j’ai déjà parlé de Slajov Zizek, ce néo-marxiste qui fait l’apologie de Saint Paul. Je ne partage certes pas ses idées mais il vient de publier un livre, que je n’ai pas encore lu, « La Parallaxe » où il applique à la philosophie une notion déjà très heuristique en physique quantique :
« La réalité «se trouve prise dans le mouvement par lequel nous la connaissons», et «notre connaissance de la réalité est incorporée dans la réalité elle-même, comme le journaliste incorporé dans les troupes américaines en Irak». Et Zižek d’appliquer cet «écart» à toutes les autres oppositions, sujet/objet, idéalisme/matérialisme, immanence/transcendance, capitalisme/communisme, économie/politique, etc.
«Un manque». La parallaxe fait entrevoir la «différence pure» : non pas «la différence entre un élément et les autres, mais la différence de l’élément vis-à-vis de lui-même». Voilà ce que Zižek considère être «la leçon essentielle de Hegel» (qu’il illustre par des références au ruban de Möbius, au Carré noir sur fond blanc de Malevitch ou à un documentaire de Kieslowski) : il n’y a ni «grand Autre» ni «détermination substantielle» de quoi que ce soit. Une nation, par exemple, n’a «aucun contenu» : elle «existe uniquement dans la mesure où ses membres se considèrent comme tels». Et l’homme n’est que «l’animal qui se reconnaît comme homme», ou «un manque qui, pour se combler, se reconnaît comme quelque chose». Tout, en fait, est «son propre masque», et chaque individu est sa «différence minimale» qui le condamne à rester un individu qui «se ressemble». Les Marx Brothers avaient raison : «Vous ressemblez à X, il n’est donc pas étonnant que vous soyez X.»

 

" Les achriens sont seuls à connaître la jalousie dans toute son ampleur, puisqu'ils peuvent désirer leur rivaux"

(Renaud Camus, Notes Achriennes, P.O.L., 19801)

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 21:43

 

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Certains de mes billets précédents ont abordé sous plusieurs angles le problème de la fidélité sexuelle en milieu gay. En faisant un peu de rangement je suis tombé sur ancien article de libération dans lequel étaient publiés les commentaires d'un sociologue sur les enquêtes concernant la fidélité dans le couple ( hétéro ou gay). Voici ce qui était dit des gays :
" Et dans les couples gays ? Selon Arnaud Lerch, sociologue au Centre de recherche sur les liens sociaux (Cerlis), «les études quantitatives que l'on possède estiment qu'à peu près un couple gay sur deux est sexuellement non exclusif». Cette différence très notable par rapport aux hétéros s'expliquerait pour «des raisons historiques très concrètes : du fait de la stigmatisation, la sexualité entre hommes s'est longtemps résumée à de la "consommation sexuelle" anonyme. La question affective et la question sexuelle sont donc devenues plus autonomes.»

Une perception qui n'aurait pas évolué, même si la condamnation de l'homosexualité se fait moins sévère. «Les gays d'aujourd'hui sont héritiers de cette histoire-là, de cette pesanteur, de cette oppression, poursuit Arnaud Lerch. Le système de représentation du couple est différent, la monogamie n'est pas une évidence.» Chez les gays, la norme de la monogamie est ainsi remise en question : «En couple, on discute à deux du caractère exclusif, ou non, de la relation.» Mais même dans les relations ouvertes, il est parfois difficile d'accepter l'infidélité : «C'est quand même compliqué d'entendre les détails intimes d'une relation avec un autre. On se demande "pourquoi je ne lui suffis pas ?, qu'est-ce qu'il a que je n'ai pas ?" »

Alors, si l'infidélité perdure, le couple mettrait en place des stratégies qui visent à conserver le lien privilégié entre les deux partenaires. Par exemple : ne pas passer plus d'une nuit avec quelqu'un d'autre. C'est une façon de «limiter l'invasion dans le monde conjugal», explique Arnaud Lerch. Lui veut d'ailleurs rappeler que la fidélité peut dépasser, parfois, les conventions sexuelles. «J'ai rencontré deux gays qui étaient ensemble depuis vingt ans, ils n'avaient plus de relations entre eux, mais chacun avec d'autres hommes. Eux n'étaient pas "amis", ils étaient vraiment en couple. Ils avaient créé un rapport à la fidélité tout à fait inédit.»

