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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 22:44

 

 

alan_turing.jpgAlan Turing, génie des mathématiques et de l’informatique, concepteur d’un des tous premiers ordinateurs « la machine de Turing », et d’un test devenu célèbre « le test de Turing » visant à déterminer l’intelligence d’une machine, la possibilité qu’elle abrite « une conscience », acteur essentiel du déchiffrage du code « Enigma » qui contribua à la victoire alliée sur les nazis (rôle qui ne fût révélé que dans les années 70 et qui constitue la trame d’un remarquable cycle de science-fiction, « Le cryptonomicon » de Neal Stehenson)), fit l’objet d’un retentissant procès en 1952 qui aboutit à sa condamnation pour « perversion sexuelle ». Ayant porté plainte pour cambriolage, la police découvrit qu’il a avait été commis par son amant et un complice. On lui donna le choix entre la prison ou un traitement hormonal, il choisit ce dernier et se suicida deux ans plus tard en croquant une pomme emplie de cyanure (la légende veut que le sigle d’Apple lui rende hommage). Ian Mac Ewan, célèbre écrivain britannique et un collectif de scientifiques ont initié une pétition pour sa réhabilitation à destination du gouvernement britannique. Un destin étrangement similaire à celui d’Oscar Wilde, des années auparavant.


Des amours interdites, il en est question dans ce livre de l’écrivain écossais Andrew O’Hagan, «Sois près de moi». Un prêtre anglais de 57 ans va se trouver en charge d’une petite paroisse écossaise dans une ville ouvrière dans laquelle il va tout de suite être considéré comme un étranger. Il va cependant se lier d’amitié avec deux adolescents rebelles. Un baiser sur la bouche, sans doute imprudent, donné au garçon, va déclencher la haine et la violence de la population. Ce baiser il va l’assumer, conscient de se dérives, jusqu’au procès et à la condamnation. Dans ses moments de désarroi le passé refera surface, et notamment ses années estudiantines à Oxford où il tomba amoureux d’un de ses camarades, amour brisé par le décès accidentel de son compagnon, « car le l’ai aimé à la seconde d’avant que je le voie, exactement comme on le fait quand on aime : nous savons qui nous aimons avant de le découvrir, ou nous croyons le savoir. Nous avons le sentiment d’avoir attendu la personne en question, et quand nous la voyons, elle est parfaitement familière ». Ils s’aimèrent en secret comme le voulait l’époque : « Les hommes avaient une conscience du danger quant à ces choses là. Il vous fallait l’avoir : l’homosexualité n’était pas encore légale pour les gens de notre âge. On ne le dit pas souvent, mais la nécessité de rester discrets convenait parfaitement à certains d’entre nous. Elle nous convenait assurément à Conor et à moi, l’idée que le secret n’était pas simplement une nécessité vitale mais quelque chose de tout à fait central dans notre relation. J’ai vu depuis lors des hommes se tenir par la main et me suis demandé s’ils ne perdaient pas quelque chose à ce qu’ils gagnaient. Peut être que non. Nous trouvions facile de nous montrer plus malin que la loi car notre propre loi invitait à la prudence ».
C’est un très beau livre, un roman étonnant, ambigu, parfois difficile de par ses références nombreuses à la culture écossaise ce qui peut faire affleurer l’ennui lors de certains passages, le roman d’un homme seul qui s’interroge sur sa vie.



Le grand accélérateur de particules près de Genève est enfin opérationel, la course au boson de Higgs va enfin pouvoir commencer. Cela me passionne beaucoup plus que la taxe carbone, sans doute que la question « D’où venons-nous ? » m’intéresse plus que celle « Où allons-nous ? », peut être au même endroit d’ailleurs !

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 15:26

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Le bar « Le Keller », un des fleurons de la scène gay vient de fermer ses portes. Nous savons depuis le siècle dernier que l’espace et le temps ne font qu’un (bien plus, "la matière, espace, temps" , titre du livre d’un de nos prix Nobel de physique, ne font qu'un). Il en est ainsi des territoires gays, leur localisation est datée. Lieux isolés à l’origine, connus des seuls initiés, ils se sont organisés en quartiers ou en rues, en fonction de la densité gay, et l’évolution de leur géo localisation trace celle de la visibilité gay. La flèche du temps, celle du droit à l’indifférence, nous amènera-t-elle, comme pour notre univers, du big bang au big crunch, de la visibilité à l’invisibilité, retour à l’isolement initial?

Lorsque mon premier amant, maintenant prêtre (rassurez vous je n’avais plus rien d’un enfant), me fît découvrir, à la fin des années 70, le "gay Paris", tout s’organisait dans le quartier de l’Opéra. Certes il y avait des lieux isolés, comme la discothèque fort courue, « Le Rocambole », certains bars pour initiés, la discothèque « Le Scaramouche » pour les amateurs de friandises asiatiques, dans la même rue que le cinéma « Le Vivienne » qui fût mon premier lieu de drague, mais la vie gay s’organisait surtout rue St Anne. Il y avait le «7», la discothèque « people », fréquentée entre autres par un célèbre journaliste de télévision, où il fallait être vu et où l’on pouvait diner; à côté « Le colony », autre discothèque, plus « jeune », plus propice aux rencontres, puis à quelques mètres, l’ancêtre des bars sexe et hard parisiens, « Le Bronx ». Un sauna vieillot, « Le Tilt », ouvert 24h sur 24, et qui semble survivre encore (mais qui le fréquente?), complétait l’offre. A cette époque, la visibilité était « folle » et la rue St Anne voyait se croiser les tapins, les gitons et leurs clients. A deux pas, au café le « Royal Opéra », avenue de l’Opéra, les fêtards se retrouvaient en fin de nuit au milieu des travellos, nuit qui avait pu commencer au restaurant le « Vagabond », autre rescapé, où une clientèle de tous les âges se pressait tandis que les gitons attendaient au bar qu’on les invitât ou pas. A quelques rues de là, boulevard des Italiens, le fabuleux sauna « continental », temple du sexe facile, refusait du monde, mais on pouvait y diner avant qu’un casier ne se libère enfin. Yves Navarre était l’auteur gay du moment et Dominique Fernandez publiait « L’étoile Rose » . L’époque était à l’insouciance et ne se voyait pas disparaitre, ni ses acteurs qui allaient tomber comme des mouches et dont beaucoup ne verraient jamais le « Marais ».

