Il m’arrive, pour affronter les interminables heures d’avion, d’acheter des romans de gare dont le mérite est de se lire
si vite et sans effort qu’on arrive souvent à les épuiser en un seul trajet. Mon choix se porte le plus souvent sur des « thrillers », soit des "polars" grand-public aux personnages
inconsistants, soit parfois à connotation ésotérique, comme la quête du Graal, peut être une réminiscence de mon engouement d’écolier pour les chansons de geste dont la légende arthurienne en
constitue le cycle breton. C’est ainsi que j’ai acheté le « Da Vinci Code » dans une librairie de Roissy, bien avant qu’on ne parle de ce livre. Plus récemment, ce fût le tour du « Labyrinthe »,
de Kate Mosse, livre auréolé d’un prix, le « British Book Arwards », certes pas le prix Nobel, mais peut être le signe d’une certaine qualité. Son argument est également la quête du Graal,
la déception est toujours au rendez vous au moment du dénouement, mais c’est le principe même du Graal, métaphore du désir, toujours poursuivi, jamais satisfait. Mais l’ici l’intérêt du livre,
dont une grande partie de l’action se passe dans le sud de la France au 13è siècle, est de donner une description très fouillée, respectueuse de la vérité historique, de l’épopée cathare. J’avais
oublié que l’éradication de l’hérésie cathare avait duré si longtemps, que l’inquisition n’en était venue à bout qu’en 1244, la chute de Montségur, bien après la « croisade » albigeoise des
barons « français » du Nord contre la noblesse du Sud, de 1209 à 1229. Selon ce roman, ce ne sont pas les Templiers, comme souvent, mais des personnages, protecteurs ou proches des cathares, qui
auraient été les dépositaires du secret du Graal. Ceci m’a incité à aller chercher sur le site de l’INA l’enregistrement, disponible pour quelques euros, du téléfilm qu’avait consacré l’ORTF
(vous vous souvenez, du temps où le service public était de qualité..), dans son émission « la caméra explore le temps », à cette épopée. De lien internet, en lien internet, je n’ai cessé d’être
ramené à l’homosexualité, convergence certes facilitée par une vision sélective…Les cathares ont été diversement dénommés, « parfait », « infâme », « bougre », les deux derniers termes ayant
également servis à dénommer les homosexuels ; l’évolution du terme bougre est la plus étrange, désignant les cathares au 13è, les homosexuels au 17è et finalement « un brave type » au 19è !
Infâme est resté péjoratif, l’accusation d’infamie, de sodomie ayant été un des motifs de condamnation des templiers. Dommage que ce destin n’ai pas été celui du mot « parfait ». Mais là n’est
pas le seul lien entre « cathare » et « homosexualité », la revendication du mariage par les homosexuels ayant été assimilée (convergence étrange avec le FHAR, front homosexuel d’action
révolutionnaire) à la dissolution du concept de mariage, sacrement non reconnu par les cathares :
http://www.chemins-cathares.eu/010109_parodie_homosexuelle.php
La quête du Graal ramène aussi à l’homosexualité. Sans parler de Léonard de Vinci, on peut citer Bohort, oncle de lancelot du lac, qu’on a soupçonné
d’homosexualité en dépit de ses 9 enfants, ou encore Otto Rahn, officier nazi qui participa à la quête du Graal, émettant l’hypothèse originale d’un lien entre cathares et templiers, de Montsegur
à Rennes le Château, et qui se serait suicidé (ou aurait été tué à cause…) pour échapper à son homosexualité, sorte d’ébauche du personnage de Aue dans les Bienveillantes, ou peut être de
l’officier nazi des Aventuriers de l’Arche Perdue.


Un soir de la semaine dernière, le
temps était plutôt lourd, le "mari" (soyons moderne) de mon ex (celui pour lequel il m'a quitté, 13 ans déjà, il y a prescription!!) nous avait convié à un pique nique sur les bords de Seine, au
pied de Notre Dame. Nous nous retrouvâmes à 12, Pont saint Louis, un petit pincement au coeur en passant devant les jardins de Notre Dame qui furent un de mes terrains de chasse quand habitant
Bordeaux je venais m'éclater à Paris (avant que Chirac en 1985 ne les fasse fermer la nuit). Nous avons renoncé à nous installer rive droite, plutôt gayfriendly, mais la place était prise. Nous
nous sommes donc déployés rive gauche, où l'espace disponible est bien plus important. Autre souvenir, celui des gigantesques bals gay du 14 juillet, qui ont été supprimés, si ma mémoire ne me
trahit pas, le mois de juillet qui a suivi la coupe du monde de foot ball de 1998, en raison d' incidents homophobes. Le lieu doit prédisposer à l'homophobie, car je ne sais combien de fois nous
nous sommes faits traités de pédés...dans toutes les langues..encore un souvenir du bon vieux temps!
Lors d’un récent billet consacré à la gaypride
j’avais indiqué que nous avions le lendemain participé à une fin d’après midi « sexe » organisée rue quimcampoix sur « inscription ». J’avais répondu à une « invitation » reçue sur un site gay,
invitation qui recommandait de s’inscrire à l’avance en envoyant par e-mail une photo visage et corps. Je subodorais que je ne correspondais sans doute plus aux critères d’âge le plus souvent
appliqués pour ces évènements, mais en l’absence de précision, j’avais envoyé un lien vers les photos de Bertrand et de moi sur le dit site gay de rencontre où nous ne cachons rien de notre
anatomie et j’avais reçu en retour une acceptation de l’inscription.