Les sociologues sont aussi imprudents que les psychanalystes et semble t’il pas beaucoup plus attaché à la méthodologie scientifique. On pourrait d'abord fortement discuter les chiffres qui ne peuvent être fiables dans ce genre d’enquêtes déclaratives: un couple gay sur 2 infidèle ? Pour qui est un habitué de la vie gay à Paris ce chiffre parait très sous-estimé, alors qu’il est sans doute exagéré dans les petites villes de province. Ensuite, ce n’est le « couple » qui est infidèle, mais l’un ou l’autre (ou les deux) de ses protagonistes. Ce n’est pas le plus important, que l’infidélité « sexuelle » soit nettement plus répandue chez les homos que chez les hétéros, personne ne songerait à le contester, mais dire que notre infidélité est une séquelle de notre oppression passée ma parait une interprétation bien hasardeuse! C'est n'avoir rien compris (ne même pas imaginer) à ce qu'est la sexualité entre deux hommes, c’est oublier que la multiplication des lieux gays de rencontres les facilite, de même que l’absence des liens administratifs du mariage et d’enfants rend cette infidélité moins « risquée », à conséquences moindres que pour les hétéros.

Ceci dit il y a aussi des vérités dans ce qui est dit, notamment ce passage qui concerne les plus jeunes ( hétéro ou gay) et qui contredit d’ailleurs la thèse selon laquelle l’infidélité gay serait un stigmate de l’opression :
" C'est moins le cas chez les jeunes tourtereaux. «Les couples débutants sont ceux qui croient le plus à la fidélité parce que l'engagement sexuel est totalement central dans la phase initiale, il contribue à constituer le couple, note Michel Bozon. Par la suite, d'autres éléments contribuent à stabiliser, à faire tenir le couple, le fait d'avoir des enfants, ou de posséder un logement commun, par exemple.»"

 

.
"Les fous d’amour/
Autre difficulté terminologique : je n'ai aucune intention d'abandonner "l'amour" aux tenants du couple fermé, pas plus qu'ils n'entendent, je suppose, renoncer au sexe.
L'amour a ses avares, ses calculateurs, ses besogneux, ses petits épargnants. Il a ses princes, ses danseurs, ses poètes, ses paniers percés, ses prodigues. J'en sais qui peuvent donner plus d'amour en une nuit, dans une chambre qu'on ne reverra jamais, voire en dix minutes dans une salle d'orgie, dans un jardin, dans les pissotières sous la lune, plus d'élan, plus d'enthousiasme, plus de chaleur, plus de générosité, plus d'intensité d'émotions, que d'autres en dix ans de mariage, et fidèles.
(Renaud Camus, Notes achriennes, 1980)

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 21:59

 

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Il y a 5 ans, déjà, que j'ai découvert, à la suite d'un examen radiologique motivé par un accident de ski, que ma pratique quelque peu excessive de la musculation m'avait mis en danger.