Déjà d’autres lieux commençaient à drainer les gays qui se voulaient maintenant « virils », la moustache et le poil devenaient à la mode, une partie d’entre nous allait ainsi s’entasser dans les bars sexe entre St Germain des près et St Nicolas du Chardenay, au Trapp rue Jacob ou au « Manathan » si cher à Renaud Camus qui publiait « Tricks » et ses « Chroniques Achriennes » au début des années 80. De l’autre côté du boulevard St Germain, en face du café « Flore », les gigolos battaient le trottoir du Drug store St Germain ou descendaient la rue de Rennes où venait les cueillir une clientèle plus aisée que celle des tapins de la rue St Anne. A deux rues de là, le cinéma « Le dragon » avait supplanté celui de la rue Vivienne, l’on dinait au « Petit prince », rue lannot, ou l’on allait se faire traiter de ginette, cela faisait partie du spectacle, par les « folles » qui tenaient le restaurant « La vieille trousse », au bas du boulevard St Germain. Le « Palace », racheté par Fabrice Emaer, le propriétaire du « 7 », devenait le palais de l’émergence de la mode et de la culture gay, sous l’impulsion de Karl Lagerfeld, de Roland Barthes, de Frédéric Mitterrand, d’Yves Mourousy, de Thierry le Luron, etc….
Simultanément, parallèlement à la montée du mouvement revendicatif gay et à l’irruption du sida, le théâtre des opérations se déplaçait vers le quartier du châtelet et Beaubourg. Le premier bar sexe associatif « le BH », avec sa backroom que j’ai tant fréquentée, ouvrait en face de la Samaritaine et David Girard allait régner sur la nuit parisienne en ouvrant une discothèque/bar/backroom , « Haute Tension », (maintenant devenu un bar sexe, le « Next », après avoir aussi été un restaurant gay « Les foufounes »). Le bar le « transfert », à quelques rues de la comédie française, seul rescapé de cette époque, accueillait les partis SM, tandis que le restaurant « le diable de lombards » faisait salle comble, à quelques mètres de l’autre discothèque/bar/sexe du quartier, le « Broad » et du bar pour gays vieillissants ou bedonnants le « London » (devenu maintenant « l’eagle »). C’était les années 80, Guy Hockenghem publiait « Race d’Ep », le « Boy », à côté de « L’Olympia », s’essayait, avec le « Scorpion », à côté de la bourse, où l’on voyait William Sheller, à remplacer le Palace comme temples des soirées « disco et funky » de la nuit gay parisienne.
Je m’installais à Paris à la fin des années 80, le temps de voir le Palace et le Boy disparaitre et la vie gay migrer et hésiter un temps entre le quartier de la Bastille et celui du Marais. A la Bastille, c’est rue Keller que se situait la scène gay, avec la discothèque « La Luna », bientôt transformée en bar sexe qui abriterait les mardi soir les soirées "incorporation » et le dimanche après midi les réunions « naturistes », très sélectives à l’entrée, du « clan nature ». Quelques portes plus loin on trouvait le « Keller », bar « hard » aux soirées à thème (fist, pisse, skin, militaire, etc), thème seulement car l’entrée y était très libre à condition de ne pas y arriver bcbg ou cravaté, juste en face d’un restaurant gay dont j’ai oublié le nom, et à quelques mètres du Centre Gay et Lesbien qui venait de se constituer. Tous ces établissements ont maintenant fermés ou ont été transférés pour le dernier.
Les années 90 allaient donc voir le Marais étendre sans arrêt son empire et devenir le « quartier gay », bien des années après l’ouverture du 1é bar, « Le central », rue vieille du temple. Guillaume Dustan publiait « Dans ma chambre ».
Le reflux pourtant s’annonce, rue vieille du temple justement, où ont disparu successivement « Le César », « L’Amnesia », le restaurant les « foufounes » qui avait auparavant migré de la rue St Honoré, et dans les jours qui viennent, l’historique «Central». Est-ce le début de la fin du marais comme le titrent « Illico » et « Tetu », ou simplement une conséquence de la crise économique, de la multiplication des soirées « privées » fatale aux bars « hard » et de la diffusion d’internet comme moyen de drague….? Même si d’autres fermetures d’établissements en difficulté sont annoncées, bien des commerces de la rue des Archives et du Temple semblent encore florissants.
Il n’empêche, la déterritorialisation de la scène gay pourrait bien être en marche, et peut être qu’à l’instar de Greenwich Village à New York, et de Castro à San Francisco, le Marais ne sera-t- il plus dans quelques années que l’ombre de lui-même que nous visiterons en « archéologue ». Je serai à Toronto mi-avril, 10 ans après mon dernier séjour, et je me demande si je retrouverai « Church Street » aussi conviviale que je l’avais découverte. La Gay Pride elle-même, ce gigantesque carnaval gay qu’animaient les commerces et bars gays, est devenu un défilé syndical qui les relèguent honteusement en fin de cortège et en a perdu jusqu’à son appellation. Tristan Garcia a écrit l’histoire de cette génération, « La meilleure part des hommes ».
La forme ultime de la visibilité gay étant son invisibilité, son indifférenciation dans la grisaille d’une société polie, politiquement correcte et bien pensante - qui expulse « la folle » loin des villes et traque l’amateur d’éphèbe, où les tapins sont maintenant des "escorts" qu'on peut louer sur internet sur des sites aussi accessibles que "Gayromeo", où nous pourrons certes nous « marier », si toutefois nous arrivons encore à reconnaître nos futurs « maris » puisque rien ne les distinguera plus - , de ce « big crunch » ne pourra que surgir un nouveau big bang quand certains d’entre nous se diront, fatigués et si seuls derrière leur écran informatique et leur webcam : ça suffit, inventons des lieux gays! Ne désespérons pas, je viens d’apprendre que le jardin des tuileries était à nouveau très fréquenté….