Tout avait commencé à la mi mars, nous étions Bertrand et moi en vacances à La Plagne. Notre journée de ski touchait à sa fin, en route vers l’hôtel, je venais de quitter un télé siège pour en rejoindre un autre quelques mètres en contre bas, Bertrand, toujours vif s’étant élancé avant moi, je commençais à prendre un peu d’élan sur la pente peu prononcée qui allait à l’autre téléski et….je ne peux vous raconter les quelques minutes qui suivirent car je n’en ai aucun souvenir ! J’ai repris conscience à terre, sur le dos, incapable du moindre mouvement avec mes bras et mes mains qui étaient complètement inertes et que je ne sentais plus, alors que mes jambes semblaient fonctionner. Il m’est impossible de raconter tout ce qui a pu défiler dans mon esprit à ce moment là, réalisant en un éclair que j’avais très probablement un traumatisme du rachis entraînant une paralysie des deux bras, les souvenirs de toute une vie se télescopent, je me souviens surtout m’être inquiété du stress de Bertrand quand il lui faudrait rapatrier ma voiture alors qu’il n’avait pas le permis de conduire… ou m’être demandé pourquoi personne ne venait s’occuper de moi….Très vite, peut être trop vite pour qu’on s’inquiète autour de moi, j’ai perçu des sensations à type de fourmillements dans mes bras, un peu semblables à ce que l’on ressent quand on s’est endormi un peu trop longuement sur un membre, j’ai progressivement retrouvé leur motricité, une impression de résurrection, la sortie d’un cauchemar (on peut imaginer vivre sans jambes, mais sans bras….), et j’ai pu me relever et rechausser mes skis. J’ai alors constaté que j’avais brisé mes lunettes et que j’avais de petites plaies superficielles au menton et au sommet du crâne. Dans un état second j’ai appelé Bertrand qui m’attendais au pied du télésiège suivant et qui s’est exclamé « qu’est ce que tu fous ? », je lui ai dit que j’avais eu un problème et que j’arrivais. Il m’a confirmé qu’il s’était écoulé tout au plus 4-5 mn depuis le moment où il m’avait devancé. Une fois que je l’ai eu rejoint il m’a trouvé bizarre, répétant souvent la même chose. Nous sommes redescendus en ski jusqu’au studio que nous occupions…Une «folie», de la pure inconscience, qui a fait hurler mes confrères lorsqu’ils l’ont appris, et ce d’autant plus que ce qui m’était arrivé était du domaine de ma spécialité ! : un traumatisme du rachis étant certain, j’aurais du appeler les secours pour me faire descendre sur un brancard et passer en urgence une radio du rachis cervical à la recherche d’une fracture ou d’un déplacement de vertèbre. Pire, alors que je ressentais une douleur des deux épaules, qui allait cependant disparaître progressivement ( douleur qui m’a d’abord intrigué, comment avais-je pu tomber sur les 2 épaules à la fois ?- techniquement impossible- jusqu’à ce que je ne m’aperçoive qu’il s’agissait non pas d’une douleur de l’articulation de l’épaule, mais d’une hypersensibilité de la peau à ce niveau là, probablement due à une compression traumatique des racines nerveuses de ce territoire), j’ai continué à skier le lendemain et suis revenu à Paris en voiture le surlendemain. Je m’étais construit un scénario rassurant : j’avais du croiser mes skis ce qui m’avait projeté en avant tête la première, d’où un traumatisme crânien avec perte de connaissance brève (entraînant classiquement une amnésie de la chute) et banal « coup du lapin ».
De retour à Paris j’ai tout de même fait une radio du rachis cervical qui a contribué à me rassurer, elle était parfaitement normale. Mais être médecin vous amène à fréquenter beaucoup d’autres médecins qui, eux, s’évertuaient à m’inquiéter…Les cardiologues s’interrogeaient sur ma perte de connaissance qui nécessitait selon eux un bilan cardiaque et circulatoire, tandis que les neurologues se répartissaient en deux camps, ceux qui m’incitaient à rechercher également une cause (en faisant une IRM) à ma perte de connaissance, par exemple la rupture d’une petite malformation vasculaire de la moelle épinière, et ceux pour lesquels il était évident, comme je le pensais, que ma perte de connaissance était la conséquence d’une chute avec traumatisme crânien. On peut certes avoir « la vérole et un bureau de tabac », mais l’attitude scientifique postule de rechercher d’abord une explication unique à une relation causale entre plusieurs évènements, ici chute accidentelle, perte de connaissance par traumatisme crânien avec choc cervical entraînant une souffrance de la moelle épinière et non pas deux histoires distinctes comme la perte de connaissance inaugurale par problème cardiaque qui provoque une chute et un traumatisme cervical (en général une telle perte de connaissance vous fait vous effondrer sur vous-même et non sur le crâne !). Je n’ai commencé à être inquiet que 3 semaines après l’accident quand j’ai commencé à ressentir, lors des mouvements de la tête et du tronc, des manifestations sensitives étranges (picotements, fourmillements, décharges électriques, etc.) au niveau du haut du dos et dont le territoire n’a cessé de s’agrandir pendant les 2 mois suivants pour atteindre l’extrémité des membres supérieurs. J'étais de plus inquiet, m'attendant à tout moment à voir réapparaître les paralysies. Mes connaissances médicales ne pouvaient que renforcer l'inquiétude. Je me suis alors décidé à faire l’IRM conseillée. Le radiologue, au vue des résultats, m’a demandé si j’étais « rugbyman » ! En effet j’avais les lésions classiques de la pratique de ce sport, notamment pour ceux qui sont dans la « mêlée» : outre un rétrécissement congénital du canal cervical où passe la moelle, ce rétrécissement se trouvait aggravé par l’existence de plusieurs hernies discales qui faisaient protusion dans le canal. Je n’avais pourtant jamais fait de rugby, mais je pratique un sport moins connu des radiologues dont certains exercices pourraient provoquer des lésions similaires. En effet je fais régulièrement de la musculation, et je l’ai eu pratiquée, il y a quelques années, de façon intensive, notamment le « squat », mouvement qui consiste à charger une barre sur les épaules (je suis allé jusqu’à 170 kg…) et à s’accroupir pour se redresser à la force des quadriceps. Il est bien connu que ce mouvement est dangereux pour le rachis lombaire, d’où le port d’une ceinture de protection, mais on sait moins qu’il peut aussi être dangereux pour le rachis cervical, notamment en présence d’un « canal étroit ». Le neuro-chirurgien consulté alors m’a confirmé que « tant qu’il n’y avait pas de paralysie… » il fallait se contenter de suivre l’évolution et qu’aucune tentative de « décompression » par chirurgie des vertèbres cervicales n’était à prévoir pour l’instant, mais qu’avec l’âge et l’aggravation des lésions par l’arthrose ceci n’était pas à exclure dans le futur…Il m’a bien sûr conseillé de revoir avec attention mon programme de musculation et à prendre soin de mon rachis en évitant certains sports à risque (plongée, cheval, cyclisme etc…).
Puis miraculeusement, à partir de la mi-juillet, les manifestations sensitives ont commencé à refluer selon le même trajet que celui de l’aggravation, à diminuer d’intensité, et à disparaître en deux mois, le flux, puis le reflux. Très probablement le traumatisme cervical avait entraîné, outre le choc violent inaugural qui avait « sidéré » la moelle pendant quelques minutes d’où la paralysie, et une compression d’un vaisseau a du provoqué un problème circulatoire à ce niveau avec reconstitution progressive.
Tout étant rentré dans l’ordre j’ai cependant modifié quelque peu ma façon de m’entraîner. Et jusqu’ici je ne suis pas retourné faire du ski….Mais les lésions sont toujours là, sorte d’épée de Damoclès. J’ai commencé à faire du sport, il y a maintenant 25 ans, par peur de vieillir, « pour rester sur le marché ». Il s’en est fallu de peu que je ne subisse un brutal et prématuré « retrait du marché »…Depuis cet « accident » il m’arrive de considérer avec plus de distance bien des ennuis de la vie de tous les jours…