Ce petit panorama, partiel (j’ai omis tant de lieux qu’il aurait fallu citer), parfois imprécis (j’ai pu ici où là faire quelques confusions d’espace et de temps), et partial comme il se doit, renvoie (et complète) à celui que j’avais intitulé « des tasses à internet » (http://limbo.over-blog.org/article-des-pissotieres-a-internet-un-itineraire-gay-43107661.html).
Il ne faut pas y voir une nostalgie. Juste un soupçon de mélancolie, c’est rue Keller, à la « Luna », que j’ai rencontré Bertrand il y a 12 ans, une mélancolie gay.

 

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 22:42


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Il y a maintenant bientôt 12 ans, c’était le mardi d’une belle journée de la fin Août 98, à la soirée « incorporation » de La Luna, un bar/boîte sexe de la rue Keller qui a disparu depuis, une jeune tête aux cheveux décolorés, ce qui se repérait facilement dans la pénombre du lieu, et que j’avais aperçue à plusieurs reprises fort occupée en position accroupie, est venue s’intéresser à une partie de mon anatomie. C’était Bertrand. Échange rapide de nos téléphones au bar,car il était avec son ami . Il devint un de mes amants sans que j’envisagea un instant qu’il puisse partager ma vie. Je vivais alors depuis plus d’un an une rupture d’autant plus douloureuse qu’interminable avec Bernard, 15 ans de vie commune et de complicité intellectuelle, affective et un temps sexuelle, qui n’arrivait pas à assumer son départ pour un autre. Toute mon énergie était consacrée à le reconquérir et je ne pouvais imaginer de bâtir autre chose, et sûrement pas avec ce jeune homme aux cheveux décolorés. Tout aurait d’ailleurs pu se terminer, un an plus tard, à la terrasse d’un mauvais restaurant de la rue des Archives, chez Tsou, lorsqu’il m'eut dit « je me demande ce qui ce serait passé entre nous si j’avais été libre » et que je lui répondis, avec une honnêteté un peu trop brutale, «rien de plus». Même s’il m’a avoué bien plus tard avoir très mal vécu ce moment, il n’ a pas abandonné la partie et l’avenir lui a donné raison. Quelques semaines après Bernard se «pacsait» avec son nouvel ami (il lui avait demandé cela comme preuve de son engagement après deux retours transitoires vers moi), ce qui me réveilla et me fit prendre conscience que tout était joué de ce côté-là. J’ai peu à peu regardé Bertrand, dont les cheveux avaient entre temps repris leur couleur naturelle, avec des yeux différents, nous nous sommes vus de plus en plus souvent, puis il mit fin à la relation difficile, pour de multiples raisons (il ne serait peut être pas parti sans moi, mais il n’est pas parti à cause de moi) qu’il avait avec son ami, et il finit par venir s’installer chez moi, il y a environ 9 ans.
Longtemps  je n’ai pas envisagé un Pacs. J’ai dès le début considéré ce pacte avec scepticisme,  l’hostilité haineuse d’une partie de la droite m’ayant seule forcé à le soutenir. Sûrement générationnel, je me souviens que Patrice Chéreau était sur la même longueur d’onde. Fidélité sans doute à mes premiers pas de militant au début des années 80, j'étais un des 4 fondateurs, avec Georges Andrieux (correspondant local du journal Gaipied), Jean-Louis, animateur de l’émission Gay « Framboise et Citron » sur la toute nouvelle radio libre du PS et un prêtre (dont j’ai oublié le prénom) d’une paroisse bordelaise, du probablement premier mouvement associatif homosexuel bordelais, « Les Nouveaux Achriens ». Il aurait été pour nous impensable d’envisager que les «homos» puissent reproduire les schémas de l’ hinarcie (je rappelle aux incultes (..de leur propre culture) qu’au début des années 80, l’écrivain Renaud Camus proposa le mot achrien pour remplacer celui d’homosexuel et hinarce pour celui d’hétérosexuel, avec peu de succès, puisque seul le GAGE, «groupement achrien» des grandes écoles (auto dissous depuis je pense), et notre association l’avions adopté). Je n’ai d’ ailleurs jamais été un fan de la notion de contrat et je ne voyais pas ce que le Pacs pouvait m’apporter en dehors de sa fonction « bouclier fiscal » (lorsque les salaires sont très différents, l’avantage fiscal du Pacs est indiscutable). Ne se pacser que pour un avantage financier me semblait bien «dévalorisant» ( pour preuve ce couple d’amis qui vient de se «dépacser» pour ne pas à avoir à payer l’ISF : il faut un bon comptable, est ce que ce que je perds en impôt sur le revenu , je le gagne en ISF?…c’est dur d’être riche…!).
Mais depuis la prise du pouvoir par Nicolaparte, la généralisation de l’abolition des droits de succession au Pacs a changé la donne. J’ai en effet plus de 15 ans de plus que Bertrand et je ne me sentais pas le droit, s’il m’arrivait quelque chose, de le priver de la possibilité, par fidélité à un passé révolu, d’être au moins à l’abri de problèmes financiers et notamment de pouvoir continuer à vivre dans ce qui est devenu aussi "sa maison », s’il le souhaite. J’ai donc conclu un Pacs il y a un peu plus de 2 ans. Ceci fait je ne vois pas ce qu’apportera de plus le contrat d’Union Civile promis, si ce n’est de se faire en mairie. Ni le mariage d’ailleurs, demande qui continue à me faire sourire…ce droit à l’indifférence sans doute que je ne revendique pas, mais dans ce cas la logique voudrait que la prochaine étape, car ils finiront par l’obtenir leur mariage (ceux qui ont succombé à la culture dominante), devrait être la revendication de la possibilité du mariage à l’église…(à moins que l’anticléricalisme primaire ne l’emporte sur leur besoin du droit à l’indifférence !)

 

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 22:01

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Homosexualité et culture, une rencontre fortuite dans le marais, il ya peu de temps, alors que nous passions devant la terrasse d’un bar de la rue des Archives, m’y a ramené. J’ai en effet été apostrophé par B., jeune Kabyl en vacances à Paris pour quelques jours, avec lequel j’avais sympathisé à Sitgès il y a plus de 10 ans alors qu’il était en vacances avec D. qu’il présentait comme son cousin. B. avait à cette époque un peu plus de 20 ans et était à l’évidence pas très à l’aise avec sa sexualité, tandis que son copain semblait plus libéré, très occupé à draguer le style de mecs qui lui plaisait, les « papas » de la quarantaine comme il les appelait. B., avec lequel les circonstances ne nous ont pas permis de devenir amants, ne serait ce l’espace d’une nuit, même s’il en a plusieurs fois exprimé le désir, m’a dit qu’il avait une lésion stable avec un médecin de St Etienne (il habite Lyon) père d’une petite fille, qu’ils s’étaient pacsés, et vivaient dans une grande maison avec deux lesbiennes dont il espérait avoir un enfant…. « Tu comprends, la famille c’est important pour moi et dans notre culture, on garde les enfants à tour de rôle… ». « Non je ne comprends pas lui ai-je dit ».

 Lui demandant alors des nouvelles de D., qui fût lui mon amant d’une nuit, mais que je ne vois plus dans le marais depuis au moins 2 ou 3 ans, il m’a appris qu’il s’était marié et avait aussi une petite fille : « C’était important pour lui, la pression familiale était trop forte….mais comme chez nous l’homme fait ce qu’il veut je suppose qu’il se donne les moyens de satisfaire sa sexualité… »

Le beau film israélien, «Tu n’aimeras point», présenté au dernier festival de Cannes, nous a montré que nous construisons souvent nous même les murs de notre prison.