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 18:49

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Il est des films dont on ressort, secoué, ému, avec la forte envie de les faire connaître, cela d’autant plus qu’on les a vus devant une salle presque vide et que l’on sait qu’ils ne tiendront pas l’affiche au-delà d’une semaine ou deux si le bouche à oreille ne fait pas son œuvre. Ce fut le cas pour moi l'année dernière avec  "j'ai tué ma mère", le film autobiographique du canadien Xavier Dolan, à peine 20 ans, histoire d'un étudiant homosexuel de 16 ans qui ne supporte plus sa mère avec qui il vit, le père absent ayant déserté le foyer.

J'attendais donc avec impatience son second film qui vient d'être projeté à Cannes, non pas malheureusement en compétition officielle, mais dans le cadre d'une des projections parallèles, "Un certain regard". Cette fois encore il a soulevé l'enthousiasme avec " Les amours imaginaires",  où le personnage qu'il incarne, ainsi que son amie tentent tous deux de conquérir le cœur d'un même garçon d'une beauté antique. Espérons que ce jeune cinéaste gay aura pour son troisième film, en préparation, enfin les honneurs de la compétition officielle.

Une occasion peut être, pour ceux qui n'auraient pas vu "J'ai tué ma mère", de se le procurer en DVD. Xavier Dolan en parlait ainsi lors de sa présentation à Cannes dans le cadre de la quinzaine des réalisateurs :
“J’ai écrit le scénario en trois jours, juste après avoir quitté l’école, rempli de griefs contre ma mère, le système éducatif. Ça a été un défouloir, une catharsis. Je l’ai écrit comme une lettre vindicative qu’on écrit à quelqu’un sans jamais lui envoyer.”
Ce film, aussi dur qu’il soit par moment, n’est jamais manichéen, il s’agit d’un « tendre parricide » pour reprendre l’expression d’un critique. Bonheur aussi de voir le naturel avec lequel le cinéaste aborde les relations homosexuelles de son héro. Les références cinématographiques sont nombreuses, « My own private Idaho», « In the mood for love », etc.
Les longues séances dialoguées de ce film, d’une intensité rare, m’ont remis en mémoire cet autre magnifique film canadien, passé lui aussi inaperçu en France, « Seul avec Claude », de Jean Baudin, dans lequel un tapin de Montréal, égorge Claude, jeune étudiant qui est aussi son amant, au coeur de leur étreinte avant de convoquer les médias au moment de sa reddition spontanée. La trame du film c'est l'énigme de ce meurtre que tente de dénouer l'inspecteur dans un interrogatoire serré, qui révèle tant de chose sur la nature homosexuelle.
La pertinence du regard canadien sur l’homosexualité se vérifie à nouveau, il faudrait aussi citer « Crazy » sorti il y a deux ans et qui pourrait s’intituler « J’ai tué mon père », ou les films de Denys Arcant.