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 22:16

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Je n'ai pu hier soir, étant à Genève, voir le premier épisode de l'adaptation télévisée de Millenium (heureusement mon décodeur a un disque dur..). J'avais lu les 3 tomes de ce roman, 1800 pages, en moins d’un mois ! Il n’est pas facile d’expliquer clairement pourquoi on n’arrive pas à « lâcher » cette histoire et qu’à l’approche de la fin un sentiment de manque commence à s’installer. Il s’agit certes d’un polar, pourtant plutôt mal écrit (on a mis en cause la traduction) mais qui transcende le genre. On ne s’ennuie jamais ou presque, mais lorsque l’auteur part dans de longues digressions qui n’ont que plus ou moins de rapport avec l’intrigue. L’histoire du premier tome ne prend vraiment son envol qu’après 200 pages d’exposition, idem pour le 2è tome et pourtant l’intérêt ne faiblit pas. Alors pourquoi ? Le style rapide et simple ? L’intrigue et ses rebondissements inattendus? Le caractère fouillé des multiples personnages secondaires souvent attachants ? Le héro masculin, Mikael Blomkvist, reporter du mensuel « Millenium », sorte de Tintin du 21è siècle, un peu nunuche et adepte de la polyfidélité ? Ou l' héroïne, qui lui vole le plus souvent la vedette, Lisbeth Salander, jeune hacker de génie à qui aucun disque dur ne résiste, asociale, psychopathe, bisexuelle, atteinte du syndrome d’Asperger, petite crevette et qui pourtant envoie à terre des cohortes de males musclés et la police secrète ? Le parfum d’homosexualité qui baigne le livre et sa condamnation de l’homo phobie (les relations lesbiennes de Lisbeth vont renforcer sa culpabilité pour certains policiers, elle sera ainsi accusée d’appartenir à un groupe de « lesbiennes sataniques », groupe qui se révèle en fait être un groupe de rock, et auquel elle n’appartient même pas car elle ne connaît rien à la musique…) ? La dimension politique du livre, polar féministe, véritable pamphlet contre la délinquance financière, la psychiatrie, le trafic des femmes, la corruption, y compris de la social démocratie, la désinformation des médias et leur collusion avec le pouvoir, le contrôle policier qui s’affranchit de la légalité, les services secrets, etc. , etc. (La suède est la cadre de ces romans et son histoire est partout présente, notamment au moment de la guerre froide : assassinat d’Olof Palme, suspicion qu’il soit un espion russe, organisation de la prostitution venant de l’est…) ?
Polar inclassable donc, bien loin de la tradition anglo-saxonne, un premier tome plus intimiste, dont l’intrigue, un huit clos à la Agatha Christie, se suffit à elle-même alors que les 2 tomes suivant sont indissociables, mais dont la lecture est indispensable car il décrit la genèse de la rencontre entre les 2 héros, sorte de parenthèse dans la globalité de l’ouvrage (un peu, toutes proportions gardées !, comme « Un amour de Swan » dans La Recherche), un deuxième tome en forme de thriller , et un troisième tome, roman d’espionnage à trame politico judicaire.
On se demandait si cette œuvre était portée à l’écran qui pourrait bien incarner Lisbeth Salander, sans aucun doute le personnage le plus attachant de la trilogie ? L'adaptation cinématographique du premier tome, dont l'intrigue est pourtant peu propice à une telle transposition, ne pouvait que ravir un lecteur du roman, par sa fidélité au livre et par le choix des acteurs, notamment celui parfait de celle qui incarne Lisbet, mais la mise en scène quelque peu glacée a pu déconcerter ceux qui ne l’ont pas lu. Le téléfilm, comprenant certains scènes inédites, comblera peut être ce manque.

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 22:31
http://image.toutlecine.com/photos/c/h/a/chansons-d-amour-2007-09-g.jpg


Un soir, il y a un ou deux nouvel an de cela, j'ai découvert sur mon répondeur téléphonique un message de Jean-Luc, jeune homme que j'ai rencontré il y a presque 27 ans, il venait d’avoir 18 ans. Il avait répondu à une annonce que j'avais passée dans un journal spécialisé (Internet n’existait pas !), il n'avait alors que 17 ans. Nous avons correspondu plusieurs mois avant de nous voir car il habitait à Villeneuve sur Saône, près de Lyon, alors que j’habitais de Bordeaux. Sa mère, découvrant cette correspondance m’a appelé pour me demander de renoncer à cette rencontre prévue dans les semaines qui suivaient (elle me reprochait d'avoir attendu qu'il ait 18 ans...ce n'était pourtant pas un calcul "prudent" , Mitterrand venant d’abolir l’article de loi interdisant les rapports sexuels du même sexe avec les mineurs de 15 à 18 ans, mais le seul fait de l'éloignement). Je lui ai dit que je n’avais pas « débauché » son fils, qu'il avait répondu à une annonce : "Mon Dieu, je découvre mon fils" et que je ferai ce que je lui avais promis en étant présent à l'endroit du rendez-vous, mais que je comprendrais très bien qu'il n'y fût pas. Il est venu. J'ai découvert un jeune homme timide, un
petit peu paralysé par ce qui pouvait se passer (l'hôtel, sa première relation sexuelle..) puis peu à peu, après une réaction de fuite lors d'une main posée délicatement sur son épaule, je l'ai vu se métamorphoser, ne laissant mes nuits sans aucune minute de repos tant il découvrait un monde nouveau. Nous avons passé 2 ou 3 jours ensemble, puis nous nous sommes revus 1 ou 2 fois dans les mois qui ont suivi. J'ai été son premier amour mais, bien sûr au courant du fait que je n'étais pas libre, je ne lui avais pas caché que je vivais en couple à Bordeaux, il a fait preuve d'une étonnante maturité en prenant très vite conscience que cela n'irait pas plus loin. Nous avons continué à correspondre puis nous nous sommes une première fois perdus de vue. Nous avons très brièvement renoué le contact quelques années plus tard, il était devenu « instituteur », une nuit ensemble, puis nous nous sommes à nouveau perdu de vue. Il y a un an il m’avait déjà laissé un message téléphonique mais avait omis de me rappeler son numéro de téléphone, celui que j’avais ne fonctionnait plus. Contact renoué donc, il aura maintenant bientôt 45 ans, mais toujours aussi charmant sur les photos qu’il m’a envoyées. Il a eu plusieurs relations de couple plus ou moins durables, mais je ne pouvais manquer d’être touché lorsqu’il m’a dit : « je crois que je n’ai ressenti qu’une fois « l’état amoureux », il y a 25 ans ». Je dois dire que c’est avec une certaine émotion que j’ai entendu à nouveau cette voix. J’ai rarement rencontré quelqu’un d’aussi sincère et tendre. Je me suis demandé à l’époque ce que serait devenu cette relation si je n’avais pas été avec Bernard, mon ami à ce moment là.
J’ai souvent fait référence dans des billets antérieurs à la théorie des cordes et à ses « multi-univers », peut être dans un de ces univers parallèles suis-je en compagnie de Jean-Luc. « Etre amoureux », « aimer » (ce n’est pas la même chose mais ce n’est pas le sujet ici, j’en ai parlé ailleurs) sont seulement des « états de conscience », mais n’ont pas de réalité dans l’absolu. C’est le hasard (et la nécessité bien sûr qui renvoie au déterminisme de son désir) qui fait que ces états concernent X et Y et non X et Z.
http://www.youtube.com/watch
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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 00:34