A ce jour le film le plus fort que j’ai vu sur le sujet reste « Torch song trilogy ».

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 22:24

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Je ne sais quand, Sitgès, village catalan créé au 10è siècle, est devenue une capitale gay. La vieille ville, centrée autour de son église qui la surplombe, a gardé tout son charme. Elle a sans doute pris son essor au 19è siècle au retour de ses habitants qui étaient allés faire fortune à Cuba et lorsqu’elle est devenue un centre artistique sous l’influence des peintres luministes (attirés par la lumière qui baigne la ville au soleil couchant). Dans les années 60 elle a commencé à devenir une Ibiza « terrestre » avec le développement d’une communauté hippie et l’ouverture des discothèques. Mais c’est probablement à la fin des années franquistes qu’elle a commencé à voir affluer les gays de toute l’Europe, bien avant de devenir une cité balnéaire « à la mode », sorte de St Tropez des barcelonais, mais un tiers environ de la fréquentation reste gay.
Je l’ai découverte pour la première fois à la fin de l’été 1981. A cette époque, le « territoire gay » était plus étendu qu’aujourd’hui, envahissant notamment la principale rue de la ville, la rue « de la bonne aventure », surnommée « rue du péché ». Depuis plusieurs années elle a été colonisée, notamment dans sa partie basse qui débouche sur la plage, par des bars « hétéros » très animés et bruyants. Le milieu de la rue reste cependant occupé par le célèbre « Parott », bar gay en terrasse, lieu de rendez vous, notamment à l’apéritif, de tous les gays qui veulent se « montrer ». On ne conçoit pas un séjour à Sitgès sans aller boire un verre au Parott.
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Ce n’est que depuis 16 ans que je reviens à Sitgès presque tous les ans. J’ai succombé au charme de ce village, où il fait presque toujours beau et chaud, sans doute la destination gay estivale qui reste la plus abordable (même si son succès grandissant au-delà de la communauté gay a fait sensiblement valser les étiquettes) par rapport à ses concurrentes européennes, Ibiza et Mykonos, et surtout la plus conviviale, la plus « sexe ». Une de ses caractéristiques est la situation de la principale plage gay, au niveau du centre ville, une centaine de mètres au beau milieu de la baie en « croissant » où viennent se faire « dorer » des gays venus du monde entier, avec une forte proportion d’européens bien sûr, notamment les français et les italiens, et de plus en plus depuis quelques années, ceux venant des pays de l’est. Mais ceci dépend aussi des saisons : les français, notamment le « marais », mais aussi beaucoup de provinciaux qui viennent chercher ici une promiscuité gay impensable dans leur terroir, sont très présents au début Août, alors que les anglo-saxons préfèrent l’avant ou l’après saison, plus calme, moins « people », plus conviviale. Il y a, cela va de soi, une plage plus « sexe », comme on peut en trouver ailleurs, naturiste (si on le souhaite), avec un petit bois au-delà de la voie ferrée qui passe derrière, et où l’on peut « passer à l’action ». Mais cela se mérite, il faut marcher au moins 45 mn depuis le centre ville, ou prendre la voiture pour atteindre un petit chemin qui vous y mène moyennant 10 mn de marche. Ce n’est de toute façon pas là que se trouvent les légions de « beaux mecs » aux corps sculptés, mais sur la plage centrale
L’idéal bien sûr est de pendre un hôtel sur la baie, le plus proche possible de la plage principale, mais ils sont chers, de 100 à 150 euros la nuit. On peut préférer le « Romantic », en pleine ville, un des plus anciens et des plus connus hôtels gays, et son merveilleux petit jardin où l’on prend le petit déjeuner, jusqu’à 10 heures seulement (alors qu’on vient , ou presque de se coucher…), ce qui vous permet d’admirer des mines dans un triste état, surtout lorsqu’elles ont passé la quarantaine. On y rencontre pas mal de couples à la différence d’âge parfois surprenante…Une des particularités de l’hôtel est de ne pas autoriser à amener un tiers dans sa chambre ( si ce n’est en payant un supplément), ce qui n’est pas très pratique dans une ville où beaucoup viennent justement pour ça! A découvrir certes, mais une fois suffit. Sinon, il y a de nombreux hôtels dans la ville, à tous les prix, mais en choisir un climatisé s’impose. Certains qui préfèrent réserver leur budget aux folles nuits, choisissent le camping, assez excentré.