Xxy

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J’ai eu l'occasion de revoir un beau petit film « XXY », qui est un plaidoyer, plein de pudeur étant donné le sujet, pour le droit à la différence. Ce film conte le passage à la puberté d’un (e) adolescent(e) atteint(e) du syndrome de Klinefelter, anomalie congénitale qui porte sur les chromosomes qui déterminent le sexe. Les sujets atteints d’un tel syndrome, qui sont du sexe masculin, ont une chromosome X supplémentaire et sont donc XXY au lieu de XY (alors que les femmes sont XX). Il en résulte un pénis de taille parfois petit (pas toujours), des testicules réduits, une pilosité généralement faible et souvent une gynécomastie, et bien sûr une stérilité. Il existe bien d’autres anomalies génétiques de ce type, comme le syndrome de Turner, un seul chromosome X dans ce cas (avec un aspect extérieur de type féminin, mais pas les organes), ou encore l’hermaphrodisme, aberrations génétiques très rares touchant les chromosomes X et Y, (chez des êtres qui sont bien XX ou XY, mais avec les organes des deux sexes). Des rumeurs ont d’ailleurs connu au sujet de stars qui seraient atteints d’un de ces syndromes (Sheila a ainsi du faire un procès, qu’elle a gagné, à un journal à scandale qui l’accusait d’être un garçon). Il faut sans doute prendre le titre XXY du film dont je parle comme un symbole de l’ensemble de ces anomalies (dans l’affiche du film le Y est dessiné comme un X mutilé) car l’héroïne (ou le héro ?), Alex, ne correspond pas vraiment au syndrome de Klinefelter. Elle se présente comme une femme, mais avec des organes génitaux externes seulement mâles (autant qu’on puisse en juger, car la présence d’un pénis est suggérée et non montrée). Alex, au moment de la puberté, cherche son identité sexuelle et semble avoir décider de ne pas choisir. Terrible passage où le fils, adolescent lui aussi, d’un chirurgien que les parents d’Alex avaient invités chez eux avec sa famille (pour convaincre Alex de choisir…), étant tombé amoureux d’elle/lui (Alex l’a d’ailleurs sodomisé lors de leur premier et seul ébat) se voit dire par son père à qui il confiait son admiration «Alors comme ça, tu aimes Alex ? Ça me rassure, je croyais que tu étais pédé.»

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 19:36

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Il y a déjà quelque temps
 le journal en ligne de Tetu avait consacré un article au suicide par pendaison d’un jeune détenu incarcéré pour la 2è fois et qui était terrorisé à l’idée de subir à nouveau des vexations homophobes, m’a remis en mémoire un triste épisode de ma vie sentimentale, un de ces épisodes où l’on se dit à posteriori « si j’avais su », mais il était trop tard.


Cette histoire a débuté à la fin de l’année 81, mon aventure avec Pierre Jean que je vous ai conté dans un précédent billet venait de se terminer. Je vivais mal cette rupture, comme toutes les ruptures d’ailleurs, et je réagissais à ces situations par une accentuation de mon vagabondage sexuel. Lors d’un de mes sorties en boîte, quelques jours plus tard, j’ai été invité à plusieurs reprises pendant « la danse du tapis » (très en vogue, tout au moins en province, à cette période) par un jeune homme, mignon mais très efféminé, excentrique même, une folle en un mot, qui était connu dans le « milieu » bordelais sous le pseudo de « ginette ». Je ne l’aurais sans doute pas amené chez moi si mon état psychologique avait été autre (l’alcool aidant..), d’autant plus que je le soupçonnais, à tort, d’être une petite « pute ». Ce fût en fait une nuit très agréable, il était charmant, des traits très fins, féminins certes, un corps d’éphèbe comme je les aimais en ces temps là, 18 ans. Il m’a dit qu’il n’avait pas connu ses parents et qu’il vivait chez des gens qui tenaient lieu pour lui de parents adoptifs. Ses traits me faisaient penser à une origine kabyle. L’ayant revu une ou deux fois, après l’avoir amené au restaurant (et affronté pour la 1é fois le regard de toute une salle se retournant lors de notre entrée, il n’était vraiment pas « discret » et prenais plaisir à en rajouter), nous avons eu en rentrant un grave accident de voiture (j’avais brûlé un feu que je n’avais pas vu). Comme il saignait abondamment du nez, un des témoins l’a amené à l’hôpital pendant que je réglais la situation avec le propriétaire de la voiture qui m’avait percuté (une chance que ce dernier ait été compréhensif et que nous ayons pu éviter l’arrivée de la police….les deux voitures étaient bonne pour la casse…). Il n’avait en fait qu’une fracture du nez (et moi d’une côte mais je ne m’en suis aperçu que la nuit suivante en faisant l’amour avec lui), mais cet épisode nous a rapproché et nous nous sommes vu de plus en plus souvent. J’aimais son corps, sa compagnie, son humour ravageur (ah l’humour « folle » !), il me faisait rire si souvent, mais cette histoire ne me paraissait pas pouvoir aller bien loin, d’autant plus que je ne l’avais jamais vu jouir (je n’arrivais manifestement pas à le satisfaire) et de toute façon je n’en étais pas amoureux. Mais mon entourage, amis, frère, une fois passé l’étonnement de me voir avec un tel personnage (mon frère m’avait lancé « je croyais que tu n’aimais pas les femmes »), se sont attachés à lui et m’ont ouvert les yeux sur le problème sexuel en me disant que si je réfléchissais un tant soit peu, je trouverais la solution tout seul. En effet c’était simple, il suffisait de l’enculer (la sodomie n’a jamais été pour moi indispensable à un acte accompli, et jusque là ce n'était en tant qu’actif que je j'étais le plus performant). J’ai donc fait mes gammes et j’ai enfin eu la satisfaction de le voir prendre son pied.
Quoiqu’il en soit, il s’est peu à peu installé chez moi sans que je l’en dissuade alors que je savais que j’y mettrais fin un jour ou l’autre. J’y étais bien sûr attaché, mais la vie n’était pas simple avec lui. Je crois que c’est le seul être sur lequel j’ai porté un jour la main, une paire de gifles, pour mettre fin à une crise d’hystérie (il me menaçait de se jeter par la fenêtre après que je l’ai eu surpris en train de se faire « troncher » sur le parking d’une boîte et que je lui ai dit qu’il valait mieux en rester là). Je n’étais peut être pas suffisamment « libéré » pour affronter sans arrêt le regard des autres quand nous nous promenions dans la rue (il portait toujours des tenues impensables !), me surprenant parfois à me tenir légèrement en retrait…Il était si « visible » et en même temps provocateur, sans conscience des risques qu’il prenait : il a été à plusieurs reprises  victime d’agressions homophobes, coup de ciseau dans un parc, battu à coup de pied sur une place de drague, rentrant à la maison une canine traversant sa lèvre inférieure, et j’ai du le faire accompagner plusieurs fois aux urgences de l’hôpital. Mais il s’agissait de l’hôpital où je travaillais, je le faisais amener par des amis et notamment Pierre Jean (qui était entre temps redevenu mon amant, la vie est compliquée…), qui me racontait les scènes épiques avec le personnel soignant qu’il faisait tordre de rire ("dois je enlever mes faux ongles et mes faux cils" et autres plaisanteries de ce type). Bien que je lui ai dit à plusieurs reprises qu’entre nous il ne s’agissait que d’une aventure, que cela ne pouvait s’éterniser, il me considérait en fait comme son "ami " et me présentait à ses copains (tous très jeunes également et qui tentaient de me séduire dès qu’il avait le dos tourné, ce qu’il avait souvent…) comme son «mari» ce qui m’exaspérait.
Un jour cependant, par sa faute, du fait d’un absentéisme trop fréquent, il a été licencié (il était ce qu’on appelle, si je m’en souviens, patronnier-modéliste). Je ne pouvais accepter qu'il ne travaillât pas et je lui ai demandé de s'activer pour retrouver un travail. Sans résultat. Je n’arrivais cependant pas à le mettre à la porte. J’ai du m’y résoudre, ce qui me déchira car j’avais une immense affection pour lui, quasi paternelle, quand j’ai rencontré Bernard2, le début d’une aventure qui allait durer 15 ans.
Il a réagi sans un mot, pris ses affaires et dit qu’il repartait chez ses parents « adoptifs ». J’ai du alors affronter les reproches, si ce n’est l’hostilité, de tous mes amis, mon frère, et même de ma concierge qui ne voulait même pas adresser la parole à Bernard. Je n’avais pas conscience qu’on l’appréciait à ce point là, y compris les voisins. J’ai appris par la suite qu’il avait rodé plusieurs jours autour de la résidence, racontant aux voisins et à la concierge ses infortunes.
Mais je ne le rencontrais plus dans le milieu bordelais et il ne me donnait aucune nouvelle.
Deux ou trois mois plus tard j’ai reçu un appel téléphonique d’une avocate parisienne, commise d’office, et qui m’annonçait que Michel était en prison. Il avait volé le chéquier d’un amant de passage et dépenser près de 50.000 francs en « fringues ». Il m’avait menti (il était mythomane, je ne m’en étais pas aperçu, j’ai su par la suite qu’il disait autour de lui vivre dans un appartement dont les murs étaient recouverts de feuilles d’or …En fait il n’avait pas de parents « adoptifs », seulement une sorte de gardienne qui ne l’a pas repris car il avait disparu trop longtemps, et il s’était retrouvé à la rue….).
J’ai tout de suite imaginé ce qui allait arriver et me suis demandé comment un juge avait pu être assez criminel, pour un acte certes répréhensible, mais pas à ce point, pour le mettre en prison et le livrer à la meute. Ce qui devait arriver arriva, il se fit violer, et même « maqué » par un gardien de prison. Heureusement il le dénonça, et on le fit sortir au bout de 6 mois, pour le placer dans un centre de réinsertion, près de Bordeaux. Les sorties étant autorisées, B
ernard2 qui se sentait aussi coupable que moi accepta qu’on le reçoive chaque fois que possible et nous l’amenions dans nos sorties. Les photos ci-jointes sont celles du réveillon qui a suivi sa sortie. Par la suite, il a rencontré quelqu’un de nettement plus âgé que lui et avec qui il semblait avoir retrouvé cette sensation d’un « chez soi » qu’il avait eu avec moi. Je l’ai aperçu à Paris il y a plus de 10 ans, toujours aussi star, dans une allée des Galeries Lafayette, puid je l’avais perdu de vue. Je ne l’ai pas abordé, je ne sais pourquoi. J’ai eu tort, je n’ai plus jamais eu de nouvelles. Il a 46 ans aujourd’hui, si le virus l’a épargné. J’aimerai tant savoir ce qu’il est devenu.