Une journée à Sitgès, à moins qu’il ne pleuve (dans ce cas Barcelone vous attend à 30 kms), est assez stéréotypée. Le lever est tardif, surtout pour ceux qui ont la chance d’être en location car les hôtels ne servent le petit déjeuner que jusqu’à 11 heures, dans ce cas on se recouche après. Ceux qui souhaitent réserver un « transat » en profitent pour aller y poser leur serviette car à l’heure où l’on arrive généralement à la plage vers 14h, il n’ y en a plus et même sur le sable il va devenir difficile de trouver son territoire. La plage se vide entre 18 et 19 heures, le temps de se préparer pour se retrouver au « Parrot» ou dans le jardin du « Romantic » pour un apéritif. Vers 22 heures c’est le départ pour le restaurant, il y en a beaucoup, à tous les prix. Les plus courus, souvent français (de très nombreux commerces de Sitgès sont tenus par des français ou des anglais), comme « Ma Maison », « Les enfants terribles », ou « L’Alma », sont autour de 20 euros par personne sans le vin (nettement moins cher qu’en France). Mais il y a aussi de typiques restaurants espagnols, sans oublier « La Santa Maria » et sa célèbre Paella. Puis vers 24 heures commence la tournée des « bars-boîtes », en fait des bars mais avec une piste de danse. Il y a une dizaine d’années le circuit des bars était assez stéréotypé : « El Candil » d’abord jusqu’à 2 heures, puis « Le Méditerraneo » de 3 à 4 heures du matin (le grand classique de Sitgès, un bel endroit) avant de prendre soit le chemin de «la » discothèque de la ville « Le Trailer », avec notamment ses soirées mousses, certes chaudes mais qui ne sauraient faire oublier celles du Queen, mais j’ai constaté avec regret l’absence de son DJ habituel, Juan Rosé, avec lequel j’avais à plusieurs reprises terminé la nuit il y a quelques années, soit celui de la plage qui dans sa partie qui s’éloigne du centre ville devient un vaste baisodrome nocturne quand les lumières s’éteignent sur la jetée. Ce circuit s’est nettement diversifié car deux établissements sont venus contester la suprématie de « El Candil » en début de soirée : le XXL d’abord, avec une clientèle plus du style « Cox » , une meilleure musique et surtout une backroom très fréquentée bien que très exiguë, dans laquelle il n’est pas facile de se faufiler aux heures de pointe surtout si tel ou tel a décidé se faire enculer en plein couloir très étroit (très souvent sans capote, la « culture » de la capote étant bien moins développée en Espagne qu’en France »), puis maintenant « Le Privilège » à la musique plus branchée et des prix cassés jusqu’à 1 heure du matin.
Le « Trailer » est la seule discothèque gay de Sitgès (il y a aussi « L’Organic » mais il ne semble pas réussir à s’imposer). Sitgès n’est pas une destination pour les « clubbers » comme Ibiza. Cependant un club hétéro, qui nécessite une voiture car excentré (il y a aussi une navette qui part du centre ville), mais donnant sur une plage ce qui peut être assez pratique pour ce que vous imaginez, organise une à deux fois par semaine des soirées gay très, très courues…Et puis Barcelone n’est pas loin…
On regagne donc souvent son « chez soi » au petit matin, du moins si l'on y est en "célibataire", situation que je n'ai connue que durant deux étés il y a une dizaine d'années, dieu sait si j'en ai profité au delà de toute mesure.

J’ai décrit le circuit le plus « branché » mais il y a bien sûr beaucoup d’autres bars gays qui ont leurs habitués, l’historique « Bourbon » par exemple, où surtout le « 7 », tenu par des anglais d’un âge certain et très accueillants, avec une clientèle très bigarrée mais plus âgée en moyenne que celle des bars précédemment décrits, qui fait parfois un peu « province » ou rappelle certaines soirées de « L’insolite » à Paris, le plus chaleureux et le moins onéreux.
Est il vraiment besoin de préciser que c’est une ville qu’il faut aborder avec une certaine « préparation » si l’on vient en couple. J’ai vu naître plus de drames que d’idylles dans cette ville…..

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