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 22:25


ashburn-grand.jpgIl y a quelques années Act-up avait menacé de révéler l’homosexualité d’un député français de la majorité actuelle, qui deviendra plus tard ministre, alors qu’il venait de manifester dans la rue contre le PACS. Cette situation est sans nul doute loin d’être une exception et l’on serait sans doute effaré si l’on connaissait le nombre d’homosexuels qui se comportent en homophobes. La vérité étant souvent au fond du verre, un état d’ébriété vient de permettre à un sénateur américain républicain ayant systématiquement voté contre toute disposition en faveur des homosexuels et ayant même mené une croisade anti-gay, de faire son coming-out. Arrêté en état d’ivresse à la sortie d’un bar gay, il vient de déclarer à la radio « Je suis gay…voilà les mots qui ont été si difficiles pour moi depuis si longtemps ». « La haine de soi » n’est cependant sans doute pas la seule raison de son comportement homophobe, puisqu’il a aussi déclaré dans un élan de sincérité désarmante « …que ses votes représentaient la façon suivant laquelle ses électeurs voulaient qu’il vote, pas son propre « conflit interne » ». Ce brave homme a décidé d’arrêter sa carrière politique. Ne désespérons cependant pas de tous les partis conservateurs puisque le même numéro en ligne d’illico où j’ai puisé cette information nous apprend que la parti conservateur anglais allait présenter 20 candidats ouvertement homosexuels aux prochaines législatives…L’histoire ne dit pas si c’est dans des circonscriptions où ils ont une chance d’être élus. Toujours dans ce numéro, cette intéressante déclaration du chef du Commandement central américain sur CNN, révélant « qu'il avait travaillé avec les agents de la CIA "qui étaient connus pour être gays et une femme connue pour être lesbienne". "Passées les 10 secondes où j'en ai pris conscience, c'est leur compétence professionnelle qui a dominé"… "la loi Don't ask, don't tell peut être réformée, franchement".

Tout ceci me rappelle que l’on vote dimanche, normalement cela aurait du être pour les « Régions » mais en fait, si j’ai bien compris, c’est pour ou contre Nicolaparte. Cette fois ci, ça me gratouille depuis 2 ou 3 scrutins, je crois bien que je vais voter blanc pour la première fois de ma vie.
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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 21:53

querelle_gay.jpg

La question de savoir si le sujet des " bienveillantes" était le nazisme ou l'homosexualité, a déjà était l'objet d'un billet de ce blog et d'un de ses commentaires. Il y avait, entre autres, plusieurs passages, dont un a été précédemment cité, où le héros, Max Aue, donnait une description saisissante de la pratique de la sodomie. Jonathan Littell a également écrit un essai, "Le sec et l'humide" (tout un programme...), où il analyse les textes du nazi belge Léon Degrelle. Il ne semble pas le modèle de Max Aue puisqu'il n'est pas homosexuel, mais (extraits trouvés dans libération) Littell parle encore des rapports entre homosexualité et nazisme : "le pouvoir de déterritorialisateur de l'anus est bien trop corrosif, la sodomie menace les limites d'une manière fondamentale, que le fascisme ne saurait supporter". Et il ajoute à propos du nazi belge "Peut être ne lui manquait il justement pour devenir un être humain, qu'un bon coup de pine au cul"....
Je ne sais si Littell est gay, mais ce pouvoir " déterritorialisateur" de l'anus, on ne peut le contester, chez l'hétéro bien sûr (d'où son malaise devant cette pratique) mais chez bien des gays aussi.
J'ai toujours eu du mal à comprendre la façon dont était vécu la sodomie. elle n'est pour moi qu'une des variations sexuelles possibles, il m'arrive certes de la pratiquer, mais elle ne m'a jamais "déterritorialisé"...

 

Une autre description étonnante de la sodomie dans ce roman : " Je descendis vers Pigalle et retrouvai un petit bar que je connaissais bien : assis au comptoir, je commandais un cognac et attendis. Ce ne fût pas long, et je ramenai le garçon à mon hôtel. Sous sa casquette, il avait les cheveux bouclés, désordonnés; un duvet léger lui couvrait le ventre et brunissait en boucles sur sa poitrine; sa peau mate éveillait en moi une envie furieuse de bouche et de cul. Il était comme je les aimais, taciturne et disponible. Pour lui mon cul s'ouvrit comme une fleur, et lorsqu'enfin il m'enfila, une boule de lumière blanche se mit à grandir à la base de mon épine dorsale, remonta lentement mon dos et annula ma tête. Et ce soir là, plus que jamais, il me semblait que je répondais ainsi directement à ma sœur, me l'incorporant, qu'elle l'acceptât ou non. Ce qui se passait dans mon corps, sous les mains et la verge de ce garçon inconnu, me bouleversait. Lorsque ce fût fini, je le renvoyai mais je ne m'endormais pas, je restai couché là sur les draps froissés, nu et étalé comme un gosse anéanti de bonheur" 
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